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LETTRE CXXVI

A LA MÊMK

Août 1^80.

Et toi anssi, ma douce Sophie^ tu aurais, ce me X semble^ quelque envie de gronder le bon angej mais De t'en avise pas, quoiqu'il le mérite bien : car je l'ai déjà tout autant criaille, pour ma pai que si fffll avais tous les droits du monde. Voici pourtant ta lettre jointe à une de madame du Saillant; presque plos tendre que la tienne. Raillerie à part, sa lettre est trèsbim, trèsHdouce, très-affectueuse, très-empressé^mème, et cela me fidt d'autant plus de plaisir^ qu'asnnémeDt elle, a été vue de mon père. £lle se bâte, dit-elle, de me servir au moment où je lui en donne le droite eo conséquenc^éUe écrit à son oncle^ âsa belle-sœnr, etc. £nfin il n'y a pas jusqu'à M. du Saillant qui lait les plus belles protestations du monde, offire sa maison pour lieu d'épreuve et sa présence pour caution; ceci m'a paru un peu sot et un peu maladroit. Je commence à être trop vieux pour avoir des mentors, et de tels mentors. Mais enfin tu vois que tu as tort et grand tort de prendre ce moment-ci pour voir en noir. Tout va bien pour moi : pour toi, tire en longoeor^ consulte, louvoie, et tout ira bien aussi. Dupont s'est chargé de.&ire finir tes affîûres par mon père; et, si celui-ci s'en mâe^ je te réponds que les Ruffei ne mat-

DU DONJOK DE yuxczmzs. 36g

tront pas im mot entre deux. Ce sera notre ouyrage

de septembre ; mais je crois^ et ce ne sera pas l'avis de madame de Roffei^ que le premier pas est qne je sorte d'ici, parce qu^il est évident que lesYaldliaon comprendront, à ma première apparition^ que lafaveur n'est plus de leur côté; et tu sais s'ik sont trembleurs et rampans. Dupont veut qu'ils te donnent 4>ooo livres de * rente. Basta cosï, si l'on peut y réussir ; mais j'en doute. Toujours tiendrai-je la main à ce qne tu sois dans Finde'pendancc pécuniaire la plus complète, même de moi; de cela^ et de ta liberté du veuvage, tu peux ' compter que je ne m'en départirai pas. Tu vois qne j'espère que tu n'imiteras pas les veuves du Malabar^, et que l'envie ne te prendra point de mourir le même jour que M. deMonnier. U me paraît, au succès de la Veuve du Malabar (très-mauvaise tragédie nouvelle), que ce £matisme ne sera jamais contagieux dans notre France : je serait^ piqué, je l'avoue, que tu en donnasses l'exemple ; et je t'avertis^ pour t'en dégoûter, qu'il ne prendra point parmi les Européens. Quelle bétise que de vouloir que le mariage, institué ponr la population, serve à dépeupler le monde ! et puis, voistu^ il me semble que j'aimerais mieux mourir que d^ être ccmâamné; car c'est en aVôir la pdlne sans en avoir le mérite. Où est d'ailleurs la jusdce de faire répondre à une femme de la santé qu'on va perdre peut-être hois du ménage ? Quand le mari meurt d'inconstance^ jil faudrait que la femme mourût de fidélité^ assurément cela n^t pas juste. Pour mbi^ 'qnî tronfS' le mariage toujours un peu triste, je t'avoue que la p^^eçtive du bûcher ne me paraît pas du tout propre à l'^yer. Va, mon ainiè/ noià àiîtrâi ^ VI. a4

hommes, i]0>^^ tenons frop ^ lai. politesse^ pt ypus autres femmes, trop ii riuimanltc, pour quje cette loi pcjsçe jamais parini nous : ainsi sois tranqujlle. Ajjrcs touj; il faut avoir pitié des moribonds ; et en vérité les maris sont quelquefois si las de leur ménage^ 3"^inflils parlent pour Vautre monde, que leur propqçer de faire route avec leur femme, ce n'est pas là, à beaucoup près, de quoi adoucir reniiui du voyage. Aj|restep«i tu me demandes comment une tragédie que j'appelle Irès-mauvaise a pu tant réussir, je te répondrai que la meilleure raison que Dupont ait pu tirer des femmes de Paris, est celle-ci : u Ah! si vous voyiez comme )> Larive enlève la Sainval ! » Il faut te dire qu'il j a une scène où l'on arrache la veuve du bûcher. L'acleur est vigoureux, l'actrice légère j cela se fait eu un tour de main, et les dames, qui concluent très-vite dp connu à l'inconnu, et qui aiment beaucoup loiU ce qui ressemble à de la ingueur, trouvent ce coup de théâtre l'un des plus intéressans qui existent... Miiis voilà assez de folies. ;

