‹ Lettres apostoliques de Pie IX, Gregoire XVI, Pie VIIChapitre 18 sur 50 · BIOGRAPHIE DE PIE VII XXVII · texte numérisé non relu

BIOGRAPHIE DE PIE VII XXVII

Pacca. Plus Pie VII s'approchait de la France, plus l'enthousiasme des peuples, en le voyant, redoublait, tandis que le gouvernement français ne lui accordait même pas la permission d'aller visiter, en passant à Valence, la tombe de son prédécesseur. De Valence, Pie VII fut ramené en Italie, et on lui assigna pour prison Savone, près de Gènes. En môme temps, tous les cardinaux furent convoqués à Paris, et, par un décret du 7 février 1810, les Etats de l'Eglise furent incorporés à l'Empire. On allait célébrer le mariage de l'empereur avec l'archiduchesse d'Autriche, Marie-Louise (2 avril 1810). Vingt-six cardinaux, présents à Paris, assistèrent à la cérémonie du mariage civil, mais il n'y en eut que treize au mariage religieux. Ceux qui s'étaient abstenus furent bannis de Paris, et il leur fut défendu de porter la pourpre à l'avenir. On les nomma les cardinaux noirs, par opposition aux cardinaux rouges, qui s'étaient montrés plus dévoués aux intérêts de l'empire français qu'à ceux de l'Eglise. Le cardinal Pacca n'était ni parmi les uns, ni parmi les autres, car il était captif à Fenestrelle, et le pape se trouvait privé non seulement du concours de son ministre, mais de l'assistance de tous ses serviteurs, même de celle de son confesseur. Pie VII continuait à résister aux exigences de l'empereur, qui s'oublia au point de faire enlever au pape tous ses livres, même son bréviaire, et donna l'ordre de ne plus dépenser à l'avenir, pour l'entretien du pape, que 5 paoli (3 fr. 20; le vieux paolo valait 0 fr. 64). Mais cet ordre absurde et ridicule ne dura que deux semaines, et le peuple de Savone montra d'autant plus d'attachement au pape que l'empereur lui infligeait plus d'humiliations et d'outrages. Le 14 janvier 1811, Napoléon fit déclarer au pape qu'il avait cessé d'être le chef de l'Eglise catholique, et qu'il allait user du pouvoir qu'avaient exercé ses prédécesseurs, les empereurs romains, en destituant et instituant les papes. Il faisait cette menace pour obtenir de Pie VII la confirmation des évêques qu'il avait illégalement institués, mais le pape demeura inébranlable. Napoléon appela alors en Conseil quelques cardinaux, un certain nombre d'évèques et d'abbés, autour de lui, aux Tuileries. Il ouvrit lui-même la séance par une vive sortie contre Pie VII. Les prélats gardèrent le silence. Seul, l'abbé Emery, supérieur de Saint- Sulpice, âgé de quatre-vingts ans, aussi vertueux que savant, eut le courage de dire franchement la vérité au redoutable César. Napoléon, loin d'en vouloir au noble vieillard, comme le pensaient en tremblant les prélats consultés, approuva tellement la hardiesse de M. Emery qu'il dit, en s'adressant au cardinal Fesch : « Vous êtes un ignorant; allez trouver l'abbé Emery et faites-vous instruire par lui dans les questions canoniques. » Cependant, Napoléon ne suivit pas l'avis de M. Emery, qui mourut bientôt après.

L'empereur, mal conseillé, convoqua à Paris, en 1811, un concile national composé des évêques de l'empire français et du royaume d'Italie. Le cardinal Fesch présida l'assemblée, et il eut, cette fois, le courage d'ouvrir le concile en lisant la profession de foi du concile de Trente, et en prêtant le serment d'obéissance envers le pape.

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