VI. lO
t46 LETTB2S ÉCRITES
auiie^ et la turpiiude 4^ M- le chevalier ç&t jeiuiènsrmfiii( (iévQiiéô. J'ai, enue nous $oIt dil^ peiuç ^i^ma que du Saillant ne soit pas pour quelque chose dans celle pefddie : elle est tramée avec plus de ;iui(e je n'^ connais au chevalier. Ma» il faut ètee auw tf^ chant pour adopter un ici projet que pour l'inventer. Quelque chose que je soupçoune de la Rémigny^ d'après ce que tu m'en dis à mots couv^ts^ j'ai peine è la croire complice de cette machination ; mais elle y a eeriaiuemeut donné lieu par la communication de lettre. Apparemment que cette dame, contrale d«i taleos de la iamille^ n'a pas vouki les laisser tooiber en quenoiûUe^ et comme, avec les femmes^ qiû ont jim de £CBnr que de mémoire ( j'entends le cœur de la r^ gion inférieure, que le chevalier de Bouûef s a cbaQ(é)> tes absens ont toujours tort, M. le chevalier a proha^ blement acquis des droits qui lui ont valu celte confidence malhonnête. Si la lettre de cette créature est iosoleate, tu &is assez bien de ne pas me l'envoyer ; car,,
coimne elle ii cbt ^las de mon sexe^ je n'en pourrais £6$seutir qu'une colère fort infructueuse^ qui me ferait du mal$ et^ n'irai pas ga(];ner la maladie du roi David tout exprès pour lui faire dire avec plus d'onction les sept psaumes de la pénitence. Tonte cette race e^t laite^ À ce ^'il me semble^ pour me faire payer trop cher le peu de plaisir que sa société peut m'avoir donnée Sa trèsbeUe et très-célèbre et très-comédienne £Oii^e; ftpriès avoir rompu avec asses d'éclat une liaison d'elle à moi, qui^ grâce à ses manières^ était fort notohe, s'avisa dç me dire, devant trente personnes, chez madame de
Sauvigny, que j'étais un impertinent... Ah l madame,
141 dis-je him doucement^ ^uel ion vous /iw^aues!
ou DONJON DB YINCENNES. l^J
moi impertinent ! pour insolent, j'ai pu l'être quel^, qu^isi la. dvair est si fragile I mais iny?^rtinent..*.4 ah! jamais,*,.^ Elle se mit à plenrer. le croym les. Sommes de cour plus aguerries^ mais je vois que la. guimpe n'exclut pas refironteiie. Les femmes ûdul-. gentes pour elles-mêmes sont ordinairement fort sévères pour les autres. JËliles croient en imposer par degrands airs et de grands mots ^ elles se trompent ^ car. les noyiees mêmes n'en sont dupes qa'nne fois. Vilea créatures! qui ne voient pas que d'une iemo^ tendra i wie femme galante^ il y a la même distance que de la vertu an vice I qne Tamour^ qui est le plus pur et le plus chaste des sentimens^ comme le plus délicieux^ e$t jo meiHeur^ et peut-être le seul garant qu'une femme puisse avoir de ses mœurs ; que l'âme ibrte et brûlante qui sait aimer mérite le respect de tous les mortels ; tandis que l'inconstancie du coonr, la légèreté de l'esprit^ et la fougue des sens^ ne peuvent jamais que composer un être méprisable, qu on daijgne à peine regardi^r comme im outil de plaisir^ «noore mutilé et JElétri.
