‹ Lettres à une inconnueChapitre 13 sur 37 · II · texte numérisé non relu

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probable que le débarquement des Français!

Syrie serait suivi d'une explosion générale ( pillages et de massacres dans tout l'Orient; tri vraisemblablement encore, les provinces turqu de la Grèce, c'est-à-dire la Thessalie, la Mac doine et l'Albanie chrétienne feront quelque mo vement en représailles. Tout sera en feucethiv en Orient. Aller à Alger dans un pareil mqmei cela^ je vous le répète, me semble aussi fou q possible. Encore si vous trouviez à ce voya quelque attrait particulier! mais vous paraiss maintenant le regretter

Il fait un temps atroce. Hier^ le soleil s'( montré pour la première fois depuis mon arriv en Angleterre; mais, ce matin, en me réveillac j'entendais la pluie fouetter sur ma fenêtre, baromètre est à grande pluie, et je ne vois pas cent pas. Je ne comprends pas trop ce que d viendra le blé avec le vent et la pluie et le froî Le Times me dit qu'il est tombé quatre pieds neige à Inverness, où je coucherai lundi prochaî ï aura-t-il assez de charbon de terre et assez plaids en Ecosse pour remédier à tant de mau

A UNE INCONNUE. Hf

Malgré le temps froid et coarert qoe j*ai eo à Bath et aux environs, le pays m'a beaucoup p!a. Tai vu des collines trës-déconpées , des ari)res magnifiques, et une richesse de yerdure dont on n'a pas d'idée ailleurs, si ce n*est peut-être dans les hautes vallées de la Suisse. )Iais tout cela ne vaut pas Saint-Gloud ou Versailles par un beau temps« Adieu, chère synie; je suis bien triste et je voudrais être en colère. Je n'en ai pas la force» car je ne vous accuse pas ^

Yoici mon adresse à Glenquoich , mais je n'y serai que dans quelques jours : Care of IP. Hon^ E. Ellice^ Glenquoichy fort Augustm.

Glenqaoich, 22 I3ût 1860.

Je suis sans nouvelles de vous •

Ce n'est pas chose facile de partir d'ici. Outre

les gens qui vous retiennent, il y a les difficultés

m LETTRES

matérielles, les jours de bateaux a vapeur pour aller gagner par les lacs les extrémités des chemins de fer. Nous avons ici un temps presque toujours détestable , mais qui n'empêche pas les gens de sortir. On est si habitué à la pluie, que, lorsqu'il ne tombe pas des hallebardes, on croit qu'on peut se promener. Les sentiers sont quelquefois des torrents, on ne voit pas les montagnes à cent pas de soi, mais on rentre en disant : Beau^ tiful walk. Ce qu'il y a de pire en ce pays-d, c'est un moucheron appelé midge^ et des plus venimeux. Ils sont très-friands de mon sang et j'ai la figure et les mains dévorées. Je suis ici avec deux demoiselles, l'une blonde et l'autre rousse, toutes les deux avec ime peau de satin, et les horribles mîdges préfèrent s'attaquer à moi.

Notre principal amusement est la pêche. Elle a l'avantage que les mîdges craignent l'eau et ne se hasardent jamais sur le lac. Nous sommes ici quatorze personnes. Dans la journée, chacun s'en va de son côté. Le soir, après le dîner, chacun prend un livre ou écrit des lettres. Causer et chercher à s'amuser les uns par les autres est chose inconnue aux Anglais. Je voudrais bien sa-

A OKE IIICOIINUE. 113

voir quelqae chose de vos projets. ÉcriTez-moi à Londres dès que yoas recevrez cette lettre. Ditesmoi quand yoos partez et si je pourrai vous dire adieu. Je tiens pour certain que tous ferez tos efforts pour que nous puis<(ions passar quelques heures ensemble avant votr? grand voyage. L'air des Highlands me fait du bien. 11 me semble que je respire mieux que je ne faisais avant de venir ici. Je ne puis me résigner à manger, et c'est le grand plaisir dans ce temps de pluie et de brouillards. Nos chasseurs nous tuent des cerfs sur les montagnes, souvent des grouses, et nous avons tous les jours des oiseaux très-bons. Je soupire pour ime soupe maigre ou pour dîner seul chez moi ou à Saint-Chéron avec vous; ce dernier souhait ne se réalisera pas, j'en ai bien peur. Je ne sais si je vous ai dit que j'avais pour vous un voile bleu. J'ai eu le courage de ne pas m'en servir pour vous le rapporter frais. Si vous saviez quelles montagnes les midges vous dessinent sur la figure, vous apprécieriez la force d'âme dont j'ai fait preuve. Adieu.