Tu peux être très-tranquille sur le mémoire de ma mère. Il ne paraîtra point, et M. Boucher, sans faire tant de bruit que Dupont, a fait plus de besogne; c'est assez son ordinaire. En revanche, madame de Cabris a écrit à son père toutes les horreurs j^u'ellp u pu imaginer sur mon compte, et, en convenant, en uës termes aussi singuliers qu'insensés et indéçens, qu'elle m'avait trop ai/né^ elle a eu l'indigpité et la déraeu^:e non moins grande d'ajouter que je n'avais japa'S reçu d'elle (jue les plus excellens conseils, et qu'elle avait déposé en preuve mes lettres à elle chez un notaire. Voilà une preuve bien convaincante.

l\ a»?? tieft fie pcpc^ î je f uji «imfi presr

c'est pomme qui ^\x^it enragé? et je Ipi ai écrit une lettre cha^m3^te, qui poiirra^ f^Fe, le yolume d'Apaorépo. Obi trè9r^Bd|:e^ VMi, quand je

m'y mets; aussi me raccommodç-je assez aisément avec femn^eç. J'ei^ ponni|j^ ^^e g^i pa^it^Ua plus grande partie de Xmnpe ^ campagï^e, al y jou^il régulîÀoemeiit la comédie^ mais sa troupe, comme la plupailde celles f|e ^ociété^ était ^u^^tte ^ se composer différem^ inent; suivant les liaisons qu'elle iovmix à DdW dans l'hiver. Je me souviens de i ayuir vue durant un été très-engouée d'up jeu^e h(]vaj^à'\iaç^ Ucà^bc^fifigose^ qui remplissait les rples ^^c^çmrçma^ 1!^ IVOiipe. Cependant^ l'année suivante, il ne parut plus sur son ^éàtre^ pt fyt x^mphçp par m 4UMi^^ t!eiâ.«l«iiios fie pampagnç, qui np yoyaieoft ^ ^amç que peqdant la belle saison, lui témoi^uèreut leur surprise de ce cban^ gement. « Ypus parai^sie^ sj contente de ççt acteur? i> lui djsfl^-rOfl. — Il est yw, réppfliiiMil^; il » assez boa pour la représentation , mais il tnanquajt >) tqjijq^ri ^ijx répétitions. »— M^çlanafi dfj Miwit^tt a pu dife aptrefpis quelque chosq d'à pei} près parei); elle m'a trouvé bon pour la représenLation y et quel-

les répétitions. Mais enfin la rep^ésçnta^iiQai^ fl^ qn^r que chosg, pt j'pg pg^t ?Q la f?pj3e}fç ay^fi attendris-

sèment.

Tu crois pçut-être qi^e c'est 1^ ^put ^iqRptement anecdote maligne que je compose ; mais point du tpuÇ : cela ^t ^|T^Y.é % vieW'^? ^ tîf3|V|fiag^; et voici une aufre aj^pc^oçç {ie c^|te u;^^ Çppîé^é, dp#t j'ai

été témoin. Il y avait une dame d'une haute taille, d'une figure et d'une voix hommasses. Les traits de son visage étaient charbonnés très-grotesquement^ et elle n'était pas jeune : elle avait eu toute sa vie le goût du théâtre^ et avait beaucoup d'esprit et de talens. Depuis quelque temps elle avait généreusement adopté les rôles de caractère et de femme ridicule : elle s'en acquittait à merveille , aucun rôle n'était trop chargé pour elle. Un jour qu'elle avait joué celui de la baronne de Croupillac dans V Enfant prodigue^ rôle qui est ordinairemeut rempli par un homme dans les troupes de société, un provincial, qui avait assisté à la représentation, et avait été ensuite prié à souper, passa de la salle de spectacle dans le salon du château, en s'extasiant sur la manière dont la comédie avait été représentée. Il faisait compliment a toutes les diCXncts et même à tous les acteurs, à mesure qu'il les voyait paraître les uns après les autres : tout-à-coup apercevant la dame en question, il court à elle : Ah! monsieur, lui dit-il en lui prenant affectueusement la main, que vous êtes un grand comédien ! Jamais je n'ai vu d'homme porter l'habit de femme avec plus d'aisance que vous ; vous faites bien de conserver cet ajustement le reste de la journée, il vous va et vous sied à merveille. L'héroïne prit fort bien la chose, et tu juges si nous prîmes bien la chose. ♦

Tu m'ennuies avec tes rabâchages éternels, que je me refuse^ que Je me refuse; je m'accorde le plus grand de tous les plaisirs en ton absence, celui de te donner tout ce que je puis, c'est-à-dire presque rien ; mais enfin ce presque rien est la borne de mon pouvoir. Mes abonnemens vont toujours leur train, et je reçois

DU^DONJOM DE. YXNCENNBS. 3j3

de temps , en temps quelques autres Tdlumes : de quoi te plains-tu donc ? Je ne puis pas tirer de sommes un peu fortes^ tant que les ouvrages, ne sont pas en train d'imprimer^ et^ âtôt que j'aurai quelque louis d'avance, j'achèterai quelques livres dont j'ai besoin. Jusque là tu toucheras toujours une partie de mon quartier pro-*chain^ qui^ j'espère^ sera le dernier.

