EXPOSÉ DES CÉRÉMONIES OBJET DE LA DISCUSSION
Si les erreurs des Jésuites avaient porté uniquementsur les questions scientifiques que nous venons d'indiquer, les conséquences en eussent été à peu près nulles dans le pays de
1 Sanctissimi Domini nostri Benedieli Papœ XlVBullanum. In-fol., Rome, imprimerie delà Propagande, 1740, t. I, pp. 188 et mût.
* Hist. Ëccl, de M. Henrion.
la mission ; mais ils se trompèrent également sur des usages qui intéressaient la nation chinoise tout entière et dont la pratique était aussi fréquente qu’universelle parmi ces peuples. Aussi en résulta-t-il un mal incroyable dont les traces sont à peine effacées aujourd'hui. Amenés par la controverse sur ce funeste terrain, les missionnaires s’y combattirent avec une grande opiniâtreté, et pendant bien longtemps nulle voix sur la terre ne fut assez puissante pour faire entendre la vérité au milieu d’eux.
C’est donc là, Monseigneur, ce que je vais désormais vous développer ici, en commençant par quelques notions sur les pratiques superstitieuses des différentes sectes de l’Empire. Ces sectes sont au nombre de trois : celle des Lettrés, dont le culte a pour base les honneurs rendus à Kong-fou-tse; celle de Fo ou Foi, qui n’est autre chose que le Bouddhisme, transporté de l’Inde en Chine dans le premier siècle del’ère chrétienne; enfin celle des Taosse, la plus immorale peut-être et la plus grossièrement idolàtrique de toutes. Les partisans de cette secte reportent leur origine à Lao~Ue ou Lao-kiun , philosophe qui vivaitantérieurementàKong-fou-tse. Le culte de ces dernières sectes a toujours été regardé comme entièrement illicite par tous les missionnaires, et presque tous ceux qui n’appartenaient pas à la Compagnie de Jésus crurent devoir ranger dans la même classe les honneurs rendus à Kong-fout-se. Pour prouver la similitude de ces cultes, Mgr de Cicé, dont le témoignage, souvent invoqué par les défenseurs de l’opinion opposée, est d’autant plus important qu’il est basé sur un examen plus approfondi des faits, déclarait avoir vu dans un temple de l’union des trois sectes, les statues de Fo, de Lao-tse et de Kong-fou-tse, placées sur le même autel et honorées du même culte par leurs sectateurs'. Cette preuve, du reste, ne peut être regardée que
1 Ce fait est constant 'M’on ne saurait le révoquer en doute: sur la porte des temples de ce ge’ lit celte inscription : San-kiao-tang ( sanctuaire des trois lois et des trois législateurs ). Dans une gravure que nous avons sous
comme accessoire comparativement à celles qui ont servi de base au jugement du Souverain Pontife; aussi ne reste-t-il plus de doute maintenant sur ce fait, que les Lettrés chinois ne soient véritablement adonnés aux erreurs de l'idolâtrie.
