Sénateiir de la Scin( -Inférieure
^z6 LETTRES DE G. FLAUBERT A SA NIÈCE CAROLINE
Tu t'ennuies donc de pauvre Vieux, quoiqu'il soit « drôle! » et (( pas aimable » ; moi aussi, pauvre Caro, je m'ennuie de toi beaucoup, et j'ai bien envie de bécoter ta gentille et fraîche mine.
J'ai reçu une lettre de l'honnête Bardoux qui me charge de vous dire mille choses.
Embrasse bien ta bonne maman pour moi.
Ton vieux ganachon.
Paris, dimanche soir, 7 heures, 27 octobre 1862.
Ma chère Carolo,
Je ne me suis point encore acquitté de votre commission relativement à un maître de clavecin, par la bonne raison que depuis bientôt un mois j'ai pris l'air deux fois, une pour aller prendre un bain et une autre pour aller à l'imprimerie ; car j'ai été non pas bien malade, mais bien embêté par tous mes maux, qui ont été nombreux et variés : j'ai passé toute la semaine dernière dans mon lit, tellement abîmé de rhumatismes que je ne pouvais faire un mouvement sans crier. C'est, Dieu merci, passé, mais Godard* m'a défendu de sortir par le temps pluvieux qu'il fait. Après demain il faut pourtant, coûte que coûte, que je me fasse voiturer à l'imprimerie. N'ayant plus de clous, je souffrirai moins (il m'en reste un cependant à la joue qui me défigure), sans compter des démangeaisons intolérables à certains endroits du corps. Bref, je n'ai pas été gai depuis un mois.