L'éd. T. corrige : ne pense à demander
lois physiques des mouvements dé cette matière subtile que nous appelons esp7'it? Ces matières et ces lois nous sont-elles toutes connues 1 Bref, y a-t-il d'autre esprit que Tesprit humain que nous connaissons? Les dés pipés tombent nécessairement autant que les non pipés ^ ; mais ils tombent différemment. Il en est de même de tous les autres événements ; il faudrait connaître tous les ressorts.
(Réponse à une fausse lettre bien chagrinante.)
Naples, la Saint-Louis, 25 août 1770.
J'avais passé, madame, la semaine dans une grande gaieté, puisque j'ai réussi à placer mon frère à la cour, dans une charge qui pourrait le meqer bien loin. Votre lettre du 3 (si c'en est une) est venue me plonger dans la tristesse. Vous voulez que je ne sois pas inquiet! Gomment ne pas l'être à deux cents lieues de distance? Il faudrait, en vérité, que les amis absents se portassent toujours bien. Rien n'est si odieux que d'attendre huit jours. Mais je veux m'en rapporter cette fois à vous, et je veux croire qu'il n'y a plus que des forces à réparer.- Ainsi je vous envoie, pour contribuer, autant que je le puis, au rétablissement de votre gaieté, mon ouvrage de la semaine. Je n'avais rien à faire ; je me suis amusé, et j'ai bien ri moi-même de la folie qui est sortie de ma tête
1. Galiani, un jour de réunion chez le baron d'Holbach, s'était serTÏ, pour démontrer l'existence de Dieu et de la Providence, de cette comparaison des dés pipés restée célèbre parmi ses amis, à laquelle il revenait souvent (voir plus haut p. 21, 42, 65), et que nous a conservée Horellet, . ce qui est une atténuation de ses mauvais procédés avec Galiani. (Èfém, de Morellet, t, 1", p. 135.)
Je VOUS avais promis une dissertation sur les bagarres^ ; en voici le commencement. Lorsque j'apprendrai votre guérison parfaite, je Tachèverai. Vous n'y entendrez mn, si vous ne prenez le livre de M. de la Rivière* en main, et que vous n'en fassiez la comparaison. Vous serez étonnée de l'exactitude de la parodie. En la relisant deux fois, vous vous apercevrez que ce n'est point une mauvaise plaisanterie, mais une réfutation complète, puisqu'en changeant les noms des choses, je laisse subsister tous les raisonnements de M. de la Rivière; et à l'instant on en découvre tantôt l'ineptie, tantôt l'absurdité. Cependant, je ne crois pas ma plaisanterie bonne à publier. Gomme le livre de M. de la Rivière sera on ne peut pas moins connu et lu, personne ne rirait. Ainsi je crois qu'il suffit d'en amuser Grimm, le philosophe, le bon baron*, etc. Pourtant, faites-en tout ce que vous jugerez le plus à propos. Si vous vendez, ne vendez jamais qu'argent comptant. Voilà la seule restriction à votre plein pouvoir. Je me bats les flancs pour vous écrire d'un ton tranquille et assuré ; mais votre maladie m'inquiète, ^ me chagrine, me tourmente. Que diable en coûtait-il à Grimm de m'écrire sur votre état* ? Le coquin de Gatti, pourquoi se tait-il? C'est à eux que j'en veux à présent.