Frère de Frédéric Baudry, bibliothécaire de l'Arsenal
ta bonne maman se porte bien au bord de la mer, pourquoi ne pas y rester plus longtemps? Qu'elle suive l'avis de ton oncle. La soignes-tu bien? es-tu gentille?
Autre histoire : il m'est arrivé ce matin un billet d'HamiltonAïdé^, qui est au Havre, à l'hôtel Frascali avec sa mère. Il se propose de faire un petit voyage en Normandie et de venir me voir à Groisset. Comme c'est un très aimable garçon, je tiendrais à le bien recevoir : il faudra que ta bonne maman les invite à dîner. Ça me fera plaisir; ils sont vos voisins et vous les avez peut-être rencontrés. Allez leur faire une visite, je vais me mettre incontinent à lire son roman.
Voilà, je crois, toutes les nouvelles. Embrasse pour moi tes parents grands et surtout ta vieille compagne. Ton oncle
ToM, bon nègre.
Croisset, samedi matin, 17 décembre 1859.
Ma chère Carolo,
Je compte revoir et baiser ta gentille petite trombine vendredi prochain, si d'ici làje ne péris pas enseveli sous la neige, comme un cratère des Alpes. Tu n'as pas l'idée du temps qu'il fait! et de Vhorreur de la nature ! Si ta grand'mère était à Croisset, eJle périrait de mélancolie. Rien n'est plus sauvage, cette tristesse a sa beauté, je préfère celle du soleil néanmoins.
Ton chat a été aujourd'hui porté chez Mme Sénard, la femme du menuisier. Le boucher lui apportera toutes