‹ Lettres a SophieChapitre 4 sur 31 · LETTRE CIL · texte numérisé non relu

LETTRE CIL

A LA MÊME

ao septembre 1779*

Ta lettre du 1 2^ qui ne m'est parvenue qn'aojoiuv d'hui fort tard, devait^ ma tendre amie, m'être remise le 17. C'était Tintention de M. Boucher^ de la part de qui k diligence est nne fsirear. Genx dont eDe est le devoir ne sont pas aussi exacts; et il a plu à M. de Rongemont de ne me l'envoyer qu'aujourd'lmi à midi. Je Tavertis qae si cela arrive encore une fois, j'en por* terai les plaintes les plus sérieuses à qui de droit. Il est Uzarre qu'un préposé subalterne^ qui ne sait pas ce qu'il me passe, puisqu'il me passe tout cacheté, et . qui de plus sait mes affaires dans la crise, ait Timpudence de retenir trois jours mes paquets. £nfin je ï'ai^ ta charmante lettre, et j'en avais grand besoin; car, quoique tu eusses répondu à la question de la Voiture (qui ne la &isait qu'à ma prière) purement et sim[ric^ ment, que le chevalier n'avait pas plus paru à Gien qu'il n'y avait été appelé 5 quoique j'en eusse fait aussitôt part à M. Boudier; quoiqu'il puisse m'étre témoin que je n'ai jamais cru à cette prétendue vinte^ toute circonstanciée qu'elle était, je bouillais d'impatience de n'avoir à lui ofâir sur cela que des coqec* tnres; et la lettre qu'il m'adresse enfin^ et qui n'est pas même une réponse à ma dernière, est la première as-

;td^ LKTTtiES ÉCRITES

snrance indirecte que j'en aie. H m'est bien clair main-

tenaut que IVL le chevalier de Mirabeau^ voyant dans le cœur de son père des dispositions pour moi trop £ivorables à son gré^ a vôulu les étou£Fer par nn des plus vifs méconteutemens que ce père austère pût recevoir de son fils aiâé ; je veux lÛre la certitude que celui-ci s'efforçait, cabalait, pour armer une partie de sa famille en sa faveur. Je savais depuis long-temps que la crapule avait étouffé dans Tâme du chevalier tout sentiment de délicatesse et de bienséance 5 mais je ne le croirais pas pervers etsaus honneur. Je n'aurais surtout jamais^ imaginé qu'à vingt^cinq ans, n'ayant jamab reçu que des services d'un frère infortuné, souffrant, captif ^ on pût machiner contre lui une trame aussi lioire^ dans la seule vue d'aggraver ees fers. Que l'on soit neutre; que l'iotérêt sordide d'une cupidité aussi vite que folle fesse sacrifier les plus douces affections du cœur humaini la oohcorde et l'amour finterttel^ 9 n'y a tien là de fort étranger à Thomme^ mais qu'en s'abstenant de servir, on ne s'abstienne pas de &tre du mal, voilà, je l'avoue, un période de scélératesse qui étonne mon esprit et navre mon cœur. Heureux en*- ^piCy dans cette occasion, conune dans tant d'au«* très, la perversité d'autrui n'ait pas fait notre crime, .et que la £olie Hutlei et la fougue Mirabeau ne se scnent p#0 réunies pour iious opprimer !

Je crois, mon amie, que lu l'es mal entendue avec le bon ange. Qu'on ne te donne point ta fille, cek me parsât tout simple, quoique fort dur, et je m'y Mm*' dais. C'est tout ce que tu pourrais espérer d'une mère ftusst raisonnable que tendre ; et ce n'est pas là ta des^ . tinée. Mais qu'on laisse, malgré toi, malgré moi^ malgré

les commmcêB, malgré la raigon» malgré Phomonité^ la

fille à Ja merci de la négligence d'une paysanne d9W m vilbge^ c'est ce que je ne puis croire^ et Je ^'ea expliqueraiaajourd'hm trèsHsérieusementayec M«Bovbcher, qui fera sûrement par instinct, amitié et devoir, tout ce qui sera juste pour ma fille. Bellard l'a touchée» FoDtelIiau Fa toncbée ; mademoiselle Diot l'a probable^ ment touchée aussi ; tout le monde peut donc la loucher- J'^ demande pardon à M.Boucher ^ mais les persouuep qui ont déjà une fois an moins gagé des assassins contre moi, qui t'ont écrit à toi que je ne devais attendre d'eux qu'une balle dans la cervelle, n'ont pas de grande droits à mon estime; et je dis nettement que je les crois fort capables d'empoisonner un enfant qui leur est im-»portun, à charge, et qu'ils haïssent comme mon sang. Quant â la crainte que l'on ne les força t par là à dépayser ta fille, M. Boucher n'y a pas bien réfléchi : on a voulu te retenir par une peur de femme. Si ma fiUe dispa^ raissait demain, après-demain tu attaquerais en justioé père, mère, ]Vlonnier,Vaklhaon, ou tu serais un monstre. Tu réclamerais à l'instant ses droits et les tiens ^ et je déclare hautement ^e moi, qui suis lié ièi bien plus par Ja reconnaissance et la raison que par mes chaînes, au risque de me tuer et de me perdre mille fois^ je ten* teraia une évasion plutôt que de laisser un tel forfait impuni. Quand M. Boucher dit que Sainl-Maudéa def diilicultés (elles peuvent sans doute exister en effet pen<dant ma détention, à raison du voisinage), il m dit pas que tout couvent soit interdit à ta fille, qu'il la faille paysanne, et exclusivement paysanne. Ta fille est, aw yeux des magistrats et des lois, mademoiselle deMo»>nier^ elle a les droits de citoyenne : nou^ les réclame**

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rons pour elle le jour où on voudra l'en priver; et ce devoir est le premier et le plus sacré des nôtres^ quelques pantalonnades que des dévotes^ qui n'ont peutêtre pas donné à leur nnari un seul enfant de lui, veuillent accumuler. £n voilà assez sur ce sujet; je le traiterai avec M. Boucher. Calme ta tête et ton cœur. Ce bon et digne ami est actif, sage et sensible : il fera pour le mieux. Je t'ai donné dans ma dernière lettre réponse à ton billeft aux cadres de Dupont, beaucoup de détails sur cette chère petite. Elle sera inoculée aussitôt qu'elle pourra l'être. Fontelliau y retournera^ Â le bon an^e le veut bien, en octobre.

