XXXVIII AVANT-PROPOS
lombardes et florentines parce que leurs ouvrages le faisaient penser à bien des choses auxquelles sans doute les maîtres ne pensaient pas. C'est le propre des Français, de tout juger par l'esprit. Il est juste d'ajouter qu'il n'y a pas de langue qui puisse exprimer les finesses de la forme ou la variété des effets de la couleur. Faute de pouvoir exprimer ce qu'on sent, on décrit d'autres sensations qui peuvent être comprises par tout le monde. »
Mérimée est un critique plus encore qu'un esthéticien, c'est même là, chez lui, la faculté dominante. Dans ses romans, dans ses nouvelles, comme dans ses morceaux d'his-
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toire et d*archéologie, vous retrouvez partout le critique, rhomme qui se surveille, et souvent, de peur d'en dire trop, n'en dit point assez. « Style sobre I » murmurait jadis quelqu'un devant Victor Hugo, a Oui, répondit le poète des Orientales^ la sobriété d'un mauvais estomac. » Prenez la Conjuration de Catilina^ le Faux Démétrius^ r Etude sur Henri de Guise^ la Chronique du temps de Charles IXy Pierre le Cruely et vous serez émerveillé de ce que tout cela contient de substance et de force, une érudition solide, variée, une langue rompue à la narration : scribitur ad narrànduniy de la familiarité sans trivial, de