Les points de discussion définitivement condamnés par la bulle de Benoit XIV, Ex quo singulari, peuvent se rapporter à trois chefs principaux : 1° le culte de Kong-foutse, 2° les honneurs rendus aux morts, 3° les noms idolàtriques donnés à Dieu par les Chinois, et que les Jésuites voulaient faire conserver dans le langage et les temples chrétiens. Et d’abord, pour ce qui concerne le culte rendu à Kong-fou-tse, il est certain qu’on lui a élevé des temples publics où, deux fois l'année, au printemps et en automne, on lui offre un sacrifice solennel auquel le mandarin gouverneur de chaque ville doit se trouver avec les Lettrés qui se rencontrent dans son district. Celui qui doit présider au sacrifice s’y prépare dès la veille par le jeûne et la continence : on dispose sur des tables préparées à cet effet les étoffes qui doivent être brûlées , des fruits , du riz et d’autres objets qu’on doit offrir le lendemain. Le nom du philosophe inscrit sur une tablette, repose sur un autel richement paré d’étoffes de soie. Celui qui doit remplir l’office de prêtre dispose dans une cour qui se trouve en avant du temple, des cierges, des brasiers et des parfums, après quoi il éprouve les porcs et les autres animaux qui doivent être immolés. Pour cela, il
les yeux , on voit les trois divinités debout se tenant par la main ; trois cierges brûlent à leurs pieds, et Kong-fou-tse se trouve au milieu des deux autres. — Raccolta di 'varie principali scritture de * Padri délia Compagnia di Giesii, e de Signori Missionnarij del Clero Secolate di Francia , sopra la controversia (telle Idolâtrie e superstizioni délia China. Art. Veritas facli de M. Charmot. In-12, Cologne, 1700, p. 35. — Traité sur quelques points imporiants de la mission de la Chine; par le R. P. Anlhoine de Saii»te-Marie, préfect apostolique des missionnaires de Tordre de S. François dans ce «royaume ; adressé au R. P. Louis de Gama , jésuite , visiteur des provinces de la Chine et du Japon; et envoyé à N. S. Pere le Pape et aux Em. Cardinaux de la Sacrée Congrégation établie pour les affaires qui regardent la Propagation de la Foy ; traduit de l’espagnol. In-12, Paris, L. Guérin, 1701, p. 4.
leur verse du vin chaud 1 dans les oreilles ; s’ils secouent la tête, iis sont reconnus propres au sacrifice; sinon, ils sont aussitôt rejetés. Le sacrificateur fait ensuite une inclination profonde, et on immole un porc en sa présence, après quoi il se prosterne de nouveau. Enfin on rase le poil de la victime dont on prend les intestins, et on garde le sang pour le lendemain. Ce jour-là on donne le signal dès le chant du coq; le sacrificateur et ses officiers étant venus dans le temple, chacun d’eux écrit sur un papier rouge taillé en rond, des caractères chinois, pour inviter l’esprit de Kong-fou-tse à venir recevoir les offrandes qu’on lui prépare; le sacrificateur se lave les mains, on allume les cierges et on jette les parfums sur les brasiers; puis les musiciens commencent à chanter, et le maître des cérémonies ayant prononcé ces paroles : Qu’on offre le sang et le poil des biles mortes, le sacrificateur élève sur l'autel le bassin où ces objets se trouvent renfermés. Ensuite, sur une autre invitation du maître des cérémonies, il sort en procession tenant le bassin entre les mains pour faire cette offrande, qui s’exécute dans la cour d’entrée. On découvre ensuite les chairs des victimes, et à cette nouvelle invitation du maltredes cérémonies : Que l'esprit de Kong-fou-tse descende, le sacrificateur répand du vin sur une représentation de forme humaine, et il prend la tablette de l’autel en adressant une prière à l’esprit du grand maître. Tous les assistants s’agenouillent et se relèvent ensuite au signal donné, et le sacrificateur se lave de nouveau les mains; on présente à ce dernier du vin dans un vase et une pièce d’étoffe de soie sur un bassin, il s’approche du trône de Kong-fou-tse, s'agenouille, et pendant que la musique se fait entendre, il offre la pièce d’étoffe et le vin en les élevant des deux mains. Les assistants s’agenouillent et se lèvent encore comme ils l’ont fait précédemment , après quoi on brûle la
i Ce vin est une boisson faite avec du riz.
pièce d’étoffe, et le sacrificateur adresse plusieurs prières à Kong-fou- tse pour qu’il daigne recevoir favorablement les offrandes qui lui sont faites. Le maitre des cérémonies adresse ensuite au prêtre cette invitation : Metlez-vou» à genoux, tirez la tablette d'ivoire de votre sein , approchezvous du trône de Kong-fou-tse, et buvez le vin de la félicité. 11 boit aussitôt, un des officiers lui met entre les mains de la chair du sacrifice qu’il offre encore, et l’on distribue ensuite aux assistants le reste des viandes ainsi consacrées. C’est là ce qui constitue proprement le culte soleouel rendu à Kong-fou-tse*.
