‹ Lettres à sa nièce CarolineChapitre 149 sur 160 · Laure de Maupassarit · texte numérisé non relu

Laure de Maupassarit

Paris, vendredi, 4 heures, 20 septembre 1879.

Merci de ton petit mot, ma pauvre fille. Je trouve en arrivant, chez mon portier, ta lettre d'hier. J'ai peur que celle que je t'ai écrite hier soir ne t'arrive ^^'en même temps que celle-ci.

Aujourd'hui, courses nombreuses dans Paris, et je déjeune chez Popelin. Je compte toujours dîner dimanche prochain dans le bon vieux Croisset. Juliette^ au lieu de perdrix, aurait mieux fait de me donner des nouvelles de son père.

Bourlet m'a écrit une lettre relativement au fils d'un

de ses amis, Henri Fauvel, du Havre, pour que j'engage

' celui-ci à renoncer à la littérature. Tu verras ma

réponse! Ça m'indigne, ces bourgeois ennemis de l'art !

Je n'ai que le temps de t'embrasser.

Vieux.

Mercredi soir, 9 octobre 1879.

J'entends le bateau siffler; donc, il est trop tard : tu n'auras ma lettre que vendredi matin, s'il n'y a pas à Etretat deux distributions par jour. Ce senties épreuves de VËducation sentimentale qui en sont cause (j'en subis, des épreuves, et de toutes les sortes!). Hier, j'ai passé huit heures à cette agréable besogne, car j'ai corrigé tout le Château des cœurs et trois feuilles de

Page 1