Je t'envoie aujourd'hui mes troisième et quatrième volumes de Boccace, dont je suis plus que payé, puis^ que tu en es contente^ les estampes du ti'oisième (celles du quatrième ne sont pas encore faites), et un petit manuscrit de Dupont : c'est un compte rendu du dernier salon a madame la margrave régnante de Baden. Tu me le renverras^ je lui ai demandé les deux premiers morceaux qu'il a faits en ce genre, afin que tu en eusses la coUecdon.

Tu me parles de tout^ hors de ta santé, dont je suis inquiet par ces chaleurs extrêmes, et telles que l'on n'en a point vu depuis long-teqaps. Je te prie de man« ger peu de viande. Les fièvre^ putrides et les fièvres malignes sont singulièrement communes cette année; et il te fem éviter jusqu'aux fièvres d'accès, dont ta fus tourmentée l'année passée, et qui m'ont tant inquiété.. JP^ur moi, je suis assez Jnen, à mes yeux près, qui, tous les jours plus iaiibles , deviennent encore sujets à des fluxions. Mais le grand remède pour cela et tout le reste .s'achemine; ainsi pajdence, et d'autant plus patience «pie je n'en ai pas moins la force d'écrire encore plus que réprivain le plus occupé des charniers^ y . i': '':.i---r>.;'^ kîn'V:><

Je finisy-mon cher amour; car, au inbment même où j'écris ceci, il ^'arrive lui paquet de Provence, qui.

■374 tÊTTKÉS ÉCkltËS

à csiinfe dtt ustsétet Dttt»mit> iife |>i«9^iiîflhiiileiîi:ài)ig6,

mon chfer el tendre tout. Quoiqu'oh paraisse iii'imput^ eadofré à brime eiî cë iilbîttëjit^ ét dans cëtte dernière lettré, r^mdnr qiie jè {irdflgsèé ët profmâriiitoiljouirs pour toi^ je le regàrde comme le sentiment le plus pur et lédetroir le plùs sàèré ^ué j'âurdî jàdîaiè; sois bien trancjullle sur le cœiu de ton

LETTRE GXXVH;

Jl L'A. JÉÈMÉ.

Assurément, mon cher amour^ notre bon aiigéuous â dédbitimagés» cette fois ; bar j'm d'atant-hier H» kiir ta lettre, à laquelle je ne réponds qu'aujourd'hui 11; et elle étàit pàtde depuis trois jours^ èt ne m'a été rétardée <]tle pàt l'étbtitdérie Sa digné et Hbn jamàis ài^Idoj M, deRtoffei. Bref la voici^ et> si je ny ai pas répondu pltLÉ tôt; e'ést qtt'it Hi'est pdtlreiitt èû miïne iétilj^ des lettres de Proteîiee fet dti Blgnon ; car mà soeur irépoiid très-exactement^ et tu comprends bieû que je mets du sbin et dti détdtt dads tneà répônsè^; î>art;ë ^iié jé les

rèfj^arde commè des lettres écrites à mon pcre. Aiiresiè, celles de madame du Saillant sont d'un ton très-convé-

uable, &sse2 tendre, et paraissent d'aussi Bonna foi ^ae

la nature du terroir peut le permettre. jNotie auge a

para très- édifié dés talent que notre famille développe pôiiv la pdpitiâtiëii ; csiib madame dd SaiUsliii;^ Aàhé F€iât de situation de ses enfanâ, qu elle m'envoie, m'a |^arié dé cihq morts et de trois oii quatre vivans qué je ne conna&dài^ pàà: ïsi dîi iilddëstement à iiibn Bè(n axûi que iiia doiice et timide Sophie pourrait, du besoiti, certiHé^ que les talend ^our la popiilatibn h'étâiênt pas t»mbëâ eii qtieKbbîUe ini hwSXU; et j'tise iné flatter que lù ne ine démentiras pas. Ma sœur m'a ajipHà ën méine tèmj^i ^tfëlle ëVait fkit rëceT^li: deux chanoines à Mâttbèuge, ët cela fii'à Mi fiWMf ^ comme les pretives excessivement fortes qiie ce clia- ^trè eii^e sbnt iîébèssaifes dix boté de là iiiëi'ë codiiiië An pèrë; cèU ifié iHUHirë qiie in^n p%rê a mh m ses pajiièrs en règle. Ce n'est pas line ïJëtltë preuve dé rascëndattt de M: du SatUant saîr lui; éàr flstiâ tdùtés lëè

piers, et permission d j travailler, lorsqu'il nié Yallùt nidnlêr dào^'lés ëàixdisës^ genre dè ptèjiYi^ très-^fifi^ (Stë pair lëii foirnikltt& re<|iîi^es^ ^sié qiii W tëméîÊà pas, à beaucoup près, è\ haUt qiie cellés de Matibeugé. L'Ami deâ hdiiitfiëà, ^dî a bëaùcbuj^ d'orgttdl^ en a ïtiK â regàrâëi* shrec didàiil toùtëi^ {)rëtiveë de fidblesde ; c'ëftl assez riaàl vu. Eii général, c'est un étrange aveugleméiit (et ^eAUmi^^^i^t^ deà fùtc^

