L'ABBÉ GALIANl A MADAME D'ÉPINAY
(Rép. ao n<* 27.) -^ Naplet, 3 noyembre 1770.
Mais pourquoi, ma belle dame, vos lettres sont-elles si tristes et si maussades depuis quelque temps? Il ne suffit pas de l'avouer, il faut se repentir et changer de style. Il n'y a que les prêtres qui aient imaginé qu'il suffisait d'avouer ses fautes, sans qu'il importât beaucoup de se corriger, et qui ont, par conséquent, changé de nom S un sacrement qui s'appelait jadis de la pénitence^ et qu'on appelle, à cette heure, de la confession; msis ceci est bon pour ceux qui ne chercheraient qu'à* dominer sur des coupables en sachant toutes leurs intrigues, lesquels auraient cessé de les craindre s'ils s'étaient convertis. Vous, madame, vous devez vous convertir et m'écrire les plus belles lettres du monde. Mais vous avez, dit-on, un rhumatisme; mais Grimm, mais le prieur nazaréen', mais tous mes amis, mais votre fille? Enfin, faites la métanie (si ce mot grec* vous embrouille, Grimm vous l'expliquera). Parlons d'affaires. Je ne lis pas trop bien, dans votre lettre, à quel prix vous avez reçu cent exemplaires de mon ouvrage. Je vous prie de me le marquer ; en même temps je vous prie de faire un ballot de vingt-cinq exemplaires de cet ouvrage, que vous ferez expédier à Gênes,
1. Où la cour résida du 8 octobre au tO novembre 1770, S. Ed. D. : 0UX, qui ae cherchaitnt qu'à.