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338 j^js^TTi^^s ]|çaiT£s
oeanman. Caas qui ont woé nom en&Qt oui tous i
des droits sur noua Hélas! tu »e verras que trop
que o'«H la maio appuyée m ma plai^ q^îfi cbsrehe à guéiir la tbmie.
EsBiraU du w^iêtF»dessi^ntlêÊinfs de fégUse ptmimabk
Nûtre'Dame'de-Dsail^ diocèse de Pana^ pour l^m 1780.
« L-an du Sttgneur mil sept cent qaalre«Yingt^ le n mercredi vingt-quatrième iaai> a été iphiuné^ dans ;ii le eimeiière da oaita pariiisfla^ par bous, w4 mmn gné, le corps de Sophie-** GabdeOe, déeédée dUr IX dauA cetla paroisse^ chea Jacques Quillet, çhe» lequd ift:flUe était ea nomrriQe, âgéa do dau^ ant Mise joitfft>
» née rue de Bellefoad, paroisse de Moatmartre^ où a eUe éié bapysae» au ûea l'avoir été â Notre^ » Dame^da^Loretia, «oa aonexe; fiUa=de4aaiaîAaria«-
» Thérèse-Sophie-Richard de Ruft'ei, épouse de messire ' » Ciaudch-J^ rançoia de Momiier, çbavaliar> aaoiea pr«<n mier président de la chambre des comptas ds Ddle )i en Franche^Gomté , en présenœ dwdit Jacques Quil- ; # de l^ieife ioVi^y et de Jacques Smfy ds cette i n paroisse^ qui ont signé. » Ainsi signé, Jacques QviU' WTyJPierre Jolly, Ssjiyj SwP¥, ci/^^. •
Collatîoané à la mmate, ei éS&né par noo»,
#Oussigné^ le 6 juin 1780. SevoY^ cujfé de Deuil.
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LETTRE CXXIL
4 J(.A.^ttft4IS*
7jaia i^â^k.
Je reçois, mon tendre enfant, ta lettre du a juin, qui
çftlm m peu mon éw« iaqiûéi,u499 met du jbaum^ dans moa «aag. ^Ja ponnab lau noble oonrag^, jW
pérais bien qu'il ne se démentirait pas dans un instant ail Tamour le soutenait j mu sans avoir lnumêm^ im grand besoin d'appui. Ja ne t'ai jaoïaia d& une pins tendre reconnaissance que dans oette funeste occasion où m pjrends ass^ ^wc tpi-meme pour m'épargner ie» douleurs plus longues et plus aiguës. Hélas I i'amour paternel est un instinct bien réellement fondé sur la imW^, puisqu'il jp^u^ e«t comn^un av^o \^ brutes^ aveç oette différence que dans elles il tient uniquement
au physique, et que dans nous il peut être fortifié touf: i^on^aie a(ii4ibU par la j^éile^ion. Mais, u'^t, pa» un
devoir plue naturel qne eeloi de cbérir ^ea en&na, il en
eet de plus sacrés j et tels sont ceux que nous avons
l'un envers l'aiure. La véûeùou dçit, donc içi combature notre douleur, au lieu de l'aggraver ; car il est certaia
que nos pleurjs^ inutiles à celle qui n'est plui», nuiraient
à nous qnï restons..* Abl d|i moins^ la nature n'a nvl reproche à nous Ëûre. Ce n'est pas nous, ce sont nos
pQiir notre en£uM^ in fionroe de vie ^'eUe Inl avait ôn^
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34o LETTAES ÉCRITES
verte, qui Font livrée à une mère empruntée et meroe- Uâire. Hélas! elle fut plus teadre qu'eux, et l'on dit qu'elle pleure amèrement notre fille. Elle devait périr^ et l'on n'échappe point à sa destinée.
Ah ! j'en conviens avec toi^ ce sont les fruits d'an amour si tendre qui devraient croître et mûrir. Qae l'on regrette des en£ms qui^ nés d'un commerce indifférent n'ont peut-être jamais excité dans leur père adciine émotion de tendresse ; j'avoue que je ne plains gaèti que la vanité d'un tel homme. Je suis très-porté^ crbiie que ses enfans ne flattaient que son despotiânie^ qa'ilinà voyait en eux que des sujets qu'il pouvait dominer en maître^ et que sa iamilie n^était pour lui qu'un royaume ùà S voulait régner en monarque absolu ^ mais nM qui ne voulions que le bonheur dip. notre fille^ <pâ le voufions pour elle^ et qui en Ssiisions mie des plas pré^
ciéuses parties du notre ah ! nous avons droit dt
la pleurer.