SnfHsailteÉi pdiiè iëSfaét^t'tdtlt^/^bili^^â ^ni^sma pèrè m'a forcé et s'est voué lùl-mênie. Son crédit, qui né loi à serti qb'à faite dtt liial^ a anéaud sa mai^n^ mi lieu de la charger dëé tnli8l^ado;iIè )^ 4Setife^ Uiî «aipqtietit. Cela ést bien cruel, quoique j'en sois tôut fcônèolé; mids je cctofilreâdâ pokii emiuiibiti eertaiiiçs {kiâfflëi èTaTéuglëilt à i^dnt. Q|ci'i»t-ee^fii iak le sod-

tien d'aucunes d'entre eDes à la cour ? c'm -qu'elles s'entendent toujours pour la cause commune^ ce qoi n'empêche poinl les petites querelles intestines. jamais vous ne les verrez se diviser pour im objet qai ' doit intéresser Tensembie. S'agit-il de pousser^ sout^ nir^ faire obtenir une place; toute la fsuniUe coneoyiSI Les Rohan, les Noailles, les Tallejrrand, etc. , les Noaifles surtout;^ sont fourrés partout^ chez le Roi^ la Kelne,' Monsieur^ Madame^ à la cour^ à l'étranger^ dans la robe jusqu'aux insurgens ( Lafayette) Il n'^ a cependant que ce moyen d'aller, - r ^ Au reste^ il paraît que mon père a renoncé à toutes vues, d'ambition pour . nous. Il dit qu'il ne y^]^ que repas et sûreté y et c'est pour trouver ce repos' qu'U;CP;;tmue son procès contre ma mère. M. Boucher me mande que M et^on, patron comme Im^^élii^ | que moi seid pourrai arranger cette affaire^ qiii ronge ma fortune. Je.çrois en effet ^que^ si quelqu'un le pp- Tait^ censeiait moi;. mais je commence à douter trèsfort que quelqu'un le puisse. Il y a trop de vexations d'un coté^ trop de souffrances et de légèircfté de IWtre, et de tous deux trop d'acharnement et de mauTais conseils. Quoi qu'il en soit, j'en ai parlé nettemeut à madame du Saillant^ qui s'est énoncée sor cet objet avec beaucoup d'hypocrisie^ mais assez clairementpour qu'il me soit très-évident que cela tracasse et inquiète mon père plus qu'il ne voudrait en avoir l'air. Poum que ma mère ne me mette point en jeu^ voilà tout ce queje lui demande en ce moment. [i , ..^\ Quant à la Gabris, mon inquiétude est médiociiBy' quoique je la fasse très -grande au Bignon. Il y a bien long-temps qu'il en est question^ et^ c<>iunie le

remarque M. Boucher, l'effet est loin d'avoir suivi la menace; il fendrait que cette feninie fut tout aussi folle que perverse ; car il n'y a pas une de nos lettres qui ne put la perdre; 3^ ce serait d'ailleurs se donner aux yeiu: du public la tache étmielle de la plus horrible trahison, du plus atroce abu^ de confiance^ et les scélérats mêmes ne veulent pas passer pour tels. Avec tout cela, il n'y a rien qui ne soit à craindre de ce fouillis ; et c'est encore là un grand malheur attaché à ma situation ; car, si j'étais libre, Briançon et Gruelle craindraient trop pour leur peau (à moins qu'ils ne me fissent assassiner^ ce dont celui-là est très-capable) , pour me pousser à un certain point. M. Boucher m'a bien promis tous ses soins et son activité. Cependant, comme il dit très-bien, il n'y a point d'autorité au monde qui puisse s'engager à empêcher des impressions anonymes, ni.ittème à en an^ter totalement la circulation : on sait que les défenses mêmes produisent ordinairement en ce genre l'effet contraire de celui qu'on en attend... Mais, je te le répète, je crois que tout cela sera la montagne qui enfante une souris.

Mon amie, comme dans le fait madame de Ruffei, avec tonte sa fierté^ a laissé mon père payer toutes nos dettes en Hollande; comme je sais qu'elle lui a écrit il y a peu de temps pour appuyer une demande étrangère i toi auprès de M. de Maurepas; comme j'ai vu . tout le conciliabule dijonnais assez rampant dans tout ce qui est affiaire d'intérêts, je t'assure que je ne mets point .du tout en doute qu'au moment où mon père fera des mouvemens pour accommoder ton affaire, et surtout, pour te £aire remplir ta bourse, ils ne soient très-complaisans et très-souples. Je drois bien qu'ib ne