' L'histoire de Thomme et de la caisse est évidemment la seconde édition du roman de M. le chevalier. Je ne suis point étonné que cela soit parvenu à ta mère. Il l'a contée en riant aux éclats dans tout Montier. Je Tai su par Dupont. Vil personnage, qui ne voyait pas qu'à supposer qu'il dît la vérité, il ne te chargeait que d'une imprudence, tandis qu'il développait toute l'aridité de son cœur et l'inconséquence de son esprit ! Si le père s'est mêlé là-dedans, comme cela est, du moins pour la publication de cette nouvelle, tu aurais dû le traiter devant M. de Marville comme le méritait un moine insolent et calomniateur, qui répète en pleine commu-. nauté des bruits scandaleux (sans doute parce qu'il n'a pas trouvé sur son chemin les trompettes de la ville pour l'ébruiter), et donne des instructions sans vérifier le âût; conmie s'il était ton mentor. Il n'a que voulu ameuter contre toi toutes ces dames, et cela* pour te punir de n'être pas amoureuse de ses appas doguins. Apparemment qu'il te trouve plus jolie que ses sultanes^ et qu'il compte au nombre des drdits de sa place

les bonnes grâces des pensionnaires* Mais ce faidaix.et

odieux monsieur^ qui a déjà osé s'élever avec tant d'im-. pudence contre un ordre de M. Lenoir^ qui le ferait assez aisément et peut-être assez équitablement mettreà Bicêtre, s'il le voulait^ mérite que tu le ravales et tiennes à sa place. Pour ta mère, c'est autre chose. Je ne m'attendais pas à la voir si modérée qu'elle Fa été sur un bruit de cette espèce^ et tu lui dois déférence et douceur^ autant par raison que par convenance ; et l'on peut répondre avec force, surtout quand on a l'évidence pour soi, sans y mettre d'aig;reur j elle ne va jamais bien à qui a droit. Laisse-la pour ressource aux déraisonneurs de mauvaise foi. > Tu ne peux pas empêcher le monde de penser ce qu'il lui phiît ^ et cela est assez égal, pourvu qu'il n'y. ait point de ta £Eiute, et que tu ne commettes aucune indiscrétion. Il n'est pas fort singulier que M. de Marville se soit douté que ton grand empressement d'écrire à M. Lenoir avait quelque motif. Tout ton tort en cela est d'avoir tant insisté pour obtenir une permission dont tu n'avais pas besoin^ dès que M. Lenoir daignait te fidre des envois. Mais^ après tout, il n'est pas mauvais que cette discussion de conflit de juridiction (qui cependant n'en pouvait pas être une) n'ait pas eu lieu, et que tout se soit arrangé à l'amiable, parce qu'encore &ut-il ménager M. de Bfarville, ne fût-ce que comme correspondant de ta mère. J'entends bien qu'un de tes plus grands torts avec celle-ci est de la deviner. Mais, au fond^ ses procédés de détail sont bons; les masses s'arrangeront malgré elle. Il faut donc patienter, et mettre la raison de son coté^ en allant doucement et modérément.

iai6 LETTEEft EC&ITES

Si jamfti» on arait llnsolence et la eruaaté de l'interdire le jardin^ informes-en les supérieurs. Mais je ne pu» cnnre ni que ta mère l'exigeât^ ni que l'abbesse^ qui me paraît t'aimer, s'y prêtât. Quant à tous les autres^ ils n'ont aucun droit sur toi^ et tu ne dois pas leur BDufGnr tme juridiction qadconque^ qui ne les rendrait que plus insolens.

Quand on a le front de vanter l'efficacité de négociations qui^ depuis deux ans et demi^ ne sont pas entamées^ il faut que Ton n'en ait pas beaucoup. Dupont ferait quelquefois fort bien pendant avec les faiiseurs de phrases de tout sens. H m'écrivit hier une lettre qui^ selon rexpression plaisante du bon ange^ est fort ministèriellement amicale. Mais, avant qu^ de te parler de celle-ci, à laquelle est jointe une fort grave pour toi^ il faut te donner l'autre partie de celle dont tu n'as eu qu'un fragment dans mon supplément à la réponse des cadres, où je te conte, d'après Dupont^ toute l'histoire du chevalier. Voici le reste de cette lettre, ou pkitôt le commencement ; die est du 6 septemlnre. « Je n ne vous ai pas tenu parole, mon cher comte, c'estn à-dire que j'ai jbit , à ma manière, mieux que je n'ai ji promis et qu'au fond je ne crois devoir, du moins » avant votre réponse à ma précédente du 3 de ce » mois.

