juin lo55. — Lettre du roi Henri II à M. du Lude
Mon cousin, la présente sera seuUement pour vous advertir que mes depputés que j'avois envoyés à Ardres, comme vous sçavez, pour la paix et pacification d'entre l'Empereur et moy, se sont départis sans nul efFect de paix ny de tresve, de sorte qu'il est nécessaire que tous mes serviteurs et ministres, et mesmes ceulx qui ont telle charge que vous, aient l'œuil plus ouvert que jamais, et que
1. Henry d'Albret, roi de Navarre, venait de mourir le 29 mai 1555. Antoine de Bourbon, son gendre, l'avait remplacé dans le gouvernement de la Guyenne, Angoumois, Saintonge, Aunis et Poitou, le 6 juin 1555.
«'ils ont bien faict cy-devant, ils facent encore mieulx cyaprès, pour ne donner lieu à mon ennemy de pouvoir regaigner Tadvantaige que Dieu m'a donné sur luy, estant asseuré de TafFection que portez au bien de mon service et de Tordre que sçavez bien donner en tout ce qui deppend du faict de vostre charge, selon le besoin que verrez qu'il en sera, qu'il ne fault poinct que je vous en sollicite aultrement, bien vous diray-je que me ferez très-agréable service de mectre peyne d'apprendre des nouvelles de vos voisins pour m'en advertir, ensemble de toute aultre chose qui le méritera, priant Dieu, mon cousin, qu'il vous ayt en sa saincte garde.
Escript de Fontainebleau le 1 2* jour de juin 1 555. Signé ; Henry. Et plus bas : Clausse.
La suscription est : A Mon cousin le conte du Lude, chevalier de mon ordre et mon lieutenant en Guyenne en l'absence de mon oncle le roy de Navarre * .
62. — 20 octobre 1855. — Lettre du roi Henri II à M. du Lude.
Mon cousin, mon cousin le connestable m'a dit comme il vous a envoyé un extraict de l'advertissement que j'avoys eu de la résolution prinse par l'Empereur de se démettre de tous ses royaumes et estats à son fils le roy d'Angleterre * et des affaires de l'Empire à son frère le roy des Romains^ et cela fait, s'en aller par mer en Espaigne, et avecques luy les deux roynes, ses sœurs, pour en vye contemplative y vivre le reste de ses jours, chose qui m'a été confirmée par aultre advis que je reçeu hier, lequel dit que pour certain ledit Empereur se doibt embarquer