Les honneurs qu’on désigne sous le nom de culte simple, lui sont rendus par les mandarins à l’occasion de leur entrée en charge, ou par les Lettrés spécialement à l’époque où ils prennent des grades. Ce culte consiste, pour les mandarins gouverneurs des villes des trois premiers ordres, à aller saluer et encenser l’image de Kong-fou-tse comme ils le font pour celle du Ching-hoang , esprit protecteur de la ville. De plus, chaque nouveau vice-roi ou mandarin qui se présente pour la première fois au public, doit aller d’abord dès le matin encenser et adorer la statue de Kong-fou-tse en même temps que celle de l'esprit des murailles de la ville, après quoi il fait serment de se conduire toujours selon les principes de la justice et de l’équité, en tout ce qui concerne sa charge. Pour les lettrés, ils doivent rendre les mêmes honneurs au philosophe chaque fois qu’ils prennent des degrés ; les cérémonies qu’ils observent en celte circonstance ont le même caractère que celles dont nous venons de parler, quoique d’une manière moins explicite.
Les honneurs rendus aux ancêtres diffèrent peu, dans le fond, de ceux usités pour Kong-fou-tse. On y distingue de même un culte simple et un culte solennel. Dans ce dernier
* Il y avait moins d’incertitude sur les honneurs solennels rendus à Kongfou-tse et aux ancêtres que sur les autre* cérémonies ; cependant les unes et les autres ont été parfois tolérées, et c’est pour cela que nous les rapportons ici,
cas, les cérémonies se pratiquent à trois époques différentes : avant la sépulture, quand le corps est encore exposé, tous les six mois, dans la salle particulière de chaque maison, désignée sous le nom de salle des ancêtres ; enfin tous les ans, vers le commencement du mois de mai, sur les tombeaux placés hors des villes et souvent sur les montagnes, quand le jour du sacrifice est arrivé, on assemble la famille dont le chef, accompagné d’officiers comme pour les sacrifices en l'honneur de Kong-fou-tse, prépare et choisit de même les victimes. Il s'approche ensuite avec respect des tablettes où l’esprit de chaque défunt est censé venir reposer plus tard; il s’agenouille ainsique les assistants , encense les tablettes, et ensuite le maitre des cérémonies adresse à haute voix une invitation à ces esprits pour qu’ils se rendent au milieu de la famille et acceptent les dons. Toute l’assemblée s’agenouille et se relève alors trois fois de suite, puis le maitre des cérémonies élève de nouveau la voix pour inviter le sacrificateur à venir faire des prostrations devant les esprits dont il annonce la présence et auxquels il reste à offrir les viandes et le vin du sacrifice. A ce moment un des ministres présente du vin au sacrificateur qui le répand sur la représentation de forme humaine, préparée d’avance comme pour les sacrifices à Kong-foutse , et les assistants fléchissent les genoux à quatre reprises différentes. On offre ensuite la chèvre et les autres viandes qu’on porte devant les tablettes , puis le sacrificateur élève le vase renfermant le vin que le maitre des cérémonies l’avertit d’offrir aussi en sacrifice; ensuite, sur une nouvelle invitation du même officier, le sacrificateur boit le vin gage de tous biens et de toutes prospérités. Pendant tout ce temps il a fait brûler des parfums devant les tablettes des ancêtres à qui il s’adresse pour leur témoigner qu’il attend d’eux des faveurs et des prospérités temporelles. Alors tout le monde s’agenouille trois fois de suite, et les ministres du sacrifice reprennent les tablettes des ancêtres pour les re-
porter dans leur place ordinaire, et on les couvre d’un voile de soie. On distribue ensuite les viandes aux assistants, et le maître des cérémonies donne à haute voix l’assurance que le sacrifice rendra favorables les ancêtres et obtiendra des faveurs de leur part à ceux qui l’ont offert, ce que le sacrificateur répète de même. Enfin on met le feu à une quantité de papier en forme de monnaie préparé d’avance hors de la salle. Parce moyen, les Chinois pensent subvenir aux besoins des morts pour qui ce papier se change, disent-ils , en véritable monnaie; car, selon leur croyance, l’usage de l’argent est aussi nécessaire dans l’autre monde que dans celui-ci.
