‹ Lettres apostoliques de Pie IX, Gregoire XVI, Pie VIIChapitre 25 sur 50 · SYLLABUS (RÉSUMÉ · texte numérisé non relu

SYLLABUS (RÉSUMÉ

DES PRINCIPALES ERREURS DE NOTRE TEMPS SIGNALEES DANS LES ALLO- CUTIONS CONSISTORIALES, ENCYCLIQUES ET AUTRES LETTRES APOSTO- LIQUES DE NOTRE TRÈS SAINT-PERE LE PAPE PIE IX

§ I. — Panthéisme, naturalisme et rationalisme absolu.

I. 11 n'existe aucun Etre divin, suprême, parfait dans sa sagesse et sa providence, qui soit distinct de l'universalité des choses ; Dieu est identique à la nature des choses, et par conséquent assujetti aux changements; Dieu, par cela même, se fait dans l'homme et dans le monde ; tous les êtres sont Dieu et ont la propre substance de Dieu. Dieu est ainsi une seule et même chose avec le inonde, et conséquemment l'esprit avec la matière, la nécessité avec la liberté, le vrai avec le faux, le bien avec le mal, et le juste avec l'injuste. (Alloc. Maxima quidcm du 9 juin 1862.)

II. On doit nier toute action de Dieu sur les hommes et sur le monde. (Alloc. Maxima quidem du 9 juin 1862.)

III. La raison humaine, considérée sans aucun rapport à Dieu, est l'unique arbitre du vrai et du faux, du bien et du mal; elle est à ellemême sa loi, elle suffit par ses forces naturelles pour procurer le bien des hommes et des peuples. (Alloc. Maxima quidem du 9 juin 1862.

IV. Toutes les vérités de la religion découlent de la force native de la raison humaine; d'où il suit que la raison est la règle souveraine d'après laquelle l'homme peut et doit acquérir la connaissance de toutes les vérités de toute espèce. (Encycl. Qui pluribus du 9 novembre 1846. — Encycl. Sinqulari quidem du 17 mars 1856. — Alloc. Maxima quidem du 9 juin 1862.)

V. La révélation divine est imparfaite, et par conséquent sujette à un progrès continuel et indéfini qui répond au développement de la raison humaine. (Encycl. Qui pluribus du 9 novembre 1846. — Alloc. Maxima quidem du 9 juin 1862.)

VI. La foi du Christ est en opposition avec la raison humaine, et la révélation divine non seulement ne sert de rien, mais elle nuit à la perfection de l'homme. (Encycl. Qui pluribus du 9 novembre 1846. — Alloc. Maxima quidem du 9 juin 1862.)

VII. Les prophéties et les miracles exposés et racontés dans les saintes Ecritures sont des fictions poétiques et les mystères de la foi chrétienne sont le résumé d'investigations philosophiques ; dans les livres des deux Testaments sont contenues des inventions mythiques, et Jésus lui-même est un mythe. (Encycl. Qui pluribus du 9 novembre 1846. — Alloc. Maxima quidem du 9 juin 1862.)

| II. — Rationalismus moderatus.

VIII — Quum ratio humana ipsi religioni asquiparetur, idcirco theologicae disciplinée perinde ac philosophicae tractandae sunt. (Alloc. Singulari quadam perfusi 9 decembris 4854.)

IX. Omnia indiscriminatim dogmata religionis christianœ sunt objectum naturalis scientiae seu philosophiœ ; et humana ratio historiée tantum exculta potest ex suis naturalibus viribus et principiis ad veram de omnibus etiam reconditioribus dogmatibus scientiam pervenire, modo hœc dogmata ipsi rationi tanquam objectum proposita fuerint. (Epist. ad archiep. Frising. Gravissimas 11 decembris 1862. — Epist. ad eumdem Tuas libenter 21 decernbris 1863.)

X. Quum aliud sit philosophus, aliud philosophia, ille jus et officium habet se submittendi auctoritati, quam veram ipse probaverit; et philosophia neque potest, neque débet ulli sese submittere auctoritati. (Epist. ad archiep. Frising. Gravissimas 11 decembris 1862. — Epist. ad eumdem Tuas libenter 21 decembris 1863.)

XI. Ecclesia non soïum non débet in philosophiam unquam animadvertere, verum etiam débet ipsius philosophise tolerare errores, eique relinquere ut ipsa se corrigat. (Epist. ad archiep. Frising. Gravissimas 11 decembris 1862.)

XII. Apostolicae Sedis, Romanarumque congregationum décréta liberum scientise progressum impediunt. (Epist. ad archiep. Frising. Tuas libenter 21 decembris 1863.)

XIII. Methodus et principia, quibus antiqui doctores scholastici theologiam excoluerunt temporum nostrorum necessitatibus scientiarumqueprogressui minime congruunt. (Epist. ad archiep. Frising. Tuas libenter 21 decembris 1863.)

XIV. Philosophia tractanda est, nulla supernaturalis revelationis habita ratione. (Epist. ad archiep. Frising. Tuas libenter

21 decembris 1863.)

N. B. Cum rationalismi systemate cohœrent maximam partem errores Àntonii Gùnther, qui damnatur in Epist. ad card. archiep. Coloniensem Eximiam tuant 15 junii 1847, et in Epist. ad episc. Wratislaviensem Dolore haud mediocri 30 aprilis 1860."

| III — IndifferentismuSy Latitudinarismus

XV. Liberum cuique homini est eam amplecti ac profiteri religionem, quam rationis lumine quis ductus veram putaverit. (Litt. apost. Multipliées inter 10 junii 1851. — Alloc. Maxima quidem 9 junii 1862.)

