‹ Lettres adressées à Jean et Guy de Daillon, comtes du Lude, gouverneurs de Poitou de 1543 à 1557 et de 1557 à 1585Chapitre 87 sur 173 · TOME XII · texte numérisé non relu

TOME XII

liers, ou aultrement et des aultres despenses qu'il a convenu et conviendra faire par cy-après pour le faict de la guerre, soit par ledit trésorier ou son dict commis et les clercs qui seront employés soubs luy, maniés ainsi que de tout temps a esté accoustumé, voullant et entendant que tous et chacuns les deniers jà levés et qui se lèveront pour lesdictes occasions, tant sur les ecclésiastiques, villes closes que plat païs, pour emprunct, cottisation et en quelque aultre sorte que ce soit, soient remis par iceluy Mole ou son dict commis et par luy employez suivant vos ordonnances à l'efFect pour lequel les levées et collectes en auront estes faictes, ainsy et en la forme et manière qu'il a accoustumé de manier les aultres deniers de sa charge ; et où il y auroit quelqu'autre qui se seroit entremys d'en faire le manyement, vous ferés incontinant remettre entre les mains de son dict commis tous les deniers, paspiers et acquicts concernant cest affaire, pour en estre l'expédition faicte soubs son nom et à sa descharge. Et m'asseurant que vous satisfferés à ce que dessus, pour estre chose grandement importante à mon service et que donnant audict commis toute ayde, faveur et assistance, (comme je le veulx et l'entends), je ne vous feray la présente plus longue, sinon pour prier Dieu, mon cousin, vous avoir en sa saincte et digne garde.

De Paris, le 25 octobre 1 567. Signé : Charles. Et plus bas : RoBERTET^ avec paraphe.

Au dos est écrit: A mon cousin, le comte du Lude, etc..

135. — 2 novembre 1567. — • Lettre de Charles IX à M. du Lude.

Monsieur le conte, la présente dépesche sera pour vous advertir comme aiant hier matin faict sortir hors ceste ville les forces quej'ay depuis six sepmaines en ça mises ensemble, je les fis marcher droict contre mes ennemys qui

estoient à Sainct-Denys, lesquels se mestant de leur coste en bataille, assés près toutes foys de leurs logis dudit Sainct- Denys, Sainct-Ouyn et Haubervilliers, les nostres après les avoir salués de quelques voilées d*artillerye pour les atta-^ quer, les contraignyrent enfin sur les quatre heures du soir de venir aux mains, où Dieu me favorisa tant que, après ung grant combat qui dura plus de deux heures, la victoire demoura démon costé, les ayant mys en routte et deffaicts, estans demourés sur la place plusieurs des leurs tuez et ung bon nombre de prisonniers amenés en ceste ville, sans perte de mon costé que de bien peu de gens. Il est Tray que le malheur est tombé sur mon compère monsieur le connestable, lequel combatant vigoureusement et extrêmement bien avec sa trouppe, fut grandement blessé en deux ou trois endroicts *; mais à la fin par sa vertu et de mes aultres bons serviteurs, le champ où s'est donné la bataille m'est demouré, y ayant couché ceste nuict nos gens de pied. Nous ne sçavons point encores quels chefs des leurs sont demourés sur la place, mais ce jourd'huy l'on se recon* noystera et s'il reste quelque chose à faire on n'y oublyera rien, faisant cependant avancer de toutes parts mes forces; qu'est tout ce que je vous escripray pour le présent que de prier le Créateur, Monsieur le conte, qu'il vous ait en sa saincte et digne garde.

Escript à Paris , ce ij* jour de novembre 1 567. Signé : Charles. Et plus bas : Fisse, avec paraphe.

Au dos est écrit : A Monsieur le conte duLudde, etc..

136. — 4 novembre 1567. — Lettre de Charles IX à M. du Lude. Monsieur le conte, j'ay présentement reçeu vostre lettre

1 . Le connétable Anne de Montmorency mourut des blessures reçues à la bataille de Saiut^Denis.

du xxvij* du passé, par laquelle vous m'ad vertissés des eompagnyes, tant de cheval, que de pied que ceux qui portent les armes contre moy ont assamblë et le chemin qu'ils tiennent, et aussy les grands maulx, piJleries, bruslemens et saccaigemens qu'ils ont faict à mes bons et fidèles subiects; à ceste cause, suyvant ce que desjà vous en avés ad visé, je vous prye que à tous ceulx que vous trouvères portans les armes, vous leur coures sus et traictés de mesmes comme ils ont fait à mes dits bons subjects; et pour le regard des ministres, veu ce qu'ils preschent qui ne tend que à sédition et qu'ils ont intelligence avec eulx, vous les ferés sortir hors dudit pays , faisant toutes fois entendre aux gentilshommes et autres de la religion prétendue réformée que je veulx et entendz qu'ils vivent avec liberté de leur conscience, demeurans en leurs maisons, sans porter les armes, ny faire aucun acte tendant A sédition. Au demeurant, pour ceque j'ay esté présentement adverty que à la Rochelle ils se battent pour l'effort que veullent faire mes ennemys à surprendre ma ville *, je vous prie que incontinant et avec la plus grand diligence que vous pourrés, vous faictes lever et assembler le plus grand nombre, tant de cheval, que de pied, pour envoyer secourir ma dite ville delà Rochelle, en quoy vous emploierés tous les gentilshommes et autres que vous cognoistrés m'estre bons subjects et advertirés incontinant le sieur de Jarnac ^ du secours que vous luy envoierés avec la lettre que je luy escripts présentement. Et d'aultant que vous sçavés de quelle importance m'est ladite ville^ je vous prie derechef faire en sorte qu'elle soyt promptement secoureue, priant le Créateur, Monsieur le conte, qu'il vous ayt en sa sainte garde.

1. Voir dans VHistoire de la Rochelle, par le P. Arcère, t. I, p. 353- 355, les intrigues du maire Pontard pour soustraire cette ville à l'autorité royale et au catholicisme.

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