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XXXVI. Nationalis concilii definitio nullam aliam admittit

pouvoir temporel direct ou indirect. (Lettre apostolique Ad apostolicœ du 22 août 1851.)

XXV. En dehors du pouvoir inhérent à l'épiscopat, il y a un pouvoir temporel qui lui a été concédé ou expressément ou tacitement par l'autorité civile, révocable par conséquent à volonté par cette même autorité civile. (Lettre apostolique Ad apostolicœ du 22 août 1851.)

XXVI. L'Eglise n'a pas le droit naturel et légitime d'acquérir et de posséder. (Àlloc. Nunquam fore du 15 décembre 1856. — Encycl. Incredibili du 17 septembre 1863.)

XXVII. Les ministres sacrés de l'Eglise et le Pontife Romain doivent être exclus de toute gestion et autorité sur les choses temporelles. (Alloc. Maxima quidem du 9 juin 1862.)

XXVIII. Il n'est pas permis aux évêqucs de publier même les Lettres apostoliques, sans la permission du gouvernement. (Alloc. Nunquam fore du 15 décembre 1856.)

XXIX. Les grâces accordées par le Pontife Romain doivent être regardées comme nulles, si elles n'ont pas été demandées par l'entremise du gouvernement. (Alloc. Nunquam fore du 15 décembre 1856.)

XXX. L'immunité de l'Eglise et des personnes ecclésiastiques tire son origine du droit civil. (Lettre apostolique Multipliées inter du 10 août 1851.)

XXXI. Le for ecclésiastique pour les procès temporels des clercs, soit au civil, soit au criminel, doit absolument être aboli, même sans consulter le Siège Apostolique et sans tenir compte de ses réclamations. (Alloc. Acerbissimum du 27 septembre 1852. — Alloc. Nunquam fore du 15 décembre 1856.)

XXXII. L'immunité personnelle, en vertu de laquelle les clercs sont exempts de la milice, peut être abrogée sans aucune violation de l'équité et du droit naturel. Le progrès civil demande cette abrogation surtout dans une société constituée d'après une législation libérale. (Lettre à l'évêque de Montréal: Singularis nobisque, du 29 septembre 1864.)

XXXIII. 11 n'appartient pas uniquement de droit propre et naturel à la juridiction ecclésiastique de diriger l'enseignement des choses théologiques. (Lettre à l'archevêque de Freising : Tuas libenterf du 21 décembre 1863.)

XXXIV. La doctrine de ceux qui comparent le Pontife Romain à un prince libre et exerçant son pouvoir dans l'Eglise universelle, est une doctrine qui a prévalu au moyen âge. (Lettre apostolique Ad apostolicœ du 22 août 1851.)

XXXV. Rien n'empêche que par un décret d'un concile général ou par le fait de tous les peuples le souverain pontificat soit transféré de l'Evêquc romain et de la ville de Rome à un autre évoque et à une autre ville. (Lettre apostolique Ad apostolicœ du 22 août 1851.)

XXXVI. La définition d'un concile national n'admet pas d'auîre dis-

aisputationem, civilisque administratio rem ad hosce terminos exigere potest. (Litt. apost. Ad apostolicœ 22 augusti 1851.)

XXXVII. Institui possunt nationales Ecclesiae ab auctoritate Romani Pontificis subductae planeque divisa?. (Alloc. Multis gravibusque 17 decembris 1860. — Alloc. Jamdudum ceniimus 18 martii 1861.)

XXXVIII. Divisioni Ecclesiae in orientalem atque occidentalem nimia Romanorum Pontificum arbitria contulerunt (Litt. apost. Ad apostolicœ 22 augusti 1851.)

§ VI. — Errores de societale civili tum in se, tum in suis Ecclesiam

relationibus spectata.

XXXIX. Reipublicae status, utpote omnium jurium origo et fons, jure quodam pollet nullis circumscripto limitibus. (Alloc. Alaxima quidem 9 junii 1862.)

XL. Catholicae Ecclesiae doctrina humanae societatis bono et commodis adversatur. (Epist. encycl. Qui pluribus 9 novembris 1846. — Alloc. Quibus quantisque 20 aprilis 1849.)

XLI. Civili potestati vel abinfideli imperante exercitae competit potestas indirecta negativa in sacra; eidem proinde competit nedum jus quod vocant exequatur, sed etiam jus appellationis, quam nuncupant ab abusu. (Litt. apost. Ad apostolicœ 22 augusti 1851.)

XLII. In conflictu legum utriusque potestatis, jus civile praevalet. (Litt. apost. Ad apostolicœ 22 augusti 1851.)

XLIII. Laica potestas auctoritatem habet rescindendi, declarandi ac faciendi irritas solemnesconventiones (vulgo Concordata) super usu jurium ad ecclesiasticam immunitatem pertinentium cum Sede Apostolica initas. sine hujus consensu, imo et ea reclamante. (Alloc. In consistoriali 1 novembris 1850. — Alloc. Multis gravibusque 17 decembris 1860.)

XLIV. Civilis auctoritas potest se immiscere rébus quae ad religionem, mores et regimen spirituale pertinent. Hinc potest de instructionibus judicare, quas Ecclesiae pastores ad conscientiarum normam pro suo munere edunt; quin etiam potest de divinorum sacramentorum administratione et dispositionibus ad ea suscipienda necessariis decernere. (Alloc. In consistoriali 1 novembris 1850. — Alloc. Maxima quidem 9 junii 1862.)

XLV. Totum scholarum publicarum regimen, in quibus juventus christianae alicujus Reipublicae instituitur, episcopalibus duntaxat seminariis aliqua ratione exceptis, potest ac débet attribui auctoritati civili, et ita quidem attribui, ut nullum alii cuicumque auctoritati recognoscatur jus immiscendi se in disciplina scholarum, in regimine studiorum, in graduum collatione,

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cussion, et l'administration civile peut exiger qu'on traite dans ces limites. (Lettre apostolique Ad apostolicœ du 22 août 1851.)

XXXVII. On peut instituer des Eglises nationales soustraites à l'autorité du Pontife Romain et pleinement séparées de lui. (Alloc. Multis gravibusque, 17 décembre 1860. — Alloc. Jamdudum cernimus, 18 mars 1861.)

XXXVIII. Trop d'actes arbitraires de la part des Pontifes Romains ont poussé à la division de l'Eglise en orientale et occidentale. (Lettre apostolique Ad apostolicœ du 22 août 1851.)

g VI. — Erreurs relatives à la société civile, considérée soit en elle-même, soit dans ses rapports avec l'Eglise.

XXXIX. L'Etat, comme étant l'origine et la source de tous les droits, jouit d'un droit qui n'est circonscrit par aucune limite. (Alloc. Maxima quidem du 9 juin 1862.)

XL. La doctrine de l'Eglise catholique est opposée au bien et aux intérêts de la société humaine. (Encycl. Qui pluribus du 9 novembre 1846. — Alloc. Quibus quantisque du 20 avril 1849.)

XLI. La puissance civile, même quand elle est exercée par un prince infidèle, possède un pouvoir indirect négatif sur les choses sacrées. Elle a par conséquent non seulement le droit qu'on appelle d'exequatur. mais encore le droit qu'on nomme d'appel comme d'abus. (Lettre apostolique Ad apostolicœ du 22 août 1851.)

XLII. En cas de conflit légal entre les deux pouvoirs, le droit civil prévaut. (Lettre apostolique Ad apostolicœ du 22 août 1851.)

XLIII. La puissance laïque a le pouvoir de casser, de déclarer et rendre nulles les conventions solennelles (concordats) conclues avec le Siège Apostolique, relativement à l'usage des droits qui appartiennent à l'immunité ecclésiastique, sans le consentement de ce Siège et malgré ses réclamations. (Alloc. In consistoriali du 1er novembre 1850. — Alloc. Multis gravibusque du 17 décembre 1860.)

XLIV. L'autorité civile peut s'immiscer dans les choses qui regardent la religion, les mœurs et le régime spirituel. D'où il suit qu'elle peut juger des Instructions que les pasteurs de l'Eglise publient, d'après leur charge, pour la règle des consciences; elle peut même décider sur l'administration des sacrements et les dispositions nécessaires pour les recevoir. (Alloc. In consistoriali du 1er novembre 1850. — Alloc. Maxima quidem du 9 juin 1862.)

XLV. Toute la direction des écoles publiques dans lesquelles la jeunesse d'un Etat chrétien est élevée, si l'on en excepte dans une certaine mesure les séminaires épiscopaux, peut et doit être attribuée à l'autorité civile, et cela de telle manière qu'il ne soit reconnu à aucune autre autorité le droit de s'immiscer dans la discipline des écoles, dans le régime des études, dans la collation des grades, dans le choix ou l'approbation

in delectu aut approbatione magistrorum. (Alloc. In Consistoriali 1 novembris 1850. — Alloc. Quibus luctuosissimis 5 septembres 1851.)

XLVI. Imo in ipsis clericorum seminariis methodus studiorum adhibenda civili auctoritati subjicitur. (Alloc. Nunquam fore 15 decembris 1854.)

XLVII. Postulat optima civilis societatis ratio, ut populares scholae, quae patent omnibus cujusque e populo classis pueris, ac publica universim instituta, quae litteris severioribusque disciplinis tradendis et educationi juventutis curandae sunt destinata, eximantur ab omni Ecclesiae auctoritate, modératrice vi et ingerentia, plenoque civilis ac politicae auctoritatis arbitrio subjiciantur ad imperantium placita et ad communionem aetatis opinionum amussim. (Epist. adarcbiep. Friburg. Quumnon sine 14 julii 1864.)

XLVIII. Catholicis viris probari potest ea juventutis instituendae ratio, quae sit a catholica fide et ab Ecclesiae potestate sejuncta, quaeque rerum duntaxat naturalium scientiam ac terrenœ socialis vitae fines tantummodo vel saltem primarium spectet. (Epist. ad archiep. Friburg. Quum non sine 14 julii 1864.).

XLIX. Civilis auctoritas potest impedire quominus sacrorum antistites et fidèles populi cum Romano Pontifice libère ac mutuo communicent. (Alloc. Maxima quidem 9 junii 1862.)

L. Laica auctoritas habet per se jus praesentandi episcopos et potest ab illis exigere ut ineant diœcesum procurationem antequam ipsi canonicam a S. Sede institutionem et Apostolicas Litteras accipiant. (Alloc. Nunquam fore 15 decembris 1856.)

LI. Imo laicum gubernium habet jus deponendi ab exercitio pastoralis ministerii episcopos, neque tenetur obedire Romano Pontifici in iis quae episcopatum et episcoporum respiciunt institutionem. (Litt. Apost. Multipliées inter 10 junii 1851. — Alloc. Acerbissimum 27 scptembris 1852.)

LU. Gubernium potest suo jure immutare œtatem ab Ecclesia praescriptam pro religiosa tam mulierum quam virorum professione, omnibusque religiosis familiis indicere, ut neminem sine suo permissu ad solemnia vota nuncupanda admittant. (Alloc. Nunquam fore 15 decembris 1856.)

LUI. Abrogandae sunt leges quse ad religiosarum familiarum statum tutandum, earumque jura et officia pertinent ; imo potest civile gubernium iis omnibus auxilium prœstare, qui asuscepto religiosae vitae instituto deficere ac solemnia vota frangere velint ; pariterque potest, religiosas easdem familias perinde ac collegiatas Ecclesias et bénéficia simplicia etiam juris patronatus penitus extinguere, illorumque bona et reditus civilis potestatis

des maîtres. (Alloc. In consistoriali du 1er novembre 1850. — Alloc. Quibus luctuosissimis du 5 septembre 1851.)

XLVI. Bien plus, même dans les séminaires des clercs, la méthode à suivre dans les études est soumise à l'autorité civile. (Alloc. Nunguam fore du 15 décembre 1856.)