Je ne te gronde point d'avoir écrit à madame de Rémigny^ parce que tout ce que je t'e^ avaiis dit a pu &âlement t'induire en erreur. Cette femme a benacoiip d'esprit^ et je lui croyais un bon cœur. Je n'ai jamais eu de mauvais procédés pour elle, au contraire^ j'a^ poussé avec elle le scrupule jusqu'à l'excès pour |a cor? respondanoe^ non-seulement à cause de son état; mais pai'ce que tel a toi^ours été mon principe avec toutes les femmes» J'ai engagé sa cousine^ h marquise de Feuit lant^ à entrer dans un marché très-compliqué avec son ibu et asses^ onéreux frère le marquis de Réwigng, pour
mv^r de 9a prodigalité iodati^ble le foud^ sor.l^tuel
l48 LETTRES ÉCRITES
était hypothéquée la pension de madame de Rémigfny,
dont la subsistance se trouvait à la merci du plus mauvais frère et de la tête la plus insensée. Toutes ces choses sont assez simples ; mais enfin^ yoilà mes titres snr elle ; elle en avait sur moi par les soins vraiment maternels qu'elle a donnés à deuK de mes sœurs. £Ue m'avait servi^ lorsqu'il fut question de me &ire revenir à Péris, au retour de Corse. J'ai fait pour elle ce que j'ai pu. J'aurais £ait davantage ; qu'a-t->elle à me reprocher? Après tout^ ce n'était pas moi qu'elle avait élevé; car j'avais £siit toutes mes classes^ lorsqu'elle a daigné recorder avec moi quelques-unes de mes leçons. Pourquoi donc manque- t-elle à mon amie? et pourquoi se défend-elle si soigneusement de me servir ? On peut refuser honnêtement. Il est vil d'outrager l'infortune; il est ingrat d'oublier ses anciens amis dans le malheur. Madame de Rémigny est donc un mauvais cœur^ et je ne le croyais pas. A force d'essuyer des trahisons, et de reconnaître des méprises, peut-être enfm parviendrai-je à apprécier l'espèce humaine ce qu'elle vaut.
Je ne vois pas trop comment Dupont pouiira désabuser mon père de l'histoire du chevalier, et je ne veux pas le lui demander formeUement. J'abandonne ce mauvais firère à sa conscience, et ne vent pas lui nuire. Je ne voudrais pas non plus sans doute qu'il me nuisit; mais Dupont me dira qu'il ne peut guère reparler de cela à mon père, sans lui avouer nos liaisons. Or ce serait trop attendre de sa bravoure. Il me dira tranquiUement (je le gage ) que le chevalier n'a Êiit cela que par étourderie ; qu'après tout, cela nous est fort égal, puisqu'il est parvenu à détourner mon père d'écrire ; . . . cela et de beaux lieux communs snr le pardon des injures^
DU DON/ON DB VlUCENirÉS. l49
voilà la réponse que j'en attends. Cependant le bon ange lui a donné beau jeu^ s'il veut me servir dans ceite occasion ; car il a eu la bonté de lui écrire lui-même* Dupont, qui, du règne de M. Turgot, a eu de grandes relations avec la police, que dirigeait son féal Albert, qu'il domiepour un homme de beaucoup esprit y pourrait très-bien avoir connu M. Boucher, ou dire qu'il l'a connu ; et que, d'après l'anecdote du chevalier, il lui a écrit pour lui &ire part de ses soupçons sur notre correspondance, et le prier de veiller à ce qu'elle ne mnAi pas par tes suggestions à son plan de conciliation ; car toi, la plus généreuse des femmes, toi qui sacrifierais tout, excepté mon amour, pour ma liberté, tu ne dois compter pour récompense de tant d'amour^ de délicatesse et de dévoùment que sur mon sui&age, le tien, et celui de deux amis qui te voient d'assez près pour te juger. Les antres croiront que tu mets autant d'activité pour entretenir mes ressentimens contre madame de Mirabeau, que tu en as mis en effet pour me rapprocher d'elle. Alors la réponse de M. Boucher et la ^couverte de la &ble deviendraient toutes simples ; mais n'attends pas ^ cela de Dupont. Pour moi, je ne esoÎB pas devoir lui montrer cette route.