» Mais je n'ai osé douter de cette réponse que j'es- )» père, et si, contre mon attente, elle se trouvait in- II digne de vous ou de moi^ il serait temps alors de me » retirer et de vous laisser à vos beaux projets de guerre. M J'espère pourtant qu'ils ne sont pas dans votre cœur, n et que j'aurai votre parole de ne les y voir jamais )) rentrer.

n J'ai donc passé hier la joimiée au Kgnon^ et j'y

» ai beaucoup parlé de vous. On m'a montré vos let- » txe»f que j'ai coDunentées le plus favorablement. Votre » père trouve que celle i M. de Marville n'est qu'a- )i droite, mais qu'elle l'est beaucoup; il n'est vraiment » content que de la seconde à votre oncle. £nfin^ lisez n et pleurez 1 II m'a dit ces paroles : Pour moi^ mon » ami, je lui ai pardonné le délit qui m'est personnel, » aussi complètement que je pourrais le faire à Thetire )i de la mort; et je demande à Dieu de le lui pardonner » de même. Si cela peut servir à sa consolation, je ne » suis pas fâché qu'il en soit instruit* Je ne lui écrirai » point : je ne crois pas le devoir ; mais j'ai mandé )) à son oncle ce que je vous dis, et je crois qu'il lui » écrira.

j» J'ai profité de l'émotion pour lui demander à quoî

» pouvait tenir votre détention, tandis qu'il était dans » cette disposition paternelle^ qui m'a fait lui baiser les » mains. £ile tient uniquement, m'a«t-il dit, à l'espèce » de sauve-g^arde que je dois à sa femme ; à ce que je » n'ai pas le droit de rendre à ia société un homme ji qui n'y rentrerait que pour tourmenter les autres; à » ce qu'après tout ce qu'il a fait, je n'ose prendj^e sur » moi de répondre de ce qu'il ferait encore.

» Il reste donc dans son plan, qui est sensé, et qui » nous remet à la merci de madame de Mirabeau, en )) souhaitant que nous réussissions auprès d'elle, mais h demeurant neutre entre elle et nous. 11 se crmi â*m* , I

>) tant plus obligé d'y demeurer neutre, qu'il est in- j M struit, par une incroyable imprudence de Sophie, de | » toutes ses rdations avec vous. Je ne la gronderai 1 )) point^ mon ami ; elle prend! mol mes rcmontrance;s^ |

ta8 LETTRES ÉCRITES

n fruits de mon zèle et de mon attachement pour elle » et pour TOUS. Mais grondez-la vous-même un peu » sérieusement. C'est une liberté qu'un grand attache- )» ment antorise ; et voilà pourquoi je ne m'en £ais jpas » faute avec vous... (Suit ce que tu as déjà.) Voilà où » nous en souunes. Il faut donc prendre patience^ f> gronder un peu la belle Sophie^ la prier au nom de

, » Dieu de n'agir en rien du tout, et de nous laisser, » surtout à moi, le soin de ses affaires. Il faut at- » tendre la lettre que vous devez recevoir de votre )) oncle 5 si elle traînait, lui récrire, en lui envoyant n copie de celle à M. de Marville ; attendre aussi de » celui-ci, et nous résoudre selon les temps. Moi, qui » suis grave, je trouve que nous avons fait bien du » chemin, quoique nous paraissions encore à la même » place; et en tout j'espère bien plus qu'en commen- » çaiit. Mais, si mes premiers progrès n'étaient pas

, n dans votre cœur, je n'espérerais plus rien, et crain- » drais d'espérer. Adieu, mon cher comte. »

Un fils froid et ulcéré aurait repris pied à pied cette lettre, et trouvé que la montagne était accouchée d'une souris. Mais j'y ai répondu de premier mouvement; et ce premier mouvement a été un attendrissement profond sur le sort d'un infortuné vieillard dont le cœur veut se rouvrir à l'amour paternel, que barrent et offusquent encore mille et mille préji^és enracinés. J'ai pleuré, et je n'ai pas regretté mes larmes. Il ne me convient pas, il ne convient à personne de discuter avec son père, quand il dit : vous pardonne ; et je n'aurais point de torts (ce que je suis loin de croire), que je serais également attendri et docile. Ce n'est pas que

je ne voie fort bien qu'avec ce sentiment noble et ten-

DV DONJON DE VrNCENNfiS. I29

dre^ qui s'est éieyo dans le cœur de mon pauvre père^ 3 ne fera peut-être rien pour moi^ parce que son esprit est trop encroûté d'idées fausses sur le despotisme paternel et les dangers de mon caractère. Mais enfin son oœur est attendri ; me convenaît-ii de lui fermer le mien? JVon^ et, quand je Faurais voulu, je ne l'aurais pas pu. J'ai donc écrit une lettre tendre et soumise^ où . jMvitais toute discussion, et ne me vouais qu'à des remercîmens. Je n'ai pu g^arder copie de cette lettre, parce que j'étais très-pressé par l'heure et le courrier. Ce n'est point celle à laquelle Dupont a repondu dans celle de lui, que j'ai reçue hier; c'est à la longue lettre de moi, dont je t'ai envojré copie dans ma dernière, et voici sa réponse, mimstériellemènt amicale; elle est du i3. «Je reçois votre lettre du 8 de ce mois^ datée » par erreur du mois passé. Ce n'est pas celle que j'at- » tendais, et que j'attends, mon cher comte. (11 ne jEed- » lait donc pas répondre.) Relisez la mienne du 3. J j » ai pensé en l'écrivant. £lle répond à tout ce que vous » dites. (As-tu trouvé cela? Répond-elle à la terrible » énonciation de la cause qui me fait prendre la plume I) cpntre mon père ? Il n'a eu garde de toucher cette H corde. Répoiid-elle au raisonnement si serré sur IV » Irocité de Finvocaiion des lettres de cachet ? Répond- » elle à la distinction de Fagresseur.'' etc., etc.) Nous » la relirons ensemble, et je vous expliquerai ce qu'elle » peut avoir d'obscur. Il me semble que j'j avais tout » prévu. ( Pour un homme à vue basse, il a de bons » yeux.) Je ne vous ai point dit que le style de votre » amie m'eniiujal (il est bien bon), mais qu'elle m'a dit » des choses qui ne m'ont pas fait plaisir (mais que lui » asriu donc oorit de si terrible? car il semble que celle VI. 9

lâd LETTRES ÉCRITES

)i A loi Boil bi répiniBë à m cand), que Je ^^ikità^

» le temps d'écouler^ «t moins «ftcôré celui dê foiré A des munifesleë» (Que le hoti Dieti béilb&e le môt riïu^ ^ l^si»! Je M Iréve plus qû« mmSfèmb. My» î^^é )) diiible Veut-il dotic qit'ôn lui écrive autre chose que n ses ràis^iis ? ) Je dois juger par les masses (très-màU^ jl Yatee maniàre de jugtst ; tett les détails MiU oôii^ » ilVèin la vérité) j et m'exprimer par des Ifâilà qlU par- M lent ^lud à ràme qu'à Tesprit de mefe lecteurs^ (Gomhie » oW moti esprit qui lit, il ^1 a«fii6è 'oppomtH iJà'H

j) Boit satisfait pour que mon âme le soit.)

