Archives nationales (F'' 1295. C
2. Cette Notice, destinée à faire partie de la Galerie française, fut imprimée par le Mercure du dix-neuvième siècle, t. 1, p. 17 à 31 (Paris, Baudouin, in-8", 1823).
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dien Polus représentant Electre portait dans l'urne d'Oreste les cendres de son propre fils ; ces grands inconsolés prodiguaient à la foule inconsciente les larmes et les sanglots d'un éternel veuvage : la douleur fut la source et la rançon de leur gloire.
Au lendemain de la mort de Mlle Le Couvreur, D'Allainval écrivait à Milord *** : a Je ne vous parleray point des jolies lettres qu'elles a écrites, vous avez lu celle qu'elle écrivit à Baron il y a deux ans ', et, avec l'aide de quelques amis, j'espère en recueillir un assez bon nombre pour les donner au public, s
Ce recueil fut-il entrepris? Le passage suivant d'une autre lettre, écrite par D'Allainval, le 2 septembre 1 73 5 , à un destinataire inconnu, le donnerait à cro're :
K J'ay l'honneur, Monsieur, de vous renvoyer la plus grande partie des pièces qui m'ont paru de la même écriture que l'échantillon que vous m'avez fait passer. Il m'en reste encore quelques unes que je mettray au commencement de la semaine prochaine dans votre carton avec toutes les pièces qui concernent les affaires du temps, et autres poésies, que je
I . Cette lettre à Baron n'a pas été retrouvée et ne figure pas dans notre recueil. En 1822, on était moins embarrassé : "les éditeurs de la Collection des Mémoires sur l'art dramatique, faisant encre de tout, écrivaient résolument (p 257) : « On nous siura peut-être gré de trouver ici cette lettre écrite le 5 mai 1728, à M..., son ami », et ils copient tout simplement la lettre célèbre, publiée par les Anecdotes dramatiques, le Journal des dames, les Pièces intéressantes de La Place et le Conservateur de Delandine, qui figure dans notre recueil sous le n° XXXIV, et qui ne saurait être adressée à Baron, pour plusieurs raisons, dont la principale est qu'Adrienne jouait ce jour-là même avec lui dans Atlialie.
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n'ay pas jugées assez bonnes en tout ou en partie pour entrer dans un receùil que j'espère qui piquera par le choix : j'ay mis ces pièces dans le recueil de 1734 et 1735, parce que celles qui le composoient sont presque toutes de la mi-me écriture.
" Vous avez dû recevoir il y a bien huit jours le Receiiïl des lettres de Mlle Le Couvreur ; je n'en teray entrer dans le nôtre qu'une douzaine. Le reste, où il règne à la vérité un stile naturel et délicat, n'est pas intéressant et ne pouroit passer qu'à l'abri d'une grande quantité d'excellentes. C'est par la voye de M. de Sallevert que je vous renvoyeray votre carton ' . "
Quel est ce recueil, que personne n'a signalé jusqu'ici.'' A-t-il été imprimé? La douzaine de lettres dont parle D'Allainval a-t-elle été insérée dans quelque périodique du temps , analogue aux Glaneurs, Postillons et autres n Amusements du cœur et de l'esprit.'' 1!
Tout ce qu'on sait, c'est que, dès avant 173J, il courait des copies manuscrites des lettres d'Adrienne, dont un exempfaire a passé dans la vente d'autographes du baron Taylor en 1885 (N" 120 du Catalogue-). C'est sur cet exemplaire qu'avait été faite, par les soins du bibliophile Jacob, la copie dont nous nous servons aujourd'hui.
On pourrait croire que c'est à l'une de ces copies que faisait allusion, l'année suivante, l'auteur des Nouveaux amusements sérieux et comiijues iLa Haye, 1736), quand il disait (tome I'', p. 210) : - On
1 . Lettre autographe, signée D'Allainval, 3 pages 111-4", fait partie d'un Recueil de pièces, manuscrit in-j.", formé vers 1760 par Pidansat de Mairobert, et apparten.'int aujourd'hui à M. Jules Coûet, qui a bien voulu nous la signaler et nous en donner copie.
2. 7 cahiers in-40, formant 164 pages, acquis par M. Charles Gueullette.
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a vu de ses lettres que Voiture n'aurait pas désavouées. ^ Mais , cette phrase étant textuellement reproduite du Mercure de mars 1730, il en faut seulement conclure que, de son vivant déjà, on appréciait le talent épistolaire de Mlle Le Couvreur.
Titon au Tillet, lui aussi, n'a fait que copier ce passage en l'amplifiant, dans son Supplément déjà cité : u Mlle Le Couvreur, dit-il, joignait à tous ses grands talents pour le théâtre, de la politesse, du savoir-vivre et beaucoup d'esprit. Sa conversation était charmante, et personne n'a écrit des lettres d'un style plus aimable, plus léger, plus délicat et digne de celui de V'^oiture ' et de Mme de Sévigné. s
Tout cela doit s'entendre de copies manuscrites plus ou moins connues d'un petit cercle d'amis ou de curieux. Car en 1745 aucune lettre n'avait été publiée -.
Mais en 1761, Favart parle de ces lettres comme si elles avaient réellement paru : « Mlle Le Couvreur — écrit-il le 20 août au comte de Durazzo — avait l'esprit fort orné. On a DONNÉ AU PUBLIC UN recueil de ses lettres qui a été fort recherché, t
Lemazurier a reproduit cette assertion dans sa Galerie historique de la Comédie-Française : » On publia un recueil de ses lettres qui fut fort recherché ^ "
Cependant, on ne connaît pas, jusqu'ici, de lettre
1. On trouvera Adrienne plus naturelle et moins frivole que Voiture.
2. Voici ce qu'écrivait à cette date l'auteur anonyme des Mémoires secrets pour servir à l'histoire de Perse : « Peu après sa mort, on parla beaucoup de prétendues lettres de ce Seigneur (Maurice) et d'elle ; mais, soit qu'elles aient été supprimées, ou que ce bruit fût sans fondement, (7 n'en a paru aucune. » (Attribué à Pecquet, à la Beaumelle, au chevalier de Rességuier, el encore à Mme de Vieux-Maisons. I vol. petit in-i2. Amsterdam, 1745.)