Toujours à propos de Bouvard et Pécuchet
2. Il venait de nommer mon oncle « conservateur hors cadre » de la Bibliothèque Mazarine ; à ce litre fut attachée, peu après, une peasion de 3,000 francs.
3. On sait que, fmaleraejity le . livret fut. écrit par Camille, du Locle.
Grâce au père Hugo. C'est à lui que je dois ma place de a conservateur hors cadre », à lui plus qu'à tout autre. Je le sais maintenant par Cordier. Ah ! si Ton faisait un bel opéra avec Salammbô; et si la Féerie était jouée, je pourrais restituer cette place ! Mais pour le moment il faut se réjouir de Tavoir...
Hier Chéron m'a manqué de parole, de sorte que ma journée a été perdue. J'en ai fini avec les matières ecclésiastiques ! Maintenant c'est au tour de l'éducation et de la morale. Je ne sais encore quand je reviendrai, près de mon loulou, dans le pauvre vieux bon Croisset. Ce ne sera pas, j'en ai peur, avant huit ou dix jours, tant il me reste encore d'affaires à régler! Et puis Monsieur est accablé de politesses, j'en suis tout surpris. Il est évident qu'on a beaucoup de plaisir à me revoir, et qu'il y a des gens moins aimés de leurs amis que moi...
Il est 8 heures 4/2 et je vais corriger mes épreuves, puis raturer quelques phrases en attendant l'beure de mes recopiions.
Dimanche dernier elles ont été gigantesques, Hérédia m'a amené Jules Breton, le peintre, qui désirait « avoir l'honneur, etc. ».
Adieu, pauvre fille, je t'embrasse bien tendrement.
Pars, jeudi 10 juin 1879.
Mon Caro,
Le portier ne m'a remis pour toi aucun journal. Tu as dû recevoir ce matin un bel article de Banville. Ce paragraphe me semble mériter une carte de visite. Théodore de Banville demeure rue de l'Éperon, 10.
Demain je retournerai chez Bergerat. Enfin, pauvre chérie, je soigne ta gloire.
Le dîner chez P'rankline a été charmant et bon. Convives : Carrière, un jeune médecin fort instruit, et M. de Pressensé, qui nous a fait le récit de la fameuse séance de la Chambre à laquelle, plus indifférent que toi, je ne regrette point de n'avoir pas assisté. Les fureurs de Cassagnac me semblent aussi intéressantes que celles d'un voyou dans un cabaret.
Je n'ai pas encore été chez Flavie parce que jusqu'à présent j'ai été surchargé de courses, d'affaires et d'études. Je mets un terme à mes lectures, samedi! Si j'ai besoin de livres, Ernest' m'en prendra quand il viendra à Paris et les rapportera. C'est convenu avec ces messieurs.
Je comptais partir lundi, en effet. Mais je garde encore deux jours pour différentes courses et je reviendrai mercredi au plus tard.
Mardi, à midi, comme j'étais en manches de chemise et prêt à partir pour la Bibliothèque, coup de sonnette. Un monsieur en cheveux blancs entre. Nous nous regardons avec étonnement: «Camille Rogier! ». Embrassade. Nous ne nous étions pas vus depuis 1857 ! Tu sais, n'est-ce pas, qui est C. Rogier^ ? Après avoir parlé de nos souvenirs communs qui datent de 1850 à Beyrouth, il fut question d'art et de peinture. Alors exhibition du torse de femme, de la nièce, où il a trouvé « les plus rares qualités ».
Par attention pour le père Cloquet, je lui ai envoyé l'article de Banville.
Ce malin j'ai fini la première partie de mon chapitre et ce soir je commence la préparation de la philosophie. Monsieur a une drôle de manière de se reposer à Paris.
1. Ancien consul en Orient, mon oncle l'avait connu à Beyrouth
478 LETTPxES DE G. FLAUBEJ^T A SA NIÈCE CAROLINE
Quant à ma jambe, elle ne se guérit pas vile. Je me sens mou comme un chiffon.
Hier, dîner à Saint-Oralien avec les habitués. Tendresses habituelles et promesse de se revoir au mois de septembre. Sais-tu ce qui m'obsède maintenant? l'envie d'écrire la bataille des Thermopyles. Ça me reprend. Adieu, pauvre chère fille. A bientôt. Mais écris-moi, nonobstant.
Ta vieille Nounou.
Comme je me couche de bonne heure, je me lève idem. Monsieur est à son bureau depuis 7 heures 4/2.