te il eet dâ fait qtte j'ai des d^T<>its A multipliée 1» i-vfe d« kMt igeOB mpectabtes^ à qui iMïgà^ )i lion du peu que j'ai de i^éputation et de fortuné, faites il r«ilie^ l'autre de iiiAr<|UelèÉie^ que> dàâs te désèei D dé m'acquitter, âe aftmit[ixailt pottet d'ho^n^lr ïA de » figcOniiais8ànce> ue refus&nt aucun travail^ ne pou«> )i Vaut imffif« à fti^ut, je sottê le tï VMé A >» lîîourit de iregret ou de fatigue* ( Voilà un fichu sort ! Jl Mais le temps qit'il met à parler complaisammeïit de n k taiulliplix^lié dte M» ds^vdicS) ii'est4l pas perdu ? ) « Dans cette ])Osition5 jé voudrais au moins que mes N amis particulierB m'entendifeseut à deâÙHDàoi^ et ne aie )è fav^^èm p«ââ iM iré^ier> et A me dMAmefitereso»

n «essfei Ma raison est dans mon cœur^ dont j'ai toun jours âùtpiitô de cas que de ma téte(je ^'il a 1^ MiMd)^ et qui nèA' à femé ûeUeMid. Je M dinerte

A pôs, jfe seas. (Tu verras que je ne sens pas, Htoi>)

Or je «âliB> tsar le spcÂSkt tontMfé emre bo^ (tu h Ireâiaâi^lietWB ^ jè ti^ai âa%né le tJMtMer), que » je pardonnersû toujours aisément à qui m'attaquera )i l'épée à k oiain (ineBie A son #i apparem^^^ car

DU OOKJOii DE VINCENWES. i3i

ir il M ^ëSlièn ffûn pètë ét d'tttt fils) j t^i' «te tièiis

itèÈ^bàTî itùût tté défendre^ et son risque set^a êgéii » Ixkteil. Mais je ne pardonnerai pas à qtii m'dfctâ- #«fiiefft ^ ftti Hbéllé (j& ii'ai p(Am féit éé hb^k); ' » car^ quoique je puisse me défendre de plume aussi, jfe Jip m parerâk ks 6^ps qu'après qu'ila boni portés (tu

n fmm qti^y Yépéé à lâ tmin^ ên Im pm aratti;)» Je

» ne t^âi point auprès de tous les lecteurs. Il j en » aura VMMàhyis d^^uds ja demeurerai sans défense, •fi cf«sf Bdfié phniS6 ef tfe^^tittéf^tenÉdÉt que j'ainfe n mieux mon honneur et même ma réputation que ma M TÎai (J'avûna qtie ce ddiaier point, réputation^ me » f»tak m pe» fort i iiaatf indii pèr« a beàiicoup plus ft attaqué la mienne que je n'ai attaqué la sienne. Il est H donc l'agresseur, et je a'ai Toulu que Tempécher de m daiffÊÊ Fopfnkm (mblt^e cmtrè m Kbtné. Jtf dé^ » manderais aussi volontiers à Dupont s'il airae mieux i»'âa lapHtaLwHi que sa libertés)

M Jé mots* iam le li bdtiste pFcsqae m mvMr de #Fëlnfpo{sonneur pour k lâcheté. (Voilà de bizarres » exwraciens.) Ja la trouve plus odieux (appnjrej&i il œ wkm pat ^Êotétët m m îmn afamm) pat 1er nattife

w du mal qu'il Veut me faire. Il est clair que l'uni et » l'autre sont au-dessous da simple assassin ( oeiaf est » alai^. • « « . )^ à plus htut raim du d^iaiiste^ qtfe pdtir^ w tant je méprise fort (autre assertion très-trant^kanie ttét trèi^foUe^ (pàtoê à un mot imjpropr6)i Voilà ïé^ * aheUe da jnoii aœw pmt juget aéi lamuAM jfaMr«B )) (l'échelle du cœur est cependant vmé ejtpression fort » plaisante) ^a hs liaisons plus inûmeA jrefidant plus a abdmiluMas^ lé las suppose &ka9 â Bft% ei jr Mo^ » sure ritiipression ^ j'en rdçois. Je n'obligfe persoilne

j32 lettres écrites

»Àe penser ou de sentir comme moi. Mais personne n ne me fera changer ma fiiçon de penser. (Tant pîs^ » en vérité! ta,nt pis! car celle-là est folle^ et il y a de » ropiniàtreté sotte à s'acharner à mie folie parce (ja'on » Pa produite.)

» Vous me faites sur les lettres de cachet. beaucoup » de raisonnemens qui seraient très-bons si nous avions » des lois (nous avons au moins celle de tout honnête ji homme^ la loi de nature^ et Ton n'y lira à aucun M feuillet la légidmité des lettres de cachet et de Tin- » vocation des lettres de cachet)^ et qui deviendront fort » justes partout où il y en aura. ( Tu verras qu'en ce cas » on peut légitimement assassiner, parce qu'il n'y a » point de constitution nationale en France^ car en I» vâité on me fsài plus de mal en me mettant à Yin- » cennes qu'en me tuant. Ainsi ce qui est juste pour » cela l'est à plus forte raison pour ceci.)

