‹ Lettres adressées à Jean et Guy de Daillon, comtes du Lude, gouverneurs de Poitou de 1543 à 1557 et de 1557 à 1585Chapitre 156 sur 173 · Voir la lettre du duc de Montpensier du 1*^ décembre · texte numérisé non relu

Voir la lettre du duc de Montpensier du 1*^ décembre

tout mon pays de Poictou, Ton n'y peult mettre personnaige trop notable et fidelle, j*estime que le sieur de Boisseguin y sera fort propre * ; partant je vous prie, le laissant par delà pour commander en vostre absence au dit pays, luy faire entendre que je désire qu'il se loge dedans le dit chasteau, s'il est possible quoy que ce soyt il entrepreigne de le garder soigneusement, affin qu'il m'en puisse répondre, sans que autre quel qui soyt s'en entremette. Vous luy donnerés aussy de bons records de tout le reste qu'il aura affaire en l'estendue de vostre gouvernement. Puis, ayant pourveu à tout, me viendrés trouver aussytost avecques les dits lieutenant et président, auxquels je commande par la présente d'ainsy le faire, sur tant qu'ilz désirent me complaire et obéyr. Priant Dieu qu'il vous ayt. Monsieur le conte, en sa saincte et digne garde.

Escript à Soissons, le xy'f jour de décembre 1 573. Signé : Charles. Et plus bas : de Neuf ville.

Au dos est escrit : A Monsieur le conte du Lude, etc..

259. — 22 décembre 1573. — Lettre de Charles IX à M. du Lude 2.

Monsieur le conte, je m'asseure que, à ce changement des hostages de la Rochelle qui sont à Poictiers ^, vous ferés tout le devoir qu'il vous sera possible pour faire que ceulx qui sortiront et s'en retourneront soient conduicts et puissent faire leur voyage en toute seureté, comme aussy à faire

1. Le s"" de la Mesnardière était encore capitaine en titre du château de Poitiers le 26 janvier 1574 ; mais il était absent. La garde du château était faite par la ville en vertu des ordres du duc de Montpensier, comme on Ta vu ci-dessus; mais la ville avait prié le c'e du Lude, le 5 janvier 1574, de la décharger de ce soin (reg. 41 des délib. du corps de ville).

2. Publiée dans le t. II de YHist. de la Rochelle , par Arcère , p. 679.

3. Les otages donnés par la Rochelle, en vertu de l'édit de pacification qui suivit le siège, avaient été conduits à Poitiers par Biron.

recevoir ceulx qui leur doibvent lever le siège ; néanmoins, ayant esté adverty que les habitans de la dite ville sont en quelque deffiance que Ton ne veuille faire tout bon traictement aux vieulx ostages, faisans à ceste occasion quelque difficulté d'envoyer les autres, je vous prie, sur tant que vous désirés me faire service, continuer à avoir tousiours Toeil ouvert à la garde des dits vieulx ostages, affm qu'il n'en puisse mésadvenir, et qu'il ne leur soit fait aucun desplaisir et que lorsque les autres seront arrivez en ma dite ville de Poictiers, ceulx qui y sont de présent s'en puissent retourner, sans qu'il leur soit donné aucun empeschement. Je prie Dieu, Monsieur le conte, vous avoir en sa saincte garde.

Escript à Chantilly, le xxij^ jour de décembre 1573. Signé : Charles. Et plus bas : de Neufville, avec paraphe.

Au dos est écrit : A Monsieur le conte du Ludde, etc. . .

260. — 27 décembre 1573. — Lettre du roi Charles IX à M. du Lude.

Monsieur le conte, je vous ay escript et envoyé plusieurs et divers commandements sur le faict du lieutenant général de Poictiers , la Haye , dont je suis encores attendant response et quelque exécution, de quoy je vous prometz que je ne suis aucunement contant, car il y va de mon auctorité et de mon service par trop. Je suis adverty que vous et le dit lieutenant estes de présent en ma dite ville de Poictiers *, qui est cause que je vous renvoyé ce porteur l'un de mes vallets de chambre, vous priant et commandant

1. M. du Lude n'était pas encore à Poitiers. Son arrivée y était annoncée au corps de ville cjui lui préparait un logis (reg. 41). Il se trouvait alors à Niort, d'où il vint le 8 janvier 1574, avec son épouse, à Saint-Maixent, qu'ils quittèrent le 11 pour aller àBougoin. (Journai de Michel le Riche, p. 150, 151.)

très expressément de prendre et constituer prisonnier lé dît lieutenant la Haye et le m'envoyer aussitôst sous bonUe et seure garde et escorte^ si bien qu'il n'en puisse advenir faulte sur le chemin et qu'il me soit représenté sûrement ; au demourant, ne consulter davantage sur Texécution de ce mien commandement lequel je veulx avoir lieu eh quelque sorte que ce soyt^ sans que il y soit fait difficulté ny usé de remise ou longueur, affin que vous ne perdiez Toccasion de Tarrester maintenant qu'il est en la dite ville de Poictiers. Que je soys doncques, Monsieur lé éôil te, servi èl obéy de vous en cest endroict, commej'enfaicts estât étqu'il est nécessaire; autrement vous debvez croire que je né demeureray contant de vous. Je faicts escrire la présenté en ma présence et vous est dépesché le porteur si séCi^été^ment, que l'on ne pourra dire que le dit lieutenant ny autre ayt ad vis d'icelluy, avant que l'ayez receù. Partant, il n'y aura aucune excuse en cette exécution, de laquelle je désiré que le porteur à son retour me donne et raporte satisfaction *. Je prie Dieu, Monsieur le conte,* vous avoir en sa saincte garde.

