‹ Lettres apostoliques de Pie IX, Gregoire XVI, Pie VIIChapitre 16 sur 50 · BIOGRAPHIE DE PIE VII XXV · texte numérisé non relu

BIOGRAPHIE DE PIE VII XXV

au dehors, le catholicisme me conservait le pape, et, avec mon influence et nos forces en Italie, je ne désespérais pas tôt ou tard de finir par avoir à moi la direction de ce pape (1). »

Malheureusement pour la suite des bons rapports entre le pape et l'empereur Napoléon, renvoyé français à Rome, M. Cacault, dut céder sa place à l'oncle de l'empereur, le cardinal Fesch. M. Cacault était un républicain converti, fidèle à son gouvernement, plein de probité et de délicatesse envers le Saint-Siège, particulièrement aimé par le pape et le cardinal Gonsalvi. Il avait, par sa loyauté et son habileté, terminé d'une manière pacifique bien des affaires épineuses. Ce que M. Cacault avait parfaitement arrangé fut dérangé parle cardinal Fesch, qui fit même renvoyer, parle gouvernement français, un de ses secrétaires d'ambassade, le vicomte de Chateaubriand, trop appliqué à observer, vis-à-vis de la cour de Rome, le ton de déférence respectueuse dont on usait autrefois vis-à-vis d'elle. D'un autre côté, l'ambassadeur se plaignait de toutes sortes de complots qu'on fomentait à Rome contre son neveu Napoléon. Bientôt on comprit pourquoi le cardinal Fesch avait été envoyé en ambassade. Le 8 mai 1804, Napole'on fut proclamé empereur, et le nouveau souverain témoigna le désir d'être sacré par le pape. On hésita longtemps dans le Sacré Collège à répondre à ce désir ; enfin on se détermina pour l'affirmative, et le 2 novembre 1804, le pape quitta Rome et rencontra, le 25 du même mois, Napoléon à Fontainebleau. Il entra le 28 à Paris, et sacra solennellement l'empereur dans la cathédrale, le 2 décembre. Napoléon se mit lui-même la couronne sur la tête.

Le pape voulut profiter de l'occasion pour demander au nouvel empereur le retrait de plusieurs décrets nuisibles à l'Eglise, mais il ne réussit qu'en partie, en obtenant, par exemple, le rétablissement des Sœurs de Charité, des Lazaristes et des prêtres des Missions étrangères.

Après avoir terminé ses affaires à Paris, Pie VII voulut retourner dans ses Etats; mais Napoléon le retint une semaine après l'autre, et finit par lui suggérer la pensée de résider dorénavant à Avignon. On faisait pressentir au pape, en cas de refus, la possibilité d'une captivité prolongée. Mais Pie VII ayant craint, dès son départ de Rome, qu'on ne le retînt violemment en France, avait, pour le cas échéant, dépose' en Sicile un acte formel de résignation du trône pontifical. Il fit pressentir cette résolution extrême en ajoutant que, si on le retenait, on n'aurait entre les mains que le moine Barnabe Chiaramonti. Cet argument produisit son effet, et, le soir du même jour, le pape obtint la permission de partir. Pie VII rentra dans Rome le 6 mai 1805, à la grande satisfaction de ses sujets, et peu de temps après, Napoléon lui envoya en cadeau une magnifique tiare pontificale. Mais à peine Pie Vil était-il de retour, que de nou-

(1) Sentiments de Napoléon sur la Divinité, pensées recueillies à Sainte- Hélène, par M. le comte de Montholon. et publiées par M. le chevi.uk>*de Beauternè, Paris, Ve édit., p. 43-44.

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