Frank, auteur de la Kabbale
vard et Pécuchet! et, en somme, ça va mieux. Mais j'étais bien bas en partant de Croisset.
Je vais voir aujourd'hui Weinchenk et je saurai peutêtre Tépoque des répétitions. Elles n'auront pas lieu avant le mois de novembre (d'après le calcul de Zola). Il faut aussi que la question des engagements soit résolue maintenant.
Adieu, pauvre Garo.
Deux bons baisers de
Vieux.
Julie pourrait dès maintenant rentrer à Croisset. Mais comme je ne trouve personne pour la soigner, j'aime mieux attendre qu'elle soit tout à fait bien. Elle verra d'un œil ; pour le second, c'est fort douteux! « Elle n'est pas facile », m'a dit son infirmière.
CGXLIII
Paris, dimanche matin, 30 août 1874.
C'est le moment de « te montrer sublime », ma chérie ! Néanmoins ton pauvre mari préférerait sans doute se priver d'un aussi beau spectacle (celui de la sublimité). Je le plains énormément, car il n'est pas habitué à souffrir! et l'impossibilité de se rendre « à ses affaires » doit le mettre en rage.
Je suis curieux de savoir jusqu'où ira la liaison avec Mme Carvalho. Elle est très aimable et je la crois pleine de raison ; mais elle n'a pas pour moi le charme de Mme Viardot.
J'ai hier passé tout mon après-midi au théâtre Cluny. Il est probable que mes répétitions commenceront vers
le 10 novembre? On a engagé deux ou trois artistes que je ne connais pas, entre autres une demoiselle Klébcr, qui vient d'Egypte, et dont Winschenk est enthousiasmé. J'irai demain voir pour deux de mes acteurs. J'ai réglé les appendices à mettre à la fin de Salammbô, On les imprime, et l'édition paraîtra dans très peu de jours ainsi qu'un nouveau tirage de Madame Bovary, On m'a envoyé de Strasbourg une traduction de Saint Antoine avec préface et biographie de l'auteur. La préface est très élogieuse, bien entendu...
Calme plat dans le bon P.iris.
Bouvard et Pécuchet ont du revif, à distance. Ce que j'ai fait me paraît mieux, et le reste se tasse.
Paris, vendredi matin, 4 septembre 1874.
Je ne comprends goutte à l'entêtement d'Ernest! Pourquoi se refuse-t-il à subir son traitement qui n'est })as bien rigoureux. Tu lui diras une dernière fois, de ma part, qu'il a tort, et que je souhaite qu'il ne s'en repente pas plus tard. Maintenant, bonsoir, c'est son affaire. Aurait-il la tête attaquée? car sa conduite me paraît tenir à la démence !
Tu dois avoir maintenant les Winler. Après eux ce sera MmeDesgenetais, puisFrankline. Donc, mon pauvre chat, il me semble que toutes « les chambres d'ami » seront prises dans ta villa, d'ici à longtemps, si bien que je ne vois pas le moyen de t'y faire une visite sérieuse? Mais je pourrais bien aller y dîner un dimanche ? Il faudra que je revienne à Paris vers la fin d'octobre. Ainsi, pas
de Caro à la fin du mois d'octobre dans le pauvre Croisset. Enfin nous verrons à nous arranger. Ce qu'il y a de sûr, c'est que j'ai bien envie de bécoter ta chère mine. J'ai vu Mme Brainne : son fils n'est pas aussi mal qu'on te l'avait dit. En effet, la Princesse a été à Ahremberg, « ne pouvant faire autrement », mais elle est revenue depuis plusieurs jours. J'ai vu hier, à dîner, chez elle, ton ancien ami le baron Larrey. Il m'a dit que les Cloquet iraient probablement à Dieppe sous très peu de jours. Au mois d'octobre, j'aurai à Croisset la visite de Popelin et de Giraud. Ma journée d avant-hier a été tristement occupée par l'enterrement de la mère de Coppée*; jamais je n'ai vu une pareille douleur. Le pauvre garçon faisait mal à voir. Je l'ai presque porté pour descendre la grande avenue du cimetière Montmartre. Dès qu'il m'a vu, il s'est presque accroché à moi, bien que nous ne soyons pas intimes. C'est là (à cet enterrement) que j'ai vu la première fois l'ancienne passion de la Divine, mon ennemi Barbey d'Aurevilly^: il est gigantesque. Je t'en ferai la description...
Je compte être revenu dans mon humble asile vers le commencement de l'autre semaine. Adieu, pauvre chère fille. Écris-moi de bonnes lettres si tu en as le temps, ou plutôt prends-en le temps et aime toujours
Vieux.