XLVII. La bonne constitution de la société civile demande que les écoles populaires, qui sont ouvertes à tous les enfants de chaque classe du peuple, et en général que les institutions publiques destinées aux lettres, à une instruction supérieure et à une éducation plus élevée de la jeunesse, soient affranchies de toute autorité de l'Eglise, de toute influence modératrice et de toute ingérence de sa part, et qu'elles soient pleinement soumises à la volonté de l'autorité civile et politique, suivant le désir des gouvernants et le courant des opinions générales de l'époque. (Lettre à l'archevêque de Fribourg: Quum non sine du 14 juillet 1864.)

XLVIII. Des catholiques peuvent approuver un système d'éducation en dehors de la foi catholique et de l'autorité de l'Eglise et qui n'ait pour but, ou du moins pour but principal, que la connaissance des choses purement naturelles et la vie sociale sur cette terre. (Lettre à l'archevêque de Fribourg : Quum non sine, du 14- juillet 1864.)

XLIX. L'autorité séculière peut empêcher les évêques et les fidèles de communiquer librement entre eux et avec le Pontife Romain. (Alloc. Maxima quidem du 9 juin 1862.)

L. L'autorité séculière a par elle-même le droit de présenter les évêques et peut exiger d'eux qu'ils prennent en main l'administration de leurs diocèses avant qu'ils aient reçu du Saint-Siège l'institution canonique et les Lettres Apostoliques. (Alloc. Nunquam fore du 15 décembre 1856.)

LI. Bien plus, la puissance séculière a le droit d'interdire aux évêques l'exercice du ministère pastoral, et elle n'est pas tenue d'obéir au Pontife Romain en ce qui concerne l'institution des évêchés et dés évêques. (Lettre apostolique Multipliées inter du 10 juin 1851. — Alloc. Acerbissimum du 27 septembre 1852.)

LU. Le gouvernement peut, de son propre droit, changer l'âge prescrit pour la profession religieuse, tant des femmes que des hommes, et enjoindre aux communautés religieuses de n'admettre personne aux vœux solennels sans son autorisation. (Alloc. Nunquam fore du 15 décembre 1856.)

LUI. On doit abroger les lois qui protègent l'existence des familles religieuses, leurs droits et leurs fonctions; bien plus la puissance civile peut donner son appui à tous ceux qui voudraient quitter l'état religieux qu'ils avaient embrassé et enfreindre leurs vœux solennels ; de même elle peut supprimer complètement ces mêmes communautés religieuses, aussi bien que les églises collégiales et bénéfices simples, même de droit de patronage, attribuer et soumettre leurs biens et revenus à l'adminis-

administration^ et arbitrio subjicere et vindicare. (Alloc; Acerbissimum 27 septembris 1852. — Alloc. Probe memineritis 22 januarii 1855. — Alloc. Cum sœpe 26 julii 1855.)

LIV. Reges et principes non solum ab Ecclesiae jurisdictione eximuntur, verum etiam in quœstionibus jurisdictionis dirimendis superiores sunt Ecclesia (Litt. apost. Multipliées inter 10 junii 1851.)

LV. Ecclesia a Statu, Statusque ab Ecclesia sejungendus est. (Alloc. Acerbissimum 27 septembris 1852.)

| VII. — Errores de ethica naturali et Christiana.

LVI. Morum leges divina haud egent sanctione, minimeque opus est ut humanas leges ad naturae jus conformentur aut obligandi vim a Deo accipiant. (Alloc. Maxima quidem 9 }\mii 1862.)

LVII. Philosopbicarum rerum morumque scientia, itemque civiles leges possunt et debent a divina et ecclesiastica auctoritate declinare. (Alloc. Maxima quidem 9 junii 1862.

LVIII. Alias vires non sunt agnoscendee nisi illse quae in materia positae sunt, et omnis morum disciplina honestasque collocari débet in cumulandis et augendis quovis modo divitiis ac in voluptatibus explendis (Alloc. Maxima quidem 9 junii 1862. — Epist. encycl. Quanto conftciamur 10 augusti 1863.)

LIX. Jus in materiali facto consistit, et omnia humana officia sunt nomen inane, et omnia humana facta juris vim habent. (Alloc. Maxima quidem 9 junii 1862.)

LX. Auctoritas nihil aliud est nisi numeri et materialium virium summa. (Alloc. Maxima quidem 9 junii 1862.)

LXI. Fortunata facti injustitia nullum juris sanctitati detrimentum afïert. (Alloc. Jamdudum cernimus 18martii 1861.)

LXII. Proclamandum est et observandum principium quod vocant de non interventu. (Alloc. Novos et ante 28 septembris 1860.)

LXIII. Legitimis principibus obedientiam detrectare, imo et rebellare licet. (Epist. encycl. Quipluribus9 novembris 1846. — Alloc. Quisque vestrum 4 octobris 1847. — Epist. encycl. Noscitis et nobiscum 8 decembris 1849. — Litt. apost. Cum catholica 26 martii 1860.)

LXIV. Tum cujusque sanctissimi juramenti violatio, tum quselibet scelesta flagitiosaque actio sempiternœ legi repugnans, non solum haud est improbanda, verum etiam omnino licita, summisque laudibus efferenda, quando id pro patriœ amore agatur. (Alloc. Quibus quantisque 20 aprilis 1849.)

tration et à la volonté de l'autorité civile. (Alloc. Acerbissimum du 27 septembre 1852. — Alloe. Probe memineritis du 22 janvier 1855. — Alloc. Cum sœpe du 26 juillet 1855.)

LIV. Les rois et les princes, non seulement sont exempts de la juridiction de l'Eglise, mais même ils sont supérieurs à l'Eglise quand il s'agit de trancher les questions de juridiction. (Lettre apostolique Multipliées inter du 10 juin 1851.)

LV. L'Eglise doit être séparée de l'Etat, et l'Etat séparé de l'Eglise. (Alloc. Acerbissimum du 27 septembre 1852.)

§ VII. Erreurs concernant la morale naturelle et chrétienne.

LVI. Les lois de la morale n'ont pas besoin de la sanction divine, et il n'est pas du tout nécessaire que les lois humaines se conforment au droit naturel ou reçoivent de Dieu le pouvoir d'obliger. (Alloc. Maxima quidem du 9 juin 1862.)

LVII. La science des choses philosophiques et morales, de même que les lois civiles, peuvent et doivent être soustraites à l'autorité divine et ecclésiastique. (Alloc. Maxima quidem du 9 juin 1862.)

LVIII. 11 ne faut reconnaître d'autres forces que celles qui résident dans la matière, et tout système de morale, toute honnêteté doit consister à accumuler et augmenter ses richesses de toute manière, et à se livrer aux plaisirs. (Alloc. Maxima quidem du 9 juin 1862. — Lettre enclyc. Quanto conficiamur du 10 août 1863.)

L1X. Le droit consiste dans le fait matériel ; tous les devoirs des hommes sont un mot vide de sens, et tous les faits humains ont force de droit. (Alloc. Maxima quidem du 9 juin 1862.)

LX. L'autorité n'est autre chose que la somme du nombre et des forces matérielles. (Alloc. Maxima quidem du 9 juin 1862.)

LXI. Une injustice défait couronnée de succès ne préjudicie nullement à la sainteté du droit. (Alloc. Jamdudum cernimus du 18 mars 1861.)

LXII. On doit proclamer et observer le principe de non-intervention . (Alloc. A'oros et ante du 28 septembre 1860.)

LXIII. Il est permis de refuser l'obéissance aux princes légitimes et même de se révolter contre eux. (Lettre encycl. Qui pluribus du 9 novembre 1846. — Alloc. Quisque vestrum 4 octobre 1847. — Lettre encycl. Noscitis et nobiscum du 8 décembre 1849. — Lettre apostolique Cum catholica du 26 mars 1860.)

LXIV. La violation d'un serment, quelque saint qu'il soit, et toute action criminelle et honteuse opposée à la loi éternelle, non seulement ne doit pas être blâmée, mais elle est tout à fait licite et digne des plus grands éloges, quand elle est inspirée par l'amour de la patrie. (Alloc. Quibus quantisque du 20 avril 1849.)

§ VIII. — Errores de matrimonio christiano.

LXV. Nulla ratione ferri potest, Christum evexisse matrimonium ad dignitatem sacramenti. (Litt. apost. Ad apostolicœ 22 augusti 1851.)

LXVI. Matrimonii sacramentum non est nisi quid contractui accessorium ab eoque separabile, ipsumque sacramentum in una tantum nuptiali benedictione situm est. (Litt. apost. Ad apostolicœ 22 augusti 1851.)

LXVII. Jure naturœ matrimonii vinculum non est indissolu- Dile, et in variis casibus divortium proprie dictum auctoritate civili sanciri potest. (Litt. apost. Ad apostolicœ 22 augusti 1851. — Alloc. Acerbissimum 27 septembris 1852.)

LXVIII. Ecclesia non habet potestatem impedimenta matrimonium dirimentia inducendi, sed ea potestas civili auctoritati competit, a qua impedimenta existentia tollenda sunt. (Litt. apost. Multipliées inter 10 junii 1851.)

LXIX. Ecclesia sequioribus sseculis dirimentia impedimenta inducere cœpit, non jure proprio, sed illo jure usa, quod a civili potestate mutuata erat. (Litt. apost. Ad apostolicœ 22 augusti 1851.) '

LXX. Tridentini canones qui anathematis censuram illis inferunt qui facultatem impedimenta dirimentia inducendi Ecclesiae negare audeant, vel non sunt dogmatici vel de hac mutuata potestate intelligendi sunt. (Litt. apost. Ad apostolicœ 22 augusti 1851.)

LXXI. Tridentini forma sub infirmitatis pœna non obligat, ubi lex civilis aliam formam prasstituat, et velit ac nova forma interveniente matrimonium valere. (Litt. apost. Ad apostolicœ 22 augusti 1851.)

LXXII. Bonifacius VIII votum castitatis in ordinatione emissum nuptias nullas reddere primus asseruit. (Litt. apost. Ad apostolicœ 22 augusti 1851.)

LXXIII. Vi contractus mère civilis potest inter christianos constare veri nominis matrimonium ; falsumque est, aut contractum matrimonii inter christianos semper esse sacramentum, aut nullum esse contractum, si sacramentum excludatur. (Litt. apost. Ad apostolicœ 22 augusti 1851. — Lettera di S. S. Pio IX al Re di Sardegna, 9 settembre 1852. — Alloc. Acerbissimum 27 septembris 1852. — Alloc. Multis gravibusque 17 decembris 1860.)

LXXIV. Causas matrimoniales et sponsalia suapte natura ad forum civile pertinent. (Litt. apost. Ad apostolicœ 22 augusti 1851 . — Alloc. Acerbissimum 27 septembris 1852.)

§ VIII. — Erreurs concernant le mariage chrétien.

LXV. On ne peut établir par aucune raison que le Christ a élevé le mariage à la dignité de sacrement. (Lettre apostolique Ad apostolicœ du 22 août 1851.)

LXVI. Le sacrement de mariage n'est qu'un accessoire du contrat et qui peut en être séparé, et le sacrement lui-même ne consiste que dans la seule bénédiction nuptiale. (Lettre apostolique Ad apostolicœ du 22 août 1851.)

LXV1I. De droit naturel, le lien du mariage n'est pas indissoluble, et dans différents cas ie divorce proprement dit peut être sanctionné par l'autorité civile. (Lettre apostolique Ad apostolicœ du 22 août 1851. — Alloc. Acerbissimum du 27 septembre 1852.)

LXV1II. L'Eglise n'a pas le pouvoir d'apporter des empêchements dirimants au mariage ; mais ce pouvoir appartient à l'autorité séculière, par laquelle les empêchements existants peuvent être levés. (Lettre apostolique Multipliées inter du 10 juin 1851.)

