Un pacha
bien malaisé que ledit Empereur en puisse eselapper sans y faire une grande perte, si d'aventure il n'y perd le tout. Quant à TAllemaigne , les princes alliez dudit sieur asseurent que ledit Empereur ne gaignera non plus à la diette qui se tient à Passau, qu'il a fait à celle de L'Hyns, et que aiant pourveu à la seuretë du passage de l'Excluse et de haulte Allemaigne, ils viendront si ledit sieur veult assaillir les Pays-Bas, tant pour estre plus près des leurs pour les favoriser et dudit sieur pour en avoir secours, si besoing est, que pour ce qu'ils ne sçauroient aller en lieu où ils puissent plus faire de dommaige audit Empereur; vous advisant au demourant , Monsieur le conte, que nous sommes devant Yvoy où il a esté usé de si grande diligence que les tranchées seront ceste nuit parfaites^ les gabions remplis et Tartillerye assise pour commencer dès demain matin une batterye de trente canons et quatre doubles canons, sans six grandes couleuvrines qui tireront aux defFences et sur les rempars, pour garder que ceulx de dedans ne comparent et ne puissent tirer contre nos gens, ayant ledit sieur bien délibéré de les mener si roidde que, avecque l'ayde de Dieu, il en aura la maistrise; et pour ce que la royne de Hongrie* a fait assembler quelque gens tant de cheval que de pied sur la frontière de Picardye, le roy y a envoyé monsieur de Vendosme qui aura six cens hommes d'armes, huit cents chevaulx légers et un bon nombre de pied françoys, en attendant que ledit sieur y envoyé ou y meyne luy-mesme plus grandes forces, qui est ce que pour le présent je vous puis dire, par quoy feray fin, en priant Dieu, Monsieur le conte, qu'il vous doint ce que plus désirés.
Escript au camp davant Yvoy ^, le xxj^ jour de juin 1 552. Votre bien bon amy, signé : Monmorency.
1. Marie d'Autriche, reine de Hongrie, sœur de Charles-Quint, gouvernante des Pays-Bas.
2. Yvoy, ville du Luxembourg, fut prise par le connétable de Montmorency, le 23 juin 1552.
Au dos est écrit : A Monsieur le conte du Ludde, chevallier de l'ordre du roy et son lieutenant général en Guyenne, en Tabsence du roy de Navarre.
42. — - 16 août 1552. — Lettre du cardinal de Luxembourg à M. du Lude.
Monsieur du Lude, mon amy, je me recommande à vous; je vous mercye des nouvelles que m'avez fait sçavoir, vous priant que quant quelque ung viendra par deçà m'en vueillez tousjours faire sçavoir et spéciallement de Thérouenne, non pas pour le singulier interest que je y ay, mais pour ce que c'est la clef et entrée du royaulme ; pour quoy vous et tous autres qui mieulx vous cognoissez en telles matières que moy, doyvez bien conseiller et persuader au roy de donnera toutes choses bonne provision.
De quelque matière dont vous ay autresfois veu perplexe, j'en ay dit quelque mot à ce porteur, priant Nostre Seigneur qui vous doint ce que désirez. Escript au Mans, le xvj^jour d'aoust. Signé ; Philippe, cardinal de Luxembourg*, le bien vostre.
Et la suscription : A Monsieur du Lude.
43. — 23 septembre 1552. — Lettre du s" de Lansac à M. du Lude.
Monsieur, je confesse avoir grant tort et de n'avoir pas faict mon deb voir depuis mon retour de vous escripre, mais s'il vous plaist, vous m'excuserez, car après avoir rendu compte de ce que j'avois faict en mon voiaige, je me trouvais si mal que je fus contrainct de me retirer de la court pour me purger et prendre médecine, et ne suis venu que