Qu'est-ce donc que cette brûlure, chère &n&n? Pourquoi brûles-tu tes beaux bras ? Pourquoi gâtes-tu la plus belle peau que l'amour ait formée? Ne néglige pas cda, je t'en prie. Ces bobos ont quelquefois des suites longues, douloureuses, et que trop d'insoin peut rendre dangereuses.
Le bon ange a raison. Il m'écrivait hier que les querelles de mots étaient très-bien entre les mains des femmes^ qu'il fallait te laisser t'escrimer avec Dupont,
l5b LETTRES ÉCRitÊS
et que tu avais si beau jeu que c'était via m^urtre^de Xb priVe^ d'une victoire sûre et feibile. Ën coii0éi|tteDde^ je suis neutre ; tu juges bien quelle neutralité sera la mienne. Sois honnête, parce qu'il £siut toiyofirs ïélEe^ tit lui fais point d<s plaisanterie à dûm sens, puisqiffl les prend mal, et va ton train ; car j'aime mieux qua 'èe soit toi qui le liareèle que moi^ et il a besoin de l'être. J'espère qu'il n'insistera patf sttr- Is demande d'une parole que je lui ai donnée cent et cent fois^ ^t à laqudle je n'ai mis de restriction que oeUe qiiti le bon sens tout seul et la justice dictaient évidem^ ment; mais couune il est paresseux, et s aperçoit on peu tard de sei^ kinteurs, et tfit je pensé aù cmmon taire que tu en feras, il cherche des prétextes pour les motiver. Quand je lis ses lettres divisées comme na sei^ inon, je me rappelle une autre anecdote ancieime^Hilflt j'ai presque été témoin. Des écoliers padouans, après avoir pa^ une partie de la nuit an fUt va ià? dxM ils tourmentent tonte la ville, fendirent, Ters les déni heures du malin, chez un vieux professeur d'hum^i'» tés^ se ârent oïlvrir la porte, et envoyèr^m à son Kt deux députés, pour lui représenter toute l*Hniv€Raie prête à se couper la gorge, s'il n'avait la bonté d'en* tendre les deux partis, et de donner sa décîmii^Mr^àne question importante qui les avait divisés. Le professeur se lève, endosse la robe doctorale, et rimt siéger sur un banc depierré, qid était à é^féde sa poiin lii forateur de l'un et de l'antre parti prononça une longue harangue toute en lieux conuuuns, sur 1^ bien delà paix, de l'uttion, de Fharmonie daâi» lis «otnpagnîes savantes et sur les maux que portent, dans toute sociélé, la dissension et la discorde. Il fat ftmpknienl
BU Bovtws m rmxmEs. lâi
péroré sur la confiance de riiniversité dans les liimièsc$6t.lp aclfi d'un professeur qui lui sacrifiait le^ jours M le$ màu ; an Faocabla d -éloges^ et on tbii enfià ki^. question^ qui était de savoir si Fun des mots les moins ^pi^délM dùh langue italieune ( cazzo ) devait s'écris^ alm un 9 sciilfiitieb^, ou avee ^ea^. Êcriçez^ie otw trois mille, répondit le pr^e^fesseur furieux^ et que le éiaàiâ voiif ImrfG 9 crnaUic maudite» Scrivetelo om 0 pià, ehe il canaaro vi pigU, canagUu ma* tleleita. Tu ne ressembles pas précisément à un vieux professeui? à'h^ammlé», wai» tu analyserai» àpeu près
Songe donc^ songe donc, petit démon d'étourderie^ qi^ia m bâtais.dtî t- àsiif fioe qu'il Mlait édaircir pour ipm cda partit arec l'antre lettre que le bon ange avait déjà pour toiç, et que ce supplément n'était qu'un post'^ ^ripHim^ et hûq pas une lettre. Si c^eut été ibou pe) qui eAt été conleim dans la lettcor de Jlupcint^ en vérité je t'en aurais fait part ^ mais comme c'était un dé^^^nt m'ansatt néi^ssité à cimier toole aa lettre^ eejmne je n Waia qn'uir instant^ conmr fl me fidhil écrire à toi^ au bon ange^ à Dupont, je me suis con- %mVà de le dke de sa lettre ce qu'il iallsât que tu en m»es toiA dé snite^ et de te donner aenleineiit lexé« sultat du reste. £t puis on me menacera de bouder [ Y^aifeetti,; Ukj m be^ mémef Jem'en venge en te eereiàeiit, et la petite léproûTée ne^se âehê que pour
être défichée Xiensi Sophie ! tu ne vaui: rien^ n^
rien du tout.
