TCHEOU
Pendant que ces choses se passaient en Chine , le pape Alexandre VIII avait, comme nous l’avons vu, créé deux nouveaux évêchés titulaires en Chine : celui de Nan-king et celui de Pè-king ; tous deux dépendant de l’archevêché de Goa, avec droit de patronage de la part du Portugal \ Cette concession faite à des exigences soutenues depuis tant d’années devint l’occasion de nouvelles divisions dans les diverses provinces où les vicaires apostoliques continuaient à exercer leur juridiction malgré les prétentions contraires. Il était donc nécessaire d’y apporter remède, et Innocent XII le fit en formant de nouveaux vicariats indépendants de la juridiction des évêques nommés par son prédécesseur. A la suite de cette mesure , M. Maigrot fut confirmé dans son titre de vicaire apostolique du Fo - kien ; M. Leblanc , venu comme lui en Chine avec Mer d’ Héliopolis, fut revêtu de la même dignité pour le Yun-nàn, sans avoir toutefois le caractère épiscopal; enfin M. de Lyonne eut le Ssetchouan à administrer. Ce prélat, sacré à Kouang-tong par Mer de Conon, s’efforça en vain de pénétrer dans son vicariat ; il lui fut impossible d’y parvenir, seulement il put y envoyer à sa place MM. de la Balluère et Basset , tous les deux membres de notre Congrégation, et MM. Mullener et Appiani, prêtres de Saint-Lazare. Ces missionnaires, arrivés au Sse-tchouan en 1702, n'y trouvèrent que quelques chrétiens émigrés du Hou-kouang où ils avaient été baptisés par les Pères de la Compagnie de Jésus. A la même époque, M. Leblanc s’étant rendu au Yun-nàn avec un autre mis-
' Celle création est du 10 a\ril 1690.
sionnaire français n’y trouva que quatre chrétiens venus d'une autre province comme ceux du Sse-tchouan ; le Kooeitcbeou , province voisine du Yun-nàn , commençait aussi à être évangélisé par un missionnaire de iaCompagnie de Jésus qui y résidait. Elle fut donnée en vicariat au Père de Vi? delou, sacré évêque de Claudiopolis par le cardinal de Tournon ; mais il ne put jamais y entrer non plus. Ce prélat mourut à Pondichéry en 1737, et depuis cette époque le Kouei-tcheou fut confié au vicaire apostolique du Ssetcbouan. Tels furent les commencements de cette mission si intéressante dans ces derniers temps , surtout par la quantité prodigieuse d'enfants de païens baptisés chaque année au moment de la mort.
Quant à la mission du Fo-kien , comme elle avait pour fondateurs les PP. de Saint-Dominique , après la mort de Me1 de Conon, le Souverain Pontife fit justice en choisissant parmi eux le vicaire apostolique chargé de la gouverner. Depuis cette époque, on ne s’est plus écarté de cet usage. Les Dominicains, du reste, justifièrent bien la confiance du père commun des fidèles , car leur mission est maintenant une des plus florissantes de l’empire. Jusqu'à ces derniers temps, le séminaire des Missions-Étrangères y avait entretenu habituellement un missionnaire européen ou indigène pour la petite chrétienté de Hing-hoa, mais on vient d’en faire de même la cession aux Dominicains.