LXIX. L'Eglise dans le cours des siècles, a commencé à introduire les empêchements dirimants, non par son droit propre, mais en usant du droit qu'elle avait emprunté au pouvoir civil. (Lettre apostolique Ad apostolicœ du 22 août 1851.)

LXX. Les canons du concile de Trente qui prononcent l'anathème contre ceux qui osent nier le pouvoir qu'a l'Eglise d'opposer des empêchements dirimants ne sont pas dogmatiques ou doivent s'entendre de ce pouvoir emprunté. (Lettre apostolique Ad apostolicœ du 22 août 1851.)

LXXI. La forme prescrite par le concile de Trente n'oblige pas sous peine de nullité, quand la loi civile établit une autre forme à suivre et veut qu'au moyen de cette forme le mariage soit valide. (Lettre apostolique Ad apostolicœ du 22 août 1851.)

LXXII. Boniface VIII a le premier déclaré que le vœu de chasteté prononcé dans l'ordination rend le mariage nul. (Lettre apostolique Ad apostolicœ du 22 août 1851.)

LXXUI. Par la force du contrat purement civil, un vrai mariage peut exister entre chrétiens ; et il est faux, ou bien que le contrat de mariage entre chrétiens soit toujours un sacrement, ou que ce contrat soit nui en dehors du sacrement. (Lettre apostolique Ad apostolicœ du 22 août 1851. — Lettre de S. S. Pie IX au roi de Sardaigne, 9 septembre 1852. — Alloc. Acerbissimum du 27 septembre 1852. — Alloc. Multis gravibusquedu 17 décembre 1860.)

LXXIV. Les mariages et les fiançailles par leur nature relèvent du droit civil. (Lettre apostolique Ad apostolicœ , 22 août 1851. — Alloc. Acerbissimum, 27 sept. 1852.)

N. B. Hue facere possunt duo alii errores de clericorum ceelibatus abolendo et de statu matrimonii statui virginitatis anteferendo. Confodiuntur, prior in epist. encycl. Qui pluribus 9 novembris 1846, posterior in litteris apost. Multipliées inter lOjunii 1851.

| IX. — Errores de civili Romani Pontifia principatu.

LXXV. De temporalis regni cum spirituali compatibilitate disputant inter se christianas et catholiese Ecclesiae filii. (Litt. apost. Ad apostolicœ 22 augusti 1831.)

LXXVI. Abrogatio civilis imperii, quo Apostolica Sedes potitur, ad Ecclesiae libertatem felicitatemque vel maxime conduceret. (Alloc. Quibus quantisque 20 aprilis 1849.)

N. B. Prœter nos errores explicite notatos, alii complures implicite reprobantur proposita et asserta doctrina, quam catholici omnes firmissime retinere debeant, de civili Romani Pontificis principatu. Ejusmodi doctrina luculenter traditur in Alloc. Quibus quantisque 20 april. 1849; in Alloc. Si semper antea 20 maii \S60 ; in Litt. apost. Cum catholica Ecclesia 26 mart. 1860; in Alloc. Novos2S sept. 1860; in Alloc. Jamdudum 18 mart. 1861 ; in Alloc. Maxima quide?n9 junii 1862.

| X. — Errores qui ad liberalismum hodiernum referuntur,

LXXVII. jEtate hac nostra non amplius expedit, religionem catholicam haberi tanquam unicam Status religionem, caeteris quibuscumque cultibus exclusis. (Alloc. Nemo vestrum 26 julii 1855.)

LXXVITI. Hinc laudabiliter in quibusdam catholici nominis regionibus lege cautum est, ut hominibus illuc immigrantibus liceat publicum proprii cujusque cultus exercitum habere. (Alloc. Acerbissimum 27 septembris 1852.)

LXXIX. Enim vero falsum est, civilem cujusque cultus libertatem, itemque plenam potestatem omnibus attributam quaslibet opiniones cogitationesque palam publieeque manifestandi conducere ad populorum mores animosque facilius corrumpendos ac indifTerentismi pestem propagandam. (Alloc. Nunquam fore 15 decembris 1856.)

LXXX. Romanus Pontifex potest ac débet cum progressu, cum liberalismo et cum recenti civilitate sese reconciliare et componere. (Alloc. Jamdudum cernimus 18 martii 18.61.)

c QUANTA CURA », 8 DÉCEMBRE 1864 35

N. B. — Ici peuvent se placer deux autres erreurs : l'a bol il ion du célibat ecclésiastique et la préférence due à l'état de mariage sur l'étal de virginité. Elles sont condamnées, la première dans la lettre encyclique Qui pluribus du 9 novembre 18-16, la seconde dans la lettre apostolique Multipliées inter du 10 juin 1851.

§ IX. — Erreurs sur le principat civil du Pontife Romain.

LXXV. Les fils de l'Eglise chrétienne et catholique disputent entre eux sur la compatibilité de la royauté temporelle avec le pouvoir spirituel. (Lettre apostolique Ad apostolicœ du 22 août 1851.)

LXXVI. L'abrogation de la souveraineté civile dont le Saint-Siège est en possession, servirait, même beaucoup, à la liberté et au bonheur de l'Eglise. (Alloc. Quibus quantisque du 20 avril 1849.)

ÀT. B. Outre ces erreurs explicitement notées, plusieurs autres erreurs sont implicitement condamnées par la doctrine qui a été exposée et soutenue sur le principat civil du Pontife Romain, que tous les catholiques doivent fermement professer. Cette doctrine est clairement enseignée dans l'Allocution Quibus quantisque du 20 avril 1849 ; dans l'Allocution Si semper antea, du 20 mai 1850 ; dans la Lettre apostolique Cum catholica ecclesia du 26 mars 1860; dans l'Allocution Novos du 28 septembre 1860; dans l'Allocution Jamdudum du 18 mars 1861 ; dans l'Allocution Maxima quidem du 9 juin 1862.

§ X. — Erreurs qui se rapportent au libéralisme moderne.

LXXVII. A notre époque, il n'est plus utile que la religion catholique soit considérée comme l'unique religion de l'Etat, à l'exclusion de tous les autres cultes. (Alloc. Nemo vestrum du 26 juillet 1855.)

LXXVIII. Aussi c'est avec raison que, dans quelques pays catholiques, la loi a pourvu à ce que les étrangers qui s'y rendent y jouissent de l'exercice public de leurs cultes particuliers. (Alloc. Acerbissimum du 27 septembre 1852.)

LXXIX. Il est faux que la liberté civile de tous les cultes et que le plein pouvoir laissé à tous de manifester ouvertement et publiquement toutes leurs pensées et toutes leurs opinions, jettent plus facilement les peuples dans la corruption des mœurs et de l'esprit, et propagent la peste de YIndifférentisme. (Alloc. Numquam fore du 15 décembre 1856.)

LXXX. Le Pontife Romain peut et doit se réconcilier et transiger avec le progrès, le libéralisme et la civilisation moderne/ Alloc. Jamdudum cernimus du 18 mars 1861.)

SS. PII PP. IX

EPISTOLA ENCYCLICA

Venerabilibus Fratribus Antonio archiepiscopo Sanctœ Fidei de Bogota, et episcopis ejus suffraganeis in Xeogranatensi Republica,

PICS PP. IX

Venerabiles Fratres, Salutem et apostolicam benedictionem.

Incredibili afflictamur dolore, et una vobiscum ingemiscimus, venerabiles Fratres, cum noscamus quibus nefariis dirisque modis a Neogranatensis Reipublicae gubernio catholica impetitur, perturbatur, ac dilaceratur Ecclesia. Equidem verbis satis exprimere haud possumus multipliées sacrilegosque ausus, quibus gubernium idem gravissimas nobis et huic Apostolicse Sedi injurias afferens, sanctissimam nostram religionem, ejusque veneranda jura, doctrinam, eultum, sacrosque ministros conculcare ac destruere contendit.

?samque idem gubernium duos pnesertim abhinc annos infandas edidit leges et décréta, quee catholicse Ecclesiae, ejusque doctrine, auctoritati, jurisbusque vel maxime adversantur. Hisce enim iniquissimis legibus ac decretis inter alia sacri ministri prohibiti sunt ecclesiasticum ministerium exercere sine civilis potestatis venia, et omnia Ecclesiae bona usurpata, divendita, ac propterea parochiae, et religiosae utriusque sexus familias et clerus, ac valetudinaria, domusque refugii, piœque sodalitates, bénéficia, et capellaniae etiam juris patronatus suis reditibus spoliatœ. Atque per easdem injustissimas leges et décréta, legitimum Ecclesiae acquirendi ac possidendi jus omnino oppugnatum. et cujusque acatbolici cultus libertas sancita, et omnes utriusque sexus religiosee familiee in Xeogranatensi territorio morantes de medio sublatse, earumque existentia plane interdicta, et vetita etiam omnium Litterarum et cujusque Apostolicse hujus Sedis Rescripti promulgatio, et exsilii pœna eccle-

DE SA SAINTETÉ PIE IX

A nos vénérables Frères, Antoine, archevêque de Santa-Fé de Bogota, et aux éoéques ses suffragants dans la république de la Nouvelle- Grenade,

PIE IX, PAPE

VÉNÉRABLES FRERES

Salut et bénédiction apostolique.

Nous sommes en proie à une incroyable douleur et nous gémissons avec vous, vénérables Frères, en considérant de quelle manière cruelle et coupable le gouvernement de la république de la Nouvelle-Grenade attaque, bouleverse et déchire l'Eglise catholique. Nous avons peine à trouver des paroles qui puissent exprimer ies attentats multipliés et sacrilèges de ce gouvernement. 11 se porte contre nous et ce Siège Apostolique aux attaques les plus violentes pour chercher à fouler aux pieds, à détruire notre très sainte religion, ses droits sacrés, sa doctrine, son culte et ses ministres.

Depuis deux ans surtout, ce gouvernement a promulgué des lois et des décrets détestables, entièrement contraires à l'Eglise catholique, à sa doctrine, à son autorité et à ses droits. En vertu de ces lois et de ces décrets iniques, il est, sans parler du reste, défendu aux ministres sacrés d'exercer le ministère ecclésiastique sans l'autorisation de la puissance civile; tous les biens de l'Eglise ont été usurpés et vendus, ce qui a privé de leurs revenus les paroisses, les familles religieuses de l'un et l'autre sexe, le clergé, les établissements hospitaliers, les maisons de refuge, les pieuses confréries, les bénéfices et même les chapellenies établies sous le droit de patronage. Par ces mêmes lois, par ces mêmes décrets contraires à toute justice, le droit légitime de l'Eglise à acquérir et à posséder est pleinement violé, la liberté de tout culte non catholique établie. Elles suppriment toutes les communautés religieuses de l'un et de l'autre sexe fixées sur le territoire de la république et leur interdisent absolument l'existence. Elles défendent la promulgation de toutes lettres, de tout rescrit émanés de ce Siège Apostolique, infligeant

siasticis viris. laïcis vero mulctae et carceris indicta, si huic ordinationi obedire recusaverint.

Insuper eisdem detestandis legibus ac decretis statuitur, ut utriusque cleri viri exsilii pœna afficiantur, qui legi circa bonorum Ecclesiœ spoliationem obtemperare detrectaverint ; utque omnes ecclesiastici homines sacri ministerii muniaobire minime queant, nisi primum juraverint, se Neogranatensis Reipublicse constitutioni cunctisque illius legibus Ecclesiae tantopere adversis, jam editis et in posterum edendis obsequi, ac simul exsilii pœna iis omnibus infligitur, qui hujusmodi impium illicitumque jusjurandum praestare minime voluerint. Hœc et alia multa omnino injusta et impia, quœ singillatim commemorare tœdet, contra Ecciesiam a Neogranatensis Reipublicœ gubernio, proculcatis omnibus divinis humanisque juribus, sunt constituta.

