Éd. T. : pour prouver à l'Europe entière qae.i
4. René-Nioolafr^harles- Auguste de Uaup^ou (1714-1792), chancelier depuis le 16 soptembre 1768. 11 était m«»iut l'ami que l'allié de itiadame d*Épioay, ay^t épousé, le 22 janvier 1744, rarrière-coiisine de celle-ci, Anne-Marguerite* Thérèse de Ronchertflles, née Iç 5 novembre 1725, fille unique du marquis de RoucheroUe»^ dont la mère, issue du mariage de Charlotte Tardieu de Maleyasie avec Charles de Roncherollet, avait élevé mademoiselle Tardieu d'Bselavelles, mariée, le 13 décembre 1745, à Mi d*Épinaj. Il en devint veofj le 21 avril 1752. (V. let Mém* de madame d'Epinayt t. V, p. 3, 281.)
cette vermine d'abbés qui ne me mord pas, mais qui me démange parfois.
Je m'occupe plus que vous ne pensez de coucher par écrit mes idées sur le magasinage et sur la police des grains qui convient à la France. J'en voulais faire le sujet d'un neuvième dialogue et pas d'une lettre, comme vous me proposez. Enfin, rien ne presse pour la France; car voilà une année où Ton sera bien éloigné de songer à emmagasiner. Cependant je m'en occuperai ; mais à quoi bon travailler, si on ne doit recevoir en récompense que des friponneries par les libraires et des injures par les journalistes? Vous avouerez que mon coup d'essai n'a pas été heureux. Si vous voulez m'encourager à continuer, du moins faites en sorte que l'honneur soit un peu réparé. Pouvez-vous me nier que les applaudissements de Fréron tout seul sont bien peu de chose ? Fréron ! Quel nom ! Quel témoignage !
Je vous remercie de la prophétie^. C'est une copie, et les copies sont aisées à faire. Mais il y manque le sublime et le pathétique qu'a le prophète Boëmischbroda... Conclusion... c'est une petite plaisanterie sur un sujet qui pouvait mériter un ouvrage fort et original. Si j'étais piqué au jeu contre les économistes, j'aurais fait une dissertation pour prouver qu'ils sont les auteurs de la bagarre, et j'aurais trouvé dans leurs ouvrages lés passages les plus clairs où ils excitent les peuples à la bagarre^.
1. \\ s'agit de la facétie, imitée du Petit prophète de GrimiUi qui courut alors sur raccident de la place Louis XV, et qu'on trouve dans les Uém» secrète, t. V, p. 134, qui Vatlribuent à Coqueley de Chaussepierre, et dans la Correfp. littér, de Grimm, t. IX, p. 71, où elle est accompagnée de cette réflexion très juste : « Il aurait mieux Talu pour ce prophète anonyme de faire sa lamentation sans paroles, comme il a fait un poème sans paroles ; car combien il faut aToir peu d'Ame pour faire d'un malheur public un objet de plaisanterie 1 »
^. \Uu8ion à la maxime des Économistes : Laissez faire j laissez passer .
en chassant toute espèce d'ordre^ en faveur de Tordre seul naturel et essentiel de la liberté.
Détournez de Talambicmon cher Roquemaure^ ; il n*est plus temps de se distiller; il faut boire gros. Vous ne voudriez pas que je réponde à un article de votre lettre, et cependant je vais le faire, en vous donnant la nouvelle que j*ai tenu mon Ht de justice ce matin. J'ai donné des lettres d'abolition à tous mes amis, et même à Tabbé Morellet. Je ne veux plus trouver de coupables. Je rends mes bonnes grâces à tous (mes amis j'entends), et je fais défense de sortir des blés, (Técrire contre moi, et de ne pas nCécrire, Voilà ce que je vous prie de dire autant à ceux qui sont atteints, qu'i ceux qui sont soupçonnés d'avoir varié dans leurs dépositions ' sur mon compte.
Voulez-vous m'envoyer un petit bilan de mon argent ? j*ai force dettes dans Paris. Nicolaï a reçu plusieurs commissions, et je lui dois de l'argent. Je vous parlerai un autre jour du fatalisme. Ce système va tomber ; car les Turcs ont été brûlés par les Russes^. Adieu donc. Aimez-imoi toujours. Adieu.
(Rép. au n<> 18.)<f- Naples, 19 août 1770.
Maudite colique ! Pourquoi ne va-t-elle pas tourmenter Merlin? A propos, ce Merlin paye-t-il au moins les deux cents livres par mois? Vous m'avez maintes fois écrit que vous me manderiez qu'il avait payé ; mais vous ne m'avez
1. Nom sous lequel Galiani a introduit, dans ses Dtaio^ues, le marquis de Croismare.
t. Ed. X. : diapotttions,
3. Le 5 juillet, la flotte russe avait détruit, à Tchesmé, la flotte ottomane.
jamais prononcé le mot: // a payé. Si vous pouvez payer l'argent de certaines commissions à M. Nicolaï, vous me ferez grand plaisir. Bon ! le contrôleur général s'oppose à la liberté de la presse pendant que le parlement punit la liberté de la foule ? Quel siècle ! quelles mœurs ! criera Panurge, et avec raison. Pour moi, je vous avoue que je ne purs pas m'empêcher de plaindre Panurge et sa destinée. Quoi! il aura été permis à tous les butors de me dire toutes les grossièretés imaginables, et il ne sera défendu à un homme de lettres et d'esprit rien que de me persifler^? Vous noterez que Panurge me mandait lui-même en toute amitié qu'il me persiflait dans son livre, et qu'il avait été obligé d'en niser ainsi, pour procurer du débit à sa marchandise ; et moi je lui avais permis tout ce qu'il trouverait bon à produire de l'argent dans sa poche, en sorte que je lui donnais le droit de me persifler, par charité. C'est l'aumône qui m'a le moins coûté dans ma vie ; encore le malheureux n'a pas pu en profiter. Fi ! le contrôleur général ! Pourquoi empêchet-il qu'on parle de pain bis, lorsqu'on est trop heureux d'en avoir?
Mais laissons ce discours, parlons du fatalisme. Il y a une erreur de raisonnement dans ces. grands systèmes, qui dure depuis qu'on en fait. L'erreur est que tout le monde est d'accord, sans qu'on s'en aperçoive. Oui, sans doute, ce monrde est une grande machine qui se remue, et va nécessairement; mais de combien de roues est composée cette machine? Voilà ce que personne ne cherche^ personne ne définit, personne ne se soucie de questionner*. Y a-t-il d'autres roues principales, outre les