Le culte simple rendu aux ancêtres consiste à placer avec honneur dans les maisons les tablettes portant le nom du défunt dont l’esprit est censé reposer en cet endroit et auquel, dans les temps marqués par les rituels, on offre des prières et des sacrifices ; la même chose se pratique aussi au moment des funérailles , sur les tombeaux , et dans les jours indiqués comme plus favorables par les calendriers officiels du tribunal des mathématiques de Pê-king.
D’après cette exposition il semblerait, au premier coupd’œil , difficile de comprendre comment les Jésuites pouvaient tolérer des pratiques si entachées de superstition; mais avant de porter un jugement sur leur conduite, il est bon de se mettre devant les yeux quelques considérations fort importantes. Et d'abord, la plus grande partie des lettrés chinois leur certifiaient de la manière la plus positive, que tous ces honneurs, purement civils dans le principe, avaient toujours conservé ce caractère parmi eux. Ils ajoutaient que le peuple seul y avait attaché plus tard des idées superstitieuses étrangères à leur institution. Que ces lettrés aient parlé selon leur conscience, ou qu’ils aient voulu seulement détourner ainsi un reproche honteux, nous ne l’examinerons pas ici ; seulement nous dirons qu’un semblable témoignage, donné et répété dans plusieurs cir-
constances solennelles par l’élite d'une nation, était nécessairement de la plus haute gravité pour les étrangers qui le recevaient. Selon nous, il équivalait, pour bien des esprits, à une certitude morale suffisante pour former une conscience prudente, môme en matière de foi. On le comprendra surtout si l’on considère la difficulté où les missionnaires se trouvaient de s’assurer par eux-raèmes de la vérité, à une époque où l’on était encore imparfaitement au fait des mœurs , des usages et de la langue de cette étrange nation.
D’après cela, les missionnaires de la Compagnie de Jésus, tout en reconnaissant les cérémonies comme superstitieuses pour une grande partie de ceux qui les pratiquaieut, permettaient cependant aux chrétiens d'y participer à certaines conditions. Il fallait d’une part qu’ils y fussent obligés par leur position , et de l’autre, ils devaient eu les faisant, diriger leur intention vers un cuite purement civil, tel qu’on le supposait avoir existé dans l'origine des choses.
Par suite de cette manière de voir, les Jésuites furent conduits à regarder les temples de Kong-fou-tse et les salles des ancêtres comme des lieux de réunion sans caractère religieux, et la distribution des viandes offertes en sacrifice comme une simple participation à un festin très-licite de sa nature. Ils expliquaient plus facilement encore les prostrations et autres cérémonies dont on retrouve des analogues dans les usages admis dans le commerce habituel de la vie. En cela ils se trompaieut; mais, comme ou vient de le voir, leur erreur était bien excusable et s’explique facilement. Plût à Dieu que l’erreur eût été du côté de nos missionnaires, et que nous fussions obligés de l’avouer ici! Malheureusement nous avions raison, et il est vrai de dire que la nation chinoise tout entière a renouvelé ce que l’éternelle Sagesse décrit dans nos livres sacrés, en parlant de -l’origine de l’idolâtrie : « Un père, accablé sous le poids de sa douleur,
» s'empressa de faire l’image du fils qui lui avait été enlevé
„ et il commença à honorer comme un dieu celui qui ve- » nait de mourir comme les autres hommes, et il établit à » ce sujet dans sa famille des solennités et des sacrifices.