GGXXIII

Paris^ 14 septembre 1860.

J'ai l'eçu votre lettre, chère amie. Je vous avoae que je trouve que vous auriez pu rester un jour de moins à Lestaque et le passer à Paris • • .

Je suis ici avec Panizzi depuis une dizaine de jours. Je fais le métier de cicérone et lui montre <iepuis le cèdre jusqu'à l'hysope. Il n'y a plus UQ <îhat à Paris d'ailleurs, ce qui me plaît assez. Cependant, les soirées commencent à devenir longues.

Je voudrais vous donner des nouvelles du grand brouillamini qui vient de commencer. Mais je ne sais rien et ne comprends rien. Mon hôte croit que le pape et les Autrichiens seront chassés. Pour le premier, les apparences sont fort mauvaises; quant aux autres, je crois que, si Garibaldi s'y frotte, il s'en mordra les doigts. On m'écrit de Naples un mot très-philosophique du roi avant de s'e.nbarquer : il recevait toutes les cinq minutes la démission d'un général ou d'un amiral;

•« Maîntenant, ils sont trop Italiens pour se battre contre Garibaldi ; dans un mois , ils seront trop royalistes pour se battre contre tes Autrichiens. » 11 est impossible de s'imaginer la fureur des carlistes et des orléanistes. Un Italien assez sensé me dit que M. de Cavour a fait entrer l'armée isarde dans les États de l'Église, parce que Mazzîni allait y faire une révolution. Je trouve à cela quelque vi'aîsemblance. Vous aurez vu probablement les fêtes de Marseille. On m'écrit que c'était fort beau et que l'enthousiasme a été à la fois réfléchi ^t bruyant; qu'il y a eu beaucoup d'ordre malgré tïne multitude immense , exaltée et méridionale. Manger paraît avoir été la chose la plus diflicile, -et coucher quelque part à peu près autant. Le spectacle des Marseillais dans leur état ordinaire m'amuse toujours; leur état d'excitation devait être encore plus drôle; et, pour cela, et pour autre chose encore que vous devinerez, je regrette de n'avoir pas été à Marseille ou aux environs. Panizzi, qui a un grand goût pour la locomotion, pense à aller faire un voyage de huit jours à Turin et me presse de l'accompagner. J'en aurais ^ande envie, mais je n'ose. Il me paraît un peu

iid LETTRES

délicat d'aller voir M. de Gavour et peut-être Garibaldi, et, dans le doute, je prendrai sagemeat le parti de l'abstention. J'aurai beaucoup de commissions à vous donner pour Alger lorsque vous y serez installée. Vous savez les choses qui me conviennent, et, lorsque vous en trouverez, ne perdez pas les bonnes occasions. Je me recommande surtout à vous pour me trouver une robe de chambre pleine de caractère. Je voudrais aussi que vous fissiez connaissance avec les femmes du pays et que vous me racontassiez franchement ce que vous aurez vu et entendu.

Ma chouette est toujours très-aimable, mais très-peu propre , ce qui fait mon malheur. Elle est désespérée quand on la met en cage, et elle abuse de sa liberté; je ne sais qu'en faire. Elle ne veut pas s'envoler. Je vais demain avec Panizzi chez Disdéri pour me faire photographier. le vous enverrai un exemplaire de mon portrait. On a essayé à Glenquoich ; mais il y a si peu de jour dans ce pays-là, qu'il n'est venu qu'une espèce d'ombre surmontée d'une casquette parfaitement modelée. Je ne suis pas très-content de voti'e photographie.

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Adiea, dière amie ; aoBS WM>vos4epaàhxntyMkss un assez beau tonps, ira pea firMi; maiâ^ & siûlï à qaatre heures, oo jodlesokSL, ec c'^st :qx ^eetade si rare cette année, qu'on » âsu pioar beoreux. Adieu; portez-vous Lien, ay-a «in ie Tooa et pensez un peu à mcL

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