Je ne crois point, comme toi, môn tunie^ que ta
doives perdi e de vue tes affaires ; ce serait là l'inertie du découragement. Jamais, au contraire, moment ne fiit plus Êivorable pour les finir; et c'est li une des suites de notre malheur, par laquelle nous n'en serons assurément pas dédommagés, mais qu'enfin il ne nous &at pas négliger. Maintenant les Valdhàon n'ont plus aur cun motif de te pousser à outrance, et, s'ils avaient cette lâcheté, il serait aisé de toumar conure eux îm^ . dignation publique. Il est vrai qu'ils te soupçonnent un ) autre eniant^ mais il est aisé de les rassurer sur cela, bien entendu cependant qu'il fitut leur laisser ce soupçon, tant qu'ils ne se prêteront pas de bonne foi à un accommodement. J^ crois aussi que c'est le cas de veiller
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de très-près sur cet accommodemeat, dans lequdl plufflenrs autres personnes pourraient ayoir maintenant
un intérêt que tu comprends. C'est toi^ et non d*autres> qui dois recouvrer ta dot; parce que^ si elle doit un jour retourner à ta femille^ ce doit être de ta part un don volontaire qui t'assure des ménagemens; autrement ce serait une chaîne de plus^ et tu en as assez.
Ma santé va par soubresauts; mais au fond je suis très-robuste^ et je ne suis vraiment inquiet que de ma vesâe et de mes yeux. Celle-là serait encore à temps d'être soulagée; pour ceux-dl^ rien n'est plus problé* matique. Il esc certain^ mon amie^ que mes affaires^ sans être terminées^ sont mieux que jamais; et je ne t'ai point leurrée d'un (aux espoir. Je ne suis points comme Dupont, un faiseur de phrases. U croit^ quand une figure de rhétorique vient se présenter au bout de sa plume^avcnr ville gagnée : ce langageJà est bien sec pour le cœur. J'ai en ce moment un objet d'inquiétude. 11 . m'est revenu que^ dans des papiers publics étran* gers, on avait parlé de la tyrannie de mon père envers moi avec la plus grande énergie^ et de moi en termes on ne saurait plus flatteurs. Mon père m'imputera cette hostilité, dont je suis tellement innocent^ que je n'ai pas même voulu que l'on me procurât ces papiers. Gela ne m'étonne point. Mon père a toujours dédaigné le suffrage des gens de leiircs, et ce- sont eux qui^ tôt ou tard^ font les réputations. Plusieurs me connaissent et m'estiment; ils croient me* venger, et ils. me desservent. Tu sais quels témoignages flatteurs de considération j'ai reçus de, plusieurs sa vans en Hollande. Probablement le coup part de là, ou bien de ces Anglais, nos amis, qui auront fait mettre dans leius papiers, où
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S4^ txrtKÊS ÉCàrrftS
l'on met tottti un étériie ëlogô de moi^ et une iià&tt dangeredM côntre rAmi deê Hommes, qui n^en est phs guère aimé* Fatieiice> et contenton5*nûUs de £aire ce ^ue noud devons.
Oui, mon amie, mes forces ont é{jalé mon amour, surtout depuis que j'ai su que les tiennes avaient suffi â ta douleur. J'ai même entisagé notre perte d'iut dl assez fixe pour y trouver des motifs de consolation, et pour m'occuper des moyens de perpétuer noù^e teiidresse. J'ai Tidée d'un petit monument qui plaira encore à nos regards attendris^ long^temps après que nos larmes seront séchées.
Je n'ai plus de crainte aussi vive pour ta santé, è mon cher auge^ puisque tu as échappé à cette douleur muette^ souvent si funeste^ et que je redoutais
pour ton âme sensible. Mais parle, chère atnie, soulage ton cœur prêt â se fendre : tu semblés chercher i à me consoler; ne contrains ni tes re^ts ni tes génh* !
semens. La crainte est^ tu le sais^ un tourment plus I cruel que la douleur : celle-ci a des bornes^ ou peut j en avoir; la crainte n'en connaît point. Ainsi je sottf** frirais bien plus d'envisager ce que peut couver ton Gœur> que d'apprendre tout ce qu'il peut t'inspireranf des maux passés, et par conséquent connus.