» Puis avee le temps , cette coutume impie prenant de la • force , fut regardée comme une loi , et par l’ordre des » rois on adora de vaincs images *. »
Le troisième poiut sur lequel les missionnaires n’étaient pas d’accord était la dénomination convenable à adopter pour désigner le vrai Dieu dans la langue des Chinois. Ce peuple si avancé dans l'ordre moral et philosophique selon quelques-uns, n'ayant pas de terme pour exprimer le nom de Dieu d’une manière exacte , les Chrétiens finirent par adopter celui de Tien-chu, c’est-à-dire , Seigneur du Ciel. On rejeta, avec raison, ceux de Tien, ciel matériel, et Xang-ti, seigneur d’en haut, usités par les lettrés qui donnaient à ces expressions un sens tout-à-fait contraire à 1 idée d’un Dieu immatériel et incréé. Par conséquent l’inscription King-Tien, adorez le Ciel, devait être proscrite de u os églises. D’après le système des Jésuites sur la théogonie des lettrés chinois, ces missionnaires devaient au contraire admettre la dénomination sous laquelle ils désignent la substance universelle , à laquelle ils donnent les attributs de la divinité. Aussi placèrent-ils avec honneur dans leur église de Pè-king, l’inscription : King-Tien, tracée par l’empereur Kang-hi lui-mème. Depuis cette époque, le Souverain Pontife déclara illicite l’usage de ces termes et de semblables inscriptions dont le sens idolàtrique était devenu un sujet de scandale et d’erreur pour les chré-
1 Acerbo enim luclu dolens [«1er, cilô sibi rapli filii fecit imaginera : et ilium qui tune quasi homo mortuus fuerat, iiuoc (anquam deum colere cuepit, et constiliiit inter aervos suos sacra et sacriücia.
ürinde iuterveniente tempore, convalescente iuiquà consuetudiue, hic error tanquaui lex cuitoditus est, et tyraïuuiruiu imperia colebanlur figmenta.
Kl bos quus in palam hommes lionorare non poterant, propter bac quod longé esseut, è looginquo figura eoruiu allata, evidentum imaginent regis quera lionorare volebant, fectrunl i ut ilium, qui aberat, tauquam præseptem «là sollicitudiue. — Sop. c. xtv, > jr , 1 j, 16 el 17,
tiens aussi bien que pour les infidèles. Il y eut encore quelques autres points sur lesquels le Saint-Siège fut appelé à donner une décision, mais ce sont des objets de détails qu’il nous semble moins utile d’indiquer ici, attendu que le fond de la discussion roulait surtout sur les faits précédemment développés \
1 Sanct. D. N. Benedicti Papce XIV Bultarium, 1. 1, pp. 188 et suiv. — Hist. du monde, 1. 1, pp. 113 et suiv. — Hist. et Tabt. de l'Ùniv. t. IV, liv. 3.
— Annales de philosophie chrétienne, recueil périodique, ln-8, Paris, Année 1830 et suiv. Passim. Art. Chine, Christ, Astronomie, etc. — Conformité des cérémonies chinoises avec l’idoUtrie grecque et romaine, etc. In-12, Cologne, Hérit. de C. d’Egmont, 1700, pp. 3 et suiv. — Traité du P. Longobardi, pp. 27, 28, 31 et suiv. 42 et suiv. 66, 74, 80, 84, 86, 99. — Traité du P. de Sainte-Marie, pp. 2 et suiv. — Constit. Apostolicœ, 11° partie, p. I et suiv. VI* partie, p. 29. Bérault, t, XI, p. 216; t. XII, p. 346. — Choix de Lettres édif.(1824), 1. 1, p. 349. — Décret de Nostrc S. P. le Pape, Clément XI sur la grand; affaire delà Chine. In-12, 1709, pp. 4 (et suiv. — Eclaircissement sur la dénonciation faite à N. S. P. le Pape , des Nouveaux Mémoires de la Chine composez par le Pere Louis le Comte, de la Compagnie de Jésus, confesseur de Madame la Duchesse de Bourgogne. In-12, 1700, pp. 9 et suiv. — De Sinensium ritibus politicis acta. Seu B. P. Francisi Brancati, societatis Jesu, apud Si nas per annos 34, Missionarii responsio apologetica ad B. P. Dominicum Navarrette ordinis Pradicatorum. In-12, Paris, N. Pepie, 1 700, pp. 56 et suiv.
