‹ Lettres à Monsieur P.J. ProudhonChapitre 29 sur 36 · A M. JULES-ISAAC !«IRE · texte numérisé non relu

A M. JULES-ISAAC !«IRE

Paris^ 23 février 1857.

You.-" pouvez vous tlatter, monsieur, de faire tomber des nues votre serviteur, et de plonger la France dans une indicible surprise. Miséricorde ! il y a donc une plume derrière votre lingot î Dorénavant il faudra vous reconnaître, non-seulementpour un millionnaire, mais encore pour un écrivain. Peste! voilà qui est dur. Enfin, passons là-dessus.

Ne trouvpz-vous pas bien extraordinaire que nous

306 LETTRES d'un BIOGRAPHE.

ayons eu, le môme jour, à la même heure, sans nous entendra, l'idée d'écrire à M. Alexandre Uumas fils, et de lui écrire surtout d'une façon si différente?

Je fais l'éloi^e de sa pièce, et vous la critiquez.

Un de nous deux a tort, bien évidemment. Est-ce vous? est-ce moi? Tirons la chose au clair.

Vous trouvez, monsieur, que l'auteur de \a.Qucs(ion d'Argent passe à côté du sujet.- Selon vous, M. Dumas fds n'a pas assez porté son investigation sur cette force immense qu'on appelle le capital. Vous lui reprochez de condamner aveuglément cette force, et vous affirmez qu'il a tort «d'attirer l'animadversion publique sur la personnalité chimérique d'un fripon de théâtre. »

Ce sont vos propres paroles.

Ah! monsieur, que chimérique est bien trouvé ! Fripoil de théâtre me semble également une expression très-heureuse.

Vous ajoutez que le moment est mal choisi pour des attaques de ce genre. Le capital, dites- vous, a besoin d'un marché, et la Bourse n'est rien autre chose que le marché des capitaux, marché nécessaire, marché qu'il faut maintenir, quand bien même « de grandes fortunes, élevées sur des malheurs individuels, donne-

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