‹ Lettres adressées à Jean et Guy de Daillon, comtes du Lude, gouverneurs de Poitou de 1543 à 1557 et de 1557 à 1585Chapitre 157 sur 173 · TOME XII · texte numérisé non relu

TOME XII

trouver là part gu-il sera ; donc de ma part je vous prie cependant, affin qu'il n'advienne aucun inconvénient ei^ Testendue de vostre gouvernement, donner tout l'ordre que vous jugerez y estre requis avant que d'en partir, ayant choisy pour demeurer en ces villes de Poictiers et de Nyort, qui sont les principalles dudit gouvernement, les sieurs de Bois-Seguin et de La Frézellière, pour les cognoistre gentils-: hommes affectionnés à son service, bien sages, prévoyans et qui seront pour y maintenir toutes choses en leur tranquillité etseureté; et,àcestefin, leurescriptàchaçund'eulx une lettre pour s'y retirer. Vous leur manderez aussi et que ce soyt au plustost qu'ils pourront, en les instruisant de ce que vous saurez qu'ils debvront faire pour prévenir tous inconvéniens ; et pour ce que je m'asseure que je vous verraybien tost,je ne vous feray la présente plus longue, sinon pour vous asseurer que vous serez le très bien venu. Je prie Dieu qu'il vous ayt, Monsieur duLudde, en sa sainte garde.

Escript à Saint-Germain-en^-Laye^ le xxiij^jourde février 15T4. Votre bon ami. Fratîçoys^

A Monsieur le conte duLudde, etc.. *.

263. — 27 février 1574. — Lettre du roi Charles IX à t^^' M. duLude.

Monsieur le conte , il m'estoit venu advis que mes villes de Poictiers et Nyort avoient estes surprinses par ceux de la nouvelle oppinion; mais j'ay sceu par ung gentilhomme qui est arrivé de Guyenne au mesme instant et a passé par ces deux villes, que le sieur de Saincte-Soulaine estoit

1, Collection de M. Alfred Morrisson à Londres. (Copie transmise psur.M» Thibaudeau, de Londres.)

en celle de Poictiers de laquelle il a empesché la surprinse * et que vous vous estiës mis dedans Nyort et Tavez conservée soubs mon obéissance 2, dont je vous sçay fort bon gré, à cause de Timportance de laquelle m'est la ditte ville et qu'elle est habitée de beaucoup qui sont de la nouvelle oppinion ; qui me faict vous prier de n'en partir que le danger n'en soit du tout hors et de faire tout ce qu'il vous sera possible pour contenir les ungs et les autres de mes subjects en bon et seur repos, asseurant ceux de la nouvelle oppinion de la ditte ville et les gentilshommes voisins d'icelle qui seroient en deffiance pour les faulx bruits qu'aucuns sèment et font courir malicieusement , qu'au contraire d'iceux faulx bruits toute mon affection est dressée à maintenir mes peuples et subjects en paix et union, et que, tant ceux qui sont demourés de la ditte nouvelle oppinion que ceux qui l'ont cy-devant délayssée pour suivre notre relligion catholicque, se contenant doucement soubs l'observation de mon dernier édict de paciffîcation, me sont en pareil soing et compte que mes autres subjects catholicques, et que je ne veux leur èstre faict aucun dissemblable traitement en toutes leurs affaires. Et sur la parolle que je Vous en donne, oultre ce qui vous en peut estre assez congneu d'^ailleurs, je désire, suivant ce que je vous ay cydevant escript, que vous leur en respondiez et que vous les preniez à ceste fin en vostre garde et les faciez prendre aussi en la sauvegarde de leurs voisins catholicques , pour les garantir et asseurer de la vioUance que

1. Le lieutenant de La Haye avait tenté en vain de s'emparer du château de Poitiers, par surprise, dans la nuit du lundi au mardi gras 24 février précédent. (Journal de Généroux, p. 114.)

2. Les protestants, guidés par Jean de Rohan, s'" de Frontenay, avaient essayé de surprendre Niort le jour de la foire de Sainte- Agathe; mais ils avaient échoué, grâce à la vigilance du s'^de La Frézelière, lieutenant de M. du Lude, et du s^^de La Ohaignée, lieutenant de la ville, qui avaient mandé en hâte le gouverneur de Poitou, et pris toutes les précautions nécessaires à la sûreté de la ville. [Chronique de Pierre Brisson, p. 234-240.)

Ton leur vouldroit faire^ de laquelle, où elle seroit entreprinse,je veux que messubjeets et officiers facent la plus roide et exemplaire justice qu'il sera possible, et vous prie d y tenir la main de vostre part, autant que désirés me faire service capable, car Dieu m'est tesmoing que je n'ay aultre volunté que de voir vivre tous mes subjects en repos. Vous voulant bien advertir que mon cousin le duc de Montpensier s'acheminera bientost par delà, suivant la charge que je luy en ay donnée, pour pourveoir à la seureté de ma ditte ville de Poictiers et des autres dont il verra estre nécessaire ; cependant, pour ce qu'il est bien raisonnable et à propos pour le bien de mon service que vous demeuriez à Niort jusques ad ce que l'on voye que deviendont tous ces remuements icy, j'escripts au sieur de Sainte-Soleine * qu'il demeure à Poictiers jusques à l'arrivée de mon dit cousin le duc de Montpensier, m'asseurant que vous en serez bien aise , comme aussy croy-je que le dit sieur de Sainte-Soleine y fera faire bien son devoir pour mon service ^ ; priant Dieu, Monsieur le conte, vous avoir en sa saincte et digne garde.

