XXXVI AVANT-PROPOS
de tous jusqu'à la fin, un Mérimée mélancolique ?
Beyle a beaucoup écrit sur les beaux arts ; à défaut de Grimm et de Diderot, on peut dire qu'il aurait inventé ce dilettantisme. Parmi ses idées, il y en a qui ont vieilli ; ses jugements sur la musique, par exemple, « hardis et téméraires même lorsqu'il les publia, semblent à présent des vérités de M. de la Palisse, des truismesy selon l'expression favorite de leur auteur ». En musique, il se mettait au-dessus des préjugés vulgaires, découvrait Rossini et rOpéra italien, et, sur ce point, il lui arriva de dépasser le but, chose d'ailleurs
AVANT-PROPOS. xxxvii
absolument indifférente à Mérimée, qui ne goûtait que les arts du dessin et n'admettait point en revanche qu'on appréciât les maîtres italiens avec les idées françaises, c'est-à-dire au point de vue littéraire.
« Les tableaux des écoles d'Italie sont examinés par lui comme des drames. C'est encore la façon de juger en France» où l'on n'a ni le sentiment de la forme ni un goût inné pour la couleur. 11 faut une sensibilité particulière et un exercice prolongé pour aimer et comprendre la forme et la couleur. Beyle prête des passions dramatiques à une Vierge de Raphaël ; j'ai toujours pensé qu'il aimait les peintres de^ écoles