DEUXIÈME PARTIE
Lorsqu'on veut apprécier les rapports qui unissent les connaissances humaines, dans Tintention de juger la force réelle des liens mu-
tuels des aciidémies de rinslilut, il faut éviler de se laisser aller à deux penchants conlraiies qui nous portent^ T^un à méconnaître les diiïêrences des clroses afin d'établir des analogies, des identités; l'autre à n'apercevoir que des différences qui brisent ces admirables rapports, par lesquels toutes choses sont liées. C'est donc pour éviter les écueils où ils conduisent que, dans l'exposé des rapports qui unissent en un seul corps les académies de l'Institut, nous insisterons avant tout sur la conformité que les œuvres de l'artiste et du littérateur établissent entre l'Académie des beaux-arts et l'Académie française^ et sur la différence réelle que ces mêmes œuvres comparées à celles du savant établissent entre ces deux académies et les trois autres.
Dans la vie d'un peuple toutes les époques ne sont point également propres à la création des chefs-d'œuvre des arts et des lettres aucune n'y est plus favorable que celle où^ profondément attaché à des institutions civiles et religieuseS; en même temps qu'obéissant à un noble orgueil né de l'amour de la patrie^ il s'estime supérieur à tous les autres peuples, qu'il a dépassés en civilisation. Alors la plus vaste car-
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rière ost ouverte :ui génie des arts et au génie littéraire^ s'il n'y a point encore pour le beau de termes de comparaison chez ce peuple^ et si |)ourtant il y existe un public prêt à admirei* dans la pierre sculptée, dans le bronze coulé, sur la toile coloriée, les formes les plus belles de la nature humaine, et prêt à recevoir de la vue d'un tableau l'impression que le peintre a voulu produire en retraçant un fait historique ou imaginaire. C'est là une époque vraiment privilégiée pour les artistes ; ceux qui brûlent du feu sacré n'ont qu'à obéir à leurs inspirations pour enfanter des chefs-d'œuvre qui parleront à la postérité le même langage qu'aux contemporains.
Le génie littéraire est dans le même cas que le génie des beaux-arts, soit qu'il anime le poète ou l'orateur, soit qu'il anime l'historien qui raconte les faits de son temps ou ceux que la tradition orale lui a transmis. Car les premiers écrivains qui retracent fidèlement nos instincts, les doux penchants du cœur, les passions qui troublent la vie des individus aussi bien que .celle des sociétés, quelle que soit la forme variée qu'ils donnent à leur parole, seront recherchés de la postérité comme ils le sont de leurs
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contemporains, parce qn'ils ont satisfait au besoin qui porte Thomme civilisé à connaître sa natnre morale^ à en voir clairement et sans effort les traits reproduits fidèlement dans des œuvres littéraires qui les lui montrent absolument comme l'image de sa propre figure est offerte à ses yeux par le miroir où elle se peint. Et c'est ici le lieu de faire remarquer les rapports que peuvent avoir dans leurs effets la sculpture, la peinture et l'écriture, malgré la différence du langage qu'elles emploient respectivement pour parler à l'homme. Tant que des œuvres de V'àYt sont bornées à reproduire exactement les formes et les couleurs des modèles matériels, elles n'ont point atteint le but le plus élevé; car, pour le toucher, fœuvre doit parler à l'âme par ces harmonies, qui, quoique mystérieuses encore, n'en existent pas moins entre la nature physique et la nature morale. D'un autre côté, l'écrivain, qui, dans l'impuissance de reproduire matériellement les formes et les couleurs des objets qu'il décrit, emprunte ces éléments à la nature physique afin d'en revêtir les êtres conçus par son imagination, devient le rival du statuaire et du peintre, si sa parole est assez forte pour que l'esprit auquel il s'adresse
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croie voir ces êtres mêmes sons les formes et les couleurs qu'il lui a plu de leur donner. Le sublime dans la sculpture et la peinture est donc de parler à l'âme par des formes et des couleurs, et le sublime dans l'art de penser et d'écrire est d'émouvoir tellement le lecteur en s'adressant aux plus nobles penchants de la nature humaine^ qu'on fera pénétrer dans son entendement les pures créations de l'esprit en les présentant comme les images qui ont du relief et de la couleur.
Les artistes et les littérateurs d'une époque si favorable au développementde leurs facultés, qui sont parvenus à se placer au nombre des hommes de génie, semblent à la postérité avoir trouvé en eux tous les éléments nécessaires pour concevoir, développer et parfaire les œuvres qui leur assurent ce titre, quoiqu'ils aient certainement profité des connaissances de leur temps : et ces œuvres une fois produites, loin de faciliter aux artistes et aux littérateurs qui leur succèdent les moyens d'en créer de nouvelles, deviennent des termes de comparaison généralement défavorables à celles-ci, soit que la critique y signale une forme qui les éloigne trop des anciens ouvrages que le temps a qualifiés de ty-
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pes du beaii^ soit qu'elle y reconnaisse au contraire une imitation trop servile pour accorder à leurs auteurs le mérite de Toriginalité.