cbnsèntîrâîeiît point à ïà lîBëtté pleine ët entière : tii ne peux pas l'espérer du vivant de ton mari j mais ellè n'entraînera que peu ou point de difficultés, lui mort, ton affaire accommodée, et ma marche assez décidée pour que Ton soit bien persuadé que je ne suis plus à craindre. En un mot, tu n'as qu'une chose à faire, c'est de o;a/^ner du temps, i" Tu te donnes ainsi le coupd'œii de la déférence pour ta mère, et le droit de te plaindre, si rien ne se fait par eux ; 2® tu me ibnheè la mar(je nécessaire pour prendre le timon, et intéresser ma famille à cette affaire, qu'il est de son honneur de terminer; 3*^ tu évites des débats qui, en donnant de l'humeur à ta mère, pourraient rejaillir sur moi, et fournir des prétextes à de nouveaux délais, prétextes qu'on saisirait, car mon père n'est point du tout pressé; il est comme tons les vieillards, il s'endurcit, et croit vivre éternellement. Hélas ! qu'à cet âge on a lorl de retarder à se mettre en paix avec sa conscience, et à faire les choses importantes à sa famille ! Une attaque d'apoplexie, la mort, ce mur d'airain contre lequel tous les projets humains viennent échouer, vient endormir pour jamais le vieillard téméraire qui n'a pas voulu se réveiller !

Ta mère a été bien instruite; car Dupont m'a parlé, 1! y a plus d'un mois, de la trame - Cabris. Mais je soupçonne qu'elle ne sait sur cela que ce que nioii père lui en à dit. Cependant ta sœùr la chànoinesse est à Paris, bû , par parenthèse, elle parle assez peu convenablement de toi, et tu connais son naturel furet. Ainsi ce peut être par elle que madame de Ruffei a ëtt cônndissafice des menaces-Briançon. Il m'a paru de ta fanatique de sœur^ qu'après avoir été, par ses

DU ëoiliON i>lS VlkbENNES. 879

dtirèlës et ses maladresses , le prinbi|Jal artisan de tés xtiàlhèoÎB* elle ait eneorë là làcile criiàiité dé te déthfrcr.

Je crois pour cette fois que nous avons bien deviné, et ^ae moh quartier de sé^téinbrë âëra hè dernier ; âtitrét&ënt il âudràit «^îl'il f ëât lifi crtiël téyëri dans mes affaires ^ et certes je serais à bout. A propos de ce qtiàrtiér^ bbnâbien veot-tit qtië lé bdil ange t'envoié? Ttt éà Une petïië èèîâtfafë bièn rëbelle et bien bdoeile : il faut t'arracber ces sortes de denoiandes y ainsi donc cë n'est ptà éU tàùl qaè ttt les cnHëbib dès plaisirs dis ti>h àîni.

Je t'envoie aujoiird'bui mon cinquième et dernier fàlmàe de Bdccâcé : je sôiihdite cjcië tii ëii iovi côfatëiitiB autant que des autres ^ et je l'assure que je suis enchanté d'être débarrassé de cet ouvrage^ d'une exécution beaucdiijp plus difficile qa'èn îie croit, et qui lii'à doniié sûrenient plus dè i|èiiie qu'il ne më rapportera d'honneur ou de profit.

Lé sàlàh de Dupôiit est joli; cëpéndaiit étih stjlë à tin pëii d'àffiteriè. I^onr ilan^ sës lettrés^ il y ihët du verbiage, et si je lui laisse iaire toutes celles à mon pèrë et à mon biicle, c'est que jb yeul qu'il soit, jûèqii'au bout, i^spdnsâble de l'évéheniebt dont il s'est porté caution.

Tu eu pérlés bità à idli I dicter àmoh écirwaih . . . Eh! mon joujou bon, M. de RbU^einoiit croirait l'État perdu et l'£urope en danger si mon écrivain entrait ici; il ignore même que j'en aie un; et jen'aijaoïais osé demander a M. Boucher de me solliciter la permission singulièrement utile à ma santé et à ma vue de faire entrer cet homme; permission qui, sous un Guyonnet,

38o LETTRES ÉCRITES

n'aurait pas souffert la moindre di£Gicalté,.de peor d'aï*

tirer une ti acasserie à ce digne M. Boucher, qui a déjà eu assez à lutter pour me défendre^ et qui de sa i^Uire est un homme de paix. Enfin imagine par un exemple récent à quel point ce malheureux fou porte lâ méfiance et la tyrannie. Un porte-clefa à qui Spucher^ à ma prière, a rendu un grand service, va à Paris; M. de Rougeraont le charge d'un paquet pour la police^ et lui défend trois fois de parler à M. Boucha, ordonnant expressément que le paquet soit remis au portier de son bureau. Ainsi cet homme, selo^ l'opinion de M. de Rougemont, n'a pas le droit de parler aa cbel desoudcpai'tement ! Tu remarqueras que ce portedçfs.est un de ses gens qu'il a placé ici, sfl^iflwifidfJi^ son favori, etc.: juge des autres.