Gum autem vos, venerabiles Fratres, pro egregia vestra religione et virtute haud omiseritis tum voce, tum scriptis constanter obsistere tôt iniquis sacrilegisque ejusdem gubernii ausibus et decretis, atque Ecclesiœcausam et jura impavide propugnare ; tum ejusdem gubernii furor in vos, omnesque ecclesiasticos viros vobis addictos, ac proprii officii et vocationis memores, et in omnia quee ad Ecciesiam pertinent, sœvire non destitit. Quapropter vos fere omnes miserandum in modum afflicti, ac militari manu comprehensi, a vestro grege violenter distracti, in vincula conjecti, in exsilium pulsi, et in pestiferi aeris regiones amandati, et ecclesiastici viri, ac religiosarum familiarum alumni pravis gubernii ordinationibus merito obstantes, vel in carcerem detrusi vel exsilio mulctati mortem occubuere, vel in silvis vitam agere coacti sunt.

Gum vero omnes virgines Deo devotse ab ipso gubernio furenter crudeliterque a propriis monasteriis expulsae, et ad rerum omnium inopiam redactae fuerint, a piis fidelibus, tristissima illarum conditione vebementercommotis, humaniter in proprias domos receptas et admissœ, id œgerrime ferens gubernium, minitatur velle illas ex eorumdem fidelium domibus expellere ac disperdere.

Hinc sacra templa et cœnobia nudata, spoliata, polluta, et in militarium stationum usum commutata, eorumque sacra supellex et ornamenta direpta: hinc sacrorum cultus sublatus, et chiïstianus populus legitimis suis pastoribus orbatus, omnibusque divinas nostrœ religionis prœsidiis misère des ti tu tus, cum summa nostra vestra que œgritudine in maximo aeternac salutis discrimine versatur. Ecquis catholicis humanisque sensibus animatus non vehementer ingemiscet, cum videat a Neogranatensi gubernio tam gravi tamque crudeli persecutione ca-

a INCREDIBILI AFFLICTAMUR », 17 SEPTEMBRE 18Gb 30

la peine de l'exil aux ecclésiastiques, celles de l'amende et de l'empiisonnernent aux laïques qui refuseraient d'obtempérer à cette défense.

En outre, par ces lois et ces décrets détestables, tout membre du clergé, séculier ou régulicr.qui refuseraitde se conformer à l'ordonnance qui prescrit la spoliation des biens ecclésiastiques est condamné à l'exil; il est, de plus, interdit à tous les ecclésiastiques de remplir les devoirs du sacré ministère, s'ils n'ont préalablement prêté serment d'obéir à la constitution de la république de la Nouvelle-Grenade et à toutes les lois de l'Etat, tant à celles qui ont déjà été portées, quoique si préjudiciables à l'Eglise, qu'à celles qui pourraient être édictées plus tard; enfin, on punit de l'exil quiconque refuserait ce serment illicite et impie. Toutes ces prescriptions, et beaucoup d'autres qui outragent également la religion et la justice, et qu'il nous répugne de rappeler en détail, ont été rendues contre l'Église, par le gouvernement de la Nouvelle-Grenade, au mépris de toutes les lois divines et humaines.

Dans votre amour pour la religion, vénérables Frères, vous n'avez pas négligé de vous élever résolument, tant de vive voix que par écrit, contre tous ces attentats, contre tous ces décrets iniques et sacrilèges, ni de défendre avec un courage que rien n'a pu ébranler la cause et les droits de l'Eglise. Cette conduite a excite la colère du gouvernement; il a sévi avec fureur contre vous, contre tous les ecclésiastiques qui vous sont soumis, qui sont demeurés fidèles à leur vocation et à l'accomplissement de leurs devoirs, et, en général, contre tout ce qui appartient à l'Eglise. Vous avez été presque tous cruellement persécutés, saisis par la force armée, séparés avec violence de vos troupeaux, jetés dans les fers, condamnés à l'exil et relégués dans des régions dont le climat est mortel ; les ecclésiastiques, ainsi que les membres des familles religieuses qui ont résisté, comme ils le devaient, aux ordres criminels du gouvernement, ont été ou mis en prison ou exilés, ils ont trouvé la mort sur une terre étrangère, ou bien ils ont été forcés de mener une vie misérable au sein des forêts.

Les vierges consacrées à Dieu, après avoir été toutes brutalement chassées de leurs monastères par ce même gouvernement et réduites au dénûment le plus extrême, ont reçu l'hospitalité chez de pieux fidèles touchés de leur condition misérable; mais le gouvernement, furieux de cet accueil, menace de les chasser des maisons où elles ont trouvé un asile et de les disperser.

Aussi les temples saints et les couvents ont-ils été dépouillés, souillés, convertis en casernes ; les ornements et tous les objets sacrés ont été saisis, le culte divin supprimé, et le peuple chrétien, auquel on a enlevé ses légitimes pasteurs, se trouve privé de tous les secours de notre divine religion. Qui ne voit quels périls en résultent pour le salut des âmes et quel sujet d'amère affliction c'est pour nous et pour vous? Quel homme, animé de sentiments catholiques ou seulement d'humanité, ne gémirait profondément de voirie gouvernement de la Nouvelle-Grenade persécuter

tholicam Ecclesiam, ejusque doctrinam, auctoritatem,sacrasque personas oppugnari, ac tantas ab ipso supremee nostree et Apostolicae hujus Sedis auctoritati injurias et contumelias inferri ?

Atque iliud vel maxime dolendum, venerabiles Fratres, quod flonnulli ecclesiastici homines existere potuerint, qui pravis ipsius gubernii legibus et consiliis obsequi, favere. et commemoratum illicitum obedientice juramentum prsestare non dubitarunt, cum maximo nostro vestroque mœrore, et bonorum omnium admiratione ac luctu.

In hac igitur tanta rei catholicee clade, tantaque animarum pernicie, Apostolici nostri officii probe memores ac de omnium Ecclesiarum bono vel maxime solliciti, et nobis. uti clim Prophétie indictum existimantes : « Clama, ne cesses, quasi tuba « exalta vocem tuam, et annuntia populo meo scelera eorum, et « domui Jacob peccata eorum (1), » hisce Litteris Apostolicam nostram attollentes vocem, omnia gravissima damna et injurias, a Neogranatensi gubernio Ecclesiœ, ejusque sacris personis ac rébus, et huic Sanctae Sedi illatas, incessanter querimur et gravissime exprobramus. Atque omnia et singula, quae sive in aliis rébus ad Ecclesiam ejusque jus spectantibus ab eodem Neogranatensi gubernio, et ab inferioribus quibusque illius magistratibus décréta gesta, seu quomodolibet attentata sunt, auctoritate nostra Apostolica reprobamus, damnamus, et leges ac décréta ipsa cum omnibus inde secutis eadem nostra auctoritate abrogamus, et irrita prorsus, ac nullius roboris fuisse et fore déclara mus.

Ipsos autem illorum auctores etiam atque etiam in Domino obtestamur, ut tandem aliquando suos cculos aperiant super gravissima vulnera Ecclesiœ imposita, ac simul recordentur serioque considèrent censuras et pœnas, quas Apostolicae Constitutiones, et generalmm Concihorum décréta contra Ecclesiae jurium invasores facto ipso incurrendas infligunt, et idcirco animas suse misereantur prœ oculis habentes, « quoniam duris- « simum iis qui prœsunt fiet judicium (2). »

Atque etiam omni studio illos ecclesiasticos viros, qui gubernio fa ventes a proprio offieio misère declinarunt, monemus et exhortamur, ut sanctam suam vocationem animo reputantes, in justitiae veritatisque viam redire properent, et illorum ecclesiasticorum hominum exempla aemulentur, qui etiamsi infeliciter -i pra3scriptum a gubernio obedientiae juramentum prœstiterunt, tamen, cum ingenti nostro ac suorum antistitum gaudio, idem jasjurandum retractare ac damnare gloriati sunt.

(I) Isaiae. LXViil, 1. — (2; Sap., v, 6.

€ INCREDIBILI AFFLICTAMUR », 17 SEPTEMBRE 18G3 41

si cruellement l'Eglise, attaquer si violemment sa doctrine, son autorité, les personnes consacrées à Dieu, se porter à de tels outrages, à de telles iniquités contre notre autorité suprême, l'autorité de ce Siège Apostolique?

Ce que l'on doit surtout déplorer, vénérables Frères, c'est qu'il ait pu se rencontrer un certain nombre d'ecclésiastiques qui n'ont pas hésité d'obéir aux lois et aux conseils détestables de ce gouvernement, de les appuyer et de prêter le serment illicite mentionné plus haut. C'est pour nous et pour vous une source de grande douleur ; pour tous les gens de bien une source d'étonnement et de deuil.

Emu de cette cruelle épreuve de l'Eglise catholique et de la perte des âmes qui en est la suite, attentif aux devoirs de notre charge apostolique, plein de sollicitude pour le bien de toutes les Eglises, nous considérons comme s'adressant à nous cet ordre donné jadis à un prophète: « Crie et ne cesse pas, élève ta voix comme une trompette retentissante, a fais connaître à mon peuple les crimes qu'il a commis, et à la maison c de Jacob les péchés dont elle s'est souillée. » Aussi nous élevons, dans ces Lettres, notre voix, nous nous plaignons sans cesse des outrages, des injustices criantes dont le gouvernement de la Nouvelle-Grenade s'est rendu coupable à l'égard de l'Eglise, à l'égard des personnes et des choses consacrées à Dieu, à l'égard de ce Saint-Siège; nous les réprouvons avee la plus grande énergie. Tous ces attentats contre les biens et les droits de l'Eglise, soit ceux que nous avons mentionnés, soit les autres qui ont été commis par ce même gouvernement ou par ses subordonnés, décrets, actes, mesures de toutes sortes, nous les réprouvons de notre autorité apostolique, nous les condamnons ; de plus, nous abrogeons ces lois et ces décrets avec toutes leurs conséquenees, en vertu de celte même autorité ; nous les déclarons absolument nuls et de nulle valeur pour le passé aussi bien que pour l'avenir.

Quant aux auteurs de ces méfaits, nous les supplions instamment, au nom du Seigneur, d'ouvrir enfin les yeux, de voir quelles graves blessures ils font à l'Eglise, de se rappeler en même temps, en y réfléchissant sérieusement, les censures et les peines que les constitutions apostoliques et les décrets des conciles généraux portent contre les envahisseurs des droits de l'Eglise et que ceux-ci encourent par le fait même. Qu'ils aient donc pitié de leur âme, qu'ils se souviennent que a ceux qui commandent seront « jugés avec la plus grande rigueur ».

Quant aux ecclésiastiques qui ont appuyé le gouvernement et misérablement oublié leurs devoirs, nous les avertissons et nous les exhortons de toutes nos forces de se rappeler leur sainte vocation, de rentrer promptement dans le chemin de la justice et de la vérité, de suivre l'exemple de ceux qui, après une triste chute, se sont fait gloire, à notre grande joie et à la grande joie de leurs évêques, de rétracter et de condamner le serment d'obéissance qu'ils avaient eu le malheur de prêter au gouvernement.

Intérim vero amplissimas meritasque vobis tribuimus laudes, venerabiles Fratres, qui laborantes sicut boni milites Cbristi Jesu, ac strenue in agone certantes singulari constantia et fortitudine. quoad per vos fieri potuit, seu voce,, seu litteris, Ecclesiee causam, ejusque doctrinam, jura, libertatem defendere, vestrique gregis saluti accurate consulere, eumque contra impias inimicorum hominum molitiones, et circumstantia religionis pericula prœmunire haud omiseritis, gravissimas omnes injurias, molestias, et asperrima quseque episcopali robore tolérantes. Itaque dubitare non possumus, quin pari studio et contentione, quantum in vobis est. pergatis, ut adhuc cum maxima vestri nominis laude fecistis, divinse nostrae religionis causam propugnare, et fidelium saluti prospicere.