De Saint-Germain-en-Laye, le xxvij* jour de décembre 1573. Signé : Charles. Et plus bas : de NEUFvitLÉ^ avec paraphe.

Au dos est écrit : A Monsieur le conte du Ludde, ètb'//.

261. — 28 décembre 1573. — Lett'i*e du roi Chyles IX à' M. du Lude.

Monsieur du Ludde, les divisions et partialités qui ont eu cours en mon royaume ont tellement altéré toutes

1. M. du Lude ne put pas ou n'osa pas s'empat-er de la personne de l'habile et puissant la Haye. Celui-ci, soupçonnant peut-être le danger, avait quitté Poitiers et repris ses intrigués avec les Rochëlais et le parti protestant, qu'il voulait rallier aux politiques. Le

choses, que, non seullement le vice a surmonté la vertu en beaucoup d'endroicts, mais esté eslevés et constituez plusieurs personnes indignes aux functions ecclésiastiques et principaulx offices de judicature, de manière que^ outre le mauvais exemple, ils y nourrissent et entretiennent la corruption et les désordres, à mon très grand regret ; pour à quoy remédier, comme je désire, il m'a semblé qu'en attendant le règlement que je suis sur le poinct de faire générallement par tout mon royaume, ainsi que je vous ay mandé, je debvois pourvoir au plustostque, adevenant vaccationdes archeveschés, éveschés, offices tant de judicature que de mes finances, de gouvernemens et cappitainneries de mes villes et places, il y fust nommé, pourveu et commis de personnes de sçavoir, probité, sincérité, fidélité et valleur requise, affin que Dieu soit par cy après mieux servy, ma justice administrée, mes finances bien maniées et mes places gardées. Pour ce faire, combien quej'aye cognoissance de plusieurs notables personnes qui ont bien mérité et qui sont pour desservir dignement telles charges, toutes fois, comme il y en a grand nombre d'aultres espandus par les provinces de mon dit royaume qui me sont incogneuz, n'estant raisonnable ni expédient qu'ils demeurent sans estre employés et recogneuz, affin que je m'en puisse ressouvenir, l'occasion s'en présentant, je vous prie. Monsieur du Ludde, après vous estre informé bien soigneusement de ceulx qui sont en l'estendue de vostre gouvernement qui se trouvent idoines et capables pour estre pourveus aux charges susdites, faire un roUe de leurs noms, qualités et

23 janvier 1574, Michel le Riche signale sa présence à Pamproux en ces termes : « Depuis le samedi 23 de ce mois jusques au jeudy ensuivant, M.Jehan de la Haye, lieutenant-général en Poictou, fut et séjourna à Pamproul au prieuré et avec luy 40 ou 50 personnes, dont aucunes estoient logées hors ledict prieuré eton bourg du dict Pamproul, et ne sçavoit-on pourquoi c'estoit que le dict sieur lieutenant est dès longtemps absent de Poictiers (p.i 51-152). « Cette correspondance explique suffisamment l'absence du lieutenant-général, dont Le Riche ignorait alors le motif.

mérites et les coucher séparément selon leur profession, puis me Ten voirez signé de vostre main, prenant garde surtout que ceulx qui seront au dit roUe soient choisis et nommés par leur valleur et non par passion et brigues, à ce que, advenant qu^ils soient employés, leur capacité et services respondent au tesmoignage qu'en aurés rendu, si bien que j'en demeure content. Vous me donnerés pareillement advis par vos dépesches ordinaires et tous les mois pour le moins une foys, des vaccations qui escheront en vostre dit gouvernement, d'archeveschés, éveschés, abbayes, bailliages, séneschaussées, offices de judicature et de finances, gouvernemens et capitainneries de villes et places. Je vous envoyé coppie des lettres que j'escripts aux archevesques, évesques, baillifs et séneschaux * sur ce subject, à Tendroit desquels je vous prie tenir la main que le service de Dieu et le mien soit faict, comme il appartient; priant Dieu qu'il vous ayt, Monsieur du Ludde, en sa garde saincte.

Escript à Saint-Germain-en-Laye, le xxviij® jour de décembre 1573. Signé : Charles. Et plus bas : de Neufville, avec paraphe.

Au dos est écrit : A Monsieur le conte du Lude, etc.

262. — 23 février 1574. — Lettre de François, duc d'Alençon, à M. du Lude.

Monsieur du Ludde, vous verrez par la lettre que le roy, monseigneur et frère, vous escript en response de celle qu'il a receue de vous par la... le désir qu'il a que vous le veniez

1. Le sénéchal de Poitou était alors Jean de Beauquaire, chev. de l'ordre du Roi. Il avait remplacé, depuis le 12 février 1573, Melchior des Prez, s"^ de Montpezat, récemment décédé. (Papier rouge du greffe du présidial.) Il fut bientôt remplacé lui-même par Gaspard d'Alègre en 1574. (Liste des sénéchaux dô Poitou, par Filleau.) .

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