‹ Lettres adressées à Jean et Guy de Daillon, comtes du Lude, gouverneurs de Poitou de 1543 à 1557 et de 1557 à 1585Chapitre 29 sur 173 · Asti en Piémont · texte numérisé non relu

Asti en Piémont

— osas. — 21 novembre 1551. — Lettre du roi de Navarre à M. du Lude.

Mon cousin, par les lettres que le roy m'a eseript à Paris du neufiesme du présent moys, il me mande comme il a esté adverty par vous que les Espaignols ont prins près risle-Dieu plusieurs barques de ses subgects qui portoient en aultres marchandises de Bourdeaulx en Bretaigne et ailleurs en son royaulme, aussi qu'ils ont prins plusieurs de ses subgects venans des Terres Neuves, lesquels ils détiennent prisonniers et que il ordonne à ses dits subjects de deçà comme par cy-devant. Il leur a aussi ordonné qu'ils s'arment et camppent par mer pour courir sus et endommaiger le plus qu'ils pourront les dits Espaignols et aultres subgects dudit Empereur, ce que je vous prye, Mon cousin, faire déclairer tant à Bourdeaulx que à la Rochelle, Blaye, Xaintonge et aultres lieulx et endroits que verrez estre requis et qu'ils se mectent au meilleur équipaigge et se fassent si forts qu'il leur sera possible, de sorte que les ennemys ne puissent avoir nul adventaige sur eulx, mais qu'ils puissent soy revercher des prinses qu'ils ont faictes sur nous avec pareil traictement qu'il est faict aux subjects dudit seigneur. Et sur ce. Mon cousin, mettant [fin à la présente, je prye le Créateur vous donner ce que désirez.

APau,le xxj^jour de novembre 1 551 . Vostre bon cousin, signé : Henry.

Et la suscription : A mon cousin. Monsieur le conte du

LUDDE.

39. — 26 novembre 1551. — Lettre du roi de Navarre à M. du Lude.

Monsieur du Ludde, j'ay veu par vos lettres du 1 3 de ce mois que je reçeus hyer, que vous désirez savoir comme il va du despartement de la garnison qui a esté assignée pour vostre compaignye et de celle de mon cousin, M. le

marquis du Meyne. Je vous ad vise que au partir de Reims, je baillay un rolle au roy pour Tentier despartement des garnisons de mon gouvernement, auquel rolle je fis meetre pour la garnison de vostre compaignye la ville et gouvernement de la Rochelle et pays d'Aulnis, pour ce qu'il me semble estre le lieu plus propre pour vous pour estre près de vostre dite compaignye, et pour ceste raison j'advisay que la monstre s'en feroyt en ladite ville de la Rochelle, et quant à celle de mon dit cousin, le roy en son conseil Tout ordonnée en Poictou et ay nommé la ville de Saint Mexent pour leur monstre, pour ce qu'elle m*a semblé plus aisée et commode pour ce faict, car, partant de la dite monstre, les gens d'armes pourront sans fouUer le pauvre peuple se retirer es villes de leurs garnisons qui sont assez près de la dite ville ; vous advisant au demeurant que j'ay tousjours entendu que le dict pays de Poictou est subject à mon dit gouvernement et ainsi y ont commandé mes prédécesseurs, comme aussi ay-je, depuis que j'ay eu ceste charge ; et encores partant de la court, le roy me dist qu'il entendoyt que le dit pays demeurast soubs ma charge, sans faire tant de divisions de gouvernemens. C'est tout ce que je vous en sçaurois mander, mais si vous avez raisons pour lesquelles vous congnoissez que les dis gouvernemens et pays d'Aulnis ne puissent porter ceste foulle, vous estes près du roy pour le lui remonstrer, et s'il plaist au dit seigneur le descharger, vostre dite compaignye pourra bien estre au dit Poictou avecques celles de mon dit cousin, car le dit pais ne sera trop chargé de quatre vingt lances. Sur quoy, je feray fm à ceste lettre en pryant Nostre Seigneur vous donner ce que plus désirez. De Pau ce xxvj^ novembre. Le bien vostre. Signé : Henry.

Et la suscription est : A Monsieur duLudde.

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