fie qii'ily a dfeÉodknl.dana tout cect^ c'est qne le
La Boiseière du chevalier est un ancien capitaine d'in-
¥iJidt^ qà iàm 'm^ ^ ^> «'é^l tir^vé ^mproous .
l52 LETTAËS ÉCAITES
entre le. marquis de Vojer et le Rougemont^ a été expulsé par l'intrigue de celui-ci. Moi qui n'aime point à persifler les gens, j'ai conté bien bêtement toute cette aventure à M. de Rougemont^ qui s'est tué pour me prouver que La Boissière étai^ ici de mon temps, ce qui n'est paa vrai ; afin de voir là-dedans une prévarication^ et c'est ce que je 7 roulais* Je me suis amusé long-temps à chercher les dates» et f ai eu tomes les peines du monde à lui prouver que La Boissière était parti en mai, et moi arrivé en juin 1777. Le second acte de la farce est encore plus plaisant. Quand j'en sois venu à l'envie que mon père avait eue de se plaindre de notre correspondance, l'autre fait un.haut-ie-corps tragique^ et me dit avec un sir consterné. « Ah I nicm Dieu ! quel risque j'ai courui — Et quel risque? — Quel risque, monsieur, quel risque Oui, monsieur, quel risque?— Les lettres, monsieur (et il disait cda comme Hamlet dit le spectre.... le spectre). « Moi je n'ai pu m'empêcher de partir d'un éclat de rire* h Pardi* monsieur, lui ai-je dit, vous êtes bien bon de vous compromettre comme cela pour me passer des paquets cachetés de M. Lenoir. — Vous avez raison; je ne voudrais pas, pour rien au monde, que ces paquets ne, fussent pas cachetés. Je ne réponds de rien, je ne sais ce que c^est ; je m'en lave les mains. . Je n'ai pas dit cela au bon ange, parce que je n'en ai pas eu le temps; mais il le trouvera ici 3 et je te réponds qu'avec sa gravité, il en rira sous cape , mais si doucement que nous n'en entendrons rien.
> £n vérité, j'ai tort ; oui, j'ai tort de trouver mauvais que Ton m'envoie deux pages et demie, tandisque j'en* voie des volumes. £t pour se justifier du feut, on me
M DOIf^ON DJE TIMGENlfBS. l53
met en parallèle d'exig^ence, etc., avec M. Dupont. Tu £us bien de ne m'en paraître pas autrement amoureuse^ car ce pairallèlerlà m'aurait asses complètement déplu.