Débitas quoque laudes d*eferimus fideli Neogranatensis Reipublicse clero, qui suae vocationis servantissimus, et nobis, atque buic Pétri Catbedrae suisque antistitibus addictus, propter Ecclesiam, veritatem et justitiam tam vebementerexagitatus, immanem omnis generis insectationem patientissime est perpessus et patitur.

Non possumus quin admiremur et laudemus tôt virgines Deo sacras, quee etiamsi a suis monasteriis, violenter expulsas, et ad tristem egestatem redactse, tamen cœlesti Sponso firmiter adbeerentes, ac miserrimam in qua versantur conditionem christiana virtute perferentes, non cessant dies noctesque effundere corda sua coram Deo, eumque humiliter enixeque pro omnium ac suorum etiam persecutorum salute exorare.

Collaudamus item catholicum Neogranatensis Reipublicae populum, qui ex parte longe maxima in veteri suo erga catbolicam Ecclesiam, ac nos et hanc Apostolicam Sedem, et erga suos antistites amore, fide, reverentia et obedientia persévérât.

Ne cessemus autem, venerabiles Fratres, adiré cum fiducia ad thronum gratiœ, et humillimis ac ferventissimis precibus misericordarium Patrem ac Deum totius consolationis sine intermissione orare et obsecrare, ut exurgat et judicet causam suam, et Ecclesiam suam sanctam a tantis, quibus istic et ubique fere orbis premitur, calamitatibus eripiat eamque opportuno auxilio soletur, et optatissimam diu in tôt tantisque adversis serenitatem et pacem clementissime largiatur, omniumque misereatur secundum magnam miserîcordiam suam. atque omnipotenti s-a virtute efficiat, ut omnes populi, génies, nationes ipsum ot Unigenitum Filium suum Dominum nostrum Jesum Christum una cum sancto Spiritu adorent, timeant, agnoscant, ac ex toto corde, anima ac mente diligant, et omria

« INGREDIBILI AFFLICTAMUR », 17 SEPTEMBRE 1863 43

En attendant ce retour, nous sommes heureux, vénérables Frères, de vous payer le tribut de louanges qui vous est dû, à vous qui luttez comme de vaillants soldats de Jésus-Christ, avec autant de constance que de courage; à vous qui, de vive voix et par écrit, avez défendu autant qu'il était en vous la cause de l'Eglise, sa doctrine, ses droits, sa liberté, et veillé avec sollicitude au salut du troupeau qui vous est confié, en ayant soin de le prémunir contre les manœuvres impies des hommes ennemis et contre les dangers qui menacent la religion; à vous qui avez souffert avec une constance vraiment épiscopale, les outrages, les vexations, les persécutions les plus dures. Aussi, nous n'en pouvons douter, vous continuerez autant qu'il sera en votre pouvoir de déployer le même zèle et la même énergie que vous avez montrés jusqu'ici, avec tant de gloire, de défendre la cause de notre divine religion et de pourvoir au salut des fidèles.

Nous louons aussi, comme il le mérite, le fidèle clergé de la république de la Nouvelle-Grenade. Très attaché à sa vocation, uni fermement à nous, à cette chaire de Pierre et à ses prélats, gravement persécuté pour la cause de l'Eglise, de la vérité et de la justice, il a souffert, il souffre encore chaque jour avec une invincible patience une persécution cruelle.

Il nous est impossible de ne pas louer, de ne pas admirer tant de vierges consacrées à Dieu. Bien qu'expulsées avec violence de leurs monastères et réduites au plus triste dénûment, elles sont demeurées inviolablement fidèles à l'Epoux ceiesie, eues supportent avec une vertu véritablement chrétienne leur misérable condition, elles ne cessent ni le jour ni la nuit de répandre leur cœur devant Dieu, de lui demander avec autant d'humilité que de ferveur le salut de tout le monde et même celui de leurs persécuteurs.

Nous devons louer aussi le peuple catholique de la Nouvelle-Grenade, dont l'immense majorité persévère dans l'amour, la foi, le respect et la soumission qu'il a voués depuis si longtemps à l'Eglise catholique, à nous, au Siège Apostolique, ainsi qu'à ses pasteurs.

Mais ne cessons pas, vénérables Frères, de nous présenter avec confiance devant le trône de la grâce, de prier, de conjurer avec toute l'humilité et toute la ferveur possibles le Père des miséricordes, le Dieu de toute consolation ; qu'il se lève et juge sa cause, qu'il arrache son Eglise aux affreuses calamités qui l'accablent en vos contrées et sur presque toute la surface du globe; qu'il la console et lui donne le secours nécescessaire au moment opportun ; qu'il lui accorde dans sa clémence la paix et la sérénité qui sont depuis si longtemps l'objet de nos vœux, parmi de si nombreuses et de si accablantes épreuves ; qu'il ait pitié de tous, dans l'étendue de sa miséricorde; qu'il fasse, par sa vertu toute puissante, que tous les peuples, toutes les nations, toutes les races le connaissent, l'adorent, le craignent avec son Fils unique Jésus-Christ Notre-Seigneur •et avec l'Esprit-Saint ; qu'ils l'aiment aussi de tout leur cœur, de toute

divina mandata ac prœcepta religiose observantes, ut fil ii lucis arnbulent in omni bonitate, justitia et veritate.

Demum omnium cœlestium munerum auspicem, et certissimum prsecipuae nostrae in vos benevolentise pignus,Apostolicim Benedictionem ex imo corde depromptam vobis ipsis, venerabiles Fratres, et gregi vestrae vigilantia3 concredito peramanter impertimus.

Datum Romse, apud Sanctum Petrum die xvn septembris anno mdccclxiii, pontificatus nostri anno decimo octavo.

PIUS PP TX

« INCREDIBIM AFFLIGTAMUR », 17 SEPTEMBRE 1863 45

leur âme et de tout leur esprit ; qu'ils observent religieusement les commandements et les préceptes divins, qu'ils vivent ainsi comme les fils de la lumière avec toute bonté, justice et vérité.

Enfin, comme gage de tous les dons célestes et comme indubitable témoignage de notre bienveillance spéciale envers vous, nous accordons avec tendresse et de tout notre cœur notre bénédiction apostolique à vous, vénérables Frères, ainsi qu'au troupeau confié à votre vigilance,

Donné à Rome, près Saint-Pierre, le 17 septembre de l'an 1863, de noire Pontificat le 1S°.

PJE IX, PAPE.

SS. PII PP. IX

EPISTOLA ENCYCLIGA

Dilectis Filiis nostris S. R.E. Cardinalibus ac venerabilibus Fratribus Archiepiscopis et Episcopis Italiœ.

PIUS PP. IX

DlLECTI FlLII NOSTRI ET VEXER ABILES FRATRES,

Salutem et apostolicam benedictionem.

Quanto conficiamur mœrore ob saevissimum sacrilegumque bellum in omnibus fere terrarum orbis regionibus catholicae Ecclesiee hisce asperrimis lempurinus allatum, ac prsesertim in infelici Italia ante nostros oculos a Subalpino gubernio plures abhinc annos indictum, et magis in dies excitatum, quisque vestrum vel facile cogitatione assequi potest, dilecti Filii nostri ac venerabiles Fratres. Verum inter gravissimas nostras angustias, dum vos intuemur, maximo afficimur solatio et consolatione Siquidem vos quamvis omnibus injustissimis violentisque modis miserandum in modum vexati, et a proprio grege avulsi, in exilium ejecti, atque etiam in carcerem detrusi, tamen virtute ex alto indulti nunquam intermisistis, qua voce, qua salutaribus scriptis, Deiejusque EcclesiaB et Apostolicae hujus Sedis causam, jura, doctrinam strenue tueri. vestrique gregis incolumitati consulere. Itaque vobis ex animo gratulamur, quod vehementer iœtamini pro nomine Jesu contumeliam pati, ac mentis vos laudibus efferimus utentes sanctissimi nostri decessoris Leonis verbis : « Licet laboribus dilectionis vestrae, quos pro observantia « catholicœ fidei suscepistis, toto corde compatiar, et ea quse

« vobis illata sunt, non aliter accipiam,quam si ipsepertule-

« rim ; intelligo tamen magis esse gaudii, quam mœroris, quod, « confortante vos Domino Jesu Christo, in evangelica apostoli-

« caque doctrinainsuperabiles perstitistis Etcum vos inimici

« fidei christianae ab Ecclesiarum vestrarum sede divellereni,

DE SA SAINTETÉ PIE IX

A nos Fils bien-aimés les Cardinaux, à nos vénérables Frères les Archevêques et Evêques d'Italie»

PIE IX, PAPE

Fils chéris et vénérables Frères,

Salut et bénédiction apostolique.

Chacun de vous, Fils chéris et vénérables Frères, peut aisément se figurer de quelle douleur nous sommes atteint par suite de la guerre sauvage et sacrilège faite, en ces temps difficiles, à l'Eglise catholique dans presque tous les pays du monde, et spécialement par suite de celle qui, dans la malheureuse Italie, sous nos yeux mêmes, a été déclarée, il y a plusieurs années, par le gouvernement piémontais, et qui devient de jour en jour plus acharnée.

Toutefois, au milieu de nos graves afflictions, nous éprouvons une joie et une émotion profonde quand nous jetons les yeux sur vous. Vous êtes douloureusement tourmentés par toute sorte d'injustices et de violences, arrachés à votre troupeau, envoyés en exil, et même jetés en prison ; cependant, armés de la force qui vient d'en-haut, vous n'avez jamais cessé, soit par la parole, soit par d'utiles écrits, de défendre courageuse* ment la cause, les droits, la doctrine du Seigneur, de son Eglise et du Saint-Siège, tout en pourvoyant au salut de votre troupeau. Aussi nous vous félicitons cordialement de ce que vous êtes heureux de subir ces outrages pour le nom de Jésus, et nous emploierons, pour vous donner les louanges que vous méritez, les paroles de notre saint prédécesseur Léon : « Quoique je compatisse de tout mon cœur aux afflictions que <c vous avez supportées pour la défense de la foi catholique ; quoique je « ne considère pas autrement ce que vous avez souffert, que comme si je « l'avais enduré moi-même, je sens toutefois qu'il y a plus sujet de se « réjouir que de gémir en voyant que, fortifiés par notre Seigneur Jésus- « Christ, vous êtes restés invincibles dans la doctrine évangélique et ft apostolique ; et que chassés de vos sièges par les ennemis de la foi

« maluistis peregrinationis injuriam pati, quam ulla impietati* « ipsorum contagione violari (1). »

Atque utinam vobis tantarum Ecclesiae cal ami ta tu m finem nuntiare possimus! Sed nunquam satis lugenda morum corruptelaundique ingravescens, et irreligiosis, nefandis,obscœnisque scriptis, ac scenicis spectacuiis et meretriciis domibus fere ubique constitutis, ac aliis pravis artibus promota, et monstrosa omnium errorum portenta quaquaversus disseminata, et abominanda vitiorum omniumque scelerum increscens colluvie, et mortiferum incredulitatis ac indifferentismi virus longe lateque diffusum, et ecclesiasticee potestatis ac sacrarum rerum legumque contemptio, despicientia, et injusta ac violenta bonorum Ecclesiae depopulatio, et acerrima ac continua contra sacros ministros ac religiosarum familiarum alumnos, virginesque Deo devotas insectatio, ac diabolicum prorsus adversus Christum ejusque Ecclesiam, doctrinam et hanc Apostolicam Sedem odium, et innumera fere alia quae ab infensissimis rei catholicae hostibus patrantur et quotidie lamentari cogimur, videntur optatissimum illud protrahere ac difîerre tempus, quo plénum sanetissimse nostrœ religionis. justitias ac veritatis triumpbum videre possimus. Qui quidem triumphus déesse non poterit, etiamsi nobis datum non sit noscere tempus eidem triumpho ab omnipotenti Deo destinatum. qui omnia admirabili divina sua providentia régit, ac moderatur, et ad nostram dirigit utilitatem. Etsi vero ccelestis Pater Ecclesiam suam sanctam in hac miserrima et mortali peregrinatione militantem variis aerumnis et calamitatibus affligi et vexari permittit, tamen cum ipsa a Christo Domino supra immobilem et firmissimam petram sit fundata, non solum nulla vi nulloque impetu convelli et labefactari unquam potest, verum etiam ipsis « persecutionibus non « minuitur. sed augetur, et semper dominicus ager segete « ditiori vestitur, dum grana, quœ singula cadunt, multiplicata « nascuntur ».