Adieu, mon amie, si chère, si tendre^ s^ «umabJ^, estimable ; je t'assure qu'au fond de leur^SDeH|P|3f(iaj^ prouvent ma passion, et ne s'attendent pas qtt%SflJrotiment si juste, si sacré^ si éprouvé, s'affaibjji^ejaDO^ dans mon cœur. Oh non! il en est raliménU:6l4iitië. Ménage ta santé, chère amante. Mon estomac est trèsdélabré, et j'ai eu quelques accès de fièvre f maislâ|i^tfi des chaleurs me rend du ressort, et tu peux n'être pis inquiète. Prends bien garde aux fièvres , d'automne : ne temédicamente pas trop ; mais sois sobre et cS^i^e riijgiène est la seule vraie médecine. Adieii, éf^SÈf^ phie-Gabriel, que j'adore. , ^ ifff

OV DONJOH DK TIltCBHNES. 38l

l LETTRE CXXVIII.

I 9 octobre 1780.

r Je reçois aujourd'hui 7 ta lettre du i^^ mon teu*

dre amour 5 ainsi lu vois que le bon ange n'a pas mis ma patience à une aussi longue épreuve que la tienne. J'imagine qu'il commence à se douter que ce n'est notre vertu favorite ni à Fun ni à l'autre ; mais cette fois il a eu un bon motif (et il n'en a jamais d'autres), un motif obligeant pour te jEeure attendre: H sait mes a£fai* res dans la crise ^ il en attendait le dénouement^ afin de t'épargnerdesincertitudes^et de te donner une joiepure. Ce dénouement est^ en efifet, à peu près décidé ; et, sans pouvoir te dire ni le jour ni la semaine où je sortirai d'ici^ tu peux du moins regarder l'affaire de ma liberté eomme décidée. Mon père a eu à ce sujet une longue conversation avec Dupont, où il a mis infiniment de bonté et de dignité. Après avoir interpellé son honneur sur ce qu'il pensait réellement de moi, sur mes dispo- . sitions et mes projets , il lui dit nettement qu'il n'attendait^ pour m'envoyer chez un de ses amis, que la certitude que M. de Marignane, à la nouvelle de ma berlé, ne commencerait pas un procès en séparation. U est assez singulier que l'on parle encore d'un tel procès, tandis que l'on assure que nçiadame de Mirabeau remue ciel et terre auprès de mon oncle et de son père

en ma faveur: je ne comprends pas, et je Taî dit nettement au Bignon, comment un perc croit avoir le droit de contraindre sa fille à plaider contre son mari, et comment une fille peut s'y laisser forcer. Mais enfin moupèrCj d'après le caractère connu de mon beau-père et de sa belle-fille, n'en est pas moins sage de vouloir tenir cette assurance, d'après laquelle ma réunion avec sa bru, qui, comme tu sens bien, est le vrai but auquel il aspire, devient certaine et peu tardive. Or, sa conversation avec Dupont est déjà de vieille date; on Fa fait rester quelques jours de plus au Bois-des-Fossés, afin d'être le porteur de la nouvelle: le i^*" octobre elle n'était pas encore venue; je ne sais pas si elle l'est depuis. Dupont a dû partir mercredi ou jeudi pour Paris, et doity etred'avant-hier ou d'hier, au(juel cas je le verrai aujourd'hui ou demain : voilà oiippusenson^r mes. C'est à Pompignan, près de Montauban, où je vais sous un autre nom ; dans une magnifique terre dq ce M. Le Franc de Pompignan, que sa Didon, ses poésies sacrées et les satires de Voltaire ont rendu si celèbre. Il y a sûrement quelque singularité dans cette destination, ce changement de nom, etc. Mais, au fond; mon père se conduit dans ce moment à injracles. Jl harcèle son frère, il excite tout le monde à me servirai il paraît revenu de la meilleure fol du monde^ et celci est bien beau, s'il a réellement cru l'infernale acc}iffl: lion dont on a osé me souiller, et que je n'ai apprise qu'avec les nouvelles ci-dessus. Imagine qu'il j a eu des âmes assez atroces pour écrire à mon père, ^ans (les lettres signées, que j'avais le projet d'attenter à sa vie, et qu'on le lui a assez répété pour que ses amis, non moins Imprudens que les accusateurs sontabomi-