XVI. Homines in cujusvis religionis cultu viam œternae salutis

c QUANTA CURA », 8 DÉCEMBRE 1864 21

§11. — Rationalisme modéré.

VIII. Comme la raison humaine est égale à la religion elle-même, les sciences théologiques doivent être traitées comme les sciences philosophiques. (Alloc. Singulari quadamperfusi du 9 décembre 1854.)

IX. Tous les dogmes de la religion chrétienne sans distinction sont l'objet de la science naturelle ou philosophie; et la raison humaine, n'ayant qu'une culture historique, peut, d'après ses principes et ses forces naturelles, parvenir à une vraie connaissance de tous les dogmes, même les plus cachés, pourvu que ces dogmes lui aient été proposés comme objet. (Lettre à l'archevêque de Freising : Gravissimas, du H décembre 18G2. — Lettre au même : Tuas libenter, du 21 décembre 1863.)

X. Comme autre chose est le philosophe et autre chose la philosophie, celui-là a le droit et le devoir de se soumettre à une autorité qu'il a reconnue lui-même être vraie; mais la philosophie ne peut ni ne doit se soumettre à aucune autorité. (Lettre à l'archevêque de Freising : Gravissimas, du 11 décembre 1862. — Lettre au même : Tuas libenter, du 21 décembre 1863.)

XI. L'Eglise non seulement ne doit dans aucun cas, sévir contre la philosophie, mais elle doit tolérer les erreurs de la philosophie et lui abandonner le soin de se corriger elle-même. (Lettre à l'archevêque de Freisirfg : Gravissimas, du 11 décembre 1862.)

XII. Les décrets du Siège Apostolique et des congrégations romaines empêchent le libre progrès de la science. (Lettre à l'archevêque de Freising : Tuas libenter , du 21 décembre 1863.)

XIII. La méthode et les principes d'après lesquels les anciens docteurs scolastiques ont cultivé la théologie, ne conviennent plus aux nécessités de notre temps et au progrès des sciences. (Lettre à l'archevêque de Freising : Tuas libenter, du 21 décembre 1863.)

XIV. On doit s'occuper de philosophie, sans tenir aucun compte de la révélation surnaturelle. (Lettre à l'archevêque de Freising : Tuas libenter, du 21 décembre 1863.)

N. B. Au système du rationalisme se rapportent, pour la majeure partie, les erreurs d'Antoine Gûnther, qui sont condamnées dans la lettre au cardinal-archevêque de Cologne : Eximiam tuam, du 15 juin 1857, et dans la lettre à TévêquedeBreslau : Dolore haud mediocri, du 30 avril 1860.

§ III. — Indifférentisme, Latitudinarisme.

XV. Il est libre à chaque homme d'embrasser et de professer la religion qu'il aura réputée vraie d'après la lumière de la raison. (Lettres apostoliques : Multipliées inter,dn 10 juin 1851. — Alloc. Maxima quidem du 9 juin 1862.)

XVI. Les hommes peuvent trouver le chemin du salut éternel et

reperire seternamque salutem assequi possunt. (Epist. encycl. Qui pluribus 9 novembris 1846. — Alloc. Ubi primum 17 decembris 1847. — Epist. encycl. Singulari quidem 17 martii 1856.)

XVII. Saltem bene sperandum est de œterna illorum omnium salute, qui in vera Ghristi Ecclesia nequaquam versantur. (Alloc. Singulari quadam 9 decembris 1854. — Epist. encycl. Quanto conftciamur 17 augusti 1863.)

XVIII. Protestantismus non aliud est quam diversa verae ejusdem christianse religionis forma, in qua seque ac in Ecclesia catholica Deo placere datum est. Epist. encycl. Noscitis et nobiscum 8 decembris 1849.)

| IV. — Socialismus, Communismus , Societates clandestines, Societates biblicœ, Societates clerico-liberales.

Ejusmodi pestes sœpe gravissimisque verborum formulis reprobantur in Epist. encycl. Qui pluribus 9 novemb. 1846; in Alloc. Quibus quantisque 20 april. 1849; in Epist. encycl. Noscitis et nobiscum 8 dec. 1849 ; in Alloc. Singulari quadam 9 decemb. 1854 ; in Epist. encycl. Quanto conftciamur mœrore 10 augusti 1863.

§ V. — Errores de Ecclesia ejusque juribus.

XIX. Ecclesia non est vera perfectaque societas plane libéra, nec pollet suis propriis et constantibus juribus sibi a divino suo Fundatore collatis : sed civilis potestatis est definire quae sint Ecclesiœ jura ac limites, intra quos eadem jura exercere queat. (Alloc. Singulari quadam 9 decembris 1854. — Alloc. Multis gravibusque 17 decembris 1860. — Alloc. Maxima quidem 9 junii 1862.)

XX. Ecclesiastica potestas suam auctoritatem exercere non débet absque civilis gubernii venia et assensu. (Alloc. Meminit unusquisque 30 septembres 1861.)

XXI. Ecclesia non habet potestatem dogmatice definiendi religionem catholicœ Ecclesiœ esse unice veram religionem. (Litt. apost. Multiplices inter 10 junii 1851.)

XXII. Obligatio, qua catholici magistri et scriptores omnino adstringuntur, coarctatur in iis tantum, quse ab infallibili Ecclesiae judicio veluti fidei dogmata ab omnibus credenda proponuntur. (Epist. ad archiep. Frising. Tuas libenter 21 decembris 1863.)

XXIII. Romani Pontifices et Concilia œcumenica a limitibus suœ potestatis recesserunt, jura principum usurparunt, atque etiam in rébus fidei et morum definiendis errarunt. (Litt. apost. Multiplices inter 10 junii 1851.)

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