Quod, dilecti Filii nostri et venerabiles Fratres, luctuosissimis etiam hisce temporibus singulari Dei beneficio evenire conspicimus. Nam quamvis immaculata Christi Sponsa impiorum hominum opéra in praesentia vehementer afflictetur, tamen de suis hostibus agit triumphum. Enimvero ipsa suos triumphat hostes, et mirifice splendescit tum singulari vestra et aliorum venerabilium fratrum totius catholici orbis sacrorum antistitum erga nos et hanc Pétri Cathedram fide, amore^ observantia, et eximia constantia in catholica unitate tuenda; tum tôt pientis-

(1) S. Leonis mag. Epist. cliv ad Episc. /Egypt

€ QUANTO CONFICIAMUR », 10 AOUT 1863 i!)

« chrétienne, vous avez préféré souffrir les douleurs de l'exil plutôt que « de vous souiller le moins du monde au contact de leur impiété. »

Et plût au Ciel que nous pussions aussi vous annoncer le terme de si grandes calamités! .Mais la corruption des mœurs qu'on ne saurait jamais assez déplorer et qui se propage continuellement partout à l'aide d'écrits impies, inf.lmes, obscènes, et de représentations théâtrales; h l'aide de maisons de péché, établies presque en tous lieux et d'autres moyens dépravés; les erreurs les plus monstrueuses et les plus horribles disséminées partout ; le croissantetabominable débordement de tous les vices et de toutes les scélératesses; le poison mortel de l'incrédulité et de l'indiflerentisme largement répandu; l'insouciance et le mépris pour le pouvoir ecclésiastique, pour les choses et les lois sacrées; l'injuste et violent pillage des biens ecclésiastiques ; la persécution féroce et continuelle contre les ministres des autels, contre les élèves des familles religieuses et les vierges consacrées à Dieu; la haine vraiment satanique contre le Christ, son Eglise, sa doctrine, et contre ce Saint-Siège apostolique; enfin, tous ces autres excès presque innombrables commis par les ennemis acharnés de la religion catholique, et sur lesquels nous sommes forcé de pleurer chaque jour, semblent prolonger et ajourner le moment désiré où il nous sera donné devoir le plein triomphe de notre sainte religion, de la vérité et de la justice. Ce triomphe, cependant, ne pourra manquer, quoiqu'il ne nous soit pas accordé de connaître le temps que lui a fixé le Seigneur tout-puissant, lui qui règle et gouverne toutes choses avec son admirable providence, et les tourne à notre avantage Quoique le Père céleste permette que sa sainte Eglise militante soit tourmentée, dans ce pèlerinage misérable et mortel, par diverses calamités, par des afflictions diverses; néanmoins, comme elle* est fondée par Notre-Seigneur Jésus-Christ sur une pierre immobile, invulnérable, non seulement elle ne peut jamais être renversée ni ébranlée par aucune force, par aucune violence, mais encore, « loin de diminuer, elle s'accroît par le fait même de ces perséa cutions, et le champ du Seigneur se revêt toujours d'une moisson plus oc abondante, tandis que les grains qui tombent un à un renaissent a multipliés. »

C'est là, Fils chéris et vénérables Frères, ce que nous voyons aussi se produire dans ces temps déplorables, par un bienfait spécial du Seigneur. 11 est vrai, l'Epouse immaculée du Seigneur est à cette heure vivement affligée par les impies; cependant elle triomphe de ses ennemis. Oui elle en triomphe et sur elle jettent un merveilleux éclat, soit la foi, l'amour, le respect envers nous, envers la Chaire de saint Pierre, et l'admirable constance à défendre l'unité catholique, qui vous distinguent particulièrement, vous et nos autres vénérables Frères, les évèques de tout le monde catholique ; soit le nombre si grand des œuvres pieuses de rcii-

simis religionis et christianse charitatis operibus, quae, Deoauxiliante, magis in dies multiplicantur in catholico orbe; tum sanctissimae fidei lumine quo magis in dies tôt illustrantur regiones; tum egregio Gatholicorum erga ipsam Ecclesiam, ac nos et hanc Sanctam Sedem amore et studio ; tum insigni et immortali martyrii gloria. Nostis enim quomodo in Tunkini et Cochinchinae praesertim regionibus, episcopi, sacerdotes laïcique viri, ac vel ipsae imbelles mulieres, ac teneri adolescentuli et adolescentulae, veterum martyrum exempla aemulantes, animo invicto et heroïca virtute crudelissimos quosque cruciatus despicere, et exulantes pro Christo vitam profundere vehementer laetantur. Quae sane omnia non levi nobis vobisque consolationi esse debent, inter maximas quibus premimur acerbitates.

Verum cum apostolici nostri ministerii officium omnino postulet, ut Ecclesiae causam nobis ab ipso Christo Domino commissam omni cura studioque defendamus, illosque omnes reprobemus, qui Ecclesiam ipsam, ejusque sacra jura, ministros, et hanc Apostolicam Sedem oppugnare et conculcare non dubitant, idcirco hisce nostris litteris denuo ea omnia et singula confirmamus, declaramus, ac damnamus*, quae in pluribus consistorialibus Allocutionibus aliisque nostris Litteris cum ingenti animi nostri molestia lamentari, declarare, et damnare coacti fuimus.

Atque hic, dilecti Filii nostri et venerabiles Fratres, iterum commemorare et reprehendere oportet gravissimum errorem, in quo nonnulli catholici misère versantur, quihomines in erroribus viventes et a vera fide atque a catholica unitate alienos, ad aeternam vitam pervenire posse opinantur. Quod quidem catholicae doctrinae vel maxime adversatur. Notum nobis vobisque est, eos qui invincibili circa sanctissimam nostram religionem ignorantia laborant, quique naturalem legem ejusque praecepta in omnium cordibus a Deo insculpta sedulo servantes, ac Deo obedire parati honestam rectamque vitam agunt, posse divinae lucis et gratiae opérante virtute aeternam consequi vitam, cum Deus, qui omnium mentes, animos, cogitationes, habitusque plane intuetur, scrutatur et noscit, pro summa sua bonilate et clementia minime patiatur quempiam aeternis puniri suppliciis, qui voluntariae culpae reatum non habeat. Sed notissimurn quoqae est catholicum dogma, neminem scilicet extra catholicam Ecclesiam posse salvari, et contumaces adverssus ejusdem Ecclesiae auctoritatem, defmitiones, et ab ipsius Ecclesiae unitate, atque a Pétri successore Jlomano Pontifice, cui vineœ custodia a Salvatore est commissa, pertinaciter divisos, aeternam non posse obtinere salutem.

« QUANTO GONFICIAMUR », 10 AOUT 1863 51

gion et de charité chrétienne qui, grâce à Dieu, vont chaque jour se multipliant davantage dans l'univers; soit la sainte lumière de la foi, qui chaque jour brille d'un nouvel éclat dans des contrées si nombreuses; soit l'amour et le zèle ardents des catholiques envers l'Eglise, envers nous et envers ce Saint-Siège; soit enfin la gloire insigne et immortelle du martyre. Vous savez, en effet, que, spécialement dans le Tonkin et dans la Cochinchine, les évêques, les prêtres, les laïques et même les faibles femmes, les adolescents et les petites filles, imitent les exemples des anciens martyrs, bravent avec un courage invincible, avec une héroïque vertu les tourments les plus atroces, heureux de pouvoir donner dans l'exil leur vie pour le Christ. Toutes ces choses doivent être pour nous comme pour vous d'une grande consolation, au milieu des afflictions cruelles qui nous accablent.

Mais, les fonctions de notre ministère apostolique exigent absolument que nous défendions avec toute la sollicitude et tous les efforts possibles la cause de l'Eglise qui nous a été confiée par IV'otre-Seigneur Jésus- Christ lui-même, et que nous réprouvions tous ceux qui ne craignent pas de combattre et de fouler aux pieds cette Eglise, ses droits sacrés, ses ministres et ce Siège Apostolique. Aussi, nous confirmons, par cette lettre, nous déclarons et nous condamnons de nouveau, en général et en particulier, tout ce que dans plusieurs de nos allocutions consistoriales et dans d'autres lettres, nous avons été obligé, au grand regret de notre âme, de déplorer, de signaler, de condamner.

Et ici, Fils chéris et vénérables Frères, nous devons rappeler de nouveau et blâmer l'erreur considérable où sont malheureusement tombés quelques catholiques. Ils croient en effet qu'on peut parvenir à l'éternelle vie en vivant dans l'erreur, dans l'éloignement de la vraie foi et de l'unité catholique. Cela est péremptoirement contraire à la doctrine catholique. Nous le savons et vous le savez, ceux qui ignorent invinciblement notre religion sainte, qui observent avec soin la loi naturelle et ses préceptes, gravés par Dieu dans le cœur de tous, qui sont disposés à obéir au Seigneur, et qui mènent une vie honorable et juste, peuvent, avec l'aide de la lumière et de la grâce divine, acquérir la vie éternelle; car Dieu voit parfaitement, il scrute, il connaît les esprits, les âmes, les pensées, les habitudes de tous, et dans sa bonté suprême, dans son infinie clémence, il ne permet point qu'on souffre les châtiments éternels sans être coupable de quelque faute volontaire. Mais nous connaissons parfaitement aussi ce dogme catholique : qu'en dehors de l'Eglise on ne peut se sauver, qu'il est impossible d'obtenir le salut éternel en se montrant rebelle à l'autorité et aux décisions de cette Eglise, en demeurant opiniâtrement séparé de son unité et de la communion du Pontife romain, successeur de Pierre, à qui a été confiée par le Sauveur la garde de la vigne.

d2 lettre encyclique de PIE IX

Clarissima enim sunt Christi Domini verba : « Si Ecclesiam non « audierit. sit tibi sicut ethnicus et publicanus (1). Qui vos audit.. « me audit, et qui vos spernit, me spernit, qui autem me spernit. « spernit eum qui misit me (2). Qui non crediderit, condemnabi- « tur(3). Qui non crédit, jam judicatus est (4). Qui non est me- « cum, contra me est, et qui non colligit mecum, dispergit (5). » Ilinc apostolus Paulus hujusmodi homines dicit « subversos, et « proprio judicio condemnatos (6), » et Apostolorum Princeps illos « appellat magistros mendaces, qui introducunt sectas perce ditionis, Dominum negant, superducentes sibi celerem perdi- « tionem (7). »

Absit vero, ut catholicae Ecclesiae filii ullo unquam modo inimici sint iis, qui eisdem fidei charitatisque vinculis nobiscum minime sunt conjuncti: quin imo illos sive pauperes, sive aegrotantes, sivealiisquibusque serumnisafflictos, omnibus christianee charitatis officiis prosequi, adjuvare semper studeant, et in primis ab errorum tenebns, in quibus misère jacent, eripere, atque ad catholicam veritatem et ad amantissimam matrem Ecclesiam reducere contendant, quœ maternas suas manus ad ilios amanter tendere, eosque ad suum sinum revocare nunquam desinit, ut in fide., spe et charitate fundati ac stabiles, et in pmni opère bono fructificantes, aeternam assequantur salutem.