» Mais vous êtes en pétition de principes. Nous n'a<w vons pas une seule loi proprement ainsi nommée. » Les Anglais mêmes n'en ont qu'une couple. Les Amé* n ricains en auront peut-être davantage. Toutes les au- » très sociétés existantes ou qui ont existé sont et ont n été dans un état de guerre. (Ta^ ta^ ta^ je ne crois I» point cda.) La seule loi de cet état déplorable est : » Fce victis, malheur aux vaincus. (C'est la loi des » scélérats ou des hommes ivres.) On doit savoir gré » aux plus forts quand ils n'en abusent pas. (Et il faut » les tuer quand ils en abusent^ et qu'ils ne sont pas » nos pères ! ) Vous avez jEsdt quelque hostilité. L'ariil- » lerie et les lettres de cachet sont des armes souvent » fort cruelles ; mais ce sont des instrumens de guerre n fort bons. (Biais que diable concliu*e de là pour la

» justice d'une dciention illégale?) Vous êtes uq prij» cimier de guerre (je ne veux point être peudu^ je Ji ne Vèux point être roué^ dit Arlequin^ j'aime toieus » un chapon rôti. Et moi je dis : Je ne veux point être » prisonnier de guerre^ j'aime mieux être libre)^ d'une >i ga^e que vous n'auriez pas dû faire^ que vous devez » abjurer^ dont vous ne pouvez vous enipêcher de vous » repentir (parce que je n'en ai point enviej^ que vous 1^ ne pouvez reprendre ni en public^ ni par aucun mé» )) moire dont votre père puisse se tenir offensé^ sans » réaggraver les anciens délits^ et démériter le pardon n qtie son cœur vous accorde, et qui doit soulager le » vôtre y qui ne vous laisse enfin de ressource que )> celle décrier, d'implorer et d'attendre merci, eu vous » aidiant^ pour l'obtenir^ de tous les secours que vous » pouvez trouver dans une amiiié active et prudente, » et qu'il me semble que je ne vous refuse pas. (Mes » amis feraient fort bien de ne pas me forcer à comp* M ter avec eux ; ils y gagneraient.} » L'absence des lois ne dispense pas des mœurs (oui et non) ; car les règles de celles-ci sont des lois di-* » vines, indépendantes des conventions humaines. (Je u ne crois pas un mot de cela.) Or la base de toutes » bonnes mœuzis est le respect filial^ porté jusqu a une » sorte de religion. (Soit -, mais Tamour paternel^ plus » majestueux, ne doit pas être moins tendre.) C'est ce I» que les anciens appelaient par excellence /^li^^o^. (Et » les anciens étajaient-ils l'amour filial sur les lettres de » cacbet ? ) Les obligations m'en paraissent impresciip- » tibles(ceci serait la matière d'une grande discussion) » et supérieures à toutes autres (autre très-grande dis- »cassiott3 mais il est plus court de poser des asser-

l34 WttU^ ECJUTSS

» rions); et, quand je pourrai traiter pour vous à » ^a^e àéfiomm, «em obligé de gmrafîtir qua Wism n ka ve»pm^» ti^njonn Ja^fii'aii aefupulo. fiî tous y

maiique^ ensuite, je serai obligé de dire que vom

31 mon J)im\ fpi$ d^«H^Qrt|ii»Ga! i^dk ni^omMm^

)^ quelle garantie ! ) C^tte perspective m'afflige ^ m'af*

]i £gQt^, O4iiyr0«^m'^9 Qiw e/m^, m, m m kiM » pas regf ptter 4Voîr «té ému par potpe ^i^^wA » amitié, ^$t, ijy » malière ^ regret.)

« Ce qu9 je vaf!9 4i0 iB4ri(e d'wiaDi plivi di mm»

M dération que je suis convaincu, aiUaut qu'on pfal

i« le ckmm i^hip^ jfi yph3 iPoedmi » i^<)f M^iei

)) fsspérances spnt parfaitement illusoires ; e|: vpus le yer» ^ ^ea, si youp avez le malbeuf à'àimi9m§i napn p}|ii Il de cempagge, Aâîm* l€i n<» vous ^immàe pa5 ^ liiyur » gups lettres. Je suis lap de pl^iidoiries, ( Yoi)^ de sottes » expressions et une gi^uvaise ^^i l^i^ ]^§1 d4gui§§f .} |i Yon» M 5^T«? pail wmbiea tempp qu'eHçp pie M yoleiit m timim^ ppwjr m>h WjB m'écrive que 4^ui )) ipais^ mma éoergillim et poaili6< (ïii mm(fM99ê Il que je Iqi ayais dit que p'était mou dWpieP mQl- )

^ J'eu vQul^iif £»ire. gutfint, et vpilè qmu§ pâgôs qi^n m je pteupe emèremept. («l'ei peur qn'U pe )m

» cher qu'elles ne valent.) Mais je ne les pleurerai plus, » S) YûPFe iPfipôfiêe me tue ; c'est mon màûe^ foir 9 tuer pour 9mis« (A n'a pas 1» vi^ dm^ appaimiii

M ment I ) >^

TQvgoiUTs Mêle à mou pl^, jm (^bère amie, jâ U' aur 1^ pas mlmo répondu à eeue lettre, et j aui^ iiltenda

t'effiat de ma secpnde^ qui est toute pleine 4^ douceur

^\ de s^i^mbitilé^ fi je p'ayaîfl Toulo lin défévar la paup-

^^silé et 1^ e^^enspnge M. le chevalier, |i qiii je ne

Hffii^ im^i vomh ^ ^< ï^uB qu'(i

i^e ni^^e ^ et, ç^q^riq wiQn père ne peut pas trop d©»tfi? qwe pQtre liaisQii fte ^pU i'iiistûire de ia vie, je ne m fmm poioi qu'il It pm^a pûur une (oUa. ïni allongé en p^u de fîpiQts, et ^on(;eQO 4^ preufea, le numr IQPâHI M- te ptiev^li^t r«4i uaa asqnis^e légère de iMI fimi^k pQur Inii ceux dont il m'avais payé, al j'ai déploF^ l)$8geB9e e| na méobaueeté. Ha idéale, je m'en suis référé à mon avant-dernière lettre, et j'ai dit

4 ^npwt gu'U m m'ét^l point ams d^ux dWoîr rai«

soQ 4vqq pie$ amis, popr me mettre en frais de le rë?- 4i|ûr^ à Tab^urd» ^i^QPe uq^ ibis. La bon aoge a toute rnn^^t Q^^\ê i^mmQ^ mmM^ à cette pièce itar lionne où, maigre tontes bonnes raisons qu^Â.rlequin 49MÇ> QU i^i dft»aade dea cautions ^ à faute de quoi il m^oyi eu piàsuut pi> e'e«t qu'il n'est pas question de m'y m^M^f luais de m'en ûjm.