Hélas oui ! mon amie^ il se passe bien des horreurs iB0U8 r%ide du secret ^ moins sous cette administration que sous Fimire^ je venz le croire^ mais toujours infip*
niment Lrop ; ce qui est nccessiic par la nature même du ressort qu'emploie le gouvernement. T'ai-je conté que j'avais vu, an château d'If, un ancien armateur de nos colonies américaines^ êi^é de soixante-douze ans, criblé de vingt coups de fusil, aimé, estimé et employé par. mon onde? Ce vieillard, pour prix de ses travaux et de son sang, était de tenu à la réquisition de sa fille, qoi avait représenté que son père scandalisait le public par ses fréquentes ivresses ; que d'ailleurs il pouvait se tuer en tombant^, et qu'il fallait l'enfermer pour qu'il ne tombât pas; en eûet, ce pauvre bomme^ à qui j'ai connu encore un esprit très-sain, des vues, de l'audace et des connaissances étonnantes, accumulées par l'expérience, et enfouies dans un peu d'abrutissement, aimait le vin et Fean-de-vie en déterminé marin. Il n'aimait pas ao^ tant les prostituées, et sa fille en était une. Un subdél%ué la protégeait. Le père avait eu l'imprudence de menacer, et on l'avait prévenu. Je t^ai dit l'histoire de* madame de Launay. Tu as pu entendre parler de celle d'un nommé Kivière. En 1766, il avait été soupçonné plutôt qu'accusé, lui et son père, d'un assas»nat. L'un^ et l'autre, arrêtés en vertu d'un ordre du roi, furent conduits à Bicétre, oik l'infortuné vieillard est mort de chagrin et de misère, et où le fils a langui neuf ans. Ses parens, qui s'étaient approprié son bien, affectaient, comme cela se pratique^ des alannes très-vives sur son
tWi IXTÊKBS ÉCRITES
sort el leur honneur, si on le laissait juger. Des Essarta la camxAf et pi^a ua n^éinoire 4 coittalter en sa yeur ; Rivwre a fAtmn^ ên 1 775, la pmnkÂM àfèmê transféré dans les prisons de Bayeux , où y son procès hii «jrant été ùàif sa liberté lui a été rendua. Û vaai mtfrâx tard que jamais, mats toaf la monde i^a paslfi forée. ou la faiblesse d'être esclave dii^ ans. '
rspoeilleisais £aicileiiMiit un volufiie d^ tétks aaee^ dotes. Pense que la seule affaire du jansénisme ùk ^és(Bxmt 60 mille lettres d^ eadiet. Mais ce à quoi^ M aqnge pdnt s»sesy o'^sc qufli dbm les prisons ds cette terrible inquisition civile, exercée par les ordres ^shitrairsa, il saisfi saas oessa un odieux alliage d'in-^ Mceos at de coupables, dB^coTr^pti0H et de simplPi^ cilo. Une seule haleine empestée infecte toutes les amresj si les prisonniers se CiMOAmuniquaBly s'ilasûBS mémaé^ kfpist, ib derienomit somhcea^ atracBs^ m»
, )fais>i|uàaBÎie, daa^andedoncà tamsrftfli pas die qui aurait fedl Oabrial^opliie^ dès que tot Éafaa^ suj?e9 q^e ce n'est pas toi ^ car je ne conoais^ qu'elle qui te nsÉsiviihle jsases pour que j'ai aie pù prand^e ailibtf
l'empreinte. Quoi l tu la renies, cette pauvre petite! et poiiijqnoi?. parce qu'elle t'est la preuve vivante qœ le plus tendre amons a présidé a da imiiaaftcd) ^na len
Qabriel était plein de toi lorsqu'il lui donna l'être, qu'il
l^i impma UPtt^ ^ sans doute \m àxnp, pour deaUec m ttism et seu boofae^r w . St i^m pow cebt
que tu la boudes! va! c'est bien mal Mais point
d'i^ui^es> Je t'en prie, à ce portr4it (pâ est h A hiffût T&ai «pi'il n'a le jeu 4d ta physipi^onûe^ nr
DU DONJON Dfe VINCÉNNES* tS8