Les œuvres du savant marquées au coin du génie, loin de présenter, comme celles da littérateur et de l'artiste, un objet fini auquel on ne peut rien ajouter, rien changer, sans le dénaturer, sont au contraire susceptibles d'être accrues, développées par des travaux ultérieurs^ et même modifiées ou corrigées, si quelquesunes de leurs parties manquent d'exactitude. C'est essentiellement dans la manière dont se développe la connaissance d'un objet par des travaux successifs d'individus différents qui joignent leurs efforts les uns aux autres pour arriver à un but déterminé, que réside le caractère scientifique propre aux œuvres du ressort des Académies des sciences, des inscriptions et belles-lettres, et des sciences morales et politiques; celles qui se recommandent le plus par l'originalité, l'invention et l'importance des vérités qu'elles établissent, ouvrent de nouvelles carrières à l'esprit humain, et lui marquent les routes où il doit s'engager pour faire de nouvelles découvertes; elles facilitent donc les recherches qui amènent ces découvertes, au lieu
(l'y mettre obstacle^ et, sons ce rapport, elles se flistinguent donc des chefs-dVenvre dn littératenr et de Tartiste.
C'est à ce développement de Tœnvre scientifique que le mot de progrès trouve une parfaite ' application, soit que l'œuvre se rapporte à l'Académie des sciences qui étudie la nature, telle qu'elle se présente à Thomme dans ses phénomènes, les lois qui les régissent et les causes d'où ils émanent; soit qu'elle appartienne à l'Académie dès inscriptions et belles-lettres qui rassemble toutes les connaissances relatives aux peuples anciens et à ceux du moyen âge, afin de recréer par l'écriture un passé déjà loin de nous; soit enfin qu'elle sorte de l'Académie des sciences morales et politiques, qui, dans la vue d'améliorer le sort des sociétés à l'aide des lumières puisées à toutes les sources des connaissances positives, adresse surtout ses conclusions à l'avenir des peuples, puisqu'elle n'a aucun moyen actif de les faire passer de l'état théorique à l'état pratique. Mais si ces trois Académies diffèrent tant par le but que chacune se propose, l'une ne l'atteindrait pas toujours, si elle refusait le secours qu'une autre peut lui prêter. Ainsi, sans l'union des sciences mathémati-
qneSy physiques et naturelles avec la srienre rie raïUiqiiité^ renoncez à fixer la clironologie des peuples anciens^ à déterminer les connaissances qn'ils avaient en géographie^ dans les sciences et les arts; n'espérez pas, en partant de l'état actuel des connaissances scientifiques^ de remonter à leur source^ afin de relier le présent au passé dans les développements de la pensée humaine. Les sciences morales et politiques empruntent aux mathématiques leurs méthodes les plus précises pour discuter et coordonner les éléments recueillis par la statistique : plusieurs des questions qu'elles élèvent n'auraient pas de solution sans le calcul des probabilités; l'étnde des facultés morales de l'homme exige, pour être approfondie, la connaissance de l'homme physique, et celle des facultés des animaux. Enfin les sciences morales et politiques ne parviennent à connaître les philosophies et les législations passées qu'en s'éclairant du flambeau de la science de l'antiquité.
Mais comment les travaux de la pensée acquièrent-ils le caiactère scientifique? comment peut-on juger qu'ils établissent une vérité, de sorte que, cette vérité une fois admise, on pourra l'employer avec certitude comme moyen d'en
248 DOCUMENTS, découvrir de nouvelles qiii^ rattachées à la première^ constitueront un corps de doctrine ou un système de faits scientifiques? Dans toutes les choses relatives à la grandeur abstraite ou aux mathématiques pures, on y parvient à Taide de la seule raison : ainsi, qu'une proposition nouvelle soit avancée sur ce sujet, avant de Taccepter comme vraie, on la soumet à l'épreuve du raisonnement en partant de vérités incontestables déjà connues ; la certitude ressort de Tidentité du résultat auquel arrivent nécessairement tous les ^esprits droits habitués aux raisonnements mathématiques. S'agit-il de la connaissance des propriétés de la matière, la raison seule ne suffit plus; elle recourt à deux instruments, Vohservation et Vexpérience qu'elle dirige sans doute, mais qui lui sont indispensables pour la conduire au but où elle tend. Ainsi, lorsqu'on a avancé pour la première fois que Voir est pesant^ cette proposition a été contestée ; et tant qu'elle a été soutenue et attaquée par des raisonnements appuyés, les uns sur des principes qui n'avaient été nullement démontrés, les autres sur l'observation de quelques phénomènes, aucune conclusion positive n'a pu être établie; mais lorsque le raisonne-
menty fondé sur des observations bien faites^ a imaginé des expériences comme celles de Toricelli et de Pascal^ la proposition ainsi contrôlée est devenu^ une î')érité. Et pourquoi a-t-elle ce caractère? c'est que chacun peut s'assufer de l'exactitude des observations et des expériences sur lesquelles elle se fonde; dès lors elle devient un principe duquel découlent rationnellement de nombreuses conséquences.