DU DpNJflN DÇ VflJCENNES. ^83

fefpé quitter dsâ^ 9g9 fi^ jtu^,

tm lin gros bâton noueqx de bois dp fer qu'il portait

iî

maine! M. Boucher m'a demandé s'il était vrai qup je inç fqsse porté à d'âussj eifric^ableân^pnaces.... c'est 1§ preniiére fojs qv\e cfi ^gx^e apû ^ pavr^ inpp cœiii^: cf»: pendant je trouve la question assez simple; car il es( ^|issi ifpp^ipii^e àj^ Jl(ji?Hêtp Ji9mme d'iqiagiapr q^]oB ait inyenté unq tdle palon^pie^ que de supposer qu'ici fils ait pu méditer un tel crime. Pour moi, je désire <|'igliorpf à jamais j'au^^ui: de cptte ^pcftsatipii ; çsff\f f^rqis que je ne serais p2|s maître de np me pas venger. jVlais il fauL convenir qu'un tel coup porté dans le cç^Vff d'wû Jjère y f^it une itppression profonde, g^'jj e^l bien rare dp Jpir cicatriser-. Enga il.i^^ pèrC;, et ton Gapriel sera bièB(tôt libre. Hélas ! tu sens bien gue CjStte liberté sera trèô:mi}tilee ; ^p'plle ne p^uf sfaévoï sens le rapprocher de toi pqur le iQoi^ent ; quelaplus extrême prudence, la circonspection la plus déliée^ et, pour tout dire, de très-grands sacri4c^ sont indispensablement nécessaires pour ne pas bas^der tout l'espoir de notre bonheur à venir. Tu sens cpn^ien, et de confiance je dois chercher à ins|)iref| et combien je ni'attends à être obsjervé <Je prçs e\ jlç plus d'un côté. Les Ruffei seront au guet, M. de Mar^ ville ne cherchera qu'un préle^^i^te. Les Grasse épierpnf tout pour tout envenimer; mon père veillerii, et c'est tout simple. Tout nous Invite donc à la résignation. Je continuerai de t'écrire par le t^on ange^ plus souv^(| comme tu crois bien, mais sot|s son inspection, afin que Ton ne puisse me jeter aucuu chat aux jambes.

Chère amie^ je connais trop ta tendresse délicate et Hk-

intéressée^ ropiuion que tu as de ton amant^ et la confiance que ta lai as toajoois montrée, coii6ance dont jamais il ne fut plus digne, car de si longues et si cruelles épreuves centuplent la tendresse^ lorsqu'elles ne la lassent pas, pour craindre que tu aies la moiodre inquiétude : tu nous ferais à tous deux une trop grande injustice.

Tai été interrompu ici par Dupont, qui m'a apporté de volumineux plans de conciliation avec ma mère; que Ton voudrait que je fisse réussir ici, an donjon de Vincennes, par des allées et venues de ce charmant donjon à ce charmant Saint-Michel. Cela est absurde et fou , et cependant proposé de la meilleure loi da monde : j'en ai montré tout doucement les ÎDConvéniens, et en même temps j'en ai proposé un bien plus plausible. Il serait question de me laisser à Pans incognito et caché pendant trois semaines^ avant que de m'envoyer à ma destination quelconquei jë dis quiconque, parce que, M. de Pompignan veuant d'avoir une attaque d'apoplexie^ il est très-douteux qu'on persiste à m'y envoyer.

Les preuves de Maubeug;e et de Remiremont sont les plus fortes de l'Europe. Quant aux honneurs de la cour^ il ne âiut proaver que de i4oo inclnsivement. Mais, comme cet inclusivement suppose la nécessité de reculer beaucoup dans le xiii^ siècle^ parce que l'on ne reçoit ni anoblissement, ni robe, etc.) et que l'on veut Boblesse immémoriale; comme en outre ou nereçoit que pièces originales, les preuves de la cour sont excessivement fortes. Tl est arrivé de là précisément ce que tu dis, c'est qu'on a recouru à la ^veur, et qne

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j'ai Yu des gens de la plus haute naissance attendre des années entières que leurs' preuves fassent feites, tandis

que des espèces montaient dans les carrosses. Cela me serait arrivé^ à moi^ si le maréchal de i^oailles d'aujourd'hui^ ennuyé des longueurs deBaujon^ n'eût £edt éorire une lettre de commandement à Chérin d'en finir; mais il est vrai qae mon père n'avait point daigné £siire un pas.

Dupont me parlait beaucoup hier des vues d'ambition de mon père sur.moi^ qu'il crotté dit-il^ capable des plus grandes choses comme des plus mauvaises. Il se trompe assurément sur un de ces points comme sur l'autre. Mais enfin je demandais à Dupont pourquoi^ en ce cas, il ne se dépéchait pas, et s'il comptait retrouver toujours une circonstance telle que celle d'être . ami du premierministre^ qui est de I70i> etqoîilans ce moment est assez malade. Acda Dupont a répondu que mon père était infiniment persuadé que le cardinal de Bemis succéderait; qu'il était l»en plus sur de M. de Bernis son parent, son ami de tout temps, dont il avait eu les plus précieux secrets^ qu'il ne pouvait l'être de M. de Maurepas^ qu'ainsi il. croyait que je jouais dans le fait à qui perd gagne. J'ai des raisons particulières de penser que cette spéculation n'est pas bonne. Au reste^ je puis me tromper; mais ce en quoi je ne me trompe point, c'est que je n'ai pins d'ambition^ et que si seulement je pouvais faire donner une bonne place a M. Boucher etime à Dupont^qoi au rrate a de quoi patienter, lui, ce que le premier n'a pas^ mes vœux seraient à jamais comblés.

Si ce que ma soeur me mande est vrai^ à savoir que ma mère a refusé de souscrire à l'arrangement pro- VI. a5

posé par sà famiile^ dans l'assemblée de laquelle mon père n'avait pas voulu avoir un seul représentant, il me parait qu'elle a tort. Mais c'est en lui donnant raison que je pourrais la ramener.