sont ces traits. . . Ah ! si tu savais de combien de baisers fi eit jonché, <ie morceati d'ivoire qâe tù injtiriëiy éé quelle consolation il m'a été; que de douces larmes il m'a {ai% couler^ ^le de tendres expressions il t'a values, ta le traiterais mieux..... H èsi vtai cependant qu'au milieu de si ardentes caresses on ne devrait pas rester si bien frisée. Je ne me rappelle point de t'avoir vue sortir si ëlëgfante de mes bras... Ah! le désordre qtt^èr fait l'amour est la vraie parure de la beauté. Ta made-^ moiselle Diot est, selon tontes les apparences, un^ maW tresse foUe. Mais pourquoi diable lui as4a été ^le^ d'inoculation? qu'avait-elle à faire à tout cela? Ellef n'était bonne qu'a dessiner ta fille ^ il huilait ne Vea^ ployer qu'^à cela. EBe a été proposer an tneigktràt àé faire inoculer ta fille. Où? pourquoi? de quel droit? M. Letu)ir a pris fort mal la pr<^osiil<m| jfeÉk ^ttài fait autant à sa place; si âle se-ftf dd^éssétf m If^ ange, qui veut bien m'en avertir, il lui aurait indiqué une marche qui n'est plus praticable, ou û hû aurait étité ûn reftis. Pbmt du tout; elle a ii»Ksp08cv Itf magistrat, et peut-être nous susciter des'difficuhés pour eelle que nous projetons. Au diaMe ht folle. Quant è ce que tu dis de Seàùt^Maûàê, le bon an^e: me met en note : TVo/z, absolument. Il est malheureux d'être f(W?oe de demandér à être cru sur mie déctision laxMmiqoe ei^ iion motivée; mab Pamitié toâjoofi^certiiîae den^ttsè refusée dans le possible que par des raisons qui oppfbsént, sans pôOToir les c)édi}ire> dmâaMh» à FspiiiïiéL d'être ëhié sans rappel. Tout eâsi esl Afitteiroéte,* sho^ l'amilié n'obéira pas, et tâchera de remplir tous ses de-* voirs sàns étte imîfonfmée. Je ne tiem^pobt » Sail^9 Kandé ifik m autre cMrm\ tamjn âenrè pa
t56 lettres écrites
que ta iilie ne reste point dans un village où elle, sera à la merci d^i premier qui yondra la caresser. Je ne crois pas qu'il soit possible de te refuser pour elle un couvent au choix du magistrat ^ dès que tu paieras. Madame de Ruffei même n'a pas osé porter la. dérai-r son jusque là. Je rebattrai cette matière qund il en sera temps^ mais n'insiste pas sur Saint-Mandé^ parce que sûrement, s'il n'y avait pas raisons sans réplique^ M. Boucher ne parlerait pas si décidément, et c'est sur cela, par exemple, que nous n'avons rien à exiger. Je dis nous, parce que^ quelque chose qu'on en pense^ je me regarde comme ayant tous les droits de père sur cette en£mt, quoique je ne puisse les poursuivre léga^ lement. Il y a des moyens sûrs pour que le marquis de Monnier lise les lettres du chevalier^ mais voyons que dira Dupont^ à qui le bon ange a écrit et qi4 no^ doit secours en cette occasion.
J'éprouve, tous les jours moi-même qu'il est impossible de rompre en visière aux gens qui plient Malgré tout le mépris qu'inspirent et leurs perfides caresses, et leurs fausses protestations, et leurs complaisances intéressées, on ne les brusque pas, parce qu'on dédaigne de pousser une planche pourrie, et d'écraser un insecte* Si ta pauvre abbesse, que je regretterais beaucoup, venait à manquer, écris-le aussitôt au bon ange, il prendrait les moyens les plus sages pour que cet accident ne nuirît ni i nos intérêts ni à notre correspond^qe. Mais je ne puis pas croire que personne fût assez osé pour te soustraire les contre-seings de M« X4enoir.Ta mère elle-même n'a motivé son impertinence à cet égard, qu'en disant que tout le monde pouvait contresigner^ Cela; est fort bète, moi ici^ mais cela proi^vc
DU DOIVJON DE VINCENNES. iSy
qu'elle n'a pas osé aroner nettement le dessein de te
barrer toute correspondance avec M. Lenoir. Quant à une nouvelle abbesse^ je ne crois pas qu'il te couvienne de supposer la nécessité d'un ordre de M. de Marville^ à qui tu ne dois rien^ que comme ami de ta racre ; ce qui donne le droit de conseil, et nullement celui d'ordre, malgré les dix-huit citations de i'almanach royal. C'est cependant une belle décoration que celle-là, et qui ira bien avant dans la postérité.
