‹ Lettres à sa nièce CarolineChapitre 150 sur 160 · Juliette Roquigny · texte numérisé non relu

Juliette Roquigny

YÉducation sentimentale. J'ai reçu une lettre de Bergeral*, avec des explications qui te concernent.il est enchanté du dessin, mais voudrait plus d'encadrement. Je te montrerai sa missive.

Pulzel te cherche partout, et je tâche de la consoler en la prenant dans mon cabinet.

J'ai reçu une lettre de Laporte'^, tout à l'heure. Il est à Couronne depuis vendredi soir, et compte me voir au dîner du Préfet. Le ton en est amical, comme par le passé.

Ne me voyant pas, il viendra cette semaine, j'en suis sûr. Cette attente est pour moi une véritable angoisse : aura-t-il reçu, d'ici là, la lettre de *** ? Que lui dire ? Je suis perplexe et navré. Quand donc serai-je tranquille? Quand me f...ra-t-on la paix, définitivement?

Cette histoire de Laporte m'emplit d'une telle amertume et gâte ma vie tellement, que je n'ai pas eu la force de me réjouir d'un événement heureux qui m'arrive : Jules Ferry (l'homme de l'article) m'a écrit, hier, qu'il m'accordait une pension annuelle de 3,000 francs, à partir du 1^' juillet 1879. La lettre est ultra-aimable. Ce libre penseur a du bon.

Je devrais être content ? Pas du tout ! car, enfin, c'est une aumône (et je me sens humilié jusque dans les moelles). Quand pourrai-je la rendre, ou m'en passer?

Pour me distraire de ces sombreurs, je reporte ma pensée sur ma chère fille. Il fait beau, et le soleil, au bord de la mer, doit lui remettre un peu de force dans le sang...

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