‹ Lettres apostoliques de Pie IX, Gregoire XVI, Pie VIIChapitre 35 sur 50 · POUR CONSERVER LE PERPETUEL SOUVENIR · texte numérisé non relu

POUR CONSERVER LE PERPETUEL SOUVENIR

Au milieu des sollicitudes multipliées et si pesantes qui nous pressent de toutes parts dans l'exercice de notre charge, au milieu des grandes calamités de ce temps qui dans le changement incessant de toutes choses, inquiètent notre cœur et l'accablent d'angoisses, nous souffrons surtout de voir sortir chaque jour des repaires des jansénistes et autres gens de la même espèce les livres les plus pernicieux, dans lesquels- les enfants de ce siècle présentent, sous le séduisant langage de la sagesse humaine, des doctrines perverses, afin d'entraîner des disciples à leur suite. C'est pourquoi la nature même de notre charge apostolique exige que, pour défendre la pureté de la religion catholique et la sainte discipline de l'Eglise, nous proscrivions et condamnions ces livres de la manière la plus solennelle et que nous n'omettions point de détourner et de préserver de la lecture mortelle et de la possession de ces écrits, comme de pâturages vénéneux, le troupeau du Seigneur confié à notre humilité par le Prince des pasteurs, Jésus-Christ.

En conséquence, ayant été informé qu'il avait paru en langue espagnole un ouvrage en six tomes, intitulé : « Défense de l'autorité des Gou- « vernements et, des Evoques contre les prétentions de la cour de Home, « par François de Paule. G. Vigil. Lima, 1848; » et le titre seul de ce livre nous faisant assez entendre qu'il avait pour auteur un homme animé, contre le Siège Apostolique, d'un esprit malveillant, nous l'avons lu, et il nous a été facile de voir, à notre grande douleur, qu'il renouvelait plusieurs erreurs du Synode de Pistoie, déjà anathématisées par la Bulle dogmatique : Auctorem fidei, de notre prédécesseur Pie VI, d'heureuse mémoire, et que d'autres doctrines et propositions perverses plusieurs fois comdamnées y débordaient de partout.

Auctor enim, licet catholicus, ac divino ministerio. uti fertur, mancipatus, ut indifïerentismum ac ration al ismum, quo se infectum prodit, securius ac impune sequatur, denegat Ecclesiae inesse potestatem dogmatice definiendi. religionem EocloiœCatholicae esse unice veram religionem, docetque cuique liberum esse eam amplecti ac profiteri religionem, quam rationis lumine quisductus veram putaverit; legem caelibatus impudenter reditur. et novatorum more statum conjugal em anteponit statui virginitatis; potestatem, qua Ecclesia donata est a suo Divino înstitutore, stabiliendi impedimenta matrimonium dirimentia a principibus terrae dimanare tuetur, eamque Christi Ecclesiam sibi arrogasse impie affirmât; Ecclesiae et personarum immunitatem, Dei ordmatione et canonicis sanctionibus constitutam, a jure civiliortum habuisse asserit, nec illum pudet defendere, majori œstimatione et obsequio prosequendam esse domum oratoris al i eu jus nationis quam templum Dei viventis; gubernio laico attribuit jus deponendi ab exercitio pastoralis ministerii episcopos, quos Spiritus sanctus posuit regere Ecclesiam Dei (1) ; suadere nititur iis, qui clavum tenent publicarum rerum, ne obediant Romano Pontiflci in iis, quae episcopatuum et episcoporum respiciunt institutionem ; reges aliosque principes, qui per baptismum facti sunt membra Ecclesiœ, subtrahit ab ejusdem Ecclesiae jurisdictione non secus ac reges paganos ; quasi principes christiani in rébus spiritualibus et ecclesiasticis non essent fil i i acsubditi Ecclesiae; imo cœlestia terrenis, sacra profanis, summa imis monstrose permiscens, docere non veretur, terrenam potestatem in quaestionibus jurisdictionis dirimendis esse Ecclesiam, quae columna est et firmamentum veritatis : tandem ut alios quamplures omittamus errores, eo audaciae, et impietatis progreditur, ut Romanos Pontifices et Concilia oecumenica a limitibus sure potestatis recessisse, jura principum usurpasse, atque etiam in rébus fidei et morum definiendis errasse infando ausu contendat.

Quanquam vero tôt ac tanta in eodem opère contineri errorum capita cuique facile innotescat, attamen praedecessorum nostrorum vestigiis inhaerentes mandavimus, ut in nostra Universalis Inquisitionis Congregatione praefatum opus in examen adduceretur, ac postea ejusdem Congregationis judicium nobis referretur. Porro Ven. fratres nostri S. R. E. cardinales inquisitores générales, praevia ejusdem operis censura, et perpensis consultarum suffragiis, memoratum opus tanquam continens doctrinas et propositiones respective « scandalosas, temerarias,

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