I. Archives de la Bastille
0 Adrienne Le Couvreur.
mes enemis ne doit elle pas être assouvi : vous este ma seule espérance, en vous j'ay fondé mon espoir : ordonéz de mon sort, Monseigneur ji souscriray c'est tout ce que je puis f air, mais pour me départir de ce que j'ay avancé, la mort avec toutes ses horeursabeau se présenter devant mes yeux, je la prefereray a me calomnier moy même ; quel intérêt, pour quelle raison me serois je jeté dans un labirinte pareille a celuy ou je suis : pour peu que vous vouliez examiner ces raisons mon inocence éclatera a vos jeux : encor une fois Monseigneur je vous le répète, si je suis coupable que l'on n'épargne rien pour mon tourment, mais si je suis inocent songé que l'inoccncc persécuté est pir que le vice que l'on laisse en repos : il me reste une grâce a vous demander laquelle est de me permetre d'auoir de quoy m'ocuper dans ma prison : c'est a dir tout les iistancilles nessesaire a la mignature qui sont a Saint Lazard : cela adoucira infiniment la rigeur de ma détention : car c'est un tourment sans pareille que l'oisiveté : permetc: moy ausi monseigneur d'écrire a mon père pour avoir ce qu'il m'est nessesair pour m'abiller. J'atend touts ses grâces de votre bonté et je demeure avec un très profond respects
Monseigneur Votre 1res humble et très soumis serviteur
l'abé BOURET.
C 8 juillet 170; '.
I . Il faut lire : Ce 8 août 1730 ; car en tête de cette supplique on a ajouté :
« A joindre.
d M. Rossignol.
« 8 aoust.
« L'abbé Bouret demande sa liberté, et persiste dans ce qu'il a dit. »
ÉTUDE BIOGRAPHIQ^UE. ^7
Le 24 du même mois, nouvelle lettre à M. Hérault ' ; mais c'est une autre gamme :
A Monseigneur le Lieutenant de police, dans son hotelle, à Paris.
Monseigneur,
Comme vous mauez fait Ihonneur de m'ordonner de dir la vérité touchant Madame la duchesse de Bouillon, je me rend a uos ordre. La voici. L'enuie que j'auois de conoitre la Le Couvreur ma fait imaginé un moyens pour auoir entrée chez elle : le uoici. J'ay feint auoir un secret à luy decouuire lequel était de ce con deuoit luy jouer un tour qui ne luy seroit point auantageux. Elle me demanda auec transport lequelle étoit, je ne iioulu luy rien decouurir; nayant dans le fond rien à dir. Elle me dit quelle nauoit rien à craindre, sinon de Ihotelle de Bouillon ou de l'Opéra : je la quittay la dessus en luy disant que je luy donay seulement un auis, mais que je ne luy nommeroit personne. Elle me repondit que ce netoit rien fair si je ne luy montrait quels sont les coups quelle auoit a redouter. Et quelle ne craignait que madame la duchesse du Bouillon; je saisi ce mot pour men seruir. Comme elle était frapé de ce coté là, il me fut aisié à luy persuader ce que je uoulu sans toutefois luy dir que cetoit madame la duchesse de Bouillon. J'inventay tout ce que jay mit dans mes dépositions et mouurit une ample carierre la dessus : je dis auy a tort a travers : je nous déclare, Monseigneur, que . Madame la Duchesse est innocente de tout ce que jay dit, uoila la uerité. Monseigneur, jay commis une grande imprudence en luy portant ce prétendu poison qui nest rien, non plus que le page et les hommes masquée. Jimplore notre clémence. Monseigneur, je me jette au
1. Publiée par V Intermédiaire du 10 juillet 1866, col. 414, sous la signature P.-A.-L., cette lettre était la huitième pièce du dossier n" 278 de la vente Pixérécourt.
58 Adrienne Le Couvreur.
genoux de notre miséricorde : pardonez a un misérable qui n'a pour tout crime que la ceruelle brouillé: et beaucoup d'imprudence; je demeure, Monseigneur, auec profond respect,
Votre très humble et très obéissant seruiteur.