— Lettres sur les progrez de la Religion à la Chine. In-12, 1700, pp. 17 et suiv. — Apol. des Dominic. pp. 7 et suiv. — Documenta rectal rationis seu forma instructionis , ad usum alumnorum Sinensium Anamitarum, nec non et catcchistarum concinnata , a J.L. TaberdEpiscopo Isauropolitano édita. In-12, Serampore, J. C. Morshman, 1839, préf. pp. iv et suiv. pp. 2 et suiv. 27 et suiv. 41 et suiv. 78 et suiv. — Méra. de Picot, t. I, introd. p. ccxrxi. — Mémoires chronologiques et dogmatiques, pour servira l'Histoire Ecclésiastique, depuis 1600 jusqu’en 1716, avec des réflexions et des remarques critiques; (par le P. d’Avrighy, de la Comp. de Jésus). Iu-12, 1720, t. III, p. 384. — Bull. S. Cong. de Prop. Fide , 1. 1. p. 123; t. III, pp. 48, 74, 185. — Le Chou-King , uu des livres sacrés des Chinois, etc. Ouvrage recueilli par Confucius. Traduit et enrichi de notes par feu le P. Gaubil , missionnaire à la Chine. Revu et corrigé, etc. par M. ce Gcigxe*. In-4, Paris, Tilliard, 1770. Disc. prél. p. xlv. Not. sur l’Ÿ-King, pp. 401 , 404 et suiv. corps de l'ouvrage, pp. 1 1, 15, 19, 20, 28, 33, 39, 60,64, 67,68, 114, 117, 124. 128, 129, 134, 143, 146, 147, 162, 178 et suiv. 184, 185, 206, 210, 218 et suiv. 234, 242, 258, 324, 329, 349, 403, 41 1 et suiv. 428, 433 et alibi. M. Henrion, t. IX, p. 467. — Relation de la nouvelle persécution de la Chine jusqu a la mort du Cardinal de Tournon ; dressée par le R. P. François Gonzales de S. Pierre , Religieux de l'Ordre de S. Dominique et Missionnaire Apostolique à la Chine , etc. In-12, 1714, p. 4. — Lett. édif. t. IX, préf. pp. met suiv. t. X, pp. 9 et 28; t. XII, 61 et suiv. 268 et suiv. 272, 299; t. XIII, 312 et suiv, — Nouv. Lett. édif. 1. 1, p. 215, — Etat actuel du Tunkin, elc. t. II, p. 141. — Nouv. rel. des Indes Orient, pp. 183, 214. — Ath. Kir-
Telles furent les graves questions qui partagèrent les missionnaires depuis le commencement de la prédication de l’Évangile en Chine, jusqu’à l’époque où la bulle de Benoit XIY put être mise à exécution. Cette bulle contient une exposition détaillée des faits contestés, ainsi que de la mar-
cherii China, p|>. 115, 129 et suiv. 141. — Hist. dv grand roy. de la Chine, pp. 8 , 1 9 el suiv. — De Chrisli expedit. apud Sinas , pp. 89, 1 00. — Nouv. Mém. du P. Le Comte , 1. 1, pp. 170, 266, 271 ;!. II, pp. 89, 98. — Hisl. de l’édit, du P. le Gobien, préface, pp. 1 et suiv. Corps del'ouv. pp. 217 et suiv. — Historia cultus Sinentium, seu varia scripta de Cultibus Sinarum , inter Ficarios Aposlolicos Gallos a/iosque Missionarios, et patres Societatis Jesu controversés , ohlata InnocentioX II pontifici maximo et Sac ne Congrégations Eminenlissimorum Cardinalium dirimendœ huic causœ prœpositorum , etc.In-1 2, Cologne, 1700, pp. 1 et suiv. 110, 120, 129, 138, 240. — Lettre de Messieurs des Missions Etrangères au Pape, sur