‹ LettresChapitre 26 sur 125 · ADRIENNE LE COUVREUR · texte numérisé non relu

ADRIENNE LE COUVREUR

LETTRES DATEES ou POUVANT l'Être par leur contenu.

A Monsieur Clavci\

(Strasbourg? 17 lo?)

^l'^-0^E. uiens de receuoir enfin cette letre ms^ jS) tant souhaitée et pour la quelle Svijj^l j^ Notre Damme des Carmes a etée ï^y^-^) sy fort ettourdie; Je te puis assurer, mon cher amy, que je n'ay point eu de repos depuis ton départ tant par l'inquiétude ou jetois de ne point receuoir de tes

1. N<' 400 de la Collection de M. le comte de B... (amateur belge), vendue le 6 mai 1890, par M. Eugène Charavay, 4 pages in-4». Cette lettre, qui, comme la suivante, vient de Russie, appartient aujourd'hui à M. le baron de Pawell Rammingen.

2. Clavel, qui joua la comédie à Rouen, à Lille et à Strasbourg, était en 1735 à la cour de l'Electeur de Cologne. Fils de Scipion Clavel et de Judith Chevalier, il était homme d'esprit, assez bon comédien, et jouissait d'une très grande réputation de probité. (V. plus haut, p. i $ .)

C'est peut-être son fils qui est l'auteur de deux pièces imprimées en i':52 ; la Mort de Nadir, ou Thamas Koulikan, Usurpateur de l'empire de Perse, nag.,^ a. v. (Maestricht), et VEsprit acheté, comédie en i acte, en vers, parP. F. D. Clavel, cadet volontaire au régiment des mineurs, au service de L. H. P.

92 Adrienne Le Couvreur.

nouueles que celle de me uoir incommodée comme je la suis. Jespere par la suite me porter baucoup mieux puisque jay lieu de croire que tu m'aimes toujours et que tu te portes bien. Conserues toy je ten conjure tu ne scaurois me faire plus de plaisir puisque ta santé m'est aussy chère que la mienne. La Dupairé' a reçue aujourd'huy une letre de Mlle Hérissé ou elle luy parle de uous, mais en fort peu de mots. Elle dit que uous les allés uoir fort souuent, que même uous deuiés souper emsemble le jeudy prochain. Vous faites fort bien et je seray rauie daprendre que uous uous réjouissiez pouruû qu'il ny aille rien du mien et que uous ne men écriuiez pas moins pour cela. J'ay uû aussy une autre letre par laquelle jay scû queffectiuement on tachoit de uous faire rester à Paris et que uous paroissiez fort embarassé à causse de l'engagement ou uous estes auec Son Altesse Royalle. Je ne doute point que depuis que cette letre a estée écrite uous nayés pris uotre party comme uous me le marqués par la uotre et je crois même s'il faut uous lauoùer que jen suis un peu causse. Peut être me flatai-je trop, mais je crois que c'est rendre justice a mon pauure Clauel. Oûy certainement je te crois un bon cœur et par conséquent fidelle a ta pauure Le Couureur qui taime plus quelle même. Je te diray pour nouuelles que M" de Léry a hérité de soixante

I. Comédienne qui faisait partie de la même troupe qu' Adrienne Le Couvreur.

mil ecus depuis peu et cela par la mort d'une belle mère qui auoit cent trois ans. Je resçois tous les jours de nouuelles marques de sa bonté. Elle me dissoit dernièrement que pour le peu que je douttasse de toy, elle seroit ta caution. Enfin elles testime et taime infiniment et ten auroit donné des preuues plus sensible sy tu netois pas sy aimable et sy elle nauoit pas craint de faire parlé. Ce sont ces propres terme et je ny ajoute rien. Comme elle part incessament pour Paris, elle ma dit de te prier de mètre ses mules entre les mains de monsieur Moron suisse de Monsieur le comte d'Armagnac aux grandes écurie du roy. elle ma dit aussy que Madame Digny est délogée et demeure présentement chés M'= la comtesse de Loche a lostelle de Braque rue des Bernardin près la Tournelle. Jay une botte de complimens a te faire de la part de tous tes amis et entre autre du pauure Téry'. Uoila une letre que Monsieur Belfond- ma prié de mètre dans !a mienne quand je t'ecrirois pour que tu la mette a la poste a Paris, je ne consçois point pourquoy, je ne scauois même sy je la deuois prendre mais il men a tant prié que je nay pu le refusser. La Chauuert^* est aussy uenu me tourmenter pour te prier de luy raporter une per de bas de soie couleur de rosse uif et une couple

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