octobre 1572. — Lettre de Charles IX à M. du Lude
Monsieur le conte, vous avez saigement faict de m'avoir envoyé ce porteur et par luy mandé la contenance et les depportemens des Rochelloys * ; ils font bien le contraire de ce qu'ils m'avoient mandé et espérois d'eulx , attendu la bonne volonté que j'avois de les conserver en leurs previlléges. Par ce que je n'ay encores eu nouvelles aucunes du sieur de Byron , je ne me puis résouldre à ce que je doibs faire, joinct que je luy ay donné tout pouvoir de prendre tel party qu'il congnoistra estre utille et nécessaire pour me rendre obéy ; mon intention est qu'il tente celuy de la doulceur en tout ce qui luy sera possible, mais aussy où il congnoistra ne les pouvoir réduire par ce moien au chemyn d'obéissance, je désire qu'il soit au plustost proceddé à l'encontre d'eulx par les voyes les plus rigoureuses pour les chastier de leur témérité , sans perdre temps et leur donner loysir davantaige; et me sera chose très agréable que vous ayés en cela bonne intelligence avecques le dit sieur de Byron et mes autres ministres et serviteurs et eulx avecques vous pour vous secourir et assister l'un l'autre en ce qui se présentera; et vous advertiray, après
1. Le cte du Lude avait, en effet, écrit de Niort, le 28 septembre précédent, une lettre au roi, dans laquelle il lui faisait connaître les mauvaises dispositions et l'esprit rebelle des Rochelais. [Arch. hist, de la Saintonge et de l'Aunis. t. III, p. 298).
avoir receu lettre du dit sieur de Byron, de mon intention; cependant vous regarderés d'empescher que les dits Rochelloys se saisissent d'aucuns chasteaulx qui sont soubs vostre charge, où ils le vouldroient entreprendre; priant Dieu, Monsieur le conte, vous avoir en sa garde.
Escript à Paris, le iiij^ d'octobre 1 572. Signé : Charles. Et plus bas : de Neufville, avec paraphe.
Au dos est écrit : A Monsieur le conte du Ludde^ etc..