les idolâtries et les superstitions Chinoises. In-1 2, Cologne, Hérit. de C. d’Egroont, 1700, pp. 99 et suiv. — Lettre d'un docteur de l’ordre de S. Dominique sur les ceremonies de la Chine au R. P. Le Comte, de la Compagnie de Jésus, confesseur de Madame la Duchesse de Bourgogne. In-1 2, Cologne, Hérit. C. d’Egmont, 1 700, pp. 68 el suiv. — Lettre de M. Marin Labhé, nommé par le S. Siège Eveque de Tilopolis , et Coadjuteur au Vicarial Apostolique de la Cochinchine, au Pape, etc. In-12, Anvers, Hérit. de J. Keerberg, 1702, p. 60. — IJn martyr ou le sacerdoce catholique à la Chine, pp. 84, 87. — Parait, des Relig. t. I, I'* partie , pp. 343 et suiv. — Mémoires concernant l'histoire , les sciences , les arts , les mteurs, les usages, elc. des Chinois. Par les Missionnaires de Pékin. In-4, Paris, 1787, t. II, pp. âetsuiv. — Hist. gén. de la Chine, t. I, pp. 1 et suiv. — Essai sur l'indifférence en matière de religion ; par M. l’abbé F. de Lamerhais. In-8, Paris, Librairie classique élémentaire, 1823, t. III, pp. 59 (à la note), 100, 101 (à la note), 122, 138 (à la note), 148 (à la note). — Copie d’un* lettre de Monsieur Maigrot à M. Charmot, etc. In-12, 1700, pp. 5etsuiv. — Raccolla di Tarie principali scritlure de’ Padri délia Compagnia di Giesù , e de Signori Missionarj det Clero secolare di Francia sopra la controversia delle idolâtrie e snperstizioni délia China. In-12, Cologne, 1700, pp. 148 et suiv. — Dictionnaire chinois, français et latin, publié d'après l’ordre de Sa Majesté l’F.mpcreur et Roi Napoléon le Grand ; par M. de Guigkes, résident de France à la Chine, attaché au ministère des relations extérieures , correspondant de la première el de la troisième classe de l’Institut. In-f°, Paris, Imprimerie impériale, 1813, préface, pp. xv et suiv. — La Vie du P. M. Ricci, p. 9. — Essai sur le Panthéisme dans les sociétés modernes ; par H. Maret, prêtre. In-8, Paris, Debécourt, I 840, p. 102. — De Sinensium ritibus politicis acta, S. R. P. Francisci Brancati , Societatis Jesu , apud Sinas per annos 34 Alissionarii responsio apologetica ad R. P. Dominicum Piavarrcltc ordinis prœdicatorum. In- 12, Paris, N Pepie, 1700, pp. 56, 7 1 , 83, 90, 105, 1 14, 118, 121, 126, 144, 288, 301. — Eclaircissement sur la dénonciation faiteàN. S. P. le Pape , des Nouveaux Mémoires de la Chine , composez par le Pere Louis Ls Comte, de la Compaguie de Jésus , confesseur de Madame la Duchesse de Bourgogne. In-12, 1700, pp. 2, 4 et suiv. 13 et suiv.
che prise par la discussion jusqu’à la conclusion definitive. Ce précieux document nous a beaucoup servi pour l’exposé que nous venons de faire, et nous continuerons à le suivre maintenant qu’il nous reste à traiter une question plus délicate encore que les précédentes : je veux parler de la conduite tenue par les parties intéressées dans toute cette affaire.
