Antoine de Bourbon, époux de Jeanne d'Albret
2. Le prince Philippe, fils de Charles-Quint, avait épousé la reine Marie d'Angleterre.
environ le viij® au x® du moys prochain, en délibération de ne passer par Angleterre, et pour ce que nous sommes en saison que les vents et tourmentes régnent fort, lesquels pourront estre tels que les navires et aultres vaisseaulx qui accompaigneront ledit Empereur seront contraints se séparer et escarter cà et là et peut estre donner le long de mes maritimes, mesmes celluy où ledit Empereur et ses dites [sœurs seront ; à ceste cause. Mon cousin, je vous prye et ordonne bien expressément sur tant que me désirez faire service, que vous donnez ordre et faictes en sorte que toutes les costes, havres et ports des gouvernemens de Guyenne et de Poictou, chacun fasse bon guet et se tienne préparé, pour oudist cas arrester et saisir tous ceulx desdits vaisseaulx et autres quelz qu'ils soient qui, par fortune de temps ou aultrement, pourront donner éz dictes costes, ports et havres, pour visiter ce qu'il y aura dedans et retenir ce qui sera à retenir, soit personnes, papiers ou autres choses quelconques appartenans audit Empereur ou aux siens, m'advertissant de ce qu'en aurez faict et des nouvelles qu'en renderez du passaige d'icelluy Empereur ; et vous me ferez en ce faisant très-agréable service, priant Dieu, Mon cousin, qu'il vous ayt en sa sainte garde.
Escript à Villiers-Costretz, le XX® jour d'octobre 1555. Signé : Henry. Et plus bas : Clausse, avec paraphe.
Au dos est escrit : A mon cousin le conte du Ludde, etc.
63. — 2 septembre 15S6. — Lettre de Montmorency à M. du Lude.
Monsieur le conte, par ce que le roy vous escript présentement et par l'extraict que je vous envoyé, vous entenderez le partement de l'Empereur et des deux reynes, ses sœurs , pour s'embarquer et passer en Espaigne , et comme actendula tresve qui est entre leurs deux majestés, ledit seigneur veult et entend que, si par fortune de temps
ou aultrement, il advenoit que les navires qui porteront ledit Empereur ou lesdietes roynes donnassent es eostes maritimes ou ports et havres tant de la Guyenne que autres provinces de son royaume, il soit donné ordre qu'ils soient bien recueillis et secourus de vivres et aultres choses qui leur seront requises pour leur passaige, à quoy il s'asseure bien que ne fauldrez de vostre part de satisfaire selon son intention ez lieux et endroicts dont vous avez charge. Audemourant, Monsieur le conte, vous verrez aussi par ledit extraict les propos que icelluy Empereur teint à son dit partement aux ambassadeurs rësidens près de luy, la nécessité d'argent en laquelle il a laissé leroy d'Angleterre, son fils, et le peu d'affection que ses subgects de ses Pays-Bas ont de l'en secourir, qui me gardera de vous en dire aultre chose, si ce n'est qu'il me semble que, puisque avisé est, il n'est pas croiable qu'il soit pour vouUoir d'entreprendre d'entrer en la guerre. Sur ce, faisant fin, je prieray Dieu, Monsieur le conte, qu'il vous donne ce que plus désirez.
De Vallery, ce 2^ jour de septembre 1 556. Vostre byen bon amy. Signé : Montmorency.
La suscription est : A Monsieur le conte du Lude, etc.