I. Ce billet, s'il a été écrit, manque à notre Recueil
ÉTUDE BIOGRAPHIQ UE. IÇ)
actrice, à mon gré, n'annonça de plus grands talents que les vôtres, et que, pour effacer, probablement, toutes celles qui vous ontprécédée, j'ose vous garantir qu'il ne s'agit, de votre part, que de donner aux mots la vraie valeur nécessaire à ce qu'ils doivent exprimer, surtout dans votre bouche. — Ah, monsieur! s'écria cette très estimable actrice, quelle obligation ne vous aurai-je pas, si vous aviez assez d'indulgence pour me mettre en état de me corriger de ce défaut ! et quel maître est plus en état que vous de me rendre ce très important service?
« On présume aisément que Du Marsais ' ne se fit pas longtemps prier, et que la docilité de l'écolière non seulement remplit en très peu de jours l'espérance du maître, mais que sa reconnaissance le lui attacha de façon que leur amitié subsistait encore avec la même chaleur lorsqu'une mort précipitée enleva aux vrais amateurs du théâtre cette actrice si digne des applaudissements qu'elle y recueillait toujours-. »
L'anecdote est jolie; mais, en ignorant la source, nous en suspectons l'authenticité; combien lui préférerions-nous soit un compte rendu du Nouveau Mercure, ou quelques lignes de cette Histoire journaiière de Paris pour 17 17, par Du Bois de Saint-Gelais, qui s'étend sur le séjour du Czar à Paris et parle de la Mérope représentée par les Comédiens italiens nouvellement rétablis, mais ne dit pas un mot de la débutante !
1. Du Marsais (César Chesneau), né à Marseille en 1676, avait seize ans de plus qu'Adrienne. Il mourut en 1756. Il est souvent désigné dans les Lettres de la tragédienne sous le nom du « Philosophe » .
2. P. 390 à 393. Bruxelles et Paris, Prault. 8 vol. in- 12. Recueil publié par P. A. J. de La Place, de 1781 à 1790,