‹ Lettres à sa nièce CarolineChapitre 9 sur 160 · Un mendiant qui me servait de modèle · texte numérisé non relu

Un mendiant qui me servait de modèle

quand il sera tout à fait rétabli. Je trouve cela d'un bon sens extrêmement comique...

Je devais aller, aujourd'hui, dîner chez le père Lormier ; mais Julie m'a écrit que le repas aurait lieu à l'Hôtel-Dieu^ Je vais donc à 6 heures vêtir ma pelisse et m'embarquer sur V Union qui ne naviguera pas demain, sans doute, car la Seine est à moitié gelée.

Comment allez-vous passer votre soirée? Je voudrais bien vous voir. Je pense à vous et je vous embrasse.

Ton vieil oncle qui est sans doute ton meilleur ami.

Cioisset, vendredi 24 janvier 1862.

Pourquoi ta bonne maman ne m'a-t-elle pas écrit aujourd'hui, mon Carolo? Est-elle malade? S'il fait à Paris le temps qu'il fait à Croisset, je n'en serais pas surpris. Tu n'imagines pas l'humidité dans laquelle nous sommes plongés. La maison est dans un état pitoyable : depuis que l'on répare la salle à manger, surtout, on a l'air d'habiter au milieu des ruines. J'ai pour distraction la conversation des ouvriers, le père Senart qui ne me paraît pas fort du tout, et l'illustre Migraine qui sort de mon cabinet à l'instant. Il me tarde bien de m'en aller, et de bécoter tes bonnes joues.

Je vais aujourd'hui à Rouen, dîner chez le petit Baudry, avec des Persans. Je passerai à l'Hôtel-Dieu et je profiterai de l'occasion pour prendre un bain de vapeur. Ça me délassera. La fin de Garthage est lourde.

La lettre du couvent que je viens d'ouvrir par ton

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