‹ Lettres à Monsieur P.J. ProudhonChapitre 4 sur 36 · CINQUIÈME LETTRE · texte numérisé non relu

CINQUIÈME LETTRE

Je vous ai prouvé que j'avais eu raison d'attaquer es hommes (je parle de ceux qui s'exposent à la fé- 'ùle de l'histoire), au lieu de prendre comme vous* i partie les institutions les plus respectables et les plus laintes.

D'autre part, la satire de Perse et le sens commun ''ous démontrent catégoriquement, en veitu des droits le la société même, que l'écrivain peut déshabiller 'homme public.

Tant pis pour riiomino public s'il a des plaies secrètes î

Je l'ai dit ailleurs, et je le répète ici :

Ou l'écrivain ment, ou il possède la preuve des faits qu'il avance.

Dans le premier cas, punissez-le du bagne (it même de l'échafaud ; car l'assassinat moral est le plus odieux des assassinats.

Mais lui faire payer l'homieur de gens qui n'ont point d'honneur, mais lui interdire le droit d'appuyer du moindre témoignage des assertions véridiques, voilà ce que je déclare inadmissible en législation comme en morale.

Or, puisque sur les cent volumes de biographies publiés à cette heure, vous n'avez lu, monsieur, que celui qui vous concerne, daignez parcourir les autres.

J'ose dire, sans exagération d'amour-propre, que cette lecture est moins soporifique et plus facile qu( celle de vos œuvres. Si vous trouvez un seul fait calomnieux, une seule phrase entachée de mensonge, un seul mot dicté par la haine ou par la mauvaise foi je consens à devenir votre disciple.

A M. P.-J. PBOUDHON. 69

C'est le plus eti'royable châtiment que je puisse accepter en ce monde.

Reste à prouver si les personnages qui m'accusent id'avoir franchi le seuil de leur vie privée sont des hommes publics et s'ils ont eu le droit de crier à la ditïamation.

Nous allons choisir les plus mécontents^ c'est-à-dire

ceux qui m'ont appelé devant les juges ou qui ont jeté les hauts cris dans le journaHsmo,

EMILE DE GIRARDIK

Vous ne discuterez pas celui-là, j'imagine?

Les sauts de carpe et les métamorphoses sans nombre de l'ancienne Presse ne sont point encore, que je sache, passés à l'état de légende.

Voici bien un homme qui est sorti comme vous de sa maison pour se faire apôtre.

Il a prêché la destruction de la famille parce qu'il l'avait point de famille, absolument comme vous prêchez la destruction de la propriété parce que vous l'êtes pas propriétaire.

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Jamais rhéteur n'a soutenu on plein soleil le blanc et le noir, le pour et le contre, le vrai et le Taux avec plus de hardiesse et plus de cynisme.

Donc , Emile de Girardin est un homme public.

GëOUGë SAND

Saluez, monsieur, cette implacable ennemie du mariage, qui a jeté si souvent le bonnet de son style pardessus les moulins démocratiques î

Pour être un apôtre en cotillon, l'auteur à'indiana, Dieu le sait, n'en est que plus coupable.

Avec ces qualités brillantes de l'écrivain, que vous n'avez pas, que vous n'aurez jamais ; avec cette manière victorieuse, délicate, pleine de finesse et de verve, dont la massue qui vous sert de plume est entièrement dépourvue, madame George Sand a démoralisé son sexe. Elle a prêché haut, elle a prêché d'exemple.

Donc, madame George Sand est un homme public.

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