Cet exemple généralisé fait voir comment l'observation, guidée par le raisonnement, institue les expériences d'où se déduisent les principes qui, en résumant dans une expression simple beaucoup de faits analogues, constituent par leur ensemble les sciences d'observation et d'expérience, comme la physique et la chimie ; il fait apprécier tout ce que la philosophie doit à Bacon, lorsqu'il recommandait si fortement à ses contemporains et à la postérité l'usage de l'expérience dans la recherche de la vérité.
Quant aux sciences naturelles, telles que^l'anatomie comparée et la classification des êtres organisés, qui trouvent leurs principes dans l'interprétation des choses que la nature offre aux yeux, elles suppléent en général à l'expérience par une méthode dont l'esprit consiste
essentiellement à réunir nn grand nombre de faits aussi simples que possible et assez analogues pour être comparables^ de manière que de leur comparaison ressortent des généralités ou bien des jugements qui modifient des opinions que l'on croyait exactes. Dans la déduction de laits ainsi comparés et dans la coordination fie leurs conséquences^ est la science qui a immortalisé les de Jussieu ^ les Vicq-d'Azyr ^ les Cuvier. -
Ainsij messieurs, dans les recherches du ressort de l'Académie des sciences, la raison est partout; mais, les mathématiques pures exceptées, où elle seule domine, dans toutes les autres sciences elle est toujours subordonnée à l'observation et souvent à l'expérience; et parce que nous n'avons que le raisonnement, l'observation et l'expérience, pour découvrir et démontrer la vérité, il est de toute évidence que le caractère scientifique n'appartiendra qu'aux œuvtes où ces moyens de la reconnaître auront été convenablement employés; dès lors, quel que soit le mérite du style d'un livre, la grandeur des images par lesquelles il frappe le lecteur, la clarté de nombreuses conséquences déduites de principes qui n'ont point étépréala-
blemeiil démontrés comme vrais, celte œuvre ne sera pas scientili(|ue et ne pourra sous ce rapport fixer l'attention du savant.
Mais résulte-t-il, de la distinction que nous avons établie entre les œuvres du littérateur et de Tartiste et celles du savant, que la composition des premières n'est assujettie à aucune règle, à aucun principe que la raison puisse justifier; qu'elle ne suppose ni étude, ni observation, ni expérience préalables, parce qu'on la regarde comme une émanation spontanée du génie?Nous hésitons d'autant moins à répondre négativement à cette question, que le développement de notre pensée, en faisant clairement ressortir les rapports existant entre les œuvres ({ue nous avons distinguées en deux groupes, établira en même temps les liens mutuels des académies auxquelles ces ouvrages se rattachent respectivement.
Si, dans les œuvres de l'atiste et du littérateur, la forme, dans laquelle nous comprenons le dessin, le coloris, le style, captive d'abord l'attention et semble à beaucoup de gens en être la qualité essentielle, cependant elles ne peuvent vivre si la forme n'est pas animée par la pensée qui s'adresse à l'esprit. Celle-ci
manque où les idées sont communes, on Ton voudraii un plan raisonné^ où rauteui* s'est laissé aller à ses premières impressions, sans savoir si elles étaient vraies ni conformes à l'effet qu'il voulait produire. Eh bien, la pensée à laquelle une œuvre accomplie doit le jour, n'a pu naître que dans un esprit parfait observateur de la nature ({u'il a prise pour modèle, et le but n'a pu être atteint que par un choix de moyens d'accord avec la raison.