Tput m rfgétmmdudant douceur et modération, W Hmmiê pmfivâvf^nee «v le £|it de ta fille. Il ^t jhoqtjsiu, il 6st bigarre, il M cmA que ta m^re te fiisse 1*^(1^ 4^ âfiS PQllY^to* f aifi un moment a|)strac|ion ' d# K^nUtP ipei tu dda m hqn auge, et que tu n'es pas pensée Ivû devoir ; et tu seras toi^mAme effrayée des di^s. (3'QSt à tsn mèi^e, tout autant qu'à M. de Marville^ OH plu^ Jswuepup pluSf ^e |u défais écrire.

J§ tQ pri^ trèarfoFt et fràsrdistinctenieBt de laisser jb^âSi^ (P^ miHD.c, u de n'eu soufirir aucune visite pardculière, pas plus qu'aucun diner commun. > M^i^ qiî(e tu es bonne de souffrir les earesses que je IÎfÛ^ à t^ l^e^^l J espérais recevoir des stances bimi ai-^

«36 LETT&ËS ECRITES

tendrissantes sur mon infidélité... Ah! Sophie! ttt sais bien que je u'aime que toi^ que ce qui est de toi ; que je ne caresse que ce qui en vient^ ou que ta m'ordon* nés de caieéser. Ton amant n'est qu'un outil dans tes mains. Tu as son âme^ elle est tout une avec la tienne. Tu diri(jes sa volonté seulement en lui montrant ton opinion ; et il ne peut pas plus se séparer de tous ces sentimens^ que s'isoler de lui*méme. Tu commandes â ses sens ; tu régis son âme ; tu animes son cœur. G&H en toi qu est son étre^ comme c'est à toi qu il est cousacré.

Le bon ange ne m'a point fait passer le dessin de M. Lenoir^ et c'est sûrement oubli de sa part^ car il ne saurait y avoir d'inconvénient que j'aie dans ma chambre l'image de cckii que je porte dans mon cœur. JN^e puis-je pas acheter son estampe comme toute autre^ et &ire un dessin d'après cette estampe.*^ Dailleura ce n'est point un don de M. Lenoir; ce n'est qu'un désir de ma reconnaissance^ satisfait par ta tendrese.

Je crois que H. Boucher aura encore plus ri du tour qu'il nous a fait, que de celui que nous lui préparions. C'est un juif qui a bu toute honte. Imagine-toi^ chère Sophie;, qu'il vent me £ure passer ton billet pour une lettre. Il n'ose pas le dire^ mais il agit tout comme.

G mie ! mie bonne I serais^e assez heureux pour que tu eusses enfin hérité de mon humeur vindicative.^ Hélas! je t'ai trop long^temps trouvée douce comme un; mouton, et douce jusqu'à la tiédeur. Tu te dis

femme de feu Toi!..,. Je n'ai jamais vu que ton

cœur brûler.

Cet ange de ténèbres aura-t-il encore été perdre mon

siuet, comme ces deux ou trois livres de cheveux, que

Digr

DU DONJON DB VINCENNES. l^J

je laisse sur sa conscience^ et qui sûrement ne contribueront pas peu à le ûiire damner? C'est cependant lui

qui a choisi la relique qui est au bas de ce sinet j ainsi il doit le protéger.

Oh I ta braves le démon et les exorcismes ! Mais quelle réprouvée! Et puis l'on dira que je Fai pervertie! Moi I moi^ si pieux! qui ne lui écris que pour lui Élire des sermons! moi qui lui compose des heures i qui emploie tout mon temps, tout mon art à la ramener au goût des choses saintes^ et qui^ pour prix d'un zfle si édifiant, ne reçois que la promesse de mille et

mille veng^eances 0 Sophie! Sophie! tu es une

grande pécheresse! et tant que ton amour paternel sera si terrestre. En vérité tu es une brebis égarée* Moi ! Gabriel ! je t'assure que mes vœux se borneraient facilement à pécher chaque jour avec toi autant que le juste, et pas plus... Sophie, ma Sophie I est^ bien vrai? Ah ! quand pourrai-je savourer ces fruits de ta conversion ! «

Tu verras ce que le ministre Dupont (car il est ministre du margrave de Baden, et il m'assurait un jour iroidement et sérieusement que, s'il était riche, il serait, par le seul expédient des voyai^^es, ministre plénipotentiaire de rEurope)^ tu verras^ ^^^'l^^ ^"'^1 trouve foïl mauvais que tu le presses d'écrire à M. de Mirabeau; qu'il mérUe bien que nous lui laissions le choix des moyens de nous servir, et qu'il te donne tendrement l'espérance que, le printemps prochain, un voyage de Languedoc qu'il projette pourra le 'mener en Provence; cela iiest~il pas bien consolant et rassurant pour un pauvre diable qui devient aveugle, xnais au pied de la lettre, aveugle? Et point de momie : car

f 39 %iT7nE$ iSCilIVli

qua veux-tu quô jd ùm^ ? p.épanâft'lui ae^ qu^ (u voiir

plaint qaî puisse éorlr^ 1^ réponse. nei tarçlo pas, et écris^lui avec honnêteté. Je prie 1^ bon SiAgQ 4â t^

ftirt pmiP o«Qi jaudî» pwiqao M. R^ng^moot a

trouvé à propos de le le retarder déjà de quatre jours^ dono pas qu'à soixante-ciuq ans on poit las de haii*

«on Qk? oQu^m-l^ k élmm\ il

r^ptdç du tqnnbem p^faijf q ei^al orné par l'iiplaniiail dâ toute ^ famiUfif Ah l qu'il çolore opiums U vQudi»

rende à mu mèr^ ?t à moi d© la tranquillités QâB* viôâdkfti de iQut q§ qu'il voudrai de bQ^ Qmvn Tu 1061 tôoni ma géné?aiw et mà^^ mà, fu»

quoique je me régerve eu effet toutes le» eordea qui peuvent m^aider à m» «auvep du oaubm^o^ jWaii oté

aussi fou que dénaturé de me refuser à m'attmidria $m

signes du retour de mou père i je ne praina plu» d'être

dWppr^ttvé 4â toi.