Madame de Ruffei fera, je crois, ce que mon père voudra; et^ si cela est, tout ira bien. Mais il faut que^ jusqu'à laa liberté , je ne parle pas beaucoup de ce point, celui de tous cependant qui m'importe le plus. Dupont y veille^ et avec un grand intérêt pour toi. Mon pire compte proposer à âiadame de Ruffei de te l'envoyer : tu feras bien de ne donner de plein pouvoir à personne^ mais de te prêter beaucoup. Dopent a- dit quelque chose de fort plaisant sur tout cela à mon père. — Mais^ disait celui-ci, madame de Ruffei dit qu'elle a toujours &it ce qu'eUe a voulu de sa iiUe/ quand elle n'a pas' ccrrespondu avec le comtCé— Si bien! a répondu Dupont^ en £aisant la révérence, madame de Ruffei 9 sauf respect ^ ne sait ceqn!elle dit; car ils n'ont jamais cessé de correspondre.-— M on père a ri^ et moi j'ai dit à Dupont^ Mais yoyez quelle folie! Combien de temps &udra^t-il i cettefemme pour être convaincue que sa fille ne veut que ce que je veux? C'est donc à moi qu^ii fiiut &dre vouloir ; or^ uèsH»r« tainement je Voudrai tout ce que l'on me démootrera être son avantage. Mais il est vrai que je suis aussi diffi* eile à tromper sur les intérêts de ce que j'aime^ qu'aisé a induire en erreur sur les miens.

Mon amie, M. Boucher voudra bien t'envojer im louisy s'il l'a à moi, et nous te préparerons une pacotille qui ne peut pas te manquer. Mon état de situation est très^géné^ parce que j'ai su que l'on me destinait loo louÎB de pensioii^ dont aS payables le jour

BU BOJXUW OB TINCENNES. 387

4e ma sortie^ et que l'on m me 4Qnaera pa/s^ in4épeo^ damment de cela^ une seule chemise. Or je sois toul ely outre quelques avances que je dois à mon porte-deis^ il £aut bien lui donner une preuve de reconnaissance : il me &ot aussi achever de payer mon éciivain, pour qui tu me ferais un grand plaisir de

chercher ^ne plac^ quelconque^ fût-ce 4e pierc 4e BOtaire«r ^

Il faut bien que j'emploie quelques louis à me vêtir, ^tsi M. Briançou ne tirait pas un paiement 4u libraire^

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ai demandé, je ferai aisément face à tout.

Ouiy m^on bon ange m,'a envoyé un jabot de toi, qui m'a étonné, quelque accoutumé que je sois aux pro^ diges de ion adresse. Si tu veux m'expédi er vite les manchettes^ ce sera assurément de lo^g-MptgAia.j^ belle pèee de ma g^]Bdb<yAe^ et dans tous les. temps la pins chère.

Prends bien garde à ces flux de sang^ ô mon ange I c'est une épidémie fort dangereuse et quelquefois très* funeste. C'est heureusement la fin de l'automne qui est le grand remède ; mais je te prie à genoux d'être trèssobre sur la viande et les fruits. La du Saillant est assèz malade, et malgré cela m'écrit de très-longues lettres : c'est une bonne en&nt. ,

Ne me parle ni de cette guerre ni de ses smfés, ^ effraient les âmes les plus cuirassées, les plus égoïstes. C'est un trop grand chagrin pour un coBur sensible que de s'arrêter sur la contemplation de tant de maux qu'il ne peut ni soulager ni guérir.

Je t'envoie les deux autres salons de Dupont^ dont

im m'a paru très-supéneur aux autres^ je veux dire cehiide 1773.

Je suis enchanté que mon cinquième Yolume t'ait £dt pMsir. C'était le plus ingrat de tous. Je croîs qoe cet ouvrage se peut lire du moins^ et Boccace n'était pas lisible dans notre langue. Je suis après quelque . chose d'un sérieux fort plaisant ; mais je suis t^emeat écrasé de mes correspondances^ que mes jeux et mes forces succombent. Par exemple^ il est de îaxt qu^ujourd'hui j'écris depuis trois heures du matin : il est une heure après midi^ et je n'ai pas diné^ parce que je soufire de l'estomac. Hais enfin nous Tojrons lé teme, car je ne peux pas dire le but. Je n'en ai qu'un, tu le connais^ et j'en suis fort loin encore. Mais que de iforce ne donne pas un amour tel que le nôtre, et comUen ceux qui ont cru nous décourager connaisseot peu les ressources des cœurs sensibles I Adieu^ mon asoaateî tu sais quel est celui qui t'appartiendra à jaina&c

Gabriel.

. . Je. crois t'avoir dit dans.ma dernière lettre qu'il a'j

a plus rien à craindre de Briançon, et queL iiouveaaï •i^vices nous a rendus à cet égard l'actif et bien^u^t homme qu'à tant de titres nous appdons notre ange .tutélaire.

DU DONJON DE VINCEMMES. 38g

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