‹ Lettres adressées à Jean et Guy de Daillon, comtes du Lude, gouverneurs de Poitou de 1543 à 1557 et de 1557 à 1585Chapitre 105 sur 173 · Gabriel de Rechignevoisin, s' de Guron · texte numérisé non relu

Gabriel de Rechignevoisin, s' de Guron

pays en mon obéissance. Priant le Créateur, Monsieur le conte, qu'il vous ayt en sa saincte garde.

Escript à Paris, le 9® novembre (1 568). Signé : Charles. Et plus bas : Fizes, avec paraphe.

Au dos est écrit : A Monsieur le conte du Ludde, etc..

159. — 23 novembre 1568. — Lettre de Charles IX à M. du Lude.

Monsieur le conte, pour ce quej'ay esté adverty que plusieurs gens d'armes et soldats des compaignyes se débandent de mon camp * sans congé et permission de leurs chefs et cappitaines, et qu'il en passe ordinairement parla où vous estes, je vous prye, si vous désirez me faire service agréable, de n'en laisser passer aucun sans passeport de mon frère le duc d'Anjou, des maréchaux de camp et de leurs capitaines, les admonestant, sy ce sont gentilshommes, de les retourner trouver, ou sy ce ne sont que soldats des compaignies de gens de pied, les menasser de les faire punyr et chastier s'ils se retirent ainsy, et qu'il

n'y aura point de faulte. Priant Dieu, Monsieur

vous avoir en sa garde.

Escript à Orléans, le 23^ jour de novembre 1 568. Signé : Charles. Et plus bas : de Neuf ville, avec paraphe.

Au dos est escript : A Monsieur le conte du Ludde, etc..

160. — 30 novembre 1568. — Lettre du duc d'Anjou à M. du Lude.

Monsieur le conte, je suis adverty que les ennemys sont à et disent aucuns paisans qu'ils veuUent

1. L'armée royale , commandée par le duc d'Anjou, avait marché successivement de Châtellerault le 31 octobre, à Poitiers le 11 novembre, après avoir rencontré l'armée protestante au Vieux-Poitiers, à Montreuil-Bonnin le 15, à Pamproux, où il y eut une escarmouche le 16, àJazeneuil, où se livra un combat plus sérieux le 17, pui^ revint à Poitiers. {Journal de Denis Généraux, p. 36-39.)

s'aprocher de Poictiers *, ]e vous enay bien voullu advertir affîn que vous envoyez quelques chevaulx dehors pour les recongnoistre et savoir de leurs nouvelles, dont vous m*advertirez inconlinant de ce que vous en aurez apprins et s'ils tournent la teste de leur armée, pryant Dieu, Monsieur le conte, qu'il vous ayt en sa sainte et digne garde.

Escript au camp de Dissay, le xxx* jour de novembre 1 568. Vostre bon amy. Signé : Henry 2.

Et la suscription est : A Monsieur le conte du Lude, etc.

161. — 9 décembre 1568. — Lettre du duc d'Anjou à M. du Lude.

Monsieur le conte, j'ay reçeu par le sieur de la Frézelière ^ les lettres que vous m'avez escriptes, et entendu tout ce qu'il m'a dict et le contenu au mémoire qu'il m'a porté de vostre part ; et pour ce que je seray bien ayse que vous soyez avec moy en ceste armée, affin que si nous trouvions nos ennemys à propos pour les combattre, vous soyez de la partye, je vous prye me venir trouver incontinent et regardez avant que partir avec le sieur de Boisegain * ce qui sera à faire pour la seureté et la défense

1. En effet, le 1" décembre, il y eut un combat assez sérieux à Auzances près Poitiers , entre le prince de Condé et le et® de Brissac. {Journal de Géyiéroux^ p. 40.)

2 Henri, duc dAnjou, frère du roi, commandait l'armée qui opérait alors en Poitou contre celle des protestants. Le 16 novembre précédent, il avait adressé, de son camp de Montreuil-Bonnin, un mandement à Jean de la Haye, lieutenant général de la sénéchaussée de Poitou et commissaire général des vivres de Tarmée royale, ainsi qu'aux élus de l'élection de Poitiers , pour leur ordonner de lever 76 chevaux, 19 charrettes et 19 charretiers, destinés aux transports de l'armée. {Revue d'Aunis, Saintonge et Poitou, t. VII, p. 118.)

