Imprimée dès 1752 dans le tome I""" des Œuvres de
Appendices. 29^
Eprouvent du trépas les livides horreurs ! Muses, Grâces, Amours, dont elle fut l'image, O mes dieux et les siens, secourez votre ouvrage! Que vois-je? c'en est fait, je t'embrasse, et tu meurs! Tu meurs ; on sait déjà cette affreuse nouvelle ; Tous les cœurs sont émus de ma douleur mortelle, .l'entends de tous côtés les beaux-arts éperdus S'écrier en pleurant : u Melpomène n'est plus ! »
Que direz-vous, race future ', Lorsque vous apprendrez la flétrissante injure Qu'à ces arts désolés font des prêtres cruels -?
Un objet digne des autels
Est privé de la sépulture"!
Et dans un champ profane on jette à l'aventure De ce corps si chéri les restes immortels! Non, ces bords désormais ne seront plus profanes, Ils contiennent ta cendre; et ce triste tombeau. Honoré par nos chants, consacré par tes mânes.
Est pour nous un temple nouveau!
Voilà mon Saint-Denys; oui, c'est là que j'adore
Voltaire, Amsterdam, Ledet, avec dédicace à Mlle Salle, et dans le Recueil de Pièces fugitives en prose et en vers, par M.deV*** ( I vol. in-S», 1740), cette élégie fut pour Voltaire la cause ou tout au moins le prétexte d'une persécution sérieuse, qui l'obligea à quitter Paris.
1 . Cf. Malherbe, Ode sur l'attentat commis en la personne de Henri Le Grand.