Je prie notre ami de te fedre passer encore ceci sur- j le^shamp} càr^ de tous les caïmans^ le plus puittant | est assurément les consolations de ce qu'on aime. Toi! petit cliirurgien s'est fort bien conduit* J'en ai bonne opinion, puisqu'à cet il sait ne pas &ire de remèdss: D'ailleurs il me paraît que tu n'as pas le choix , mais va très-doucement sur toute espèce d'épreuve*
Réfléchis un peu sur ta situsttidn aemdle, mon eu*»
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fant bien cher, et communique-moi tes pensées. Je suié convaincu que voici le moment où ta famille pourra ûmt^ À veut) el il me êemble qne o'ctl lé cas de t'en occuper, avant que le vieux marquis tombe à son tomr. Mon amom:^ ta sais que c'est dans ce mois que je tonché mon frible quartier : demande^noi^ je te prie, ce qu'il te faut ; parle donc une fois à ton Gabriel sans réserve* Le bon augfe a.âdlun très-boa marché aveo Bm^ière ; il eu a miré (n'en pouvant obtenir le reste du paiement) la montre (sans chaîne) et l'épée. Tu sais que ces effets t'appartienuent bien plus qu'à moi. Si nous avons besmn Pun on l'antre^ iitms en ferons dé l'argent 3 car celui-ci nous est plus nécessaire que les bijouZé
Adieu, ma douce et noble amie : tu sais si ton briel est tendre et constant.
LETTRE CXXIIL
A LA MÊM£.
19 Juin lySo.
£t moi aussi^ tendre et dtèreamànte I je suis infinie
ment rassuré par ta lettre ; je vois que ta blessure se guérira sans avoir fsiit de trop grands ravages. Le sou» venir d'une fille tendrement aimée ne s^eâaœra pas de notre mémoire ; mais la nature, dont l'intérêt s'oppose aux douleurs éternelles^ verse un baume sur les plaies
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du cœur^ surtout lorsqu'elle est secondée par Tamour. Après avoir pleuré douloureusement la mort de notre enfant, le temps arrivera, il n'est pas éloigné, ô mon amie ! où quelque douceur se mêlera à l'amertume de ce souvenir y et, si nous pleurons encore, ce seront plutôt des larmes d'attendrissement que de douleur. Je crois qu'il est inutile de rechercher aucune espèce de détails sur la mort de cette pauvre petite. Elle n'est plus, et tous les reproches que nous croirions pouvoir faire aigriraient notre chagrin, et ne lui rendraient pas la vie. Au reste, mon bon ange m'a dit que les secours de l'art avaient été insuffisans j c'est dire qu'elle en a reçu. Jl me tarde de savoir quel parti prendra à ce sujet madame de Ruffei. Je te réitère mes recommandations pour écrire sur cela avec la douceur et la dignité qui te sont naturelles, quand les vexations ne te font pas sortir de ton caractère. Tu as du recevoir une lettre de Dupont, que j'ai lue, et qui est touchante et convenable dans cette triste occasion. Réponds-lui un mot, je t'en prie. Il paraît avoir été sensible à la marque de confiance que tu as voulu lui donner.
J'avais, dès hier, et même d'assez bonne heure, ta lettre du 12, mon cher ange. Je ne me suis point mis tout de suite à y répondre, parce que mon premier devoir envers toi est, comme tu me l'as tant ordonné, de m'occiiper de mes affaires ; or, j'ai reçu en même temps une lettre de Dupont qui demandait une prompte réponse, et, en outre, des détails ostensibles qui m'ont coûté beaucoup de peine et de temps. J'y ai mis la moitié de la nuit, afin de pouvoir te répondre aujourd'hui. Il paraît que l'on s'occupe de mes dettes et de mes affaires, et qu'enfin l'on veut prendre un parti. Il
est temps ; mes forces sont épuisées, mon esprit lassé
et mou âme indignée.
