Hyacinthe Lani^lois, écrivain et dessinateur norniaiid
5 heures.
Ta lettre de jeudi m'arrive à Finstant...
Pauvre loulou, tu m'as l'air bien dolente et fatiguée? C'est le résultat de la jolie vie que nous avons menée depuis cinq mois ! Tu as raison, je crois que tu seras moins triste à Paris. Mais comment va se passer l'hiver? Problème.
Que dis-tu d'un M. Spoll, qui me croit propriétaire du château d'Ouville et qui m'y a adressé une lettre pour me demander de collaborer au To/^rt/^ France^ publication qui doit faire pendant à celle du Tour du Monde. Une autre lettre que tu m'as renvoyée et que j'ai reçue hier était de Burty^ Je te dis cela pour continuer notre communisme, pauvre chérie.
Mon compagnon vient me chercher pour prendre notre bain : c'est l'heure. Mais le temps me semble bien rafraîchi et la marée est trop basse. Je crois que je vais caler,
6 heures et. demie.
En effet, j'ai calé. Il faisait trop frais. Mais j'ai joui d'un coucher de soleil splendide. Un vrai Claude Lorrain. Que n'étais-tu là, pauvre fille, toi qui admires tant la nature. Je me figurais ta gentille personne installée, près de moi, sur la plage, devant un chevalet et barbouillant bien vite les nuages, pour les saisir dans leur bon moment...