TROISIÈME PARTIE
Telle est donc, messieurs, l'étroite union des Académies. Mais suffit-il d'avoir parlé des choses pour apprécier tout ce qu'il y a de libéral et de
grand dans la constitution de l'Institut? Nous ne le pensons pas; car^ lorsqu'on l'envisage comme une association de personnes occupées à perfectionner les connaissances humaines par leurs propres travaux, et par ceux que les prix académiques excitent au dehors, il se présente à la pensée sous un aspect trop moral pour que nous omettions d'en parler.
Si les populations qui ne sont plus ont laissé peu de noms propres à l'histoire; cependant, quand on considère le nombre des hommes qui ont cultivé avec distinction, nous ne disons pas les sciences, les lettres et les arts, mais une seule de leurs subdivisions, par exemple, une branche des mathématiques, une branche de l'histoire naturelle, le genre dramatique, la sculpture, la peinture, on est étonné de la diversité des esprits, des talents, du génie de ces hommes. Eh bien, messieurs, cette diversité est le principe fondamental de l'Institut, comme elle est le principe fondamental sur lequel repose toute critique académique, qui doit être équitable en même temps qu'éclairée.
Nous disons, messieurs, qu'elle est le principe fondamental de l'Institut; car, si celte grande diversité n'existait pas dans les esprits,
si elle n'était pas indispensable même aux progrès des connaissances, si la part d'un individu dans la conquête de la vérité était extrême, l'Institut^ par le nombre de ses membres, ne serait-il pas hors de proportion avec les besoins des sciences, des lettres et des arts? et dès lors, occuperait-il la place où l'opinion publique Ta élevé? Si nous ne disons rien des œuvres individuelles de ses membres, nous ne pouvons taire les avantages que chacun d'eux a retirés de l'association dans les discussions qui naissent au sein des Académies : les lumières, jaillissant de tant d'esprits distingués qui y prennent part, ne les rendent pas moins remarquables que la convenance des formes qu'on y observe toujours, pnrc(3 qu'on sait que^ là où manque une bienveillance réciproque, la discussion est impossible, et qu'en outre chaque membre a la conviction que cette convenance des formes est elle-même un des plus forts arguments en faveur de l'opinion qu'il soutient. Les discussions académiques, dirigées d'après cet esprit, font sentir tout ce que le principe de tolérance a d'excellent en quelque matière que ce soit; car, en nous prédisposant à écouter tous les développements d'une opinion qui n'est pas la nôtre.
il nous met souvent dans le cas de profiter de ces développements mêmes pour donner plus de rectitude à nos idées : il est donc bien préférable dans la discussion à la forme dogmatique, qui, outre l'inconvénient de s'opposer à la conciliation des esprits, a encore celui d'être peu favorable à la découverte de la vérité, parce que trop souvent elle met aux prises les mots plutôt que les idées.
Nous avons dit que la diversité des esprits, des talents, des génies, est le principe fondamental sur lequel doit reposer toute critique équitable en même temps qu'éclairée: en effet, que la critique, méconnaissant le principe, sacrifie à une gloire toutes les gloires rivales, ou bien qu'elle compare les personnes à un type parfait dont l'humanité n'a jamais offert le modèle, elle est injuste et fausse; supposez-la de bonne foi, elle ne serait qu'ignorante. Si, au contraire, la critique cherche à reconnaître le bien que chacun a fait, le caractère de l'œuvre et celui du génie qui Ta conçue, elle est vraiment philosophique, et contribue aux progrès de l'esprit humain en répandant des notions vraies de savoir et d'équité, et en élaborant les matériaux les plus précieux pour l'histoire de
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ces progrès; elle est morale^ si elle montre aux esprits distingués que le champ où croissent les lauriers qu'ils aspirent à cueillir est assez vaste pour satisfaire les désirs et toutes les ambitions légitimes^ qu'ils ont tout à gagner en se considérant mutuellement, non comme des rivaux ennemis, mais comme de généreux émules, toujours prêts à se tendre une main secourable.
Telle est la critique conforme à l'esprit académique; née de Tamour du vrai, elle ne peut exister qu'avec la liberté, et conséquemment la tolérance ; et, comme tous ceux qui prennent part aux discussions qu'elle soulève tendent au même but, la différence des opinions ne porte que sur les moyens d'y parvenir; et dès lors les explications, loin d'éloigner les esprits, les rapprochent toujours. C'est sans doute, messieurs, parce que l'opinion publique a reconnu cette espèce de critique dans les jugements des Académies, que de nobles âmes, voulant encourager ce qu'il y a de grand et 'd'utile dans les sciences et les lettres, et même récompenser, non la vertu qui frappe les yeux, mais celle qu'il faut chercher pour la découvrir, ont fondé des prix que l'Institut décerne. Lorsque nous tenons
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celte mission de M. de Montyon (fondateur du plus grand nombre de ces prix)^ il n'est pas un de nous qui ne sente que jamais hommage plus pur n'ait été rendu à notre association; car. émané d'un homme qui honore l'humanité entière, il résume tout ce qu'il y a d'excellent dans l'esprit académique pour améliorer la société en l'éclairant.
noriiMRNTs.
De la loi du contraste simultané des couleurs el de ses applications^ par M. E. Ghevreur.
Je cite cet ouvrage au point de vue même du phénomène que je nomme contraste siinultané des coîdeurSy et à celui de toutes les conséquences et inductions que j'en ai tirées relativement à la pliysifdogie^ à la psychologie et à V esthétique,
Articles du Journal des Savants où M. Chevreul a principalement parlé : de V espèce; B, de la méthode.
A. ESPÈCE 1. Espèces minérales.
Année 1825.
Page 498. Considérations sur l'espèce.
Page 500. Différence existant entre la méthode
i Paris, Pitois=Le\rault, rue de la Harpe, 81 (1839).
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naturelle appliquée à la classification ries plantes et cette méthode appliquée à la classification (les animaux.
Page 016. Difficulté d'appliquer aux espèces minérales la méthode naturelle qui Test à la classification des corps vivants.
Année 1848.
Page 83. L'espèce minéralogique et l'espèce chimique considérées comme identiques,