Fais expliquer nettement madame de Ruffei sur le fait du couvent^ et tu verras après ce que diront les gens en place. Mais ils n'ont pas plus la volonté que le droit d'ôter l'existence civile à ton enfant; ainsi tn n'as probablement pas des difficultés bien sérieuses a craindre de ce côté. Si le crédit des Yaldhaon l'em^ porte, les procureurs -généraux ne sont pas morts^ et ils n'entendent point raillerie sur les soustractions d'état.
Le bon ange et moi, nous avons été un peu enfiins pour te plaire. Je ne pouvais te laisser Tibulle écrit de ma main f j'y avais consacré plusieurs dessins, plusieurs estampes^ il &llait donc les faire copier nettement. Cette copie est devenue plus cbère que nous ne pensions; mais enfin je suis an courant, du moins si j'en crois le bon ange^ qui pourrait fort bien mentir pour me £sLire plaisir et m'inquiëter moins. Je suis bien aise que tu sois contente de l'habillement de tes heures; tu le seras encore plus des oraisoos, du moins je l'espère; et ce petit amour qui forme le nez, qu'en dis-tu?.. Mais que je suis donc bon de t'envoyer ainsi un consolateur^ qui partagée ta solitude ? ma foi, ma foi, n'en attends de moi qu'en peinture. Je suis fâché que le
I§8 l^ETTRES éCElTBS
format soit é grand j peut-être t'en serviras-tu dif^ ficilemont pour prier Dieu à l'église* Cependant sais que c'est là le théâtre ordiiiniie de tes pieuses lec^ tures. J'ai connu une très-grande dame qui lisait /'^t hisiaf dans les traversées à Versailles, ayec un air de ÇQmponciion fort touchant. Tu ne sais peut-être pas
€|ue c'est <{ue ce Uvre-là ; c'est celui à propos duquel J.- J. Rousseau disait si plaisamment à l'archevêque de Paris : ^« Monseigneur, nefiraignezpaspour vos prêtres » mon Hél<»se i ils ont pour contre-poison Vjiloisia* »
Ma tendre amie^ si tu avais autant de mal de tète, et surtout le3 yeux aussi fatigués que moi^ je t'ordoiui^rais te reposer; ainisi je prends l'ordre pour moj[4 j'ai depuis deux jours une ébuUition très-considérable, qiii m'a donné un peu de lièvre. C'est une espèce de maladie épidémique ici, mais qui n'a point de suite. Je voudrais que ce fut la petite -vérole. Peut-être la nouvelle boucherait-elie les trous de Pancienne. Adieu, chère Sophie ; pardonne^moi pour aujourd'hui mes quatre pages. Je t'en dédommagerai une autre fois. Si tu savais tout ce que j'écris, tout ce que je fais, et que ce tout se rapporte de près ou de loin à toi, tu n'accuserais pas ma paresse. Mais ne faut-il pas aussi laisser resprer ce pauvre ange, qui donnerait à fiéelzéj^uth son métier, si tous les prisonniers qui sont sous sa oou^ pelle lui donnaient autant d'ouvrage que moi. Gepeiiaant sitôt que j'aurai des nouvelles un peu décisives de Dupont ( ctje m'étonne qu'il tarde tant), je demanderai la permission de te les faire passer. Ma Sophie- GabriJ, profite bien de tes heures^ prie aVec iferveur$ aime de même, et ne boude pas ton Gabriel, tant qu'il
ne «e donnera que des péuiiences tei^s que cclies que
DU DONJON DE VINCENNES. l5g
iii- tu h» r^^chas. pour moi le petil amour ; Conument trouves-tu çette manidré dVadv'flMr par proow^
^ f.çui:? H§)%s! je suis bien enmyé de donner toutes mes ^^imiiflkw à mes leiir^s.
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