‹ Lettres à Madame d'EpinayChapitre 79 sur 181 · Orlando furioao. c. XI · texte numérisé non relu

Orlando furioao. c. XI

Je vous recommande mes affaires, mes comptes, mes générosités, mes vengeances et mon retour à Paris, s'il est dans Tordre des possibles.

 propos de Linguet, il faut vous dire, et je serais bien aise que Voltaire et Linguet le sussent, que Voltaire s*est trompé en grand homme, au sujet de Fauteur du livre des Dialogues ^ Juger qu'ils étaient d'une plume nouvelle et inconnue, ou de Linguet, est un trait de génie et de tact en fkit de critique, qui n'appartenait qu'à Voltaire.

Je suis toujours honteux de n'avoir pas répondu à Diderot, et de ne pouvoir pas ce soir répondre au baron ; mais aussitôt que mon triste trlbiinal entrera en vacances, j'aurai plus de loisirs.

Aimez-moi. Portez- vous bien. Point de gravelle surtout. Adieu . Donnez-moi quelques détails de ce que font mes amis .

N'oubliez pas de faire mes compliments à Saint-Lambert sur le solstice lumineux arrivé à ses Saisons*. Fallait-il que, dans le même journal, Fréron dît du bien de moi et du mal de Saint-Lambert? C'est qu'il ne craint pas que je sois jamais un des quarante, et que Saint- Lambert allait l'être. Mille choses à madame d'Houdetot^. Mille choses à mille personnes aimables. Adieu.

1 . Au plus tard en mara 1770, Voltaire connaissait l'auteur des Dialogues, Ce passage doit faire partie d'une lettre inédite, ou perdue.

S. Publiées eo 1769. Ce solstice était la réception de Saint-Lambert à rAcadémie française (23 juin 1770), en remplacement de l'abbé Trublet.

3.' Elisabeth-Sophie-Françoise (le la Live, sœur de H. d'Épinay, née le 18 décembre 173», mariée le 10 février 1748, à Claude>CoDStant-César, comte d'Houdetnt. second 6is de Charles, marquis d'Houteiot « lieutenant général, mort le 5 juin 1748, et de Catherine-Uadeleine-Thérèse Carrei, né le 5 août \7ï\, alors capitaine-lieutenant des gendarmes du Berry, brigadier en 1758,, maréchal de camp en 1762, lieutenant général en i780, mort en 1806. Madame d*Épinay, qui, trois ans auparavant, le 9 février 1803, avait perdu Saint-Lambert, vécut jusqu'au 28 janvier 1813. La postérité de son 6ls unique, César-Louis-Harie-François-Ange, vicomte d*Roudetot, né ^e 12 juillet 1749, mort le octobre 1825, subsiste encore.

150/ LETTRES DE L'ABBÉ GALIAm

(Rép. à une lettre du 9 leptembre.) — Naplet, S5 lepteminre 1770.

Non, madame, je n*ai pas pensé que vous étiez malade; * je n*ai pas pensé non plus qu'il n'y eût rien à me mander, en me voyant privé du plaisir de vos lettres. J'ai pensé que j'étais malheureux; c'est ma pensée ordinaire, et Véquation finale de tous mes problèmes. Cette même pensée me fait craindre des anicroches chez des gens qui devraient récompenser et remercier Fauteur des Dialogues, et qui n'en ont point faites au mémoire de M. Necker * , et aux journaux économiques. Il est Trai que ceux-ci étant écrits dans le genre ennuyeux^, ne rencontrent jamais d'autres difficultés que dans le débit. Ce qui . me console est que M. de Sartine m'a écrit, chose qui m'a fait le plus grand plaisir. J'aime à être aimé de lui plus que du pape et de ma maîtresse, quoique l'un pourrait me donner des abbayes, et l'autre pourrait me donner la vér..., pendant que M. de Sàrtine ne peut rien me donner; mais je l'aime si fort, si fort, que je ne saurais vous le dire. Or, M. de Sartine ne m'annonce point des anicroches ; il craint seulement pour le succès d'un ouvrage dans une matière dont l'enthousiasme est beaucoup refroidi. Il est juste qu'un lieutenant de police connaisse bien son Paris ; mais moi, voyageur, je connais l'Europe, et je sais que cette question intéresse encore beaucoup de nations. Il est sûr que le titre ne fera pas acheter l'ouvrage ; mais si les prôneurs s'en mêlent un peu, je ne crains pas de voir me reprocher d'avoir ruiné un libraire.

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