Je £ais^ dans la lettre même qae Dupont doit montrer, un raisonnement qui paraît sans réplique : fl est relatif à la Proveuçe^ quoiqu'on ne m'en parle plus. Mon père juge au fond de son cœur que je suis indigne de toute grâce, ou il pense le contraire. Dans le premier cas^ peut-il dire : Je le rendrai à sa femme, si elle le demande ? Si je suis incapable d'amendement, il n'en sera pas moins responsable à sa famille des sottises que je pourrai faire, quand madame de Mirabeau in'aura redemandé ; si je ne le suis pas, à son àrâ, c'est une cruelle injustice que de faire dépendre mon salut de Topinion d'une femme qui se conduit aussi mal. C'est l'argument éternel de mon père, que ce rai» soniiomeiit u es -simple rend Lien faible, à ce qu'il semble.
Non, mon amie, ma santé n'est point terrassée, i
beaucoup près j elle est affaiblie, ou plutôt dérangée, parce qu'agir est mon premier besoin, et que je n'agis point ici. Cependant je soupire après le repos, que je regarde, après Tamour, comme le seul bien réel de la vie qu'il est insensé de sacrifier à Tamour de la gloire^ mais ce repos passif où je suis engourdi m'est aussi in-* supportable que pernicieux. Peut-être, indépendamment des regrets et des désirs qui me tourmentent^ suifr-je un peu comme les autres hoounès actife. L'ac-» tion m'épuise ; le repos me tourmente : il semble que la nature ne me laisse que le choix de la iaûffie ou de l'ennui.
Il est possible et probable que tu aies su, plusieiu's jours avant ta mère, la nouvelle ; et je ne puis pas
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croire, quelque dur qu'ait pu être ton billet, dont le bon ange ne m'a point du tout parlé, qu'elle portât le ressentiment jusqu'à t'en témoi[jner encore dans un tel moment. Quant aux conseils que l'on m'a imputés, et au sujet desquels M. Boucher a donné une explication très-satisfaisante, je n'en cacherais aucun à qui que ce soit, si notre correspondance ne devait être à jamais secrète par égard pour ceux qui l'ont permise; et, comme je le mandais aujourd'hui à Dupont, comme je n'écris jamais et ne parle que selon mon cœur, comme je n'ai jamais rougi de ce cœur, si mon style a quelque chaleur, quelque énergie, si c'est en cela que mes lettres paraissaient redoutables, je puis dire à ceux qui ne sont pas de même, ce que J.-J. Rousseau répondait à deux jésuites qui le priaient de leur faire part du secret dont il se servait pour écrire sur tout avec tant de chaleur et d'éloquence : J'en ai un ea effet, mes pères : je suis fâché qu'il ne soit pas à l'usage de votre société : c'est de ne dire jamais que ce que je pense.
Le mémoire de Jeanret, que j'avais oublié, et c'est ce qu'il faut pour juger ses propres écrits, m'a paru assez bien. Je suis fiiché que ces deux pages, qui devaient être fortes de choses, manquent. Fais-moi le plaisir d'essayer par Chardin de les faire copier sur l'exemplaire de Michaud, celui de Rousseau ou de Barbaud. Il doit y en avoir beaucoup à Pontarlier; au besoin, on en trouverait chez Fauche à Neuchâtel. Un manuscrit que je regrette bien, c'est celui sur les sahnes. . * '
Je vais te faire un cadeau, à toi qui n'as pas les goûts frivoles, c'est de te donner une notice d'un plan manuscrit de législation pour la Pologne, par Jean-Jacques,
que m'a donné Buponté Ce grand hommé^ retiré dand 9a ^llMe du oommercâ de touft les hooime»; êtitléitiédtt'
