‹ Lettres adressées à Jean et Guy de Daillon, comtes du Lude, gouverneurs de Poitou de 1543 à 1557 et de 1557 à 1585Chapitre 74 sur 173 · janvier 1564 — Lettre de Charles IX à M. du Lude · texte numérisé non relu

janvier 1564 — Lettre de Charles IX à M. du Lude

Monsieur du Ludde, ayant délibéré de partir bientost de ceste ville pour visiter les aultres pays et endroicts de mon royaume, j'ay advisé, affin de contenir ma ville de Paris en plus de repos et seureté, et aussy en recongnoissance des services que ladicte ville m*a faict et aux roys mes prédécesseurs, de luy accorder pour les principaulx chefs des maisons, qu'ils puissent retenir des armes comme corcellets, picques et hallebardes, pourveu toutes foys qu'ils n'ayent ny harquebuses ny pistoUets. Et pour ce que, soubs cette couleur-là, on pourroit peult-estre prétendre que en rendant les armes à ceulx de Paris, cela debveroit aussi avoir lieu pour les aultres villes, et ceulx de la nouvelle relligion en voudroient demander aultant, ou bien penser avoir occasion de les prendre, je vous advise qu'estant mon intention en cela toute telle que vous l'avés veue par l'ordonnance de ma majorité, qui est d'oster les armes à tout le monde, je veulx et entends que vous le faciès plus exactement observer que jamais; d'aultant que ce que j'ay faict en cela a esté une particuUière faveur à ma ville

capitalle pour particiillier service, que je ne veulx estre tiré à conséquance, ny rendre en ce point icy les aultres villes de mon royaulme semblables à elle, mais que toutes et mesmes celles de vostre gouvernement se désarment entièrement et suivent en cest endroict ma volonté et intention plus au long déclairée et spéciffiée par ledict édict de ma majorité; à quoy et à l'entier repos de tout vostre gouvernement je m'asseure que vous aurés tousjours l'œil ouvert et à empescher que ceste couleur et excuse n'y puisse engendrer aulcun trouble ou remuement. Et sur ce je prye Dieu, Monsieur du Ludde, vous avoir en sa saincte et digne garde.

De Paris, le 16^ jour de janvier 1563 (1564). Signé: Charles. Et plus bas : Robertet, avec paraphe.

Au dos est escrit : A Monsieur du Ludde, etc.. .

116. — 17 février 1564. — Mandement de Charles IX à un personnage de Châtellerault.

De par le Roy,

Nostre amé et féal, pour ce que durant les troubles derniers sur quelque advertissement que l'on donna à nostre amé et féal le comte du Lude, chevalier de nostre ordre et nostre lieutenant au gouvernement de Poictou en l'absence de nostre très-cher et très-amé frère le prince de Navarre, il auroit mandé au lieutenant général de Chastellerault * se saisir vos papiers estans en ladite ville dans la maison d'un nommé Caloyn et les luy envoyer en toute dilligence, ce qui fut faict et iceulx apportés par l'un de vos serviteurs audit sieur conte, lequel conte luy en bailla descharge selon

1. On trouve un Gaultier Rasseteau lieutenant général de la sénéchaussée de Châtellerault en 1557. C'est probablement celui dont il est ici question. (Hist. de Chàtell, par l'abbé Lalanne, t. II, p. 413.)

l'inventaire qui en fut faict par le greffier de nostre ville de Poictiers. Toutesfoys, nous avons entendu que vous poursuivez vivement ledit lieutenant pour la restitution de vos dits papiers, combien que vous ayez esté assez adverty que ce qu'il en faict n'a esté que par le commandement et ordonnance dudit sieur conte du Lude, nostre dit lieutenant général, lequel, comme il nous a certené, vous a plusieurs foys semond et admonesté de cesser la poursuite que vous faictes contre ledit lieutenant de Chastelleraut, mays que eussiez à vous retirer par devers luy, et qu'il les vous feroit rendre entièrement, chose qui nous a semblé que deussiez avoir faict, sans en venir plus avant, et passer cela par l'amiable plus tost que d'entrer plus avant en contention, d'autant que ce qui en a esté faict a esté pour notre service et suyvant le commandement que icelluy sieur conte en avoit de nous. A ceste cause, désirant cette poursuite demeurer soubs le pied et à ce qu'il n'en soit plus parlé^, nous vous mandons et ordonnons très-expressément que vous ayez à cesser ladite poursuite contre ledit lieutenant de Chastellerault, et le laisser en patience pour raison de vos dits papiers pour lesquels recouvrer, selon l'inventaire qui en a esté faict, vous vous retirerez ou envoyerez devers ledit sieur conte, lequel ne fauldra de les vous bailler et délivrer ou à celuy que luy envoirez portant descharge de vous, à quoy vous ne ferez aucune faulte, car tel est nostre plaisir.

Donné à Fontainebleau, le 17* jour de février 1563 (1564). Signé : Charles. Et plus bas ; Robertet.

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