Escript à Saint-Germain- en-Lave^ le 27^ jour de février 1 574. Signé : Charles.

Monsieur le conte, depuis ceste lettre escripte, ayant eu hier advis que les dits sieurs de la nouvelle oppinion, mesmement ceux du costé de Normandie se commencent à assembler et marcher, je me suis cejourd'huy acheminé en ceste ville de Paris oii je suis arrivé après avoir disné en chemin, me délibérant d'aller faire quelque séjour à Saint-

1. Joseph Doyneau, éc, s'' de Sainte-Soline, capitaine du château de Lusignan, venait de résigner cette charge au sr de Trosses (ou plutôt Strozzy), qui n'en avait pas encore pris possession, ce qui fut cause de la surprise de Lusignan par les protestants, le mardi gras 24 février. [Chronique de Brisson, p. 241.)

2. Le s'^ de Sainte-Soline s'opposa, en effet, avec énergie et succès aux nouvelles tentatives que fit La Haye pour se rendre maître de Poitiers. {Chronique de Brisson^ 243, 244.)

Maur-des-Fossës et en mes aultres maisons d'iey aultour pour m'aeliever du tout de fortiffier de ma malladye et fiebvre quarte, laquelle m'a du tout délaissé et me porte maintenant fort bien, Dieu mercy, et dont je vous ay bien vouUu advertir, saichant que ma ditte guarison vous sera et à mes autres subjects bien agréable.

Escript à Paris, le dernier jour de febvrier 1574. Signé : Charles. Et plus bas : Poart, avec paraphe.

Au dos est écrit : A Monsieur le conte du Ludde, etc..

264. — 28 février 1574. — Lettre de François, duc d'Alençon, à M. du Lude.

Monsieur le conte, puisque vous vous estes mis dedans la ville de Nyort, nous n'avons point de craincte qu'il en advienne inconvénient, estant le roy, monseigneur et frère, bien asseuré que vous y pourvoyerés de telle façon qu'elle demeurera soubs son obéissance; mais encores luy ferés vous service plus agréable si en ce faisant vous maintenés le repos entre tous ses subjects par l'asseurance que leur donnerés de la droicte intention du roy, mon dit seigneur et frère, envers eulx, comme vous verres par la lettre qu'il vous écript, à laquelle me remettant je ne vous feray ceste cy plus longue que pour prier Dieu , Monsieur le conte , vous avoir en sa saincte et digne garde.

Escript à Saint-Germain-en-Laye, le dernier jour de février 1 574. Votre bien bon amy. Signé : François.

Au dos est écrit : A Monsieur le conte du Ludde, etc..

265.— 2 mars 1574. — Commission en blanc de capitaine, délivrée

par le roi.

Charles, par la grâce de Dieu, roy de France. . . . salut. Come pour les affaires qui se présentent maintenant

nous ayons ad visé de mettre sus encores quelque nombre des compaignyes de gens de guerre à pied François, et de chascunes d'icelles qui seront composées de deux cens hommes bailler la charge et conduicte à certain bon et vaillant cappitaine à nous seur et féable ; à ces causes, nous à plain confians de vos sens, suffisance, fidellité, expérience au faict des armes , bonne conduicte et dilligence , vous avons ordonné et estably, ordonnons et establissons cappitaine de Tune des dites compaignies, en vous mandant et commectant par ces présentes de lever et mettre sus au plustost que faire pourrés le dit nombre de deux cens hommes de guerre à pied, des plus vaillants et aguerris soldats que vous pourrez choisir et eslire, pour iceulx lever, conduire et exploicter pour nostre service, là part et ainsi qu'il vous sera par nous et nos lieutenants généraux commandé et ordonné, et la dite charge avoir et tenir aux honneurs, auctoritéz, prééminences, gaiges et solde qui sont attribués aux autres cappitaines de compaignies semblables, desquels gaiges et solde nous vous ferons payer, ensemble les dits soldats estans sous votre dite charge doresnavant par chacun mois, selon et ensuivant les monstres qui seront faictes de la dite compaignie, à commencer à la première d'icelles et tant et si longuement qu'elle sera sus pour nostre dit service. De ce faire vous avons donné et donnons plain pouvoir, puissance, auctorité, commission et mandement spécial, car tel est nostre plaisir.

Donné à Paris, le 2® jour de mars Tan de grâce 1 574, et de nostre règne le 14% Par le roy : de Neuf ville.

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