commerce de son génie, des Polonais sont venus lui demander «m pian de législation dans sa solitude. Toute son âme et tout son génie 0« êùïkt ràniméd pour réf^ondre dignement à cette demande. Cet dtivrage m'a paru aussi beau que les plus belles productions du même auteur. Maisquél cAraotire étranger à nos mtBan et à noê idées I On croirait qn6 le philosophe sort d'un entretien avec Numa dans les forêts des Sabins^ ou àveo Lyourgue sur le mont Tajgète* Le premier conseil qu'il doilne MX Polonais^ c'est de rompre presque toute communica-i don avec le reste de l'Europe. Il ne teut point pour cela de rempartâ semblables A celui qiïi a été s! intitile pour séparer le Chinois du Tartare ; il veut que ce soit le caraotèré national qui élève cette barrière. Mtds cosqEiment lefermer, ce eamelèiâ national? Paf dêà jeudô d'enfanSy répond le grand homme ; par des cérémonies publiques^ majestueuses et toudiantes, par des fites. DeuK législateurs dé l'antiquité ont imprimé ainsi l'image de leurs âmes et de leur caractère dans les hommes qui ont reçu leufs lois^ Lycurgue et Numa; ei il est encore aujourd'hui des hommes qui portent oes images sacrées dans leurs caractères et dans leurs fimes. Deè Spartiattti^ devenus sauvages^ vivcîut éucorè libres aujourd'hui sur les montagnes de la Lacônie^ d'où ils insultent au despoUsme du Grand >^ Turc; et sous k domination du pape, les Transtéveraitis montréiit
souvent le caractère de ce peuple romain qui régnait dans les comiceSé Imitez ces législateurs et leurs institutions, dit Rousseau à la Pologne. Faités^^vous des spectacles nationaux et des fêtes qui vous dégoûtent k
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jamaiiS du bonheur des autres peuples ; faites en sorte qu'il vous soit impossible d'être autre chose que des Polonais, et vous le serez pour réternité. Des voisins plus puissans pourront vous vaincre, ils ne pourront vous conquérir ; les Russes pourront vous engloutir, ils ne pourront vous digérer. En les séparant ainsi de toute la terre, ce nouveau Ljcurgue semble en effet préparer aux Polonais un bonheur qui ne s'est jamais trouvé parmi les hommes : des mœurs et presque point de lois. La raison pour le premier code des magistrats; des citoyens qui soient tous législateurs, pour qu'il n'y en ait aucun d'esclave ; des laboureurs se rendant dignes d'être, au besoin, les défenseurs de la patrie, par des exercices et des fêtes militaires, qui seront le délassement de leurs travaux rustiques; les récompenses toutes en honneur, aucune en argent; l'arguent presque proscrit, comme faisant circuler les vices elles crimes avec plus de rapidité encore que les richesses j tous les rangs également accessibles à tous les citoyens, qui les rempliront successivement, en croissant par degrés en vertus et en talens comme en grandeur; le trône même rempli par des citoyens qui auraient appris, dans tous les Etats qu'ils auraient parcourus, les besoins et les devoirs de tous les États ; le bonheur enfin toujours modéré, parce qu'il s'use lorsqu'il est trop vif, et que l'homme trouve bientôt l'ennui et les dégoûts
dans les voluptés immodérées : tel est le tableau du
gouvernement que le citoyen de Genève voulait donner
à la Pologne. . „
Il a bien prévu qu'on lui dirait qu'il n'y a pas un très-grand mérite à renouveler les romans politiques de Platon; qu'on essaierait de le combattre par le ri-
dicule^ parce que le ridicule est Tunique ressource des 6sprit8 fieibles, contre tout ce qui porte le caractère de la grandear et de la force ; qu'on lui opposerait le goût de tous les peuples modernes pour les jouissances du luxe, et la corruption de leurs mœurs^ pour lui prouver qu'il -fout leur hisser leur luxe et leurs mosors corrom-^ pues : c'est en combattant ces objections qu'il déploie cette éloquence invincible qui triomphe souvent de nos dégoâls ou de notre effroi pour les moeurs antiques ; ou qu'il iàit voir cette souplesse d'esprit qui aperçoit les moyens de se servir de nos vices mémes^ pour nous conduire par degrés aux vertus quë nous n'osons plus envisager. Les changemens^ il ne veut pas les faire comme Dieu par sa parole ; il prend les instnunens de Fhomme^ le temps et les sages précautions. Il présente i la fois un dessin pur et général ; mais il voit bien qu'on ne peut l'exécuter que par partfés. Il ne dit point) Donnez-moi des anges, et je les ferai vivre en sages : donnez-moi un pays où il n'y ait aucune institution^ et j'y établirai des institutions pâr£utes| , il dit : Donnez-moi la Pologne et les Polonais, tels qu'ils sont aujom'd'hui, et je ne crois pas impossible de leur donner la législation et le bonheur dont je letir ofire l'imité. On oppose louj ours les passions des hommes comme un obstacle invincible à toutes les réformes^ et Ton ne voit pas que/ pour celui qui sait les uanier/dUès sont aussi les moyens les plus sûrs et les plus puissans; on peut s'en servir même pour les détruire toutes ; et^ iil y eut jamais un véritable stoïcien^ soh stoïcisme été l'ouvrage de ses passions. '
