Éd. T. : d Passy
Si ma lettre, que vous bravez pas reçue à temps, était perdue, je vous avertis qu*il y avait une prière de ma part d'un secours généreux qu'il faut donner à une personne ' dont Nicolaï ou elle-même vous instruira.
Je voudrais vous écrire mille choses; mais vous me donnez du chagrip, et vous éteignez ma verve. Pourquoi Suard ne m'écrit-il pas? Il a reçu mille jolies lettres de moi. Tâchez d'envoyer mes félicitations à l'abbé Morellet, s'il est vrai qu'il ait reçu une pension'. Assurément il cessera d'être économiste dès qu'il pourra se passer d'économie. Les sectes sont une ressource pour les gueux; cela leur donne une consistance, et ils trouvent une boîte à Perrette^. Voilà pourquoi il y a des jansénistes, des francs-maçons, des économistes. Les riches ne gagnent rien à partager. Ainsi point de sectes pour eux. Adieu. Écrivez-moi des choses gaies, intéressantes; et faites, quand vous pourrez, par vous ou par vos amis, quelque chose pour moi.
(Rép.. au n* 30). — Naples, 24 novembre 1770.
Ma belle dame, enfin voilà une longue lettre de vous, à laquelle je fais une réponse fort courte, et en voici la raison. Je viens de conquérir un autre emploi qui me rapportera deux mille livres par an, et qui ne demande pas de travail. Je suis secrétaire du commerce. Nous appelons secrétaires dans les tribunaux, à peu près ce que