‹ Lettres à sa nièce CarolineChapitre 88 sur 160 · Victor Hu^o · texte numérisé non relu

Victor Hu^o

40 francs. Donc, si mon beau neveu pouvait m'envoyer 500 francs, il m'obligerait.

... Je crois que j'ai bien fait de lire à Garvalho le plan du Candidat, car il Ta trouvé très bien, et l'espoir de le jouer dans l'hiver de 1874-1875 va lui donner du zèle pour le Sexe faible?

T'ai-je dit qu'il m'avait promis de revenir à Groissct, prochainement, pour causer du Candidat?

Je m'y suis mis! Depuis dimanche c'est mon travail du soir. Dans la journée, je lis des ouvrages des RR. PP. Jésuites, et je vais en avaler de Monseigneur Dupanloup!...

Le choléra a été assez fort à Groisset. Pour le prévenir tout le monde entonne du rhum avec conviction. Mais l'épidémie parait se calmer.

Aucune nouvelle. Mon serviteur, hier, a manqué se casser la margouletle en dégringolant du haut d'un noyer où il lochait des cerneaux. Il s'est poché l'œil, écorché la main et meurtri le dos.

Le temps commence à n'être pas chaud, mon loulou.

Tu as bien tort de laisser manger ton temps par les fâcheux! G'est la pire manière de le perdre.

Tu ne diras pas cette fois que je l'écris de simples billets? Là-dessus, mon loulou.

Serviteur!

CCXY

Saint-Gratien, lundi matin, 1873.

Mon pauvre loulou,

Je compte être rentré à Groisset mercredi soir. Arrange-toi donc pour que j'y trouve une lettre de ma chère fille.

llt:res de g. flaubert a sa nièce Caroline 273

Jcidi S3ir, après l'avoir quittée, j'ai été dîner au café Riche où j'ai rencontré d'Osmoy qui m'a paru gigantesque ! Jamais je n'ai vu un homme plus spirituel et plus crâne. Il était au milieu de députés de la gauche et, bien entendu, on ne parlait que politique. Nous sommes restés ensemble jusqu'à 1 heure du matin.

La fusion m'a l'air bien endommagée? Raoul Duval vient d'écrire une lettre à Rouher^ où il se déclare contre la monarchie. J'espère de plus en plus qu'elle sera enfoncée. Tache de lire les brochures de Cathelineau et de Monseigneur 6/^ S^'^wr, et tu verras ce que c'est que ce parti-là.

M. Giraud, la Princesse et M. Popelin m'ont demandé des nouvelles de ma « belle nièce » que j'embrasse très forl. D'Osmoy trouve que Carvalho a raison et qu'il faut commencer par. le Candidat.

Adieu, pauvre fille chérie.

Ton vieux Cruchard.

CCXYI

DimanclK', 1S7;5.

Mon loiilou,

Le sieur Carvalho m'a ouvert la porte lui-même, à 7 heures précises, et tout m'a l'air d'aller de mieux en mieux.

1" U Oncle Sam sera joué au commencement d'octobre. Doiic je ne passerai pas avant le milieu de janvier ou le commencement de févriei', ce qui me laisse tout mon aut mue pour travailler à Bouvard et Pécuchet.

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