Avant tout, nous devons reconnaitre que parmi les écrivains qui se sont occupés de ces discussions, les Jésuites n’ont guère rencontré que des apologistes ou des adversaires passionnés, mais rarement de véritables juges, tels que le demande la véridique et impartiale histoire. Sans parler des publications sorties évidemment de la plume des jansénistes, et dont nous nous abstiendrons de citer ici même les titres, nous convenons que les missionnaires des différentes congrégations , et les nôtres aussi bien que les autres ont trops ouvent cédé à l’irritation occasionnée par la nature meme de ces controverses. Les grands principes de charité chrétienne auraient dû sans doute y apporter plus de tempérament, cependant nous nous expliquons facilement cette faiblesse et nous savons qu’on peut y trouver quelqu’excuse dans l’infirmité même de notre pauvre nature humaine. On commença par le zèle et l’on finit par l animosité ; que la divine charité de Jésus-Christ nous garde désormais d’un semblable malheur ! De leur côté, les missionnaires de la Compagnie de Jésus ne surent pas non plus se maintenir toujours dans les bornes de cette modération chrétienne si nécesaire dans la circonstance où ils se trouvaient alors, et il en résulta les funestes conséquences que nous déplorons. Ceux de leurs confrères qui les défendaient en Europe par leurs écrits, contribuèrent surtout à entretenir l’aigreur qu’on devait chercher à détruire, et retardèrent ainsi le jugement si désirable qui devait faire disparaitre toutes difficultés.
Quant aux historieus qui oui traité la question avec quel-
que détail , pour ne parler que des plus graves et des plus importants, nous dirons que Hérault- Bercastel ayant tout emprunté au P. d’Avrigny, semble n’avoir guère eu d’autre but que de défendre les missionnaires de la Compagnie, à laquelle il avait appartenu lui-mème'. Bï. Henrion n’ayant pas non plus modifié le récit de fiérault dans son Histoire de l’ Église, il suit de là que le témoignage de ces deux auteurs doit se réduire, pour l’appréciation des faits, à la seule valeur de celui du P. d’Avrigny; et personne n'ignore combien cet écrivain demande à être lu avec réserve dans tout
ce qui regarde les intérêts de sa Compagnie. On sait aussi combien le ton satirique de ses Mémoires est éloigné de la gravité calme et digne qu’on a droit d'exiger dans uu travail sérieux. Pour tout dire en un mot, le récit de ces auteurs sur cette matière est si peu conforme à l’impartialité requise en pareille circonstance, qu’il est impossible, après les avoir lus, de comprendre comment le Saint-Siège a pu condamner une doctrine aussi plausible que celle qu’ils exposent. Cependant tout le monde est forcé de reconnaître que les décisions solennelles de l’Église romaine ne sont pas
cause~°Ct~dan8 le cas particulier qui nous occupe, un «ècto entier de discussions était bien de nature à famé paraître a
vérité sous son véritable point de vue. D.Uf I^^S r lecture delà bulle Ex quo singulan suffit pour retab exactement la substance des faits controversés
Pomme ie vous le disais précédemment, Monseigne , i-,f barf a«r cette bulle mémorable le travail que )C ^ .“jourdhui. Je me suie app»,é aussraveeune crr-
' Bér.ull av.il appulenu * £ .fn’svaTqaut* m"'
années , n,ais il n’y avait F» f®'‘ dy œ ^ „„ ,nstoir ab,egee
qu’elle fût dissoute en France. D /eu„ talents , leurs ver-
des hommes qui se sont fait un nom P commencement du monde jus-
qu’à nos jours; par 1 abbe F.-x- 1*21,1. U, p. 27C.
tainc confiance sur le témoignage d'un écrivain aussi exact que modeste, dont la vie toute entière fut consacrée à la défense de la foi et de la vérité clirétiennë. Picot, dans ses Mémoires pour servir à l’Histoire ecclésiastique, me parait avoir apprécié les faits de cette discussion sous leur véritable point de vue. Tout en faisant ressortir les raisons puissantes qui excusèrent souvent les missionnaires de la Compagnie de Jésus, aux yeux de tout homme impartial , il n’hésite pas à reconnaître aussi les torts qu’ils curent dans le cours deda controverse. Cependant, tout impartial qu’il soit dans la plupart de ses jugements, cet écrivain ne s’est pas garanti entièrement lui-mème de certaines insinuations désavantageuses aux Jésuites, et que nous voudrions ne pas rencontrer dans son travail.