?viinc autei^, dilecti Filii nostri ac venerabiles Fratres, silentio praeterire non possumus alium perniciosissimum errorem et malum, quo hac nostra infelicissima sstate hominum mentes animique misère abripiuntur ac perturbantur. Loquimurnempe de effrenato ac damnoso illo proprio amore et studio, quo non pauci bomines, nulla plane proximi sui ratione habita, proprias utilitates et commoda unice spectant et quserunt : loquemur de insatiabili illa dominandi et acquirendi cupiditate, qua honestatis justitiaeque regulis omnino posthabitis, divitias quovis modo cupidissime congerere et cumulare non desinunt, ac terrenis tantum rébus assidue intenti, etDei, religionis, animaeque suae immemores, suam omnem felicitatem in comparandis divitiis et pecunia3 thesauris perperam collocant. Meminerint hujusmodi homines ac serio meditentur gravissima illa Christi Domini verba : « Quid prodest homini, si mundum universum lucretur, « animée vero suae detrimentum patiatur (8) ? » Et animo sedulo reputent quae apostolus Paulus docet : « Qui volunt divites fieri, « incidunt in tentationem et in laqueum diaboli, et desideria

(l)Matt., xvin, 17. — ('2) Luc. x, 16. — (3; Marc, xvi. 16. — (4) Joan., m, 18. — (S) Luc, xi, 23. —(6) ïit., m, il..— (7) 2 Petr.. Il, l. —

(8 Malt, xvi, 26.

« QUANTO CONFICIAMUR », 10 AOUT 1863 53

Car les paroles du Christ Notre-Seigneur sont parfaitement claires : « S'il n'écoute pas l'Eglise, regarde-le comme un païen et comme un « publicain. — Qui vous écoute m'écoute, qui vous méprise me méprise, « el qui me méprise méprise Celui qui m'a envoyé. — Celui qui ne « croira pas sera condamné. — Celui qui ne croit pas est déjà jugé. — « Celui qui n'est pas avec moi est contre moi, el celui qui n'amasse pas « avec moi dissipe. x> Aussi l'apôtre Paul dit que ces hommes sont « cor- « rompus et condamnés par leur propre jugement » ; et le Prince des a Apôtres assure qu'ils sont des « maîtres menteurs, qu'ils introduisent œ des sectes de perdition, qu'ils renient le Seigneur, et attirent sur eux « une prompte ruine ».

A Dieu ne plaise cependant que les fils de l'Eglise catholique soient jamais les ennemis de ceux qui ne nous sont pas unis par les mêmes liens de foi et de charité; ils doivent au contraire s'empresser de leur rendre tous les services de la charité chrétienne, dans leur pauvreté, dans leurs maladies, dans toutes les autres disgrâces dont ils sont affligés; de les aider toujours, de travailler principalement à les tirer des ténèbres des erreurs où ils sont plongés misérablement, à les ramener à l'Eglise, cette mère pleine d'amour, qui ne cesse jamais de leur tendre affectueusement ses mains maternelles, de leur ouvrir les bras pour les établir et les affermir dans la foi, l'espérance et la charité, pour les faire fructifier en toutes sortes de bonnes œuvres et leur faire obtenir le salut éternel.

Maintenant, Fils chéris et vénérables Frères, nous ne pouvons passer sous silence une autre erreur, un autre mal des plus funestes qui séduit misérablement, dans ces temps malheureux, qui trouble les esprits et les cœurs. Nous voulons parler de cet amour-propre, de cette ardeur effrénée et nuisible qui porte un trop grand nombre d'hommes à n'avoir en vue, à ne chercher que leurs intérêts et leurs avantages, sans avoir le moindre égard pour leur prochain ; nous voulons parler de ce désir insatiable de dominer et d'acquérir, qui les pousse à amasser avidement et par tous les moyens, au mépris même de toutes les règles de l'honnêteté et de la justice, et à entasser sans relâche des trésors. Uniquement préoccupés des choses de la terre, oublieux de Dieu, de la religion et de. leur âme, ils mettent misérablement tout leur bonheur à acquérir de l'or et des richesses. Que ces hommes se rappellent et méditent sérieusement ces graves paroles du Christ, notre Seigneur : « Que sert à l'homme de « gagner le monde, s'il perd son âme? » Qu'ils réfléchissent attentivement à ce qu'enseigne l'apôtre Paul : ce Ceux qui veulent s'enrichir, a dit-il, tombent dans la tentation et dans les filets du diable, dans beau-

« multa inutilia, et nociva, qua3 mergunt homines in interitum « et perditionem. Radix enim omnium malorum est cupiditas, « quam quidem appetentes, erraverunt a fide et inseruerunt se « doloribus multis (1). »

Equidem homines juxta propriam ac diversam cujusque conditionem suis laboribus necessaria vitae prœsidia sibi comparare debent, seu in litteris ac scientiis excolendis, seu in artibus tum ingenuis tum vulgaribus exercendis, seu in publicis privatisque muneribus obeundis, seu in rerum commercio habendo : sed omnino oportet, ut omnia cum honestate, justitia, integritate et charitate agant, et Deum prae oculis semper habeant, ejusque mandata ac praecepta diligentissime observent.

Jam vero dissimulare non possumus acerbissimo nos angi dolore, cum in Italia nonnulli ex utroque clero reperiantur viri, qui adeo sanctae suae vocationis sunt obliti, ut minime erubescant exitialibus etiam scriptis falsas disseminare doctrinas, ac populorum animos contra nos et hanc Apostolicam Sedem excitare, ac civilem nostrum et ipsius Sedis principatum oppugnare, et nequissimis catholicae Ecclesiea ejusdemque Sedis hostibus omni opéra studioque impudenter favere. Qui ecclesiastici viri a suis antistitibus, et a nobis, atque ab hac Sancta Sede desciscentes, et Subalpini gubernii ejusque magistratuum favore et auxilio freti, eo temeritatis devenerunt, ut, ecclesiasticis censuris et pœnis plane spretis, minime extimuerint quasdam omnino improbandas Societates Clerico-liberali, Di mutuo soccorso, Emancipatrice del clero italiano vulgo appellatas, aliasque eodem pravo spiritu animatas, constituere, et quamvis a propriis antistitibus merito interdicti a sacro ministerio obeundo, tamen minime pavent illud, veluti intrusi, in pluribus templis perperam et illicite exercere. Quapropter et commemoratas detestando societates, etimprobameorumdem ecclesiasticorum hominum agendi rationem reprobamus, damnamus. Atque eodem tempore hos infelices ecclesiasticos viros etiam atque etiam monemus, hortamur, ut resipiscant, et redeant ad cor propriaeque saluti consumant, serio considérantes, quod « nullum ab aliis magis praeju- « dicium, quam a sacerdotibus tolérât Deus, quando eos, quos « ad aliorum correctionem posuit, dare de se exempla pravita- « lis cernit; » ac diligenter méditantes, districtam ante tribunal Christi rationem aliquando esse reddendam. Faxit Deus, ut hi miseri ecclesiastici homines, paternis nostris monitis obtempérantes, velint nobis eam adhibere consolationem, quam nobis afferunt il 1 1 utriusque cleri viri, qui misère decepti et in errorem

(I) ITim. vi, 9, 10.

« QUANTO CONFICIAMUR », 10 AOUT 1863 55

a coup de désirs inutiles et nuisibles qui plongent les hommes dans la « ruine et dans la perdition; car la cupidité est la racine de tous les « maux ; aussi quelques-uns en y cédant ont dévié de la foi et se sont a engagés dans mille douleurs. »

Les hommes doivent assurément, chacun selon sa condition propre et spéciale, travailler à se procurer les choses nécessaires à la vie, soit en cultivant les lettres et les sciences, soit en exerçant les arts libéraux ou professionnels, soit en remplissant des fonctions privées ou publiques, soit en se livrant au commerce; mais il faut absolument qu'ils fassent tout avec honnêteté, avec justice, avec probité, avec charité; qu'ils aient toujours Dieu devant les yeux, et qu'ils observent avec le plus grand soin ses commandements et ses préceptes.

Mais nous ne pouvons le dissimuler, nous éprouvons une amère douleur de voir en Italie plusieurs membres de l'un et de l'autre clergé tellement oublieux de leur sainte vocation, qu'ils ne rougissent pas de répandre, même dans des écrits désastreux, de fausses doctrines, d'exciter les esprits des peuples contre nous et contre ce Siège Apostolique, d'attaquer notre pouvoir temporel et celui du Saint-Siège, d'en favoriser impudemment, avec ardeur et toute espèce de moyens, les déloyaux ennemis, lesquels sont aussi les ennemis de l'Eglise catholique. Ces ecclésiastiques se détachent des évêques, de nous, de ce Saint-Siège, et forts de la protection et du secours du gouvernement piémontais et de ses administrateurs, poussent la témérité jusqu'à oser établir, au mépris absolu des peines et des censures ecclésiastiques, des sociétés tout à fait condamnables sous les noms de a clérico-libérales, de secours mutuel, d'émancipatrice du a clergé italien », et d'autres encore, animées du même esprit pervers; et, quoique les évêques leur aient justement interdit d'exercer leur ministère sacré, ils ne tremblent pas, intrus qu'ils sont, d'en remplir criminellement les fonctions dans plusieurs églises. C'est pourquoi nous réprouvons et nous condamnons et ces détestables sociétés et la conduite coupable de. ces ecclésiastiques. Nous avertissons en même temps, nous exhortons de plus en plus ces malheureux de faire pénitence, de rentrer en eux-mêmes, de veiller à leur salut, de réfléchir sérieusement que c Dieu n'éprouve pas dé plus grands déplaisirs qu'en voyant des a prêtres, chargés de corriger les autres, donner eux-mêmes le mauvais « exemple »; enfin de méditer attentivement sur le compte rigoureux qu'ils devront rendre un jour au tribunal du Christ. Plaise à Dieu, qu'accueillant nos avertissements paternels, ces infortunés ecclésiastiques veuillent bien nous donne»- la consolation que nous recevons des

inducti, ad nos in singulos dies confugiunt pœnitentes, ac supplici prece errati veniam et a censuris ecclesiasticis absolutionem humiliter enixeque implorantes.

Optime autem noscitis, dilecti Filii nostri ac venerabiles Fratres, impia omnis generis scripta e tenebris emissa, ac dolis, mendaciis, calumniis et blasphemiis plena, et scholas acatholicis magistris traditas, et templa acatholico cultui destinata, ac multipliées alias diabolicas sane insidias, artes, conatus, quibus Dei hominumque hostes in misera Italia catholicam Ecclesiam, si fieri unquam posset, funditus evertere, ac populos et improvidam prœsertim juventutem quotidie magis depravare, corrumpere, et ex omnium animis sanctissimam nostram fidem religionemque radicitus extirpare connituntur. Itaque nihil dubitamus, quin vos, dilecti Filii nostri ac venerabiles Fratres, confortati in gratia Domini Nostri Jesu Ghristi, pro egregio vestro episcopali zelo pergatis, ut adhuc cum maxima vestri nominis laude fecistis, concordissimis animis et ingeminatis studiis constanter opponere murum pro domo Israël, et certare bonum certamen fidei, et ab adversarioram insidiis fidèles curœ vestrœ commissos defendere, illosque assidue monere, et exhortari, ut sanctissimam fidem, sine qua impossibile est placere Deo, et quam a Ghristo Domino per Apostolos tenet ac docet catholica Ecclesia, constantissime teneant, ac stabiles et immoti permaneant in divina nostra religione, quas una est vera seternamque parât salutem, ac civilem etiam societatem vel maxime sospitat atque fortunat.