J'ai cru te £ûre quelque plaisir^ mon aimable
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amie^ en te donnant cette faible idée de ce bel oa« vrage. » - «. • ^'--.-^
Mon amie, bien que la notice que tu me donnes de la procédure me prouve parfaitement ce dont je n'ai jamais douté, à savoir qu'elle est folle et insoutenable, et ne résisterait pas un moment au simple aperçu des contradictions et des faussetés démontrables qu'elle renferme, je pense, comme j'ai toujours pensé, que te remettre en justice serait une folie que Ton ne permettrait jamais. Je ne te cache pas non plus que ce que tu me proposes m'a toujours paru le plus sur, le plus honorable et le plus expéditif. Tu ne peux même (cela est facile à démontrer) recouvrer entièrement ton hofij neur (tu sens bien que j'entends ce mot dans l'acception d'opinion publique) et ta liberté que par cette voie. Ainsi pensent des gens sages et respectés, qui ne mettent pas en doute que tu ne gagnes ton procès. Mais à ces considérations de droit et de procédé, il faut joindre celle des convenances. Laisse-moi donc raisonner de cela avec le bon ange. Tu peux patienter, puisqu'il est impossible que Ton puisse t'empêcher de faire, quand tu voudras, une démarche si authentique et si publique qu'elle nécessite, en dépit de tous, le procès. Mais un tel mémoire demande à être fait par une excellente plume. Sans doute l'indignation et l'amour auraient élevé la mienne, et mon style est bien celui du genre \ mais, outre qu'on ne me permettrait pas d'écrire sur ce sujet, tu dois sentir, mon amie, que la prudence m'ordonne de ne pas me mêler du tout de cela, au moins en apparence, parce que je donnerais beau jeu à mon père, aux Marignane et aux Ruffei,
pour me jeter de nouvelles chausse trappes. Je te parlerai de cela à iond dans ma première letlxe« Au- ' ^ jourd'hui je suis rendu de &tigne^ et d'ailleais j'en
I^^Dtji! veux parler à mon ami.
M Mon cher amour^ je prie M. Boucher de t'enyojer ^ dans ce moment Ytffgeni qu'il peut wcià a moiy indé^ pendamment de ce qu'il me faut payer en fait d'avanpeii^i ces à mon porte-cle£s. Je sens combien tu dois être Im gênée; maïs j'espère quft la mort de ta Me te vaudra fi du moins un peu plus d'aisance. Hélas! c'est Tacheter âr,l| bien cruellement: mais ainsi va le monde; on y paie m) les moindres Inens et les* fixa grands au-dessus de leur [nt valeur.
On me parlait l'autre jour d'uji e^^ple touchant $i de la force de l'affection. La comtesse d'Harcourt a p perdu son mari en 1769. Cette tendre épouse, entièrep ment livrée à sa douleur^ s'est appliquée à imaginer il tous les moyens de l'entretenir. Elle a &it élever à Noiî tre-Dame, à la mémoire de son époux, un riche mauif solée d^ la composition de Lemoine, et s'y est.£ût ^ représenter elle-même dans l'attitnde la plus doulour- ^ reuse. Won contente de ce lugubre tribut, elle a fait ^ jeter en cire la jSgure en grand du oomte ; eUe l'a Mt revêtir de la robe de obambre dont il se s^vait^ et I-a ll fait placer 4^3 fauteuil^ à côté du Ui où elle a i{ coutume d^ coucher» Plu^eura fois dbiaqu^ jour èU^s vii ,^ s'enfermer dans ce triste lieu, pour s'en^eienlr avee ^ cette image mue t te> et da la comimcp d^ soi^ amour^ ^ et la Txvadté da fies r^eis* ^ O mon amie ! il en est que nous n'éprouverons ja^* I mais^ long«-tQmps du moins I,.» Mais c'est vivre qu'il
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nous faut pour nous aimer^ ei nous payer mutueBfrment le prix délicieux de tant d'amour.