U ^% otriaio qull f»u| avoir Pâma trèflréUfée peur ailier ^uçèrement à entendre dire seâ vérités. L'apour'pç-opi^ M roidil fiontra tout qui la ohoqua ; il fiédaii d'abord le eomir, et quand aelm-m est affiseté, gara la raiaOPt J'ai eu toute ma vie^ hyùq mes anm^ l'i^npoeate rnia da axa taira fur points trop délieacs qnî sa knr

importaient pas infiniment. Mais je n'ai jamais pu dire è qui que ne ^it ce que je ne pensais pas, et j'o^a dii^ qii'<m ma doit queli|ua iodulganca pour ma r nsliqna

véracité j çar J'ai toujours courageusea^eut accueilli la

Tarita.

^ I quai méril:e aî-jâ dono pr^oldé^ dont tu tu

Quelle «ociéta plu^ douces qqq la tienne! Que d'âme et d'd^prit tu a$ mou^ pour embi^Uip mon aort^ 6| payer d'avoir bien voulu étrç ^lUf^mi i (ktm4n quo

j'ignore que tu aies apporté dans jïoXV^ uoiou infini-

m^Pi plm d# doucaur» d'4g^iii4^ d'^iué^(4 qmfmii

blage unique, jam^û hupaeur et c^iréictèie ftQ furent «

iPilt^E^blenieiit dpux qu9 iea ti^t faisais donc u^ kmm ieimm du binn vim iim toi? firm, Soptuo*

non 5 ce n'est ^Jtib là ce dont tu dois me $^voir gré^

mai» d^ ('dYoif ass^s bi^u àffifàQié^, d^sez {â( eopmo pour ufi P9S tiKsibtor M miir^ m dmduiéA « ta merflf «

Si tu Ji'eaweis été qa'urie femiue ordinaire, j'fturaig été

le piiu mdlbeurmd^^ bomisp, Mai§ mQJ^^m d^yiw h ma, ût voilà mon mim$f mm kmhmx it m gloifA.

Eipciîjîèiou ddlicieuse ! A^ûus m ^omm^^ p^AS quittai ^nhi

mi iaJçpUine.,n Uki mn^ ma Sophie! Qooi m h mmmw pasi je nt le «emi \mm* Quoi doup fMuvfi

rait valoir le bonheur de t'aimer et d'être aimé de toi?

J'avoue tfue ce que tu di# est sau^ jpépli^uâ ; mon père désire ma hh«té, en quoi Dupant pflttt^ cr^ndi»

qviGm négociation le choque? Ta feras peut-être bien de lui proposer ceue poiit^ guestiou àmê la lettre. Mais prends garde que cfest on ffwd Uirt d'AVdk trop raison. Non, Dupont ne veut pas me Uisser périr îoi^ Baais il traîne^ parce qu'il est paresseux êl dis£raitf al quHl tremble ; et puis il veut plâtrer ses lenlenrs p^r de belles phrases ; et puis son amour«propre révOlt^ da£snd ses pli^ases^ el da la las pkûdoiriaij las

l4o LETTRES ECaiTES

gueiirS; rii limeur et ropiniâtrelé, d'aïuaut plus aigres qu'il en veut cacher le vrai motif* Au reste^ c'est un homme d'honneur qui a un très-bon cœur et de l'es-* prit, même beaucoup^ quoiqu'il s'en croie au moins autant qu'il en a> ce qui n'est pas ordinairement le dé- Êmt des têtes supérieures.

Je t'avoue que je ne comprends rien aux éternels verbiages de ta mère. Je suis vraiment persuadé qu'elle t'aime, et qu'elle me hait encore plus qu'elle ne t'aime. Mais je ne conçois pas que cette haine puisse l'aveugler assez pour ne pas voir qu'elle joue très-gros jeu à attendre, pour un accommodemeiil, la mort du marquis f que son refus de traiter pour tous deux de conûert n'attaque pas le moindre de mes cheveux^ et Far'rête tout court en pure perte ; que tu ne peux avec honneur finir pour toi seule; et qu'en finissant pour tous deux, tu ne fais à peu près rien pour mon aSake^ quoique tu fasses beaucoup pour moi, en me donnant one preuve publique d'amour^ d'estime et de constance. Pbur peu que ta mère connaisse le monde (et personne ne lui refuse de l'esprit)^ elle doit être convaincue qu'on ne mettra pas un instant en délibération dans mon afiaire, le procès, l'arrêt, la difficulté d'accommoder^ etc. Mon père n'y a pas même pensé. Il dit tout bonnement qu'il ne me rend pas ma liberté, parce qu'il n'est pas siir de moi; et il sait fort bien que les Monnier et les Valdhaon, qu'il méprise de tout son cmxty ne prolongeraient pas, en cent mille ans, d'une seule minute, les ordres du roi qui me détiennent. Un quart d'heure de conversation entre M. de Maurepas, M. de Miroménil et lui finirait tont; et on ne saurait, avec \ux j^eu de hou sens, en douter. Que veut donc