Quapropter ne desinatis per parochos prœsertim aliosque ecclesiasticos viros vitae integritate, morum gravitate, ac sana solidaque doctrina spectatostum divini verbi praedicatione, tum catechesi populos curas vestrae traditos veneranda augustae nostrae religionismysteria, doctrinam, praecepta, disciplinamcontinenter et accurate docere. Etenim apprime scitis, ingentem malorum partem ex divinarum rerum, quae ad salutem necessariae sunt, inscitia plerumque oriri, ac propterea probe intelligitis, omnera curam, industriamque esse adhibendam, ut hujusmodi malum a populis depellatur.

Antequam vero huic nostrae epistolee finem faciamus, nobis temperare non possamus, quin méritas Italise clero laudes tribuamus, qui ex parte longe maxima nobis et huic Pétri cathedrae ac suis antistitibus ex animo adhaerens, a recta via minime declinavit, sed illustria suorum antistitum exempla sequens, et asperrima quaeque patientissime perferens, munere suo egregie perfungitur. Ea profecto spe nitimur fore, ut clerus idem, divina auxiliante gratia, digne ambulans vocatione qua vocatus est,

« QUANTO CONFJCIAMUR », 10 AOUT 18G3 57

membres des deux clergés, lorsque, malheureusement trompés et induits en erreur, ils reviennent à nous chaque jour pleins de repentir, implorant ardemment et d'une voix suppliante le pardon de leur égarement et l'absolution des censures ecclésiastiques.

Vous le savez parfaitement, Fils chéris et vénérables Frères, tous les genres d'écrits impies sont sortis des ténèbres, remplis d'hypocrisies, de mensonges, de calomnies, de blasphèmes; des écoles sont confiées à des maîtres non catholiques; des temples sont destinés aux cultes étrangers. Vous savez le grand nombre des autres artifices vraiment sataniques, les ruses et les efforts qu'emploient ces ennemis de Dieu et des hommes, dans la malheureuse Italie, pour y renverser de fond en comble l'Eglise catholique, si jamais ils le pouvaient, pour dépraver, pour corrompre chaque jour davantage les peuples, et spécialement la jeurçesse, pour arracher de tous les cœurs notre foi et notre religion sainte.

Aussi, nous n'en doutons pas, Fils chéris et vénérables Frères, fortifiés par la grâce de INotre-Seigneur Jésus-Christ, et sous la noble inspiration de votre zèle épiscopal, vous Continuerez, comme vous l'avez fait jusqu'ici, à la gloire de votre nom, de vous opposer constamment, d'un commun accord et avec un redoublement d'ardeur, comme un mur autour de la maison d'Israël, de combattre le bon combat de la foi, de préserver des embûches des ennemis les fidèles confiés à votre surveillance, de les avertir, de les exhorter sans relâche à conserver avec constance cette sainte foi sans laquelle il est impossible de plaire à Dieu, que l'Eglise catholique a reçue de Jésus-Christ par l'intermédiaire des Apôtres et qu'elle continue d'enseigner, à rester fermes et inébranlables dans notre divine religion, la seule vraie, la seule qui prépare le salut éternel, celle enfin qui assure à un si haut point la paix et le bonheur de la société temporelle.

Ne cessez donc, surtout par le ministère des curés et des autres ecclésiastiques que recommandent l'intégrité de leur vie, la gravité de leurs mœurs, une doctrine saine et solide, de prêcher, de catéchiser les peuples commis à votre sollicitude, de leur enseigner continuellement et avec soin les mystères, la doctrine, les préceptes et la discipline de notre auguste religion. Car vous le savez très bien : une grande partie des maux vient ordinairement de l'ignorance des vérités divines nécessaires au salut, et, par conséquent, vous comprenez parfaitement qu'on ne doit négliger ni soins, ni efforts pour éloigner des peuples un tel malheur.

Avant de terminer cette lettre, nous ne pouvons nous abstenir de donner des éloges mérités au clergé d'Italie ; car, pour l'immense majorité, il demeure attaché à cette chaire de Pierre, à nous, à ses prélats ; jamais il n'a abandonné le droit chemin, mais, suivant les illustres exemples de ses évoques, et souffrant toutes sortes d'épreuves avec la plus grande patience, il remplit admirablement son devoir.

Nous espérons certainement (ju'Avec l'aide du secours divin, ce même

splendidiora suœ pietatis ac virtutis specimina exhibere semper contendat.

Debito quoque laudum prœconio prosequimur tôt virgines Deo sacras, quae a propriis monasteriis violenter exturbatae, ac suis reditibus spoliatse, et ad mendicitatem redactse, haud tamen fregerunt fidem quam Sponso dederunt; sed omni constantia tristissimam suam conditionem tolérantes, non cessant diurnis nocturnisque precibus levare manus suas in sancta, Deum pro omnium et suorum etiam persecutorum salute obsecrantes, et misericordiam a Domino patienter expectantes.

Meritis etiam laudibus Italiœ populos ornare gaudemus, qui catholicis sensibus egregie animati tôt impias contra Ecclesiam molitiones detestantur, et filiali nos et hanc sanctam Sedem ac suos antistites pietate, observantia, et obedientiaprosequi vehementer gloriantur, quique gravissimis licet difficultatibus ac periculis prœpediti, singularis sui erga nos amoris studiique significationes modis omnibus quotidie exhibere, et maximas nostras et Apostolicœ hujus Sedis augustias tum collatitia pecunia, tum aliis largitionibus sublevare non desistunt.

In tantis autem acerbitatibus tantaque contra Ecclesiam excitata tempestate, ne despondeamus unquam animum dilecti Filii nostri ac venerabiles Fratres, cura et consilium nostrum et fortitudo sit Christus, ac sine quo nihil possumus, per ipsum cuncta possumus; qui confirmans praedicatores Evangelii et Sacramentorum ministros, « Ecce ego, inquit, vobiscum sum omnibus « diebus usque ad consummationem saeculi(l), » et cum certo sciamus, inferi portas nunquam esse praevalituras adversus Ecclesiam, quae semper stetit stabitque immota, custode et vindice Christo Jesu Domino nostro, qui eam œdifîcavit, et qui fuit « heri, et hodie, ipse et in saecula (2). »

Ne desinamus autem, dilecti Filii nostri ac venerabiles Fratres, ardentiore usque studio in humilitate cordis nostri orationes et postulationes Deo per Jesum Christum dies noctesque offerre, ut, hac turbulentissima tempestate depulsa Ecclesia sua sancta a tantis calamitatibus respiret, et ubique terrarum optatissima pace ac libertate fruatur, et novos ac splendidiores de suis inimicis agat triumphos, utque omnes errantes divinae suae gratiœ lumine perfusi, ab erroris via ad veritatisjustitiaeque iter revertantur, ac dignum pœnitentiae fructum facientes, perpetuum sancti sui nominis amorem et timorem habeant. Ut autem dives in misericordia Deus ferventissimis nostris precibus facilius annuat, invocemus potentissimum immaculatœ sanctissimœque

(1) Matt., xxvni, 20. — (2) Heb., xiH, 8.

« QUANTO CONFICIAMUR », 10 AOUT 1863 59

clergé correspondra dignement a la grâce de sa vocation, et s'appliquera à donner des preuves de plus en plus éclatantes de sa piété et de sa vertu.

Eloges également mérités à tant de vierges consacrées à Dieu : arrachées violemment de leurs monastères, dépouillées de leurs revenus et réduites à la mendicité, elles n'ont pas pour cela renié la loi qu'elles avaient jurée à l'Epoux; mais supportant avec toute la constance possible leur condition déplorable, elles ne cessent ni la nuit ni le jour de lever au ciel leurs mains suppliantes, de prier Dieu pour le salut de tous, de leurs persécuteurs mêmes, et d'attendre patiemment la miséricorde du Seigneur.

„ Nous sommes heureux de donner aussi les louanges qu'ils méritent aux peuples d'Italie : admirablement animés de sentiments catholiques, ils détestent tant d'impies manœuvres dirigées contre l'Eglise, ils se font une gloire suprême de payer un tribut de piété filiale, de respect et d'obéissance à ce Saint-Siège, à nous et à leurs évêques ; bien qu'empêchés par des difficultés et des périls très. sérieux, ils ne laissent pas néanmoins de manifester journellement, de toutes les manières, l'amour et le dévouement incomparables qu'ils ont pour nous, d'alléger, soit par les dons recueillis de toutes parts, soit par d'autres offrandes, le poids accablant de gêne où nous nous trouvons et où se trouve le Siège Apostolique. Au milieu de tant d'amertumes, au sein de la tempête violemment déchaînée contre l'Eglise, ne perdons jamais courage, Fils chéris et vénérables Frères. Le Christ n esi-n pas noue conseil et notre force? Sans lui nous ne pouvons rien, mais par lui nous pouvons tout; car en affermissant les prédicateurs de l'Evangile et les ministres des sacrements : c Voici, dit-il, que je suis avec vous tous les jours jusqu'à la consommation des siècles. » Ne savons-nous pas positivement aussi que les portes de l'enfer ne prévaudront jamais contre l'Eglise? Elle a toujours été, toujours elle sera immuable sous la garde et sous la protection de Jésus-Christ Notre Seigneur qui l'a édifiée, qui était « hier, qui est « aujourd'hui et qui sera aussi dans les siècles. »

Ne cessons pas, cependant, Fils chéris et vénérables Frères, d'offrir jour et nuit, avec un zèle toujours plus ardent et dans l'humilité de notre cœur, des supplications et des prières : demandons à Dieu, par l'entremise de Jésus-Christ, de dissiper cet affreux ouragan, de faire que sa sainte Eglise respire après tant de calamités, qu'elle jouisse dans tout l'univers de la paix et de la liberté, objet de tous nos vœux, qu'elle remporte sur ses ennemis de nouveaux et d'éclatants triomphes ; demandons que ceux qui sont égarés, soient tous éclairés par la divine lumière de la grâce, reviennent de l'erreur au chemin de la vérité et delà justice, qu'ils produisent de dignes fruits de pénitence, qu'ils aient éternellement la crainte et l'amour du saint nom de Dieu.

Et pour obtenir que dans son immense miséricorde Dieu exauce plus facilement nos ardentes prières, invoquons le patronage puissant de l'im-

Dei Genitricis Virginis Mariae patrocinium, ac suffragia petamus sanctorum Apostolorum Pétri et Pauli, omniumque beatorum cœlitum, ut validis suis apud Deum deprecationibus implorent omnibus misericordiam et gratiam in auxilio opportuno et omnes calamitates et pericula, quibus Ecclesia ubique ac potissimum in Italia affligitur, potenter avertant.

Denique certissimum singularis nostrae in vos benevolentiaB pignus, apostolicam benedictionem ex intimo corde profectam vobis ipsis, dilecti Filii nostri ac venerabiles Fratres, et gregi curas vestrae commisso peramanter impertimur.

Datum Romae apud S. Petrum die x Augusti anno mdccclxiii, pontificatus nostri anno decimo octavo.

PIUS PP IX

« QUANTO CONFICIAMUR », 10 AOUT 18G3 Gl

maculée et très sainte vierge Marie, mère de Dieu; réclamons aussi les suffrages des apôtres Pierre et Paul, et de tous les bienheureux habitants des cieux. Ah! que, par leurs supplications puissantes auprès de Dieu, ils implorent pour tous la miséricorde et la grâce en temps opportun, qu'ils éloignent efficacement toutes les calamités, tous les périls dont l'Eglise est afiligée partout, et spécialement en Italie.

Enfin, comme un témoignage indubitable de notre bienveillance particulière envers vous, nous donnons affectueusement et du fond du cœur, la bénédiction apostolique à vous-mêmes, Fils chéris et vénérables Frères, ainsi qu'au troupeau confié à vos soins.

Donné à Rome, près Saint-Pierre, le 10e jour d'août de l'année 1863, la 18e de noire pontificat.

PIE IX, PAPE

SS. PII PP. IX

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