3. Philippe Frézeau, s^ de la Frézelière, lieutenant de la compagnie du cte du Lude.

4. Jean Jay, sr de Boisseguin, avait été jadis lieutenant de la compagnie d'Essé dans l'expédition d'Ecosse, en 1548, où il se distingua. {Annales d'Aquitaine, par Bouchot, p. 582.) Il fut longtemps gouverneur de Poitiers pendant les guerres de religion.

de la ville de Poietiers où il demeurera pour y commander en vostre absence, selon le pouvoir que je luy en ai donné et ce que je luy escripts présentement ; et pour le regard des six enseignes de Bretons qui sont en la dicte ville, j'ay ordonné qu'elles y demeureront encores jusques à ce que risle Bouchard soit hors de danger, et après, celles qui sont en ladite Isle Bouchard retourneront au dit Poietiers, auquel lieu estans arrivés, les dits Bretons s'en reviendront au camp me trouver ; et pour le regard des sieurs de Puyviault, de Breil, Baudet, Fougeron et Brebine, je leur envoyé la permission qui leur est nécessaire pour demeurer en leurs maisons avec seureté de leurs personnes vivantes soubs les édits du roy monseigneur et frère, pour le service duquel il sera bien à propos que vous faictes entendre à tous ceulx qui se voudront retirer qu'ils seront pareillement conservés en leurs biens, vivans dans leurs maisons, soubs les édicts dudit seigneur; priant Dieu, Monsieur le conte, vous tenir en sa saincte garde.

Escript au camp de Disse, le ix® jour de décembre 1 568. — M. le conte, avant que de me venir trouver, vous mectrez à exécution ce que je vous ay mandé à ce seoir par l'un de mes gentilshommes. Vostre bon amy. Signé : Henry.

Et la suscription est : A Monsieur le conte du Lude, etc.

162. — 9 décembre 1568. — Lettre du duc d'Anjou à M. du Lude.

Monsieur le conte, j'envoie ce gentilhomme qui est à moy exprès devers vous pour vous faire entendre comme je désire que vous nous venyez aider et prendre avec vous toutes les forces qui sont à Poietiers, réservé une compaignye que vous laisserés dedans la ville pour la garder de surprise ; et fault que vous prenyez aussy avec vous deux canons et tout l'équippaige nécessaire pour cest

effect et employer tous les moyens que vous aurez pour recouvrer les chevaux et les charrettes qui sont nécessaires pour mener les dits canons, balles, poudres et munytions et aller prendre le chasteau de Mirebeau où il est demeuré quelques gens de nos ennemys*, en quoy je vous prie de user de la plus grande dilligence que vous pourrez, et croyez ce gentilhomme de ce que je luy ay donné charge de vous dire, priant le Créateur, Monsieur le conte, que vous ayt en sa saincte garde.

Escript au camp de Dissay, le ix® jour de décembre (1 568). Monsieur le conte, il ne faut pas craindre de faire exécution pour les ennemys, pour ce que je seray avec toute l'armée entre Poictiers et les ennemys ; et pour ce, vous mènerez avec vous toutes les forces que vous avez, tant de cheval que de pied, fors quelque compaignye que vous laisserez dedans ladite ville pour la garder de surprise. Yostre bon amy. Signé Henry.

Et la suscription est : A Monsieur le conte du Lude, etc. ..

163. — 19 décembre 1S68. — Lettre du duc d'Anjou à M. du Lude.

Monsieur le conte, j'ai présentement receu votre lettre du jour d'hyer par laquelle vous me mandez que vous estes après de faire mettre Tartillerie dans le chasteau de Myrebeau, suy vaut ce que je vous ay mandé, mais, si vous avez prins garde à ce que je vous escripvoys, je vous mandoys que, au prys que vous envoyerez ung ou deux canons à Poictiers, les autres vous les missiez dans le chasteau, mais toujours entends-je que vous les faictes aller le plustost que vous pourrez au dit Poictiers, et en cella il

1. Mirebeau fut, en effet, pris d'assaut peu de jours après, par le cte du Lude et le c^e de Brissac , sur de Cnouppes et Laborde, qui y commandaient pour le prince de Gondé. {Hist. des troubles, par la Popelinière, p. 164.)

fault user de dilligence, d'aultant que je m'en voys loger à Saint-Marsolles * pour avoir des vivres du eostë de Chinon, vous pouvez penser que les ennemys ne fauldront de battre le chemyn du dit Myrebeau, par quoy vous prendrez garde à vous et que les canons aillent seurement ; et quant au pain que vous me mandez qui doibt venir, j'ay aujourduy envoyé au dit Saint-Marsolles prenant bien à la main droiete, et, s'il n'est party, fault le conduire par quelque bonne guyde au dit lieu, prenant le chemyn à droict, comme je vous mande ; et au surplus mandez au sieur de Boisseguin qu'il ne laisse plus venir icy personne par ce chemin de peur qu'ils ne feussent prins ; et ayant donné ordre que les dits canons soyent en seuretté au dit Poictiers, vous me viendrez incontinant trouver et plustost si vous pouvez et si vous voyez que les dits canons puissent aller en seuretté, si vous envyé de vous trouver au jeu qui se pourra jouer plustost que vous ne pensez. Priant Dieu^ Monsieur le conte, qu'il vous ayt en sa saincte et digne garde.

Escript au camp de Puys d'Ardane 2, le xix® jour de décembre 1568. Après que vous aurez faict des chevaulx de l'artillerie, renvoyez les, car l'on en a bien affaire. Vostre bon amy. Signé : Henry.

Et la suscription est : A Monsieur le conte du Ludde,

etc.

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