Dtr DONJON DE VINCENNES. ï^l

ta mère? encore une fois, que vent-elle? le plaisir bar-^ bare de prolonger ta prison et ta tutelle à volonté? j'ai de la prine à croire cela* Te mettre à Tabri de mes entreprises ? sur quoi rouleront ces entreprises ? T'écrîre, te voir ou t'enlever? T' écrire, on écrit partout; l'ignore-t-elle? Te voir? on pénètre partout avec de Ja prudence, de l'adresse et de l'argent. T'enlever? mais quand je serais assez fou, assez insensé pour penser^ où diable sont les grOles que l'on nesache pas franchir? Et la gféne du couvent ne serait-elle pas un aignilloii à certaine folie^ plutôt qu'un frein ? Madame de Ruffei aura beau dire; elle ne me croit ni fou ni méchant. Elle ne me croît pas fou, parce qu'enfin je parle et j'écris un peu mieux que le père éternel des Petites-Mai-, sons. Elle ne m'a jamais Mi l'honneur de dire que je fusse fou ; c'est toujours pour pervers qu'elle m'a donné. Mais elle a bonne idée de ton esprit et de ton cœur. Cent fois elle en a fait l'éloge^ même depuis ta fuite. Gomment croirait-elle qu'un scélérat pât t'avoir inspiré tant d'amour? Tu m'as connu; tu m'as vu de si près... Tiens, Sophie ! je te l'ai déjà dit : il j a de ta mère â toi une lutte d'amour-propre, et c'est ta perte. Elle sent très-bien toutes les sottises qu'elle a faites pour ifavoir mal jugée. Elle se doute qu'une partie du public le sent mieux qu'elle encore. Il faut qu'elle te vainque ou qu'elle soit vaincue^ qu'elle prouve à sa manière que tu es une tête légère, ou que les faits démontrent que sa conduite a ctc folle et toute propre à te pousser dans le précipice où tu n'es tombée que par sa faute... On ne consentira point à cela, on ne sacrifiera point son opinion, ses projets, ses ressentiraens; on chicanera contre sa propre conscience , on traînera çn longueur |

l4» IiBTTAES EGJLITfiS

on 110 fiflira fien^ de peur de trop Uen finir, et de lè

démasq\ie£..é*4 C'est une hideuse maladie (jue la xnatt^ TaiM foi!

Je t'ai dit Im-pr^oiiéiiirat tjm ma filk ûB me rm-

semblait paa^ mai» qu'elle ressemble oooime deux goutlci if eau à iiii mauTais petit 6ez rotronsaé qiié j'âi quekpfe» fois trouvé et baisé sur mon chemin, et qui, je né sais comment; a attenté à mon honneur an point de me latrd un en&nt» Sais^tu qiii o^eet? Su ?liitt la nsniârais*» tu , ma chère Sophie j c'est ton image trait pour trait; o'est ton teint, ta phjrsionomie> ei^ en un mot^ toi jus^ iffske dâii« lèe plus petits détails» Fotttelliaii Fa trouvée fort ressemblante à ton portrait, et à un point frap*péUl^ mais beaucoup Iniaiix^ paroe qu'en dfet le poc** If ait tie té reelembla qtt*ta Iidd. libis moi, doBl tkmmoÉ guidait le pinceau ^ moi| qui travaillais sur un tant joli Ga&avas^ j'ai bien mieux peiilt qu'Auvarit Je t'ai d^ dit <}ue si tu né voulais pas t'àtoister dé iHOn bo&heur^ il fallait me féliciter de ce qu'elle te ressemblait, et ten téjouirk Oh 1 pourquoi Taai[''ta tn'euvier d'avoit dsia Sophies?

Ta brune, qui n'est ni ne sera mienne^ parce qu'elle tst trop AOire, ti^ojp fendue (j'entends parler de sa boa» che), trop sèche, trop poissarde^ quoiqu'an fond assez Jiionne femme^ et surtout, parce qu'elle n'est point toi, l'A laehé tei hesures) et o'est lÀen pis qiie de ks avoir lues. Mai^ c'était pôur te faire plaisir, elle voulait leur Caire sentir la vanille*

Moâ estooiae est trôp bon ; tout moi IropbM^ abl beaucoup trop bon, et assez pour m'attii er de fâcheuses et i usines histoires % Ëxo^te de oê qui est bon en moi^ mes ycxkx, qinebnttrea^maavaisè

DU Doimil imb TimanirirEs. i4â

Je n'ai point vu le bon ange à la féie de Yincennes; il M intiBible*

n me semble que tu aurais pu te dire la mère de ta fille, sans en préventif ta mèté^ qui va te faire des scènes. Si tu parles du coavent, parle-lui de Saini-Mandé^ où il y a, lui diras-tu^ et c«la est^ beaucoup d'autres enfanS; et où tu connais une religieuse. £niin^ qu'elle consente à m «oiiveiil; car^ très-décidément, je ne yeux point que ma fille soit une paysanne, et c'est pour cette fois ique aous aurions querellew

àài&à^ ma Imdre «mie ; j« suis preleé de t'eUvojrer ceci, parce que le Rougemont le la déjà trop retardé, parce que je dois chanter la palinodie de mon sup|>lémÉat) oùje t'ai^ndiée bî«ft laalgre mot «l otmtm mm opinion^ parce que je veux te feire passer la lettre de Dupont; parée qu'<aifiii> «t suiteui, ja veux te doturar du plaiflir^ et ««lot àaignitB ttN^oia» tta piteadre à mk lire. Ah ! que ne puis-je t'en donner un plus dbux, ce* lai de m'euteadre t'appeler ma bten^imée^ mon époase^ mm iauuik% ttoa birâeuprénie el l'aàifM fia éd mm.' ètrti

£eniil:4I dmic impossible qoe ton Émilie aous peignit en pastel ton enfant, maintenant qu'elle a un visage.

Je ne t'envoie point de pièees fugitives, parce ^ue je a*«a <ai |MHût de jolies, pas jJus que de temps ^ ce eera peur la première fois.

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