Mais, en admettant Tinfluence de l'observation et de la raison dans la composition de l'œuvre, nous ne repoussons pas celle de certaines idées qui apparaissent si soudainement, qu'elles semblent spontanées quand on en recherche l'origine, et cependant elles jettent tout à coup une vive lumière sur un sujet auquel on avait longtemps pensé. Nous ne nions pas la part de ces idées dans les compositions littéraires, ni même dans les compositions de l'art, certain que nous sommes de la part qu'elles peuvent avoir dans les œuvres scientifiques. Nous pourrions citer de nombreux exemples de véritables découvertes faites avant que la pensée de leurs auteurs ait eu le temps d'en saisir la connexion avec des notions antérieures. Mais ces idées, quelque grandes, quel-
(jue récondes qu'elles soient^ ne peuvent seules constituer uue œuvre littéraire ; elles doivent être unies avec d'autres et coordonnées par un raisonnement ultérieur : il en est de même pour l'œuvre scientifique. Le savant auquel elles ont apparu doit^ avant de les donner au publiC;, les avoir soumises au raisonnement, au contrôle de l'observation^ et, s'il est possible, à celui de l'expérience, afin de les revêtir du caractère scientifique qui seul leur imprime le titre de véritables découvertes.
Veut-on un exemple frappant de l'étroite union des sciences avec les lettres et les beauxarts? L'étude des passions nous l'offrira. Le naturaliste et le physiologiste les considèrent en général d'après la méthode comparative dans la série des êtres animés, et, en particulier, dans les individus ; ils cherchent à définir les effets qu'elles produisent sur les organes, le trouble (ju'elles peuvent apporter aux fonctions vitales, soit qu'il ne dure que quelques instants, soit qu'il laisse des traces profondes dans les organes de la pensée. Le moraliste les envisage sous le point de vue du bonheur de l'individu, tandis que le législateur philosophe les considère dans leurs rapports avec la société, afin de les diriger^
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OU bien de les modifier, de les atténuer^ s'il n'est pas possible de les détruire dans ce qu'elles ont d'hostile à l'ordre social. Le littérateur doit les connaître; car son but n'est-il pas presque toujours d'émouvoir ceux auxquels il s'adresse^ soit qu'il raconte, soit qu'il donne la parole à dos personnages mis en scène? Si la raison doit présider à sa composition dans le choix du sujet, les moyens de toucher, d'émouvoir, dans la convenance des expressions, elle ne doit pas paraître, ou, quand elle se montrera, c'est après avoir quitté la forme dogmatique qu'elle affecte dans l'œuvre scientifique. Enfin le statuaire, le peintre, qui auraient négligé l'étude des passions dans les modifications qu'elles apportent aux traits, à la pose, au geste de la figure humaine, seraient incapables de donner à leurs œuvres muettes ce langage de la forme que le génie de l'art sait rendre si éloquent. Quelle que soit donc la différence existant entre les sciences naturelles et les sciences morales et politiques; quel que soit l'intervalle qui sépare les œuvres scientifiques des œuvres littéraires et de celles du statuaire et du peintre ; enfin, quelle que soit la diversité du but que se proposent les sciences, les lettres et les arts,
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VOUS voyez cependant comment le savunl,, le littérateur et l'artiste peuvent s'élancei' d'un même point dans leurs carrières respectives.
Si le temps nous permettait de considérer les beaux-a rts dans leur ensemble ^ nous verrions que d'autres liens encore les rattachent étroitement aux sciences physiques et naturelles aussi bien qu'aux lettres; et que^ malgré la différence de leurs langages respectifs et celle du sens auquel ils peuvent parler^ une analogie parfaite se montre dans plusieurs de leurs effets : un petit nombre de principes nous découvrirait la cause de cette analogie, si nous étudiions la théorie des beaux-arts^ non d'une manière isolée, mais d'après la méthode comparative et expérimentale qui dans la science moderne a imprimé un caractère positif à ce qui était vague dans la science ancienne. Ce mode d'étude nous conduirait à reconnaître une similitude remarquable entre le beau qui frappe nos sens, et le beau résultant de la contemplation par l'esprit, de ces rapports et de ces lois qui maintiennent l'ordre et l'harmonie dans toute l'étendue de cet univers qu'il nous est donné de connaître.
Avoir parlé du nombre et de l'intimité des
rapports qui lient ensemble les cinq Académies, r/est avoir donné la raison de l'existence de l Institut, considéré comme une association rlective de ceux qui ont reculé les bornes de la science, développé la pensée et charmé les liommes par' la parole ou par les arts. Avoir insisté sur la différence des œuvres qui (h)nnent des titres à leurs auteurs pour siéger dans cette grande institution, soit que cette différence porte sur le caractère des œuvres, soit qu'elle porte sur le but où elles tendent, et avoir en même temps signalé le point de départ <1e leurs auteurs, c'est avoir montré combien sont diverses les expressions de la pensée, (juoique puisées pourtant à des sources communes. Enfin, avoir parlé de la similitude des effets de ces expressions variées, c'est avoir démontré le concours admirable de nos sens vers un centre commun pour établir les rapports du monde extérieur avec nous-mêmes.