‹ Lettres à sa nièce CarolineChapitre 71 sur 160 · Un modèle · texte numérisé non relu

Un modèle

OU après demain matin, que je saurai positivement le jour de mon départ.

Vinet m'a envoyé un mémoire de 1.100 francs pour vin fourni, en partie, à messieurs les Prussiens! Il attendra jusqu'à Noël.

Préviens aussi ton mari que je lui demanderai de l'argent pour mon propre compte. Assez causé de ces choses-là qui m'assomment de plus en plus! Tu sauras donc, mon Caro, que ce matin, à 5 heures, j'ai terminé (enfin!) la cinquième partie de Saint A^itoine sur laquelle je suis depuis le commencement de juin. Terminé n'est pas très exact, car il me faut bien encore deux ou trois jours, pour finir et modifier quelques phrases. C'est un fameux poids de moins sur la poitrine.

Malgré le plaisir ou plutôt le bonheur que j'aurai à te voir souvent cet hiver, j'aimerais mieux rester ici, dans (( le silence du cabinet », à gueuler mes phrases emphatiques, que de m'en aller à Paris me bouleverser les nerfs et dépenser mes pauvres monacos, peu nombreux.

Ton oncle devient scheik, il n'aime pas le dérangement.

Adieu, pauvre chère Caro, à bientôt.

Ton vieux chanoine de Séville.

Paris, mercredi, 6 heures, 1871.

J'irai demain chez toi, vers 5 heures, et puisque tu ne veux pas de moi, j'irai dîner chez Mme Husson ou je reviendrai dans ma mansarde.

Ainsi dis à ta grand'mère qu'elle aura ma visite demain, avant son dîner.

Il faudra que nous prenions ensemble un rendezvous pour un après-midi de la semaine prochaine, afin que nous allions tous les deux au Cabinet des estampes, où j'aurai probablement un petit service à te demander.

Je t'embrasse bien fort.

Ton vieil oncle.

Pauvre chat !

Tu es dans les Affres de VArt!

Eh bien, voici ce que pense de toi ton professeur Bonnat :

c( Elle a du talent,

« Elle sait peindre,

(( Oui, elle a du talent, c'est drôle. »

Paroles dites à M. Anatole Delaforge^ qui me les a répétées.

Ah!

De plus, demande à Mme Brainne ce que Bonnat lui a dit de toi.

Enfin, pauvre loulou, il faut imiter Vieux et aller quand même...

Paris, samedi, 9 lu 1/i, 1872.

Merci de la Bible, mon loulou, et des billets de banque, aussi !

1. Sous-préfet de Saint-Qucnlin, se distingua dans la défense de cette ville au moment de la guerre avec la Prusse.

Quant à la Féerie^ je suis éreinté, mais non découragé, oh ! pas du tout !

Elle sera jouée un jour ou l'autre et elle aura un grand succès ! Seulement, d'ici là, j'aurai encore bien des fatigues. Grâce à l'ordonnance du père Cloquet, mon visage s'améliore.

Je n'irai demain ni chez la Princesse, ni chez Mme de Païva où j'étais convié à dîner.

J'ai fait dire à Mme Sand de me donner ou de me retenir deux balcons pour sa première, etj'ai reçu d'Abbatucci, le conseiller d'État, le billet ci-joint. Ce qui vous prouvera, ma belle dame, qu'on a pensé à vous. Ah!

Non ! on n'aime pas sa nièce. C'est convenu.

Ton Vieux rébarbaratif qui te bécote.

Embrasse ta bonne maman pour moi.

CLXXIT

Paris, lundi, 2 lieures, 1872.

Mon Caro,

J'irai te prendre à 3 h. 1/2 pour que nous achetions ensemble : 1" des rideaux, 2' des plâtres.

Je ne sais pas si, malgré mon ardeur musicale, je resterai à dîner chez vous. Car je ferais mieux d'expédier les livres qui me restent à lire. Le temps de mon départ approche et j'ai encore bien à faire. Emile part vendredi soir, et lundi prochain je commence mes courses aux environs de Paris. Ce qui me demandera une bonne semaine. Mais ce n'est pas pour te dire tout cela que je t'écris. Voici le but de mon épître.

J'ai VU hier le Moscove^ Il m'a dit que bie7i sûr Sarrasate viendrait chez Mme Viardot.

Le philosophe Baudry et son gendre sont enchantés de leur soirée de mardi dernier^.

A bientôt, chérie.

Ton vieux Cruchard.

Paris, jeudi, 7 heures 3/4, 1872.

Mon loulou,

Demain il faut que je sois sorti de chez moi avant 10 heures, parce que je dois être à 11 heures à TOdéon et qu'auparavant j'irai dans le quartier Montparnasse pour la gravure du portrait, et surtout pour prendre chez Troubat une aquarelle que la Princesse désire avoir.

Emile rapportera ce portrait chez elle vers 11 heures.

Je fais recommencer un décor! Je suis sorti de TOdéon à 5 heures et de l'imprimerie à 6.

Ce soir encore six lettres à écrire.

Mon mameluk galope en ce moment à l'imprimerie rue Saint-Benoît.

; Je me propose de dîner chez vous samedi.

Ton vieux chanoine , (en morceaux).

Recompliments^sur ta visite.

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