‹ Lettres à mon ami, 1909Chapitre 9 sur 14 · LE ROI ET LE PEUPLE · texte numérisé non relu

LE ROI ET LE PEUPLE

Il n'est vraiment pas commode, mon cher ami, de savoir avec exactitude ce que le peuple pense actuellement delà royauté. Je crois que le peuple, en grande partie, ne pense rien du tout. Mais, au surplus, si l'on voulait tenter cette difficile étude, il faudrait distinguer d'abord entre les paysans et les ouvriers, et distinguer aussi entre les régions.

Il y a dans le Midi provençal de larges îlots royalistes ; d'autres parties, où le royalisme héréditaire est sous-jacent et ne demande qu'à émerger. On pressent bien que ni la Bretagne et l'Anjou catholiques, ni la Normandie conservatrice ne seraient profondément réfractaires à l'établissement royal. Mais ailleurs ? ...

Les paysans ne sont venus que lentement à la République. Mais ils en ont maintenant l'habitude. Beaucoup — ceux qui croient qu'ils y gagneraient — voient dans la République des possibilités de vague socialisme agricole. Mais

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