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Archives de la Bastille

3. Une lettre de M. d'Ennetières de la Plaigne, du 24 février 17 jo, figurait au dossier 278 de la vente Pixérécourt (novembre 1849).

ÉTUDE BIOGRAPHICLUE. $1

Elle l'exhorte à se dédire des choses qu'il a déclarées si elles ne sont pas vraies et s'il les a inventées, lui promettant d'obtenir sa grâce. Elle lui envoie, par son laquais La Roche, trois louis d'or de vingtquatre livres, un écu de six francs, deux chemises et une bouteille d'eau de la Reine de Hongrie, avec quelques volumes qu'il lui renvoie après les avoir lus.

Grâce aux démarches de son père, le trésorier de France à Metz, qui — tout malade qu'il était — vint le chercher, Bouret est mis en liberté le 2 5 octobre 1 729. Il fait alors trois ou quatre visites à la Le Couvreur. Elle lui fit entendre, dès la première, que l'on remuait plus que jamais l'affaire pour laquelle il avait été arrêté, et qu'on pourrait le faire arrêter une seconde fois.

En effet, le bruit s'était répandu dans le public que la duchesse de Bouillon avait tenté de faire empoisonner la Le Couvreur'. L'abbé Aunillon, l'un des

I. Le mardi 18 octobre, Adrienne ^vait ]oné Phèdre, et c'est probablement à cette représentation qu'il faut rapporter l'anecdote des vers adressés à Mme de Bouillon et de l'épée jetée à Maurice. (Voir page 38.) Nous sommes sans renseignements officiels sur les incidents de cette soirée ; mais il faut remarquer qu'Adrienne resta ensuite près d'un mois sans jouer. Elle ne rep.rut que le jeudi 10 novembre, dans ce même rôle de Phèdre, et les comptes du théâtre du surlendemain 12 mentionnent une dépense de i ^ 10% d'un carrosse « pour aller chez M. de Bouillon au sujet de la livrée « . La duchesse, pour se venger de l'affront du

1 8 octobre, avait sans doute envoyé ses valets faire tapage et siffler la tragédienne. Le samedi de la semaine suivante,

19 novembre, Adrienne joue Andronic pour le début de Grandval, qui passait pour être ou avoir été du dernier bien avec la duchesse, et le lendemain 20, nous trouvons une dépense de 2 livres d'un carrosse à M. Le Grand « pour aller chez Mme de Bouillon. » Enfin, dix jours après, le mercredi 30, Adrienne joue Electre, ti le registre alloue i ^ lo" de carrosse à La Thorillière le fils « pour aller à l'hôtel de Bouillon » .

$2 Adrienne Le Couvreur.

familiers de l'hôtel de Bouillon, s'empressa d'informer la duchesse de l'accusation qui pesait sur elle. Le duc reprocha au lieutenant de police d'avoir abandonné cette affaire et d'avoir fait élargir Bouret. Par une fatalité, le père de celui-ci était retombé malade et n'avait pu l'emmener à Metz. Une nouvelle lettre de cachet le conduisit au For-l'Evêque le 23 janvier, et le lendemain, 24, il rentrait à Saint-Lazare, accusé de u poison I ou de « faux avis donné à la célèbre comédienne Le Couvreur ' t .

Adrienne, qui avait joué Horace le 21, ne reparut sur le théâtre que le samedi 4 février, dans Electre et le Florentin, devant le duc de Lorraine-. Elle resta tout un mois sans jouer, jusqu'au dimanche 5 mars (le Malade imaginaire et le Florentin, 1,524 livres). Le lundi 1 3 , elle joua Œdipe, qui^ avec le Cocher supposé, fit une recette de 1,427 livres; le lendemain, la Surprise de l'Amour à Versailles, et le mercredi 1 5, Œdipe et le Florentin. Mlle Aïssé, qui assistait avec Mme de Parabère à cette représentation (1 ,206 livres de recette), raconte qu'elle fut prise d'une dysenterie ou inflammation d'entrailles qui la força de s'aliter ^. Le vendredi 17, après une crise violente, les médecins se prononcèrent pour une hémorragie d'entrailles, et le lundi 20, Adrienne Le Couvreur mourait à onze heures du matin.

Bouret n'apprit l'événement que le surlendemain, par son père.

Le vendredi 3 1 , il subit un second interrogatoire dans lequel il confirme ses précédentes dépositions ;

1 . « L'abbé Bouret a été arrêté et conduit es prisons du For-l'Évêque, en vertu d'un ordre du Roi anticipé du même jour. Le 24 du même mois, il a été transféré des prisons du For-l'Évêque à Saint-Lazare, en vertu d'un ordre du Roi anticipé du 24 janvier 1730. » (Malivoire, exempt de robe courte, à Hérault. Archives de la Bastille.)

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